Archives de Tag: Europe

C’est forcément bien, être progressiste?

462 députés ont voté pour la résolution, 7 contre et 2 se sont abstenus.

J’ai été très étonné en lisant cette proposition de résolution émanant du groupe socialiste, finalement votée hier en séance publique : au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes, et de l’harmonisation des législations européennes, a été reconnue la clause dite "de l’Européenne la plus favorisée", qui consiste à chercher à épouser les législations européennes jugées les plus progressistes en matière de droit des femmes, pour les appliquer à toute l’Europe. Une manière bien curieuse d’envisager le respect de la souveraineté des Etats-membres! Lire la suite

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Election européenne : toujours l’échec

parisienL’élection européenne qui vient de se dérouler en France n’a pas seulement permis une forme de recomposition du paysage politique français, avec un score très élevé de l’UMP et d’Europe écologie et une déroute pour le PS et le MoDem, mais aussi de montrer que 25 ans après, ce scrutin n’est toujours pas européen. Quel échec! Lire la suite

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Cohn-Bendit VS Bayrou, vous avez dit ignominies?

cohnbenditMerci au jdd. fr de nous avoir reprécisé les phrases sujettes à caution écrites par Daniel Cohn-Bendit dans le Grand Bazar (1975), rappelées de manière un peu étrange et bien peu opportune, hier soir sur France 2 au cours d’un débat houleux. La flèche émanait de François Bayrou, visiblement de fort méchante humeur après la publication de sondages le plaçant en quatrième position pour les élections de dimanche… juste derrière les listes d’Europe écologie. Lire la suite

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La démocratie, uniquement quand ça nous arrange?

JM Le Pen a de nouveau dérapé, mercredi au Parlement européen.

JM Le Pen a de nouveau dérapé, mercredi au Parlement européen.

Nos chers démocrates ont réalisé avec stupeur, voici quelques semaines, que le leader d’un FN en voie de disparition, Jean-Marie Le Pen, risquait bien, s’il est réélu, de présider la première session du Parlement européen qui sortira des urnes le 7 juin. En effet, la règle est ainsi faite que c’est toujours le doyen des députés qui occupe le perchoir, le temps de procéder à la désignation du président en titre de l’assemblée. Toujours? Non, sauf si le doyen ne nous convient pas! Lire la suite

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Aubry-Royal : les grands principes à l’épreuve des élections

Martine Aubry et Ségolène Royal avaient toutes les deux des grands principes. Rénovation du parti pour le premier secrétaire du PS, pression constante sur l’appareil et guerilla interne dans l’attente de 2012 pour Ségolène Royal. Principes allègrement foulés au pied par les deux rivales, facticement réconciliées sur l’autel des élections. Lire la suite

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Quand vont-ils se mettre à bien voter, ces idiots d’Irlandais?

Et voilà, ça y est. Je pensais que nos dirigeants auraient la décence de s’abstenir d’une telle ineptie, d’une telle hérésie démocratique. Je pensais que c’était une blague, une incantation. Mais non : on pense bien à faire revoter les Irlandais sur le Traité de Lisbonne, qu’ils ont rejeté en juin à 53,4%. Et ce, jusqu’à temps qu’ils donnent la bonne réponse!

Je ne m’étendrais pas sur les raisons objectives qui peuvent justifier qu’on sorte du marasme dans lequel l’Union européenne se trouve. Et qu’on abandonne les règles étouffantes du traité de Nice, valables pour une Europe à 15 et non à 27. Car cela, c’est le problème de ceux qui depuis Maastricht, construisent une Europe envers et contre tout bon sens. Elargissent à gogo avant d’approfondir, et après, se plaignent que les traités ne soient plus applicables. L’Union est devenue un monstre, il faudra bien s’en apercevoir, tôt ou tard.

Après le double refus français et néerlandais, en 2005, elle était au fond du gouffre, condamnée à une existence a minima. Et il a fallu concocter un nouveau traité. On a repris le même, un brin retouché, "retoiletté" comme on dit, et en moins formel. On a fait avaler cette couleuvre aux Français, aux Néerlandais, qui n’ont pas bronché ou si peu. Chez nous, on aurait déjà pu trouver scandaleux qu’on nous fasse voter de nouveau : même pas! On a ratifié le traité par voie parlementaire. Mais puisqu’on te dit que la constitution l’autorise, coco! C’est dé-mo-cra-tique.

Face au refus Irlandais, et alors que 25 des 27 Etats (moins, donc, l’Irlande et la République Tchèque) ont ratifié ce traité, les Européens ont beau jeu de pointer du doigt les incohérences irlandaises : soit vous quittez l’Union, soit vous votez de nouveau. On a évidemment incité Brian Cowen, le premier ministre irlandais, à choisir la première seconde solution, en entourant ce nouveau dispositif référendaire de précautions en béton pour être sûr que cettes fois, ces paysans arriérés votent enfin dans le bon sens. On va abandonner le principe selon lequel il y aurait moins de commissaires européens que d’Etats (l’idée de cette réforme étant de considérer qu’un commissaire représente l’Union, et pas son Etat d’origine), alors que celui-ci est inscrit noir sur blanc dans le traité. On va également rédiger des dispositions annexes au traité où on rassurera les Irlandais sur certains thèmes qui leur sont chers, tels que le droit à la vie ou la fiscalité. Dispositions qui ne serviront à rien d’autre, bien entendu, qu’à illusionner nos amis irlandais.

Et hop! le paquet sera emballé. Brian Cowen fait encore mine de réserver sa décision, mais de fait, on s’oriente vers un vote en octobre 2009. Et pour amuser la galerie, le premier ministre irlandais feint encore de réclamer des garanties d’ici le mois de juin.

Elle est pas belle, la vie?

Pour conclure, et au-delà du scandale démocratique que représente un nouveau vote, Jean Quatremer fait bien de pointer du doigt le risque d’une telle manoeuvre et la "jurisprudence" que cela peut créer : "Les citoyens auront désormais la tentation de toujours voter non pour obtenir ce que leurs représentants n’ont pu négocier. L’Union risque donc de devenir ingouvernable: par exemple, entre le refus irlandais de toute harmonisation fiscale et sociale et la volonté française de parvenir à une telle harmonisation, on se demande sur quelle base pourra se faire un compromis, compromis qui sera toujours jugé insuffisant. Bref, le prix à payer pour un hypothétique oui irlandais risque d’être très lourd."

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Un Villepiniste au gouvernement!

Bruno Le Maire, 39 ans, succèdera donc à Jean-Pierre Jouyet au titre de secrétaire d’Etat aux affaires européennes. Nul n’ignore que le député UMP de l’Eure fait partie du carré de fidèles de Dominique de Villepin, dont l’avenir politique est de plus en plus compromis, avec en plus l’épée de Damoclès de Clearstream au-dessus de la tête…

Bruno Le Maire, c’était le conseiller politique de Villepin au quay d’Orsay, place Beauvau, puis son directeur de cabinet à Matignon. C’est lui qui est réputé avoir écrit son fameux discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU au sujet des projets d’invasion américaine en Irak, en 2003. C’est également l’auteur d’un livre passionnant qui avait été ici chroniqué, Des Hommes d’Etat, qui racontait très finement, de l’intérieur, le quotidien du pouvoir et des rivalités entre Chirac, Villepin et Sarkozy de 2005 à 2007, avec en toile de fond, notamment, le CPE et la crise des banlieues. Un livre qui ne ménageait pas Sarkozy…

Il est d’ailleurs comique de voir l’ancien bras droit de Villepin (qui n’a plus le droit de le voir en vertu du contrôle judiciaire de DDV) rejoindre Sarkozy au moment où l’ex-leader de l’UNEF aujourd’hui membre de la direction du PS (comme tous les anciens leaders de l’Unef, non?), Bruno Julliard, se répète en racontant que Sarkozy l’avait assuré de son soutien au moment de la lutte estudiantine et lycéenne contre le contrat première embauche, qui avait scellé les ambitions du premier ministre de l’époque.

Pendant que le PS n’en finit plus de se déchirer, pendant qu’Aubry et Royal continuent de règler leurs comptes, Sarkozy organise donc sa propre opposition, en maintenant sa politique d’ouverture. On le voit sur le travail dominical, où le débat a de fait lieu au sein de la majorité, la gauche n’étant plus que l’ombre d’elle-même. L’objectif est de faire croire que toutes les sensibilités politiques sont dan sle gouvernement alors qu’on voit bien que sur certains dossiers, tels que le travail dominical, l’exécutif est prêt à passer en force et à ignorer les oppositions internes.

La prise de Bruno Le Maire est des plus belles pour le chef de l’Etat, mais ne nous y trompons pas : elle ne doit pas nous cacher les tentatives de déstabilisations d’autres députés villepinistes, tels que l’élu de l’Hérault, Jean-Pierre Grand, dont la circonscription pourrait être coupée en deux afin de l’éjecter en douceur.

Elle ne doit pas nous cacher l’entreprise de cadenassage de l’UMP, dont les clefs ont été confiées au "chouchou" Xavier Bertrand, qui aura pour mission de faire taire les mécontents, ce que Devedjian n’avait pas réussi (ou pas voulu) à faire. Et ce que Jean-François Copé ne fait pas non plus au sein du groupe à l’assemblée. Sarkozy peut compter sur Bertrand pour contrer Copé, sachant que les deux rivaux "quadras" de la droite tournent tous deux leurs ambitions vers 2017.

Tout se joue donc, de fait, à droite. On ne peut décidément que compter sur les rivalités, pour que vive le débat dans notre pays?

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