Archives de Tag: MoDem

La question du centre

Alors que la trêve des confiseurs était à peine achevée, Alexandre, dont j’ai découvert le blog il y a quelques semaines, et dont j’apprécie à la fois la culture politique, l’ouverture d’esprit et la pondération, et le fait qu’il ait rarement tort, a profité de mon absence – Noël! – pour s’interroger publiquement sur ce qu’est le centre (pas la région, le mouvement politique!) pour lui, et pire, pour lancer une chaîne sur la question, à laquelle ont répondu par exemple l’Hérétique ou Xerbias, deux blogueurs que j’apprécie également beaucoup. C’est la saison des compliments on dirait… Lire la suite

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Et revoilà la danse du centre

Après l’échec de la majorité présidentielle aux régionales, la stratégie d’union dès le premier tour a été décriée à droite. Un boulevard s’ouvre incontestablement au centre-droit, après l’échec du MoDem à incarner une alternative crédible au clivage droite-gauche. Le Nouveau Centre et Villepin se sont empressés, cette semaine, de draguer cet espace en jachères… en vue de 2012. Lire la suite

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Désenchantement politique

Ils regrettent tous l’abstention, la main sur le cœur, après ce premier tour des régionales. Parlent d’exigence démocratique. Evoquent leur déception. Leur tristesse, pour les plus hardis. Mais dans le fond, ils n’en ont rien à faire. Mais rien. Tant que les mécontents bouderont les urnes, ceux qui sont aux commandes resteront tranquilles. Ils pourront continuer leur tambouille tranquillement, à l’abri des regards. Lire la suite

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Europe Ecologie, une nouvelle façon de faire de la politique?

C’est la dernière lubie à la mode : envisager de voter Europe Ecologie pour les élection régionales du mois de mars. Intéressé par ce phénomène, je me suis penché sur les interviews réalisées par nos amis blogueurs au meeting de lancement de campagne de ce conglomérat qui aspire à devenir la troisième force politique française et ébranler un peu plus le PS. J’y ai trouvé le même enthousiasme que lors de la création du MoDem après la dernière présidentielle. Le genre de soufflé qui retombe très vite. Lire la suite

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Election européenne : toujours l’échec

parisienL’élection européenne qui vient de se dérouler en France n’a pas seulement permis une forme de recomposition du paysage politique français, avec un score très élevé de l’UMP et d’Europe écologie et une déroute pour le PS et le MoDem, mais aussi de montrer que 25 ans après, ce scrutin n’est toujours pas européen. Quel échec! Lire la suite

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Cohn-Bendit VS Bayrou, vous avez dit ignominies?

cohnbenditMerci au jdd. fr de nous avoir reprécisé les phrases sujettes à caution écrites par Daniel Cohn-Bendit dans le Grand Bazar (1975), rappelées de manière un peu étrange et bien peu opportune, hier soir sur France 2 au cours d’un débat houleux. La flèche émanait de François Bayrou, visiblement de fort méchante humeur après la publication de sondages le plaçant en quatrième position pour les élections de dimanche… juste derrière les listes d’Europe écologie. Lire la suite

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Ségolène Royal, le grand écart entre l’antilibéralisme et le MoDem

Mais quelle mouche a piqué Ségolène Royal? Piégée par un duel sémantique avec Bertrand Delanoë sur la définition du mot "libéralisme", celle qui prétend incarner le PS enchaîne les contre-sens et s’empêtre dans un grand écart incertain entre l’antilibéralisme et le MoDem.

Militants, militantes socialistes. Si vous désirez perdre en 2012, de grâce, choisissez tout de suite Royal pour gouverner le PS : le résultat sera couru d’avance. Et la droite pourra passer toutes les réformes qu’elle voudra, sûre d’être réélue au bout. Au moins par défaut.

Hier, la candidate déjà malheureuse une fois – et qui n’a jamais tiré aucune leçon de cet échec à part pour dire que c’était la faute des autres - s’est expliqué sur les raisons qui l’opposent fictivement à Bertrand Delanoë (qu’on se prend même à aimer, un comble), qui en s’affirmant "socialiste et libéral", a non seulement créé l’événement au PS (il suffit de voir combien de blogs se sont déchirés sur cette question somme toute futile), mais en plus, coupé l’herbe sous le pied de son "adversaire". Celle-ci tente depuis, maladroitement, d’en faire un clivage pour le Congrès de Reims…

Je rappelle pour les distraits du fond que la semaine passée, notre Jeanne d’Arc de gauche avait déclaré ceci, provoquant la fureur de sociaux-démocrates éminents :  «Je ne pourrais jamais dire : je suis libérale. Je ne crois pas qu’il faille réha biliter ce mot et ce concept. C’est le mot de nos adversaires politiques, synonyme de capitalisme débridé, d’écrasement des bas salaires, de violence».

Enfin, s’est expliquée, disons qu’elle s’est embrouillée. Sur France Info, elle est allée raconter que le libéralisme était responsable du fait qu’aujourd’hui, "il n’y a jamais eu autant de misère". Va dire ça aux ouvriers du XIXe siècle. Première ineptie!

Pire, elle a scandé qu’il ne fallait pas "aller piocher à droite son idéologie et son vocabulaire". Comme si ce genre de considération devait être à la base d’un discours politique. Et après, elle ose dire que "le Congrès de Reims, les Français s’en moquent". Sectarisme, quand tu nous tiens. En ce moment, je rêve d’un punching-ball grimé en présidente du Poitou-Charentes. Deuxième idiotie!

Elle confond libéralisme et néo-libéralisme, cette truffe. Elle ne sait que répondre quand les journalistes, avec malice, lui rappellent cet interview au Point que j’évoquais ici même en son temps, et dans lequel elle disait exactement la même chose que Bertrand Delanoë en établissant une distinction entre libéralisme philosophique et politique, et libéralisme économique.

Elle s’emmêle les pinceaux. Et croyant faire la synthèse des gauches, elle enjambe de façon hasardeuse le PS en se faisant passer pour "antilibérale" et en pronant dans le même temps une alliance avec le MoDem. Aux journalistes qui lui demandaient s’il n’y avait pas là une contradiction évidente, elle répond d’ailleurs : "Je vous le dirai. J’aborderai cette question sans tactique et sans tabou". Mais c’est tout de suite qu’on veut la réponse!

Voilà. Elle est une nouvelle fois allée trop loin, et telle un gamin pris la main dans le pot de confiture, elle ne sait pas comment se dépatouiller de tout ça, et elle s’embrouille. Et on voudrait lui confier les clefs d’un parti, voire de la France?

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Un tsunamini…

Où est-elle, la lame de fond que nous prédisaient sondeurs et observateurs politiques? Sans vouloir faire l’agent de propagande d’un gouvernement dont on attend toujours des résultats, une première analyse du premier tour des municipales montre que le raz-de-marée attendu à gauche n’a pas eu lieu. On se croirait en 2001, à l’envers!

Oh, ne nous méprenons pas, la gauche a tout de même remporté de belles victoires, et sort à coup sûr gagnante de ce premier round. A Rouen, à Dieppe, à Lyon (mais Collomb, est-ce vraiment la gauche?), Laval ou Nantes, la victoire est déjà dans la poche. Marseille, Amiens,  Caen, Blois, Strasbourg, sont sérieusement menacées. D’autres villes seront conservées aisément, comme Tours, Lille  Dijon ou Paris, à la fois parce que le bilan du maire est quasi irréprochable, et parce qu’en face, l’adversaire a été nullisime (Donnedieu de Vabres, Huyghe, Panafieu). Mais ça, c’est du local, pas du national.

La droite, elle, résiste mieux qu’on aurait pu le penser. Conserve Bordeaux (on peut relire certains articles avec amusement, du coup…) ou Toulon, dès le premier tour. Devrait l’emporter dans des villes qu’on disait menacées, comme Nice ou Orléans. Pourrait créer la surprise à Angers, ville de gauche s’il en est. N’est pas perdue à Marseille ou Toulouse. Dans mon joli Nord, les communes dans lesquelles j’ai travaillé hier soir ont vu le maire de droite sortant réélu dès le premier tour. On a vu des scores soviétiques, des listes reconduites avec plus de 80% des voix…

Pour un vote sanction, on a vu bien pire. 2004, par exemple… Tous les ministres en course ont été élus au premier tour ou sont en ballotage favorable. En 2001, plusieurs ministres de gauche avaient été envoyés au tapis, Guigou, Lang par exemple. De plus, rien n’est joué : souvenons-nous des dernières législatives, et du rééquilibrage du second tour.

Souvenons-nous aussi que la participation, quoi qu’en disent les observateurs, n’a pas été si bonne que cela. A Lille, Martine Aubry obtient 46% des voix mais avec combien de voix? 26000! Rendez-vous compte, sur 230 000 habitants, ce n’est pas grand-chose… La mobilisation de chaque camp sera la clef du deuxième tour, assurément.

Dernier enseignement du scrutin, et comme on pouvait s’y attendre, le MoDem est pris au piège de sa stratégie périlleuse. En bon équilibriste, Bayrou est coincé. Alors que Juppé aura des MoDems dans son équipe, Marielle de Sarnez a dès hier soir offert ses services à Delanoë. Bayrou lui-même est en position délicate à Pau, où il arrive en seconde position derrière le PS : l’UMP lui aurait offert un soutien en échange d’un accord national… on entre dès aujourd’hui dans les tractations de couloir, à l’ancienne.

Pour autant, les centristes ne sont pas incontournables comme ils l’espéraient. A Paris ou Lille, leur score en-deçà de 10% ne leur permet pas de peser. Les Verts restent le partenaire "naturel" dans bien des communes. On peut se passer des oranges…

Finalement, la gauche pourrait de toute façon se contenter dimanche prochain de cette victoire "nette mais pas déshonorante", qui lui permet de ne pas céder à l’emportement, tout en renforçant ses positions dans le pays. Il est cependant à craindre, au vu de ce qui s’est dit hier soir, qu’on continue à nous bassiner pendant une semaine avec cette histoire de plan de rigueur et les grands cries d’orfraie de pseudo-résistants qui n’étaient même pas nés en 40.

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Qui aura le courage de débrancher le MoDem?

Tiraillé entre la gauche et la droite, entre le pouvoir et l’opposition bête et méchante façon PS, entre le réalisme et idéalisme, le MoDem de Bayrou donne de plus en plus le sentiment de tâtonner, tout en paraissant privilégier une ligne de centre-gauche. Une stratégie purement politicienne, qui met de côté une bonne partie des électeurs ayant soutenu Bayrou le 22 avril 2007.

Et ils étaient nombreux! 6 820 119 petits papiers "Bayrou", ça fait du monde : 18,57% du corps électoral. Et sur quels slogans tous ces gens ont-ils voté Bayrou? Plus de gauche ni de droite, mais une politique intelligente au service des Français. Une politique pragmatique, une politique de l’Etat impartial. Une présidence sobre, représentée par un Bayrou au profil quasi-protestant. Un libéralisme certain teinté d’un certain humanisme. Avec une volonté d’indépendance marquée vis-à-vis du grand frère RPR devenu hégémonique UMP. En gros, c’était ça. Il y avait de quoi tenter du monde : beaucoup s’y sont laissés prendre. Je me suis moi-même laissé berner, après avoir pourtant critiqué à maintes reprises le Béarnais. Tout en n’étant pas dupe sur l’illusion représentée par sa candidature, j’ai voté Bayrou par défaut. Parce que Sarkozy et Royal m’insupportaient tout autant l’un que l’autre. Et combien sont-ils dans ce cas?

Quoi qu’il en soit, beaucoup doivent aujourd’hui se mordre les doigts d’avoir opté pour cette solution. Personnellement, j’ai voté Bayrou et je l’assume, mais j’exècre le MoDem, cette espèce de parti fourre-tout qui ne ressemble à rien. D’ailleurs, ses soutiens s’enfuient un à un. S’agit-il d’un hasard? Le premier a été Gilles de Robien, suivi par les futurs membres du Nouveau-Centre, qui ont quitté l’ex-UDF pour conserver leur place à l’Assemblée nationale. Ils refusaient, officiellement, le positionnement au centre-gauche adopté par Bayrou. Celui-ci ne s’est-il pas placé de facto à gauche du spectre politique, en assurant qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle? Ce même centre-gauche où se trouvaient déjà le PRG, et où s’est installé Gauche Moderne, le groupuscule de Jean-Marie Bockel? Ensuite, il y a eu les "départs individuels". Les derniers en date sont Christian Saint-Etienne et Jean-Marie Cavada, c’est-à-dire des piliers du MoDem naissant et déjà agonisant.

Car aujourd’hui, c’est quoi le MoDem? Franchement, la question mérite d’être posée. Entre Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias, Marielle de Sarnez, Jean Lassalle, Azouz Begag, Quitterie Delmas, où est le point commun? Entre la ligne politique insufflée par le parti au niveau central (en fait, Bayrou) et le terrain, il y a un gouffre. Et ce gouffre illustre l’embarras dans lequel sont plongés une bonne partie des électeurs centristes du 22 avril.

Que veut Bayrou, si on l’écoute bien? Occuper en France la place dont dispose Prodi en Italie. Celle qu’avaient Blair et Schroeder au Royaume-Uni et en Allemagne. Etre le Jacques Delors du XXI siècle. Bref, fonder une social-démocratie à la française. On voit bien que Bayrou et ses fidèles ont tendance à préferer une ligne de centre-gauche, la droite étant tout entière phagocytée par Sarkozy. Ce qui a changé par rapport à la présidentielle, c’est qu’on ne parle plus de "ni-droite ni-gauche".

De toutes façons, ces belles paroles sont contredites tous les jours localement. Les élections approchant, chacun est obligé de prendre position et de dévoiler son jeu. Et force est de constater que sur le terrain des municipales, aucune ligne claire ne se dégage. Que voit-on? Un MoDem différent dans chaque ville, ou presque. Des listes autonomes, des alliances à gauche, à droite… Un vrai capharnaüm!

A Marseille, la tête de liste est Jean-Luc Benhamias, mais deux membres du MoDem marseillais ont choisi le PS et l’UMP. A Lille, Jacques Richir partira seul, suivant un programme très "écolo" (bobo urbain), mais un dissident du Mouvement démocrate le concurrencera. A Paris, Corrine Lepage devra affronter Jean-Marie Cavada dans le XIIe arrondissement, pendant que Marielle de Sarnez tape bien d’avantage sur Panafieu que sur Delanoë. A Dijon ou Roubaix, le MoDem fait alliance avec la gauche. A Angers ou Bordeaux, on fait copain-copain avec l’UMP. Sans compter les villes où les listes MoDem du premier tour fusionneront au deuxième soit avec l’un, soit avec l’autre!

«Stratégiquement, nous avons un problème. Je ne suis pas sûr que nous présentions un visage très cohérent», euphémise un responsable MoDem issu de l’UDF et cité dans Libération de vendredi. Tu m’étonnes. Vous présentez même un visage carrément chaotique! En fait, le MoDem, c’est un peu comme le protestantisme. Chacun peut s’en prévaloir et faire n’importe quoi, étant donné qu’il n’y a pas de doctrine ni de colonne vertébrale. Son texte fondateur, lui, a été écrit par un M.Saint-Etienne rallié depuis à l’UMP…

Gageons que le MoDem ne survivra pas très longtemps. Il a des militants, mais qui pensent tous de manière différente. Regardez Luc Mandret : je ne suis pas sûr que beaucoup de militants du MoDem saluent comme lui le décès de Pierre Boussel, trotskyste impénitent. Au fond, ce parti ne tient que par Bayrou et par le souvenir de cette magique épopée de la présidentielle… Après l’épopée, la tragédie?

En résumé, je ne sais pas si je suis le seul, mais j’ai le sentiment d’avoir été trahi, et qu’on instrumentalise mon vote, qui fait pourtant partie de ces 6 820 119 petits papiers "Bayrou"… Non, ces 18,57% ne soutiennent pas le MoDem. Il faudrait qu’un jour l’état-major du parti démocrate en prenne conscience.

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Une assemblée équilibrée pour appliquer les promesses de Sarkozy

Jean-Louis Borloo, la fine mouche, a salué hier soir la victoire historique de l’UMP : une majorité se succède en effet à elle-même suite au deuxième tour de ces législatives, qui bouclent un cycle électoral long et éprouvant au terme duquel le monde politique est contraint à une large recomposition.

L’assemblée "équilibrée" élue hier, qui certes ne représentera pas – une nouvelle fois – la diversité de la société, est cependant loin du monolithisme que les résultats du 10 juin laissaient entrevoir. Avec à nouveau une participation décevante qui nuance le soi-disant sursaut démocratique observé lors de l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai derniers.

Le parti socialiste, qui atténue la claque qui lui pendait au nez, aura une présence renforcée d’une quarantaine de députés dans la nouvelle assemblée nationale. Après la vague bleue du premier tour, la vaguelette rose a déferlé dans le pays : de nombreuses circonscriptions ont été gagnées sur le fil par le PS après un premier tour qui augurait mal du résultat final. Arnaud Montebourg et Jean-Louis BIanco sauvent leur peau de justesse, tandis que Vincent Peillon et ce pauvre Jean-Pierre Chevènement mordent la poussière pour la seconde fois d’affilée. Le Nord, qui avait basculé à droite à l’occasion de la présidentielle et au soir du 10 juin, revient finalement au PS, qui réalise des scores proches de 60% dans la métropole lilloise et gagne même deux sièges par rapport à 2002. En définitive, la gauche peut dire merci à la conjonction improbable de deux facteurs ayant amorti sa chute : le splendide cafouillage du gouvernement Fillon au sujet de la TVA sociale, et le ralliement quasi systématique à ses candidats des électeurs du MoDem.

En dépit de ce retournement de tendance opportun (Jean-Luc Mélenchon a lâché que c’était "quand même une branlée"), le PS ne pourra se payer encore une fois le luxe d’une reconstruction. François Hollande a répété qu’il ne quitterait pas son poste avant l’échéance de son mandat, à l’été 2008. Ségolène Royal de son côté, a pris de court ses "rivaux" en se déclarant officiellement candidate au poste de premier secrétaire. Montebourg a même ajouté que "le temps des éléphants" était achevé, au profit du "règne des jeunes lions". Plus anecdotiquement, la candidate malheureuse à la présidentielle livre un secret de polichinelle qui agite des médias qui connaissaient la vérité depuis des mois : elle se sépare de son désormais ex-compagnon François Hollande. Isolé, critiqué, ce dernier voit ainsi la mère de ses enfants devenir définitivement une rivale politique.

Le MoDem, qui n’a pas réussi à transformer l’essai de la présidentielle, peut être satisfait d’avoir limité la casse avec quatre députés élus sur les six encore en lice au deuxième tour. François Bayrou , qui salue un "résultat très prometteur" pour son parti, a une nouvelle fois affirmé qu’il continuait son combat de plus belle : sa "longue marche" peut commencer… Ses opposants du Nouveau Centre, eux, ont bien fait de trahir leur ancien champion : avec 22 sièges, ils pourront constituer un groupe parlementaire!

Le PCF et les Verts confirment leur déclin. Si Marie-George Buffet a été confortablement élue, ses troupes ont perdu leur groupe au Palais-Bourbon. Côté FN, Jean-Marie Le Pen l’avoue : "Quand même, c’est une branlée de plus". Sa fille, Marine Le Pen, sauve les meubles dans le Pas-de-Calais, mais échoue au second tour.

Dans la majorité, qui paie un lourd tribut au flou entretenu autour du projet de création d’une TVA sociale, notons la défaite d’Alain Juppé, et en conséquence, sa démission inéluctable du gouvernement. Le maire de Bordeaux voit ainsi son horizon politique s’obscurcir pour la seconde fois, en attendant d’éventuelles nouvelles poursuites judiciaires. D’autres personnalités de la droite ont été battues hier soir : l’horripilant Arno Klarsfeld à Paris, le sulfureux Alain Carignon à Grenoble, la scandaleuse Sylvie Noachovitch dans le Val d’Oise.

Après des mois et des mois de discussion, de débats, de propositions, de promesses en tous genres, on sort enfin de la période électorale pour enfin entrer dans le champ de l’action. L’UMP dispose malgré tout d’une majorité claire afin d’appliquer les promesses de Nicolas Sarkozy. On verra ce qu’elle en fera, et si la rupture annoncée n’était pas – comme on a naïvement tendance à le croire – un simple slogan électoral. En attendant, bien sûr, la prochaine échéance : les élections municipales du printemps 2008, qui ne manqueront pas de se réveler comme une approbation ou une sanction des premiers mois de l’ère sarkozyste.

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