Archives de Tag: euthanasie

« Débattre », pour quoi faire?

Sur le « débat » que promet François Hollande sur l’euthanasie les « cas exceptionnels où l’abstention thérapeutique ne suffit pas » pour traiter une « douleur irréversible » et qui pourrait nécessiter un « acte médical, assumé, au terme d’une décision partagée et réfléchie », que dire de plus après Natalia? Lire la suite

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Quelle société voulons-nous pour l’après 2012?

Même si ce blog est en léthargie avancée, et que je ne peux dire quand il en sortira, je ne pouvais pas ne pas relayer cette initiative résumant en quelques images – et de belles images, puisque la vidéo est très bien réalisée – le message des évêques à l’occasion de ces élections qui se profilent dans quelques semaines. Election présidentielle, d’abord, puis élections législatives.

Les évêques ne donnent pas de consigne de vote, et j’allais dire, encore heureux : ce n’est pas leur rôle, et ils veulent rester ferment d’unité. Ainsi, ils respectent la liberté de chacun. Néanmoins, il s’expriment de manière très forte sur un certain nombre de sujets, dans un document que vous avez peut-être lu, et qui a été publié au mois d’octobre : « Elections, un vote pour quelle société? »

La question résume le point de vue des évêques : au-delà des polémiques, des « musulmans d’apparence », de la « méprisance » et des taxes à 75%, quelle société voulons-nous voir demain dans notre pays? Quelle société voulons-nous transmettre à nos enfants? Que voulons-nous, exactement, en matière de famille, de justice, d’éducation, de politique de banlieues, de politique extérieure, de politique d’accueil de la vie, de sa naissance jusqu’à son terme?

Il est du devoir de chaque chrétien mais au-delà, de tout citoyen, de réfléchir à ces enjeux. Les évêques offrent une grille de réflexion, un série d’éléments de discernement. A chacun de chercher, là-dedans, ce qui lui paraît le plus important. Mais ce qui me séduit, dans ce document, c’est que les évêques, contrairement aux candidats, nous y parlent sans arrière pensée : ils parlent « à la conscience du citoyen, pas à son instinct », rappelle Nicolas Mathey.

De manière plus générale, cette vidéo est un épisode de plus de la prise des conscience, par les catholiques, de la nécessité de s’engager politiquement, de prendre position. Dans un contexte troublé, il n’est plus temps de regarder les trains passer.

Personnellement, je trouve que ce document, s’il n’appelle pas à voter pour quelqu’un, en élimine deux de facto : Marine Le Pen, pour son discours outrancier consistant, perpétuellement, à désigner des boucs-émissaires et à se replier, au lieu de s’ouvrir et de chercher la concorde; et François Hollande, dont la proposition sur l’euthanasie, si elle était retenue, nous ferait immédiatement basculer dans un autre type de société.

Lire aussi sur ce même sujet Edmond, Koz, et Henry Le Barde.

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Manifeste contre le suicide assisté et pause sur le blog

Alors que ce blog va entrer en sommeil pendant quelques semaines en raison d’une indisponibilité à l’alimenter, je signale à votre attention le manifeste publié par le collectif Plus belle digne la vie, qui a pour objet de rappeler que « tout dispositif législatif visant à reconnaître un droit à une injection létale et/ou à un suicide assisté constituerait un contresens grave faisant courir des risques aux plus vulnérables et aux plus démunis d’entre nous ». Ce manifeste est publié alors que va être examiné au Sénat le 25 janvier prochain une proposition de loi visant à instaurer une aide active à mourir, qui n’est autre qu’une reconnaissance du droit au suicide assisté. La commission des affaires sociales du Sénat a d’ailleurs voté cette proposition de loi aujourd’hui. Chacun de vous peut signer ce manifeste. Lire la suite

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L’objection de conscience l’a emporté au Conseil de l’Europe

Il aurait été inquiétant que l’importance donnée à la liberté des uns amène à restreindre celle des autres, surtout dans un domaine où la conviction intime doit être protégée à tout prix. Discutée hier au conseil de l’Europe, la fameux projet de directive du Conseil de l’Europe (1), qui visait à limiter le droit à l’objection de conscience dans des domaines comme l’avortement ou l’euthanasie, a été vidée de son contenu par une série d’amendements qui ont consacré ce droit. Une belle victoire pour la liberté sur ce continent. Lire la suite

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Neuf idiots utiles à l’UMP

admdObjectivement, l’idiot utile est celui qui par aveuglement, déni de la réalité ou tout simplement sottise, fait le jeu de l’ennemi, de qui il se fait l’allié de circonstance.

Dans le temps, un certain nombre d’intellectuels occidentaux, tels Aragon, ont joué ce rôle en applaudissant à la « modernité » de l’URSS tout en taisant ses crimes. Fameuse époque.

Notons que l’idiot utile peut parfaitement être de bonne foi. Il peut être trompé par le romantisme de sa cause, ou par le souci de paraître « in ». Ce qui est peut-être le cas de ces députés UMP qui signent une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie, ou plutôt, puisqu’aujourd’hui tout est euphémisme, visant à « autoriser le fait de mourir dans la dignité ». Tout un programme. Lire la suite

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Jean Leonetti rend un rapport défavorable à l’exception d’euthanasie

Le rapport de la mission conduite par Jean Lenoetti préconise donc (merci Oscar) de ne pas modifier la loi Leonetti d’avril 2005 sur la fin de vie. Il est urgent d’attendre. Il n’y aura pas d’exception d’euthanasie, comme il n’y aura pas de légalisation de l’assistance au suicide. Il y a donc aussi des bonnes nouvelles, parfois!

Cette étude avait été commandée par François Fillon afin de réfléchir sereinement sur cette question suite aux revendications nées des polémiques autour de la mort de Chantal Sébire, au mois de mars dernier, orchestrées comme on s’en souvient, en coulisses, par l’ADMD.

La mission menée par le député UMP s’est heurtée à l’impossibilité d’introduire une exception à la législation actuelle, car selon Jean Leonetti, le comité qui serait chargé de trancher les litiges n’aurait « pas de légitimité à se placer au-dessus des lois ». Dans un entretien au Figaro, qu’il faut lire pour prendre en compte la compexité du problème, il précise très justement qu’il a adopté cette position « parce que [la dépénalisaiton et l'assistance au suicide] posent plus de problèmes hu­mains et juridiques qu’elles n’en résolvent ». Certes.

Selon lui, les situations peuvent se règler d’elles-mêmes : pour les personnes en fin de vie, la loi d’avril 2005 « résout l’immense majorité des problèmes rencontrés ». Il propose néanmoins la nomination d’un médécin référent en soins palliatifs pour jouer un rôle de médiateur des cas difficiles. Et d’un observatoire de la fin de vie, afin de déterminer quels sont les manques et démontrer que « nous avons besoin de moyens, de changer nos modes de pensées et de fonctionnement vis-à-vis des plus fragiles et des plus vulnérables ». Pour ceux qui ne sont pas en fin de vie, en revanche, « nous avons constaté que la loi française n’interdit pas formellement cette démarche mais évite, en interdisant la manipulation des personnes vulnérables et la provocation au suicide, les dérives que la Suisse constate et tente en vain de juguler ».

Une position qui semble équilibrée : on rejette une nouvelle fois l’acharnement thérapeutique, en arguant qu’en médecine, « la technique performante doit s’accompagner d’une dimension humaine équivalente », mais on refuse aussi d’introduire une brèche reconnaissant aux yeux de tous que certaines vies valent moins que d’autres. Et on s’engage à mettre le paquet sur les soins palliatifs, pour marcher sur les pas de la Grande-Bretagne, plutôt que d’empreinter la voie choisie par la Suisse, la Belgique ou les Pays-Bas, où les dérives constatées nous montrent l’écueil à éviter. Au passage, on propose également d’introduire des congés-fin de vie pour les proches des personnes en fin de vie.

D’aucuns crieront à l’hypocrisie, mais la politique, c’est cela. C’est prendre des décicisions, et en assumer les conséquences, plutôt que de céder à la panique et à la dictature du sentiment. C’est défendre l’intérêt général, plutôt que celui de quelques-uns. C’est raisonner en toute indépendance, plutôt que d’écouter les groupes de pression de la « culture de mort ».

La mission refuse également  contrairement à ce qu’il avait dit au mois de mars, la dépénalisation des homicides par compassion, jugeant que les juges ou le parquet ont la possibilité de tenir compte de cette circonstance particulière. Seul bémol : on propose aussi d’en finir avec les agonies douloureuses, en autorisant la « sédation terminale » pour les patients dont on a arrêté le traitement et qui sont inconscients. N’est-ce pas la limite entre aide active et passive? Tout dépend, au final, si le but recherché est de soigner, quitte à ce que la conséquence indirecte de l’injection soit la mort, ou si le but recherché est la mort. La nuance semble ténue, mais elle est de taille!

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Jour des Morts : la provocation de l’ADMD

La dernière lubie de l’ADMD, l’association pour le droit à mourir dans la dignité – qu’on pourrait rebaptiser l’association pour le droit au laisser mourir ou au suicide assisté? Faire du 2 novembre, jour où traditionnellement, on célèbre nos morts,  une journée mondiale pour la légalisation de l’euthanasie. Stupéfiant!

Comme l’alliance pour les droits de la vie (ADV) le fait remarquer, on peut parler de cette démarche non seulement comme une provocation – l’association en est habituée, elle qui ne fonctionne que par la stratégie du coup médiatique – mais de façon plus forte, comme d’une quasi-profanation. Quand on en est arrivé à ce niveau, c’est peut-être qu’on n’a plus d’arguments : s’il faut être dans le trash pour faire parler de soi et véhiculer son message, c’est très triste.

Le 2 novembre, dans la tradition catholique, et donc fatalement, nationale, c’est une date où on se recueille, où on essaie tant bien que mal d’honorer ses morts, et Dieu sait si pour beaucoup de gens, il s’agit d’une journée difficile à vivre. Comme dit l’ADV, ce n’est sûrement pas le bon moment pour introduire la « revendication » et le « ressentiment ». Voire la polémique. Surtout sur un sujet aussi délicat, sur lequel on a du mal à discuter sereinement, et qui nécessite une réflexion qui sorte un peu du manichéisme auquel nous a habitués l’association présidée par Jean-Luc Romero.

A l’instar de Jean Leonetti, dont la mission approche de son terme (ce qui peut expliquer la colère de l’ADMD), je pense que « le « prendre soin » est la véritable attitude de modernité ». Et que l’urgence, aujourd’hui, est de développer les soins palliatifs. Il s’agit d’une solution d’espoir, contrairement à l’euthanasie, qui est un aveu d’échec consistant à dire ou penser que la mort est la seule solution face à la souffrance. A-t-on, franchement, tout tenté à ce niveau? J’en doute.

Jean Leonetti effectue d’ailleurs une séparation nette (contrairement à l’ADMD qui introduit volontairement la confusion entre les deux notions) entre les malades en fin de vie, qui n’ont plus d’espoir et dont les jours sont comptés, et les malades incurables dont la mort n’est pas d’actualité. Dans la première hypothèse, dit-il, la fameuse loi du 22 avril 2005 « répond à quasiment toutes les situations ». Dans la seconde, « la personne peut se suicider, c’est un « droit liberté », mais pas un « droit créance » vis-à-vis de la société. En d’autres termes, la société n’a pas à assumer ce geste pour elle ».

Dominique Quinio, éditorialiste à La Croix, résume très bien au final l’alternative qui s’offre à nous, et qu’il ne faut pas perdre de vue dans ce débat : « Veut-on une société individualiste où chacun disposerait d’un droit à tout maîtriser de la vie, de la naissance à la mort et où le devoir de la collectivité serait de leur permettre d’exercer cette succession de droits ? Ou bien veut-on une société solidaire où la communauté humaine se donne pour mission d’accompagner, de soutenir, de soigner les plus faibles, avec le souci de leur dignité et de leur bien-être, sans croire, ou surtout sans leur laisser croire, que la seule solution serait la mort ? »

Lire aussi Koz.

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