Archives de Tag: suicide assisté

Manifeste contre le suicide assisté et pause sur le blog

Alors que ce blog va entrer en sommeil pendant quelques semaines en raison d’une indisponibilité à l’alimenter, je signale à votre attention le manifeste publié par le collectif Plus belle digne la vie, qui a pour objet de rappeler que « tout dispositif législatif visant à reconnaître un droit à une injection létale et/ou à un suicide assisté constituerait un contresens grave faisant courir des risques aux plus vulnérables et aux plus démunis d’entre nous ». Ce manifeste est publié alors que va être examiné au Sénat le 25 janvier prochain une proposition de loi visant à instaurer une aide active à mourir, qui n’est autre qu’une reconnaissance du droit au suicide assisté. La commission des affaires sociales du Sénat a d’ailleurs voté cette proposition de loi aujourd’hui. Chacun de vous peut signer ce manifeste. Lire la suite

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Neuf idiots utiles à l’UMP

admdObjectivement, l’idiot utile est celui qui par aveuglement, déni de la réalité ou tout simplement sottise, fait le jeu de l’ennemi, de qui il se fait l’allié de circonstance.

Dans le temps, un certain nombre d’intellectuels occidentaux, tels Aragon, ont joué ce rôle en applaudissant à la « modernité » de l’URSS tout en taisant ses crimes. Fameuse époque.

Notons que l’idiot utile peut parfaitement être de bonne foi. Il peut être trompé par le romantisme de sa cause, ou par le souci de paraître « in ». Ce qui est peut-être le cas de ces députés UMP qui signent une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie, ou plutôt, puisqu’aujourd’hui tout est euphémisme, visant à « autoriser le fait de mourir dans la dignité ». Tout un programme. Lire la suite

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Jour des Morts : la provocation de l’ADMD

La dernière lubie de l’ADMD, l’association pour le droit à mourir dans la dignité – qu’on pourrait rebaptiser l’association pour le droit au laisser mourir ou au suicide assisté? Faire du 2 novembre, jour où traditionnellement, on célèbre nos morts,  une journée mondiale pour la légalisation de l’euthanasie. Stupéfiant!

Comme l’alliance pour les droits de la vie (ADV) le fait remarquer, on peut parler de cette démarche non seulement comme une provocation – l’association en est habituée, elle qui ne fonctionne que par la stratégie du coup médiatique – mais de façon plus forte, comme d’une quasi-profanation. Quand on en est arrivé à ce niveau, c’est peut-être qu’on n’a plus d’arguments : s’il faut être dans le trash pour faire parler de soi et véhiculer son message, c’est très triste.

Le 2 novembre, dans la tradition catholique, et donc fatalement, nationale, c’est une date où on se recueille, où on essaie tant bien que mal d’honorer ses morts, et Dieu sait si pour beaucoup de gens, il s’agit d’une journée difficile à vivre. Comme dit l’ADV, ce n’est sûrement pas le bon moment pour introduire la « revendication » et le « ressentiment ». Voire la polémique. Surtout sur un sujet aussi délicat, sur lequel on a du mal à discuter sereinement, et qui nécessite une réflexion qui sorte un peu du manichéisme auquel nous a habitués l’association présidée par Jean-Luc Romero.

A l’instar de Jean Leonetti, dont la mission approche de son terme (ce qui peut expliquer la colère de l’ADMD), je pense que « le « prendre soin » est la véritable attitude de modernité ». Et que l’urgence, aujourd’hui, est de développer les soins palliatifs. Il s’agit d’une solution d’espoir, contrairement à l’euthanasie, qui est un aveu d’échec consistant à dire ou penser que la mort est la seule solution face à la souffrance. A-t-on, franchement, tout tenté à ce niveau? J’en doute.

Jean Leonetti effectue d’ailleurs une séparation nette (contrairement à l’ADMD qui introduit volontairement la confusion entre les deux notions) entre les malades en fin de vie, qui n’ont plus d’espoir et dont les jours sont comptés, et les malades incurables dont la mort n’est pas d’actualité. Dans la première hypothèse, dit-il, la fameuse loi du 22 avril 2005 « répond à quasiment toutes les situations ». Dans la seconde, « la personne peut se suicider, c’est un « droit liberté », mais pas un « droit créance » vis-à-vis de la société. En d’autres termes, la société n’a pas à assumer ce geste pour elle ».

Dominique Quinio, éditorialiste à La Croix, résume très bien au final l’alternative qui s’offre à nous, et qu’il ne faut pas perdre de vue dans ce débat : « Veut-on une société individualiste où chacun disposerait d’un droit à tout maîtriser de la vie, de la naissance à la mort et où le devoir de la collectivité serait de leur permettre d’exercer cette succession de droits ? Ou bien veut-on une société solidaire où la communauté humaine se donne pour mission d’accompagner, de soutenir, de soigner les plus faibles, avec le souci de leur dignité et de leur bien-être, sans croire, ou surtout sans leur laisser croire, que la seule solution serait la mort ? »

Lire aussi Koz.

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On paiera pour votre suicide, mais pas pour votre chimio

Petit à petit, on se rend compte que ceux qui criaient au loup, aux prémices du débat sur l’euthanasie et le suicide assisté, en alertant l’opinion sur le fait que des considérations autres que la compassion pouvaient entrer en ligne de compte (et notamment économiques), avaient bien raison de s’inquiéter. Les faits le démontrent fréquemment.

Exemple récent (après la maison de retraite néerlandaise) dans l’Etat américain de l’Oregon, où le suicide assisté est permis par la loi. Là-bas, la caisse d’assurance-maladie refuse le remboursement de la chimiothérapie aux patients atteints de cancer, dont les chances de survie pour les cinq prochaines années n’excèdent pas 5%. A la place, elle leur propose le recours au suicide assisté, et bonne âme, finance l’opération. Deux patients au moins ont reçu un courrier leur indiquant que la chimo ne serait plus remboursée, mais que le suicide, si. 

“I think it’s messed up,” 64-year-old Barbara Wagner told the Register-Guard newspaper. “To say to someone, we’ll pay for you to die, but not pay for you to live, it’s cruel.” And 53-year-old Randy Stroup received the same response when he was denied medication for his prostate cancer. « It dropped my chin to the floor, » Mr Stroup said. « [How could they] not pay for medication that would help my life, and yet offer to pay to end my life? »

On aimerait savoir ce qu’auraient pensé les partisans français du suicide assisté si le gouvernement avait persisté dans sa volonté de ne pas rembourser les affections de longue durée, et avait proposé à la place la mort pure et simple pour les malheureux patients. Jean-Luc Romero et consorts, merci d’y réfléchir.

Comme dit Le Conservateur, « les conséquences de la création d’un droit de se faire tuer par autrui, sous le prétexte d’une expertise médicale, d’une décision de justice, d’une décision gouvernementale, ou d’une « preuve de consentement » sont trop nombreuses, imprévisibles et dangereuses pour réduire ce débat difficile à un déballage d’émotions consécutives à la découverte d’un cas personnel forcément touchant pour qui est un peu humain. »

Derrière la compassion et le désir de respecter la volonté des malades, le débat sur le suicide assisté cache aussi une pression qui va aller en s’acroissant sur les malades et les personnes âgées, face à l’augmentation de l’espérance de vie, de la qualité des soins et de la pression démographique. Que répond la caisse à Barbara Wagner? « We do need to point out the options available to her under the Oregon Health Plan » (nous devons lui fournir les difftentes options possibles conformément au plan santé de l’Oregon).

Le plan santé de l’Oregon, plus important que la vie d’une personne. Il y a un certain collectivisme derrière le libéralisme, en fait. Le Serment d’Hippocrate est pourtant clair, malgré ses variantes : « Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »

Le problème, c’est que derrière les médecins, il y a des bureaucrates.

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Suicide assisté : débattre jusqu’à y être tous favorables!

Il est des affaires qui reviennent à intervalles de temps régulier, comme pour entretenir un débat jusqu’à temps qu’il mène à la conclusion souhaitée. C’est le cas de celle du suicide de Rémy Salvat, ce jeune homme de 24 ans, atteint d’une maladie orpheline dégénérative, qui a vainement demandé au président de la République le droit de mourir assisté.

Pendant que certains, toujours les mêmes, manient l’émotion et revendiquent des droits, Koz met le doigt sur un élément qui paraît essentiel : le fait qu’une fois encore, on réclame à corps et à cri un « débat public ». Comme si on l’empêchait de se tenir.

« Nous avons tous entendu sa mère réclamer un débat public, pour qu’”enfin un débat se tienne en France“. Il ne me semblait pas, à en juger par mon propre blog, que le débat soit occulté. Mais, à chaque occasion, on réclame un nouveau débat, façon de considérer que la réponse apportée aujourd’hui n’est toujours pas légitime. A ce débat, l’euthanasie est ainsi vue comme la seule réponse légitime. Toute autre réponse est rejetée. »

Qu’écrit Rémy Salvat dans sa lettre au président? « Moi, Rémy Salvat, je vous demande de laisser de côté votre avis personnel et d’arrêter d’être sourd. » Etre contre le fait de commettre un acte positif conduisant à la mort d’une personne, c’est être sourd. C’est n’avoir rien compris au film. C’est être du mauvais côté de l’humanité.

Ce n’est pas un hasard si les médias s’emparent de l’affaire. Une avocate a été désignée, et a reçu pour mission d’alerter la presse, la télé, les radios. Et en cette période de vache maigre estivale, celles-ci se jettent dessus sans nuance. Avec comme d’habitude, ces mêmes journalistes en empathie totale avec leur sujet. Ces mêmes journalistes unanimes pour prendre parti, pour se ranger résolument dans le camp du soi-disant « progrès ». Une belle bande de moutons de Panurge, en vérité!

Que titre le Figaro, par exemple? « Un nouveau drame relance le débat sur l’euthanasie ». Mais en quoi, on se le demande, le débat est-il relancé? En quoi a-t-on apporté des éléments nouveaux nous permettant de nous déterminer, dans un sens ou dans un autre? Je vois plutôt une manière d’enfoncer le clou de l’émotion. Allez, un nouvel exemple, vous voyez bien, ma petite dame, que ce pays est réactionnaire et maltraite ses malades. L’accroche de cet article est déjà élogieuse : « Son suicide a été mûrement réfléchi ». Le journaliste en est-il sûr, a-t-il constaté les faits, les a-t-il recoupés, a-t-il assisté à cette réflexion mûre et de longue date?

Et on parle de débat? La légitime émotion causée par ce genre de situation inextricable rend inaudible toute tentative d’essayer de prendre de la distance et de réfléchir sereinement. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, peut bien dire que la loi sur la fin de vie est équilibrée mais trop méconnue, que l’Etat va investir 230 millions d’euros supplémentaires pour doubler le nombre d’unités de soins palliatifs d’ici à 2012, cette information n’est pas celle choisie pour l’accroche des papiers.

Une opinion publique, ça se construit pas à pas, ça se travaille au corps, ça se relance, ça se bichonne, ça se bouscule. Et en la matière, les partisans du suicide assisté, qui se cachent derrière le droit à l’euthanasie, marquent des points à tous les coups. A nous de ne pas tomber dans le panneau!

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Dérives euthanasiques (2) : l’étouffement dans un sac plastique

Alors que passé l’épisode tibétain, les médias recommencent leur matraquage pro-euthanasie, voici une nouvelle preuve des dérives possibles dans le monde merveilleux des Etats modernes, progressistes, révolutionnaires et avant-gardistes qui offrent enfin l’accès à une mort digne.

Après la proposition de loi déposée en Belgique, proposant d’étendre, comme aux Pays-Bas, l’euthanasie aux vieillards déments et aux mineurs âgés de plus de sept ans, c’est au tour de la Suisse de faire parler d’elle. Merci à un brillant commentateur pour l’info, que j’avais laissée passer. Il est vrai que nos médias se sont gardé d’en faire leur une.

La macabre association Dignitas, celle dont le métier est d’assister les candidats au suicide (et donc de les tuer sans crainte de poursuites), propose désormais un étouffement à l’aide d’un sac rempli d’hélium. Relançant ainsi le débat sur ce thème en Suisse, où l’initiative n’a pas été du goût de tout le monde.

Voici ce qu’en dit le quotidien Le Temps :  » Ces pratiques sont filmées pour attester d’un acte libre effectué par le patient et les images sont transmises à la police. Quatre décès ont été enregistrés de cette manière depuis la mi-février, a rapporté hier le procureur djoint de Zurich Jürg Vollenweider. Contrairement au natrium pentobarbital (NAP) utilisé jusqu’ici, l’hélium ne doit pas être prescrit par un médecin. «Le patient met lui-même un sac en plastique sur sa tête et étouffe», explique encore Jürg Vollenweider. «Pendant plusieurs minutes le corps des mourants continue de bouger. C’est difficile.» « 

Alors que la polémique enfle en Suisse, l’association est montrée du doigt au sujet de ses méthodes. « Elle s’est vu interdire de pratiquer successivement dans deux appartements zurichois, dans des locaux industriels, dans un hôtel et dans la villa de son fondateur. L’association avait fini par aider à mourir deux Allemands dans des véhicules à l’orée d’une forêt », écrit Le Temps. Selon rue89, le président de l’ordre des médecins zurichois, Urs Stoffel, estime que cette méthode est digne de « celles du troisième Reich ».

Du coup, des voix s’élèvent pour demander au gouvernement fédéral de légiférer sur cette question. Celui-ci s’y était refusé à l’automne dernier, pour ne pas donner l’impression d’inciter à un quelconque « tourisme de la mort ».

Voilà qui devrait nous faire réfléchir, puisqu’en France nous avons encore le luxe de débattre de ces questions. Au fond, qu’est-ce qui est choquant, la méthode utilisée ou le fait de tuer? L’acte, ou son moyen? Une chose est sûre : on voit mal comment l’adjectif digne peut être accolé à une mort de ce genre. Et dire, encore une fois, que ce pays et cette association font partie des exemples à suivre, à écouter l’ADMD!

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Affaire Sébire : il est urgent d’attendre

Voilà, Chantal Sébire est décédée hier soir à son domicile situé près de Dijon. Qu’elle soit en paix. Désormais, puisqu’elle est devenue un symbole, l’ADMD n’aura de cesse de se servir de cette femme afin de réclamer à cor et à cri une nouvelle loi.

Les médias soutiennent ce « mouvement » de manière totalement partiale. Regardez Le Monde par exemple. Ce n’est pas du journalisme, mais du parti pris. Ces gens-là n’ont aucune éthique, ils vont là où le vent souffle, sans se poser de question, ni réfléchir. Ils ne prennent aucun recul sur les choses. Ils sont en complète empathie avec le sujet dont ils parlent.

Ainsi, dans l’article susvisé, on est surpris d’apprendre ceci :

 

Ces spécialistes ne cachent pas leur très vif étonnement au vu de l’absence, durant six ans, de prise en charge médicale adaptée de la malade. Ils indiquent que la maladie dont souffrait Mme Sébire (un esthesioneuroblastome ou neuroblastome olfactif) ne peut être qualifiée d’incurable, notamment si elle est traitée de façon précoce. Les taux de survie sont de l’ordre de 70 % cinq ans après une intervention, quand les troubles sont pris en charge assez tôt, affirment ces experts.

D’autant que le même journaliste, auteur du même article, écrit quelques lignes plus tard :

Le cas de Chantal Sébire, soutenu par l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, a relancé le débat sur l’euthanasie en illustrant les limites de la loi Leonetti de 2005 sur la fin de vie. Celle-ci ne permet pas de répondre aux personnes en situation d’incurabilité qui réclament le droit de mourir en toute conscience.

Alors, schyzophrénie? Panurgisme, plutôt. Cette phrase signifie, en fait : la loi Leonetti de permet pas de solution à ceux qui refusent de profiter des mesures qu’elle propose… De la même façon que le Code de la route n’offre pas de solution à celui qui veut griller les feux rouges!

Pourquoi parle-t-on de fin de vie? Pourquoi parle-t-on de maladie incurable? Pourquoi établit-on un lien avec la loi Leonetti? Pourquoi cherche-t-on à distiller la confusion dans les esprits, en jettant volontairement le flou sur les notions d’euthanasie, d’acharnement thérapeutique et de suicide? Le gouvernement temporise pour le moment, en demandant à Jean Leonetti de faire le bilan de la loi portant son nom et votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale. Il y a eu unanimité il y a moins de trois ans, et il faudrait modifier ce texte excellent, qui établit une distinction entre euthanasie et arrêt de l’acharnement thérapeutique? Non. Il est probable que l’exécutif soit plutôt en train de gagner du temps.

Moi, j’attends toujours qu’on nous explique ce qu’est une mort digne. Qui peut juger de la dignité d’une mort, plus que d’une autre. Et si la tyrannie de la volonté individuelle, érigée, en norme suprême, doit s’imposer à la collectivité.

Sur cette affaire, il faut encore une fois lire Authueil, car tout est dans ce paragraphe :

Sur ce sujet, il faut que les parlementaires sachent résister aux pressions médiatiquement bien organisées. Chantal Sébire, c’est une très belle opération de lobbying, parfaitement orchestrée par l’ADMD, qui, comme par hasard, vient de lancer une grande campagne auprès de ses adhérents, pour qu’ils envoient tous à leur député un petit carton pré-rempli, façon « contribuables associés ». On légifère pas sous le coup de la pression de l’émotion provoquée par des images choc au JT.

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