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"Hashtable" fermé pendant trois jours pour une (sale) blague

Erreur 403, mon oeil!

Il y a un blog dont je raffole : "Hashtable". Un espace fermé depuis 72 heures, sans préavis ni recours possible, par son hébergeur, Free. La raison invoquée semble être une simple blague de potache qui, ironie du sort, illustrait un billet contestant la pertinence des lois Hadopi et Loppsi. Des textes dénoncés par de nombreux blogueurs comme portant atteinte à la liberté d’expression sur le web, sous prétexte de sécurité et de protection de l’enfance des affreux-méchants-pédophiles-qui-menacent-la-ménagère-de-moins-de-cinquante-ans.

Ce blog est tenu par un libéral un brin désenchanté par le système, un kiwisien répondant au doux pseudo de h16. Si je ne partage pas tous les grincements de dents de notre pourfendeur-en-chef de la sottise politicienne, j’aime être remué par ses billets ravageurs, par ses "petites chroniques désabusées d’un pays en lente décomposition". Et j’apprécie tout particulièrement l’aisance de sa plume, son humour détonnant et la sentence qui conclut fréquemment ses articles : "Ce pays est foutu". J’ai donc tout naturellement proposé à H16 de lui ouvrir les colonnes de ce blog pour qu’il puisse raconter ce qui s’était passé. Il a accepté, et je lui laisse donc la plume. Vous pouvez aussi retrouver ce billet sur une copie provisoire d’Hashtable. Lire la suite

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La journée des antisarkozystes primaires

Comme la fois précédente, hors de question pour moi de participer à la journée national des mécontents, opportunément rebaptisée No Sarkozy Day. Cette initiative, qui provient d’on ne sait où (tiens tiens…), vise à rassembler un maximum de gens dans les rues, le 27 mars prochain, pour dénoncer la politique de Nicolas Sarkozy et réclamer avec fracas sa démission. Elle vise aussi à créer, grâce à Facebook, un réseau qui pourrait ensuite être réexploité politiquement. Une telle action totalement illisible a tellement peu de sens que la plupart des "gros blogs de gauche" ont refusé de s’y joindre. Lire la suite

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La bogosse sphère politique se lance dans le foot

Voilà une information capitale pour les lecteurs/ices de ce blog amateurs/trices de ballon rond : la sortie d’un superbe blog foot tenu par des stars de la bogosse sphère politique: "Une/Deux" ! Si vous voulez savoir ce qui se passe sur la planète foot, aucun doute, c’est là qu’il faut aller, pas sur des sites d’imposteurs tels lequipe.fr, qui, c’est bien connu, ne connaît rien, mais rien au sport. Lire la suite

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Oyez, oyez, jeunes blogueurs dynamiques, où êtes-vous?

kiwis2Vous êtes un micro-blog, un inconnu de la blogosphère, une poussière dans le vaste univers de l’internet ? Quand vous criez, même Alien ne se déplace pour vous entendre ? Vous écrivez des billets passionnants, mais seule votre petite soeur pour l’instant se connecte une fois par semaine pour vous lire ? Et encore, elle réclame 5 euros par connexion ? Vous êtes plein d’avenir et vous trouvez que votre talent n’est pas reconnu à sa juste valeur ? Vous êtes un futur Versac, un demi-Eolas, un quart de Le Meur, ou tout simplement vous-même ?

Ce concours est fait pour vous ! Lire la suite

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Bienvenue sur ce blog!

Voilà, c’est fait. Depuis plusieurs mois, avec les aimables conseils de Koz et Aymeric, je cherchais à changer de plate-forme pour mon blog : on y arrive enfin.

J’ai mis de longues heures à sélectionner un thème qui me plaisait sur wordpress, la plate-forme que je trouve la plus aboutie et la plus seyante. Tout n’est pas achevé : il faudra encore que j’installe le logiciel et que je crée un nom de domaine, car pour l’instant, je ne peux intégrer aucun code html, et donc aucun "bouton" ou widget. C’est du détail, mais la forme importe aussi. Il faudra aussi que je trouve un moyen de créer une newsletter, pour ceux qui n’utilisent pas d’agrégateurs.

J’ai mis également des journées à copier-coller les principaux articles de l’ancien blog (paix à son âme!), pour que tout le travail de ces deux dernières années ne s’évanouisse pas dans la nature. C’aurait été trop bête.

J’ai sélectionné les posts que je trouvais les plus emblématiques, ceux qui m’ont demandé le plus de temps, ou ceux qui évoquent des thèmes que je trouve fondamentaux, et notamment ceux qui touchent à l’humain. Avec le recul, d’ailleurs, on se rend compte qu’on peut éliminer beaucoup d’articles, dont on doute a posteriori de l’intérêt… ça aide à la modestie!

En revanche, et à mon grand regret, je n’ai pas pu importer les commentaires… C’est dommage, parce que c’est ce qui fait le sel d’un blog. Raison de plus pour vous approprier rapidement ce nouvel espace!

Alors allons-y. Zou. Fra-ter-ni-té! Ici, comme sur Overblog, on n’aimera pas Ségolène Royal, on se méfiera de Nicolas Sarkozy, on se battra pour le repos dominical, on parlera médias, on rejettera le tout-économique, et plus que tout, on tâchera de mettre l’Homme au centre de tout.

Sacré programme.

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Luc Mandret veut consommer le dimanche

Le brillantissime blogueur politique Luc Mandret, au sujet du repos dominical, illustre bien le consumérisme qui se cache derrière la volonté de "libérer les énergies" et d’ "enfin permettre aux gens de travailler le dimanche" (je maintiens que je n’en ai jamais croisé un seul, personnellement…) :

"Pourquoi cette hypocrisie ? Personne ne sembler outré que l’on puisse se rendre dans un café, dans un restaurant ou même dans un musée un dimanche. On pourrait me suggérer de faire mes achats de Noël un autre jour qu’un dimanche. Que ceux-ci me jettent la première pierre et avouent n’avoir jamais mangé ailleurs que chez eux un dimanche. En quoi le dimanche devrait-il obligatoirement être chômé ? Oui au repos hebdomadaire après six jours d’activité. Non à l’obligation que ce jour chômé soit le dimanche. Au non de quel principe ? La tradition ?"

Je passe sur les fautes d’orthographe, ça peut arriver à tout le monde, même aux premiers du classement wikio. Après tout, celui-ci n’est pas un gage d’excellence! (ok, j’arrête) En revanche, ce que j’ai du mal à comprendre, c’est comment on peut militer dans un parti politique en ayant aussi peu d’idées. En simplifiant autant un problème complexe, en l’expédiant ainsi en dix lignes.

Le raisonnement est aussi simple que creux : c’est sympa de faire des courses – j’ai pas eu le temps de les faire le jeudi – alors je les ai faites le dimanche – et après tout, les églises et musées sont bien ouverts le dimanche, alors? Pourquoi les gentils commerces n’auraient pas le droit d’ouvrir le dimanche, hmmmm?
Allez, Luc. Pose toi deux secondes, la tête entre les mains. Oui, c’est ça. Rends toi compte que la phrase "en quoi le dimanche devrait-il obligatoirement être chômé", typiquement péremptoire, peut aisément être remplacée par "en quoi les travailleurs devraient -ils être payés au Smic?" ou je ne sais pas, moi, "en quoi les enfants n’auraient-ils pas le droit de bosser, hein, s’ils en ont envie?". Et puis, tu sais, c’est plus simple quand tout le monde a les mêmes jours de repos, peu ou prou, non? ça permet à la vie sociale d’être mieux organisée. Oui, c’est ça. Tu vois, quand tu veux? Un de tes commentateurs te l’a dit : ton raisonnement n’est valable que pour un célibataire sans enfant.

Alors voilà. Je voulais te le dire : La politique, ça consiste à réfléchir aux conséquences sur la société des mesures que l’on veut prendre. Ce ne doit pas, jamais, être la résultante de nos désirs individuels.

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La transparence exige-t-elle de bloguer à visage découvert?

Narvic et Aliocha, deux journalistes qui à l’instar de votre serviteur, mais avec plus de talent, tiennent un blog politico-médiatique sans dévoiler leur identité, se sont lancés dans de vibrants plaidoyers défendant l’anonymat. Je me permets à mon tour de revenir sur le sujet, le reproche m’ayant été fait à plusieurs reprises de me "cacher" derrière un pseudo.

En guise de fugaces prolégomènes, sachez que si vous ne vous abreuvez pas encore aux deux sources précitées, il s’agit d’une erreur : le premier analyse sans se lasser les médias et le web en tant que phénomène sociaux, décortique les rapports entre médias traditionnels et médias en ligne, avec une idée fixe en tête, celle que les premiers courent à leur perte, l’avenir étant sur la toile. La seconde apporte une touche plus personnelle, et donne des clefs pour comprendre l’envers du décor du métier de journaliste.

Sur ce sujet, je partage l’essentiel du propos d’Aliocha, qui hérige l’anonymat en nécessité, en "liberté des humbles" qui ne peuvent se permettre, tel un Jean Quatremer, d’apparaître sous leur véritable identité. Non pas par lâcheté, même si en tant que pigiste (c’est-à-dire sans contrat stable), Aliocha admet qu’elle pourrait pâtir de ses écrits. Aliocha parle surtout du risque de l’autocensure et de l’interférence avec son activité professionnelle, défend l’intérêt de l’écrit en soi, dont la valeur ne dépend pas que de la signature. Sachant que comme dit souvent Toreador, la signature peut aussi nous faire interpréter un écrit d’après une grille de lecture prédéfinie!

En ce qui me concerne, lorsque ce blog a été ouvert, je ne pensais même pas me présenter en tant que journaliste. La questionne se posait pas : il s’agissait d’un blog d’opinion, de celle d’un citoyen comme un autre, et dès lors, je ne percevais pas l’intérêt de donner ma véritable identité ni de mentionner ma qualité. D’une part, je constatais que beaucoup de blogs étaient anonymes, je supposais qu’il s’agissait d’une forme d’usage. D’autre part, je ne voyais pas en quoi le fait d’être journaliste apportait un plus à ce blog, qui pourrait très bien être celui d’un informaticien ou d’un ingénieur : qu’importe?

Ce qui compte, ce sont les idées qui ont échangées, pas l’identité de leurs auteurs. Ce ne serait pas vrai si j’étais un journaliste important mais rassurez-vous : ce n’est pas le cas, je ne suis qu’un petit scribouillard de province.

Peu à peu, j’ai toutefois ressenti le besoin de parler du fonctionnement des médias, et dès lors, je ne pouvais faire autrement que de mentionner mon appartenance à cette noble caste. C’était une façon de dire que je n’étais pas moins légitime que d’autres pour évoquer ces thèmes.

Dès lors, fallait-il tout dévoiler? Non, car depuis ce moment, l’anonymat de ce blog est d’avantage devenu celui du média qui m’emploie que le mien. Je le répète : mon identité a peu d’importance, et mes collègues et amis, tous savent que j’écris ici et je n’en ai aucune honte. J’ai eu ce raisonnement : si je jouais carte sur table, ne serais-je pas tenté de trop en dire sur des faits que je couvre en tant que journaliste, et pas en tant que blogueur? Ne serais-je pas tenté de dire ici ce que je ne peux pas dire ailleurs? Ne serais-je pas tenté, de ce fait, de manquer au respect, à la loyauté que je dois à mon employeur?

L’anonymat, dans ce cadre, peut être le garde-fou qui évite de faire fausse route, de rentrer en conflit d’intérêt entre deux activités qui doivent rester distinctes. Ici, je suis moi. Dans mon boulot, je ne suis pas que moi, d’autres intérêts entrent en jeu. Les deux ne doivent pas interférer : je ne suis pas PPDA, bien sûr, mais une fois l’anonymat levé, ne serais-je pas soupçonné d’agir de telle ou telle façon, dans le média qui m’emploie, parce que je pense comme ceci ou comme cela sur mon blog?

Au final, la prudence et la loyauté ne doivent pas être interprétées comme des formes de lâcheté. D’autant que comme le rappelle fort justement Aliocha, l’anonymat ne dispense pas de respecter le "droit de la presse", à savoir ne pas diffamer, ne pas insulter, et assumer un éventuel droit de réponse. Les avocats, eux, pourraient assez facilement joindre un chafouin, un eolas, une aliocha, un nicolas J., un authueil, un narvic, un assistant parlementaire ou un koz… Et je ne crois pas que tous ces blogueurs anonymes soient plus irresponsables ou lâches dans leurs écrits que ceux qui bloguent à visage découvert.

Lire aussi l’article d’Edgar de la Lettre Volée, qui rappelle fort justement qu’un pseudonyme est une autre forme d’identité, qui n’exclue pas la responsabilité, bien au contraire…

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Mise au point au sujet de Kiwis

Quel perte de temps, de devoir s’expliquer – dès la rentrée, qui plus est – sur le fonctionnement interne de Kiwis, qui ne concerne pourtant personne d’autre que ses membres.

Ce sujet agacera tous ceux qui se moquent des querelles stériles qui agitent les blogs. Et ils auront bien raison. Qu’à cela ne tienne, car de toutes façons, je n’ai aucune légitimité pour parler de Laure Manaudou, du dalaï-lama ou de la Géorgie.

Les Kiwis, qui viennent de fêter leur anniversaire, sont obligés de sortir du bois, puisqu’un ex-membre (Criticus), fondateur revanchard d’un réseau similaire et concurrent, crache dans la soupe après coup, en expliquant les raisons (qui lui appartiennent) de son départ. Nul ne songeait à riposter à cette attaque, tant nous la trouvions inutile et caractéristique d’une certaine forme d’aigreur.

Mais l’occasion était trop belle pour les Left-blogs, ces militants anti-Sarko durement secoués ces derniers temps et notamment par Embruns. Désireux de détourner l’attention, certains en ont profité pour s’emparer d’une partie du propos de Criticus, et le déformer, croyant dénicher là un scoop sur notre fonctionnement interne : nous serions sectaires, antidémocrates, et surtout, l’obligation de renvoyer vers le site web commun serait une façon de tricher avec wikio. Elle est bien bonne!

Cette phrase, la voici : "Le rôle de ce comité directeur ? Filtrer les demandes d’adhésion au réseau. Le critère principal était la qualité rédactionnelle, mais comme l’appréciation de ce critère est toute subjective, Kiwis est devenu, plus qu’un label qualitatif, un réseau de blogs « amis ». Des amis liés par une obligation commune : pointer vers le portail du réseau."

La crème de la blogosphère croit tenir sa revanche : dagrouik, pas perdus ou encore maxime pisano se lancent dans la bataille avec des arguments tous aussi pitoyables les uns que les autres. En réalité, ils n’ont pas pris la peine ni d’aller sur le site de Kiwis, ni de s’interroger sur l’affirmation de Criticus.

Dagrouik, qui n’a pas peur du ridicule, parle de fonctionnement "mafieux", de "chasse aux liens". Ridicule!

Il y a donc trois réponses à apporter à ces attaques insignifiantes, pour rétablir la vérité :

- D’une part, personne ne fait mystère des règles qui régissent le groupe Kiwis, puisqu’elles sont écrites noir sur blanc sur le site commun. Celui qui n’est pas d’accord, il n’entre pas.

- Ces règles, quelles sont-elles? "Tout blog de qualité a vocation à rejoindre Kiwis : il vous suffit de joindre l’un des membres du Cercle qui relaiera votre candidature. Si aucun membre du réseau ne s’y oppose, vous serez coopté en trois jours. La seule obligation est d’afficher le logo de Kiwis sur votre blog, de mettre en lien la page dédiée et de respecter nos principes fondateurs évidemment. Dans l’hypothèse où un débat s’installerait entre les membres – car nous sommes sélectifs – c’est le Shadock Wabinet, rassemblant les 6 blogs rédacteurs de la Charte qui tranchera", précise le dit site.

- Qu’y a-t-il de mal à ce que le comité directeur, comme l’appellent nos démocrates (vous savez, ces staliniens qui appellent à virer Jack lang du PS parce qu’il a voté la réforme des Intitutions), ait un droit de regard sur les nouveaux entrants? Tout en sachant qu’il y a débat et vote, que rien n’est verrouillé. Et est-ce anormal de demander à tous d’afficher leur appartenance à Kiwis en affichant le logo renvoyant vers le site? Sans s’extérioriser, un réseau n’existe pas. Rien à voir avec une chasse aux liens.

Mais nos maîtres censeurs préfèrent juger et condamner avant d’examiner les faits. Aucun d’entre eux, avant décrire son pitoyable article, n’a cherché à comprendre ou à recouper. C’est ça, le problème du militant : il ne raisonne souvent qu’en fonction d’une idée préconçue des choses, et il fonce sans réfléchir.

S’ils s’étaient renseignés, ils sauraient que dans Kiwis, c’est justement l’excès de démocratie qui nous ralentit et a causé des crises à de multiples reprises. C’est ce qu’on appelle un coup d’épée dans l’eau.

J’en profite pour tordre le coup à un autre mensonge colporté par les left-blogs, qui ne fonctionnent décidément qu’en termes binaires, et ne connaissent pas la moitié de nos membres : non, Kiwis n’est pas un réseau de blogs de droite. Il a été fondé par deux blogs affichés de droite (CaReagit, Pierre Catalan) modérée, deux affichés de gauche (Le bistrot de Nico, aujourd’hui fermé, et Frednetick, fermé puis ressuscité) et deux blogs qui revendiquent, n’en déplaise à ceux qui aiment mettre les gens dans des cases, leur indépendance idéologique (Toreador et moi-même).

Et aujourd’hui, sur treize membres, il y a des blogs de droite, de gauche, du centre, et des inclassables(notamment ceux qui parlent surtout d’affaires étrangères). Et pour info, nous avons refusé de nombreux blogs libéraux ou de droite, que nous jugions caricaturaux.

C’est dit!

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Journalistes VS blogueurs?

Malgré une nausée qui m’obscurcit les idées et me contraint à rester à l’air du cocon de mon appartement, je voulais revenir sur les histoires de nombril entre journalistes-blogueurs et blogueurs tout court, la semaine passée, et qui ont fini par avoir raison des dernières vélléités de Nicolas Vanbreemersch à rester Versac.

Je sais bien que ces histoires n’intéressent guère les lecteurs n’étant pas eux-même blogueurs, et qu’elles sont moins importantes que d’autres, la présence annoncée de Sarkozy aux J.O. de Pékin, par exemple, ou la nouvelle bévue de Ségolène Royal, qui accuse ouvertement le gouvernement d’être responsable du cambriolage qu’elle a subi.

Mais ce qui m’agace, à chaque fois que ce genre de conflit ressurgit, c’est l’éternel débat d’une part sur l’influence supposée des blogs, et d’autre part, sur la rivalité entre journalistes professionnels et blogueurs que l’on qualifiera d’amateurs.

Je ne reviendrai pas sur la notion d’influence, qui m’échappe totalement. Versac évalue à 2 000 son nombre de visites quotidiennes. C’est beaucoup moins que certains skyblogs racontant des vies d’adolescentes. Je ne vois pas trop où est l’influence là-dedans. Si Versac a été pendant des mois le visage du blog politique aux yeux du grand public, c’est parce qu’il l’a accepté, qu’il a une plume, de l’humour, un esprit carré, des idées, une ouverture d’esprit et de dialogue. De là à influencer qui que ce soit, je suis perplexe.

En revanche, sur l’aspect de la guéguerre entre journalistes et blogueurs, il y a à dire. Narvic et Authueil estiment que le rapport (de forces) évolue entre ces deux catégories qui commentent sans cesse le débat politique, de façon parallèle. Selon eux, leurs univers se croisent et les étiquettes changent. Authueil explique ainsi que la crise morale et économique vécue par les médias va pousser "ceux qui se prétendent journalistes" à "descendre dans l’arène", opérant ainsi "un rapprochement assez spectaculaire avec les blogueurs, mais si cela semble être à leur corps défendant", ce qui va accroître le nombre de conflits du même type dans le futur.

Cela rejoint un peu ce qu’on pouvait lire la semaine passée chez Diner’s Room : "Laurent Gloaguen et Versac — mais surtout Versac — ont commencé de pénétrer l’univers médiatique traditionnel. Et c’est là que je vois le point de crispation Jean-Michel Apathie et Guy Birenbaum n’ont pas conquis leur célébrité sur le web. Malgré une audience honorable, ils n’apparaissent pas comme des leaders d’opinion pour une partie des internautes français. Et il peut leur sembler que le statut de Versac et de Laurent a les allures d’une usurpation au regard de leur propre parcours dans la mediasphère."

Narvic, lui, qui anime un blog spécialisé dans l’analyse des phénomènes médiatiques, va plus loin et estime que de nombreux blogueurs sont déjà, du fait de leur activité informative, des journalistes. Il cite par exemple Versac, Embruns, Eric Dupin (Presse Citron)…

Il va sans dire que je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision des choses. On ne devrait pas donner aussi facilement l’étiquette de journaliste. Ce qui revient à la brader. Embruns fait-il du journalisme? Huit fois sur dix ses billets sont des reprises d’autres blogs, agrémenté d’un commentaire personnel. Ce n’est pas de la recherche d’infos, du tri, de la hiérarchisation, du recoupement. C’est de l’humeur, de l’opinion, et ça, ce n’est pas du journalisme. Cela peut en faire partie mais ça n’est pas constitutif de la profession de journaliste. A mon sens, un blogueur "amateur" est ponctuellement journaliste, lorsqu’il publie une interview, lorsqu’il effectue lui-même un travail d’enquête sur un thème donné, ou lorsqu’il est accrédité pour un événement politique, mais pas de manière permanente. Par exemple, Eolas a été journaliste lorsqu’il a lancé cette information, reprise par tous les médias, sur la dénonciation d’un étranger en situation irrégulière par une assistante sociale. Le reste du temps, son blog constitue le point de vue – certes passionnant – de plusieurs professionnels sur le droit positif (et le rugby). 

Moi-même, je suis journaliste de métier, mais lorsque je saisis mon clavier pour écrire ici, je n’ai pas le sentiment d’être journaliste… Je rebondis sur l’actualité, la plupart du temps, pour ouvrir un débat sur un sujet précis. Je vérifie les informations que j’utilise (en les recoupant avec divers médias), par déformation professionnelle, mais rien de plus.

La différence essentielle qui existe entre les blogs et les médias traditionnels, au-delà de la technique et des moyens utilisés, nettement à l’avantage de ces derniers, c’est que ceux-ci sont contraints par une ligne, une actionnaire, un format. Là où les blogs font ce qu’ils veulent (y compris des choses médiocres). Là où les blogs parviennent à s’extraire d’avantage de l’urgence de l’actualité pour mettre les choses en perspective. Là où les blogs sont habituellement plus dans le commentaire que dans l’information. D’où une rivalité inévitable, un complexe mutuel entre les deux modèles. N’oublions pas que les médias traditionnels fournissent la matière brute (l’information) aux blogueurs. 

Vu des blogs, cette situation est bien entendu à mettre sur le compte de l’incompréhension du web par les médias traditionnels, que Versac résume ainsi dans une interview accordée hier au Figaro : "Journalistes contre blogueurs, c’est un faux débat, qu’entretiennent des journalistes perdus dans leur citadelle et qui se sentent menacés par des gens qui ne leur veulent pas de mal, mais exercent juste un droit de libre correction. Depuis plusieurs mois, on assiste, dans les milieux journalistiques et politiques, à un retour du discours négatif à l’égard du web, qui ne serait que rumeurs, fausses informations, et relativisme. C’est évidemment une caricature. Ce prisme négatif entraine une démission de nombreux acteurs qui devraient prendre la responsabilité de s’investir positivement dans ce nouvel espace public. On aimerait qu’ils aient le courage de se déparer de leurs atours médiatiques pour entrer dans la conversation. ceux qui en font l’expérience, avec sérieux et authenticité, en retirent une expérience très positive, et apportent beaucoup à cet espace."

Le problème, c’est surtout que "les blogs", ou "les blogs politiques", ça ne veut rien dire, ça n’est pas un groupe homogène. Etant un espace de liberté, c’est aussi un espace où l’information n’est pas contrôlée. Ce qui peut être pour le meilleur (on évite la censure), mais aussi pour le pire (on ne vérifie pas, on propage une rumeur).

Ce "combat" a-t-il donc une raison d’être? Est-il pertinent? Peut-on vraiment reprocher aux professionnels de se méfier de ce monde hétérogène qui les concurrence moralement? De douter de sa légitimité, quand celui-ci, en retour, lui donne de perpétuelles leçons? Et au fond, y a-t-il une réelle incompatibilité entre un modèle vertical (les médias traditionnels), et un modèle participatif (les blogs) basé sur l’échange, la communauté? Pour moi, il y a tout simplement… complémentarité.

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Versac meurt mais ne se rend pas

Au terme d’une querelle stérile entre quelques blogs dits "influents" et le polémiste Guy Birenbaum, sur fond d’accusations malsaines de la part du blogueur "NRV", et avec un contexte pollué par une guéguerre entre le journaliste Jean-Michel Aphatie et Versac – dans tout cela, il n’y a pas eu vraiment d’échange d’idées… – ce dernier annonce l’arrêt de son blog :

"La bulle médiatique autour des blogs a engendré une sorte de monstre, qui est une invention stupide, le blogueur influent. L’attention des media, qui a eu besoin de symboles, s’est cristallisée autour de ce blog, comme un symbole du blog politique.

(…)
Le climat qu’engendre cette suspicion d’influence, cette notoriété, ne rend plus possible une pratique simple de ce blog. Cela fait des mois que je chronique cette difficulté. Elle atteint un point de non retour. J’ai un peu trop subi de trucs, ces derniers mois, pour que cela ne m’atteigne pas. Je peux entendre toutes les critiques. Je les cherche même. Mais ce que je ne peux entendre sont des critiques qui n’ont rien à voir avec la réalité, ces digressions insultantes liées à un statut imaginaire, mais tellement facile, de "grand", de "star", "d’influent".

(…)

Oh, je ne suis pas parfait. Je n’ai jamais prétendu l’être, ni quoi que ce soit d’autre. J’étais juste là. Je tentais de suivre ici une ligne floue, faite d’humeurs et de réflexions, légères et graves. Mais avec toujours en point de mire une tentative d’éthique et de justesse, de sincérité. Cela n’est plus possible, tant pis.

(…)

En attendant, je publierai, ailleurs. Sous mon vrai nom, sans pseudo. Et avec d’autres modes d’interaction. J’ai des projets heureux de ce point de vue, qui me permettront de travailler autrement à l’expression de cette passion et cette connaissance de ce qui se passe, ici, sur le web. J’ai quelques propositions de tribunes, ici ou là, de collaborations, d’autres projets. Ça sera sous mon nom, et pas ce truc qu’est devenu versac. Il y a un livre, aussi, que je vais terminer cet été. Me libérer de ce blog pesant m’ouvre des horizons nouveaux."

Certains tentent de s’interroger sur les véritables raisons de ce départ, et posent la question : "peut-on mener de front une carrière et un blog un peu connu? Le blog bouffe-t-il votre temps et votre énergie en pure perte ou bien vous enrichit-il? Bref, est-ce tenable?"

La question a déjà été posée ici ou . Mais je ne crois pas qu’il s’agisse d’un point-clef dans ce point final. Beaucoup de blogueurs ont des activités prenantes (Eolas en est le meilleur exemple) tout en étant très actifs sur internet. Peut-être la lassitude, qui guette tous ceux qui se lancent dans un projet d’écriture ou de blogging, a-t-elle atteint Versac.

Sachons toutefois toutes proportions garder : si pour quelques-uns, si pour l’élite de la blogosphère, cette fin a une importance, il s’agit avant tout d’un micro-événement qui n’aura que peu de conséquences. versac.net n’est pas le premier blog qui s’arrête, et ça ne sera sans doute pas le dernier. Bonne continuation à son auteur.

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