A deux jours du premier tour, Ségolène Royal pète les plombs

A deux jours du second tour, Ségolène Royal pète un cable. La madone socialiste, déçue de voir les sondages s’enchaîner en faveur de Sarkozy (à qui l’on prête jusqu’à neuf points d’avance), la joue mauvaise perdante. Elle n’hésite pas à imputer ce retard à ces « sondeurs relayés par les médias amis du pouvoir »! On se tâte sur le qualificatif : désopilant, ou atterrant?

Car rappelons-le : qui a intronisé Ségolène, si ce n’est les sondages? Qui lui a permis de coiffer au poteau Hollande, Lang, Fabius et DSK, si ce n’est l’opinion publique, relayée par les instituts? Ségolène Royal n’a rien fait d’autre que d’annoncer que peut-être elle serait candidate, que peut-être ce serait cool si une femme était élue présidente. Dès lors, les sondages ont annoncé qu’elle serait la mieux placée pour battre Sarkozy. On voit ce que ça donne aujourd’hui, hein! En tout cas, c’est grâce à ça que les militants (sans compter l’opération devenez socialiste pour 20€ et votez Ségolène) l’ont choisie. En raison du traumatisme de 2002.

Et cet après-midi, qu’a fait Ségolène? Elle a dénoncé le « matraquage » des sondages. Ses adjoints, Bianco et Rebsamen, ont même saisi la commission des sondages pour attaquer le sondage Opinionway publié ce matin par le Figaro, et qui explique que 53% des Français ont jugé Sarkozy plus convaincant au cours du débat, contre seulement 31% pour Royal. Où on est, là? Si elle n’avait pas dit autant de bêtises (Sarko en a dit aussi, soyons clairs), sur les femmes policières, sur la fonction publique, sur le nucléaire, sur les enfants handicapés, peut-être n’en serait-elle pas là.

Et puis, il faut vraiment être désespéré pour jouer à fond la carte centriste comme elle le fait. Jeudi, elle n’a pas hésité à affirmer qu’elle « travaillera avec Bayrou », celui qu’elle avait traité d’« homme de droite » au premier tour. Marrant, non? Elle essaie de récupérer l’électorat centriste en se la jouant anti-TF1. En dénonçant les « médias amis du pouvoir ». En parlant de Bouygues et Lagardère, qui « relaient des tracts électoraux » au service du candidat UMP. Sans compter le chantage à la peur, le chantage aux émeutes en banlieue. N’a-t-elle pas d’autre argument? Si elle a des bonnes idées, un bon projet, qui puisse convaincre une majorité de Français, pourquoi ne les met elle pas en avant plutôt que de perdre son temps à ces enfantillages? Rien n’est joué, elle doit le savoir, il y a beaucoup d’indécis. Qu’elle parle de son programme, plutôt! On est loin, on ne le répétera jamais assez, du débat idées contre idées, gauche-droite, qu’on nous avait promis au soir du premier tour… Et puis cette instrumentalisation de Bayrou, qui a dit qu’il ne voterait pas Sarkozy. « Tout le monde a compris que cela voulait dire qu’il va voter pour moi », a-t-elle glissé en substance. Reprise quelques heures plus tard, jeudi, par Mme de Sarnez, l’adjointe de Bayrou, qui a assuré que « Si Bayrou avait voulu être plus explicite, il l’aurait fait ».

Si Mme Royal perd, le PS ne pourra cette fois pas se priver de l’aggiornamento dont il a cru pouvoir se passer en 2002, après avoir été battu par Le Pen. Peut-être gagnera-t-elle, après tout. Mais ce serait vraiment dommage que la vainqueur l’emporte par rejet de l’autre, après avoir déjà été qualifié au second tour par le vote utile de militants de gauche pas vraiment satisfaits du personnage. Mais à défaut de grives, on mange des merles? En tout cas, si « Ségo » gagne, après avoir brandi le « risque Sarkozy », le « danger pour la démocratie », comme elle l’a fait cet après-midi, elle aurait alors vraiment intérêt à sortir notre pays du pétrin. Parce qu’alors, qui dit que le FN ne reviendra pas en 2012?

Dimanche, en définitive, il semble que nous ayons le choix entre deux guignols qui représentent chacun à sa façon une impasse pour le pays. D’un côté, la violence des mots, associé à un certain populisme (qui consiste à dire tout haut ce que le café du commerce pense tout bas), à une superficialité sans nom sous couvert de compétence, d’expérience et d’un soi-disant apaisement, à une pression constante sur les médias dans l’exercice du pouvoir (même si contrairement à ce qui se dit partout, Sarkozy n’est ni fasciste, ni réac, ni nazi). De l’autre, le chaos du néant, du « les partenaires sociaux discuteront », des idées balancées sans réfléchir avant de se repentir, du ridicule sur la scène internationale. Chaos de Neuilly contre chaos du Poitou. On n’est pas sorti de l’auberge, semble-t-il!

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