Ségolène Royal, pas la première femme à prétendre au pouvoir en France

S’il y a bien une chose qui m’exaspère depuis que Ségolène Royal est entrée par effraction dans le groupe des favoris à l’élection présidentielle, c’est la propension à en faire la potentielle première femme à exercer le pouvoir dans notre pays.

Quoi? Il y aurait donc amnésie? Certes, aucune femme, si ce n’est Edith Cresson qui n’a guère brillé, n’a atteint la magistrature suprême depuis l’avènement de la République, qui aura mis 150 ans à reconnaître le droit de vote au sexe dit faible. Et il est clair que Royal a dû batailler pour s’imposer, même si elle a bénéficié du soutien aveugle des médias (qui ne voyaient en elle que la femme, avant d’analyser ce qu’elle proposait) pour ce faire.

Mais avant? Car l’histoire, n’en déplaise à nos chères élites, ne débute pas en 1789. Avant, de nombreuses femmes exerçaient réellement le pouvoir (à une époque décrite comme liberticide pour les femmes). Sans primaires. En France moins que dans d’autres pays d’Europe comme l’Espagne ou l’Angleterre, d’ailleurs. Chez nous, nous avons quand même eu de nombreux membres du sexe dit faible à la tête de l’Etat ou presque. Catherine de Médicis a eu le pouvoir réel pendant le règne de François II, Charles IX et une partie de celui de Henri III. Anne d’Autriche a exercé la régence avec Mazarin à l’aube du règne de Louis XIV. Isabeau de Bavière a eu aussi le pouvoir, profitant de l’état de son mari Charles VI, avec les résultats d’ailleurs catastrophiques que l’on sait, en pleine guerre de Cent ans.

Et puis Blanche de Castille, régente pendant la minorité de son fils Louis IX, qui a su résister aux féodaux (légèrement plus agressifs et avides de pouvoir que les éléphants du PS) et réformer la France. Sans compter le rôle d’Anne de Bretagne aux confins des XVe et XVe siècles. Celui de l’épouse de Clovis, Sainte-Clotilde. Bref, l’histoire de France (encore faut-il la connaître avant de parler) est truffée de femmes ayant fortement influencé leur époque, que ce soit dans le domaine politique, mais aussi des arts et de la culture. Et sans avoir réellement le pouvoir, les reines avaient un rôle autrement plus fort que celui de nos « premières dames » actuelles.

Nos « commentateurs », si prompts à dispenser des leçons de morale, devraient prendre plus de recul avant d’asséner leurs certitudes exaspérantes… Non mais!

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Classé dans Politique

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