Archives de Tag: contraception

Contraception au lycée : le revirement de Luc Chatel

On n’est pas à une volte-face près, dans ce gouvernement. On peut se féliciter du bouclier fiscal avant de louer sa suppression. On peut défendre la suppression de l’ISF avant d’entreprendre de l’aménager. Ou on peut, également, s’opposer fermement à la distribution de pass-contraception dans les lycées de Poitou-Charentes… Avant de soutenir un projet similaire en Ile-de-France. Merci pour la cohérence, M. Chatel! Lire la suite

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La beauté de la "neutralité" de l’Etat

Polémique intéressante que celle soulevée par ce professeur d’un lycée public de Manosque, qui a projeté à ses élèves une vidéo issue d’un site anti-IVG et montrant des images insoutenables de cadavres de foetus avortés. Si on peut douter de la légitimité d’une telle projection, en effet très difficile à avaler, et de son intérêt pour créer un débat sur la question de l’avortement, les arguments soulevés contre cet enseignant sont instructifs : celui-ci aurait porté atteinte à la "neutralité de l’Etat", a justifié Luc Chatel pour suspendre de ses fonctions. Porté atteinte à la neutraquoi?

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Le pape et le préservatif : la fin d’un malentendu

Je n’ai d’abord su que penser en lisant hier ces dépêches annonçant un changement de conception du Vatican par rapport au préservatif. Pour la première fois, un pape accepterait l’usage du préservatif, qui ne serait donc plus voué aux gémonies ni à l’index. Au final, je trouve positif que cette déclaration puisse contribuer à clore un malentendu et à une meilleure compréhension de la conception catholique de la sexualité. Mais plus que jamais, il faut répéter que la position de l’Église n’est pas une morale comportant un certain nombre d’interdits, mais une proposition positive qui consiste à mettre la personne au centre de la sexualité. Pour moi, il n’y a donc pas de révolution, mais une proposition globale qui reste cohérente… et qui n’a jamais obligé quiconque à contaminer quelqu’un volontairement! Lire la suite

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Tuer ses enfants à défaut de contraception

Ce qu’il sera convenu d’appeler l’affaire Cottrez n’est pas seulement hors norme : huit bébés étouffés à la naissance, cachés dans la maison et dans le jardin, ça dépasse tellement l’entendement que les journalistes du monde entier s’en mêlent. Non, cette affaire est surtout absolument stupéfiante : même si le déni de grossesse est démenti pour le moment par l’accusation, il semble bien qu’on soit, comme dans l’affaire Courjault, dans une situation où l’infanticide est utilisé comme mode de contraception. Voilà qui fait froid dans le dos. Lire la suite

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Contraception : Chatel veut faire la même chose que Royal

Après la proposition de Ségolène Royal de distribuer des pass-contraception dans les lycées, Luc Chatel préparerait un décret autorisant les mineures à consulter le médecin de leur choix anonymement, à se faire prescrire des contraceptifs et à se faire rembourser discrètement par l’Assurance-maladie. Question : quelle différence de nature y’a-t-il entre les deux propositions? Réponse : aucune, elles visent toutes deux à écarter les parents de la décision. Lire la suite

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Contraception : et si on laissait les parents faire?

passcontraceptionLuc Chatel et Ségolène Royal se sont empoignés sur la question de la contraception au lycée :  si la seconde a décidé de distribuer, dans les lycées de sa région Poitou-Charentes, de "pass-contraception", le premier lui répond qu’on ne peut se substituer au Planning familial. Et les parents, dans tout ça? Lire la suite

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"L’infanticide comme mode de contraception"

J’avoue être troublé depuis le départ par cette sinistre affaire Courjault, en cours de jugement devant la cour d’Assises de Tours (quelle belle ville!). Plutôt étonné que troublé, d’ailleurs. Mercredi, à l’audience, un policier a sorti une phrase terrible, qui fait écho à un malaise qui m’envahit depuis le début de l’affaire, et que je n’arrivais pas à exprimer. Il a expliqué que pour Véronique Courjault, qui doit vivre un enfer moral, "l’infanticide était un mode de contraception", c’est-à-dire une façon de se débarrasser de quelque chose qui n’existe pas. Lire la suite

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Les catholiques aussi ont leurs fondamentalistes

Comment un catholique, qui se revendique comme tel, qui agrée aux valeurs évangéliques, peut-il en arriver là? Les faits et le contexte mériteraient d’être précisés bien d’avantage. Selon Libération, rejoints par les autres médias, quatre Versaillais âgés de 20 à 24 ans auraient été surpris par la police, mercredi soir à Pau où ils étaient en vacances, alors qu’ils fracturaient leur quatrième distributeur de préservatifs de la soirée.

" La technique était bien rodée. Ils arrachaient le boîtier avec un pied-de-biche, volaient l’argent et jetaient ensuite les préservatifs dans les poubelles de la voie publique. Et, apparemment, ce n’était pas la première fois. Ils ont avoué avoir mené une action similaire le 17 juillet dernier.

Pour leur défense, les quatre jeunes assurent qu’ils remettaient systématiquement à leur paroisse les pièces de monnaies récupérées dans les distributeurs. Agés de 20 à 24 ans, les quatre jeunes, en vacances à Jurançon, se sont présentés comme de «fervents catholiques», fermement opposés «à l’avortement et la contraception». "

Sud-Ouest précise de son côté que les jeunes gens ont expliqué aux policiers que ce sont bien leurs "convictions religieuses" qui les poussent à "lutter contre la contraception", et que 6 distributeurs au total ont été dégradés et pillés.

Des questions complémentaires mériteraient d’être posées : qu’entendent ces jeunes gens exactement par "fervents catholiques"? De quel "type" de catholicisme s’agit-il? Quel est le rôle exact joué par la paroisse évoquée dans l’article de Libération? S’agit-il d’un acte isolé?

Mais avec les éléments dont on dispose, on peut d’ores-et-déjà pencher entre la bêtise pure et simple et le jusqu’au-boutisme intégriste pour expliquer ce geste absurde. Que n’aurait-on dit, en effet, si l’on avait été en présence de quatre jeunes musulmans? Je n’ose imaginer le concert d’indignations. Ici aussi, l’information fera probablement rapidement le tour des rédactions.

On peut être opposé à la contraception, heureusement, car il s’agit d’une conviction intime tout à fait respectable. Mais ce que ces braves Versaillais oublient, c’est que si l’Eglise, effectivement, est opposée au principe de la contraception (qui supporte des exceptions), elle est tout autant attachée au respect d’un autre principe : celui de la non-violence. Qui  supporte également des exceptions, comme la guerre juste, l’assassinat d’un tyran, etc.

La démolition de distributeurs de préservatifs ne fait pas partie de ces exceptions. Quel est l’intérêt de ce type d’action? Sur le fond, personne ne va ouvrir un débat avec ces jeunes gens sur le port du préservatif. Même auprès des policiers et de la justice, il y a peu de chances que leurs convictions cheminent dans les esprits. Et sur la forme, leur message (y en a-t-il vraiment un, d’ailleurs?) est décridibilisé : cette arrestation va permettre à coup sûr à Golias, et à tout ce que la terre compte d’anticléricaux et d’anticatholiques, de hurler au conservatisme incroyable du Vatican. Et quand le bénéfice d’une action est négatif, que fait-on? On s’abstient.

C’est bien là le drame des fondamentalistes : en collant trop au texte, ils en oublient l’esprit, ainsi que les nuances.

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Le planning familial en plein fantasme d’un droit à l’avortement menacé

Lu sur le site du Plannign Familial, à l’occasion de cette magnifique campagne d’affichage financée par le Conseil régional d’Ile-de-France : "Les lois sur la contraception et l’avortement relèvent aujourd’hui moins du droit que de la tolérance. Elles ne sont pas correctement appliquées et les libertés que l’on croyait hier acquises sont de moins en moins reconnues.C’est pourquoi le Planning Familial et ses partenaires lancent une campagne sur le territoire francilien, dans les gares et le Métro, du 18 au 27 janvier 2008. Une région où les obstacles se multiplient quand il s’agit de faire valoir ses droits en la matière. Une région où l’avortement reste un parcours de la combattante."

Plusieurs remarques :

- Associer ainsi contraception et avortement me semble un jeu à haut risque alors que les avortements sont de plus en plus banalisés. Sur l’affiche, on voit des gens qui rient. Comme si l’avortement était une chose gaie, comme si c’était comparable au fait de prendre la pilule, par exemple! Comme si cela faisait partie de la vie…

- Faire croire que le droit à l’avortement est menacé, que c’est un parcours semé d’embuches est une hypocrisie et un mensonge sans nom. Rappelons qu’il y a chaque année en France plus de 200 000 avortements. Cela près près de 548 par jour. Une liberté menacée? Tu parles. Encore récemment, l’accès à la pilule abortive a été simplifié, et le Planning familial lui-même peut la prescrire!

- Le planning familial, tout à son idéologie, oublie de dire qu’il existe des alternatives à ce drame humain, comme par exemple le soutien aux femmes enceintes en détresse. Il se satisfait d’un "droit", sans se soucier du reste. Comme l’explique l’Alliance pour les droits de la vie, « cette campagne est réductrice et déresponsabilisante en passant sous silence les besoins de solidarité exprimés par de nombreuses femmes enceintes ».

- C’est pourquoi, même si je reste sceptique quant à ce genre d’action, je soutiens la Marche pour la vie qui aura lieu dimanche à Paris (14h30, place de la République).

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Est-il satisfaisant que l’avortement devienne une méthode de contraception?

Comment dire. Comment aborder ce sujet sans heurter, sans déclencher une levée de boucliers. Comment arriver à se faire comprendre sans se faire fasciser d’emblée. Comment réussir à entamer un débat serein, comment se faire écouter de l’autre. Comment, enfin, évoquer le sujet en évitant toute condamnation, toute criminalisation, tout amalgame.

En ce qui concerne la question douloureuse de l’avortement, la dernière palme d’or du festival de Cannes, 4 mois, 3 semaines et 2 jours, réussit ce pari d’aborder le sujet de front, sans concession. De manière crue et hyperréaliste,  Cristian Mungiu raconte l’histoire de ces deux étudiantes roumaines, qui organisent un avortement clandestin en 1987, alors que la dictature de Ceaucescu est toujours présente.
Vous pourrez sortir de ce film indifférent. Ou avec une barre dans l’estomac, et des réflexions à la pelle qui encombreront votre esprit. La vision du foetus de quatre mois, sur lequel la caméra s’attarde, et dont on aperçoit distinctement le visage, les bras, les mains. La volonté absolue de la mère de "l’enterrer", qui peut laisser penser qu’elle ne se fait pas d’illusion sur ce qu’elle vient de faire. Le tout sans jugement, sans prise de position.
Prudent, Cristian Mungiu ne nous montre pas l’avant. Ne nous explique pas d’où vient l’enfant, où est le père, ni les raisons du choix de la trop jeune maman. Quand le film commence, l’action est déjà lancée. L’avortement irrémédiable. L’après, lui, se résume à cette phrase lancée par son amie : "Désormais, nous ne parlerons plus de tout cela. Plus jamais."

Comme si le fait d’en parler pouvait permettre le remords. Comme si y réfléchir reviendrait à se déjuger après coup. Ou tout simplement, comme si l’évoquer était trop difficile, trop douloureux en soi.

En France, trente ans après la dépénalisation de l’IVG, il serait pourtant bon d’en parler. Publiquement. De s’interroger, de se poser des questions. La dernière fois qu’un débat public s’est tenu dans notre pays à ce sujet, c’était en 2001 (loi Aubry) lorsque l’assemblée nationale a décidé de prolonger le délai légal – pendant lequel un avortement est autorisé – de dix à douze semaines.

Profondément ému, tout comme moi, par ce film, Criticus propose un débat, sur le thème : quel bilan peut-on faire de la pratique de l’avortement en France?

A cet égard, les statistiques de l’IVG en France sont relativement inquiétantes. En 2002, selon l’Ined (institut national d’études démographiques), 134 797 avortements ont été pratiqués. Un chiffre vraisemblablement sous-évalué selon l’Ined. Mais même ainsi, cela reviendrait à 370 avortements par jour. Si l’on farfouille dans les stats de l’Ined, on s’aperçoit que sur ces 134 797 IVG,, 70% seulement sont pratiqués chez des femmes qui n’y ont jamais eu recours. 20% pour une deuxième fois, 1% pour une quatrième fois, et 0,01% (22 cas, tout de même…) pour la case "neuvième fois et plus". Comment peut-on avorter neuf fois, ou plus?

Le but de la loi Veil de1975 était, semble-t-il, de limiter les cas. Son ambition, d’en faire une exception. L’expérience montre que l’IVG s’est au contraire banalisée, comme le montrent plusieurs études qui sont téléchargeables sur le site de l’Ined. Comme si on l’utilisait comme une méthode de contraception, en quelque sorte. En 1997 (dernière statistiques connues et fiables), près de 164 000 avortements ont été pratiqués, ce qui représente 22,5 IVG pour 100 naissances viables. 450 avortements par jour, sans compter les IVG pratiquées dans des pays limitrophes, dont la législation est parfois plus souple, est-ce bien raisonnable? Est-ce toujours exceptionnel?

Face à ce constat dramatique (qui pourra prétendre, qu’on soit pour ou contre le droit à avorter, que l’IVG est quelque chose de banal?), difficile d’apporter une réponse globale. Poser la question, comme Criticus, de savoir s’il y a trop d’avortements dans notre pays montre clairement qu’avorter est un problème. Mais pour lui, comme pour d’autres, l’IVG légal est un moindre mal par rapport à l’avortement clandestin.
La question peut difficilement recevoir une réponse globale. Je me contenterai donc de quelques interrogations jetées en guise de pistes de réflexion, pour ouvrir le débat dans les commentaires.

- Pourquoi un embryon est-il un être humain dans certains pays et pas dans d’autres?
- Pourquoi est-il illégitime d’avorter en France à treize semaines, alors que c’est possible dans d’autres pays?
- Ce qui pose la question suivante : pourquoi le seuil d’humanité est-il fixé par le parlement? S’appuient-ils sur une idéologie, ou sur des avis d’experts qui disent quand la "chose" devient un enfant? Dans ce cas, pourquoi les experts ne sont-ils pas d’accord selon les pays? Est-ce intellectuellement satisfaisant?
- Pourquoi envisage-t-on toujours la question sous le seul angle de la souffrance de la mère, sans jamais se poser la question du statut de l’embryon, justement?
- Pourquoi, s’il n’y a pas de culpabilité à avoir, les IVG sont souvent la cause de profondes souffrances?
- Pourquoi peut-on avorter d’un enfant trisomique presque jusqu’au terme de la grossesse?
- Pourquoi accepte-t-on, si cela doit rester une exception, que certains couples décident d’avorter parce qu’ils ne sont pas satisfaits du sexe de l’enfant?

Au final, pourquoi se poser la question des dérives de l’IVG, si de toutes façons celle-ci est-elle légitime? Pourquoi l’avortement de masse serait-il plus contestable que l’exception?
Lire également l’analyse de Criticus.

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