Archives de Tag: Bayrou

Borloo ouvre un boulevard à Bayrou

Jean-Louis Borloo a donc renoncé hier soir à se présenter à la présidentielle de l’an prochain. Il faudra pour les radicaux, et plus largement pour le centre-droit, faire le bilan et tirer les leçons de ce crash de l’avion Borloo sans attendre l’envol. Comme l’a écrit Authueil, "décidément, les centristes n’ont pas de couilles". En effet, on peut le dire. Si ce désistement dont on connaîtra peut-être plus tard les raisons profondes fait les affaires de Sarkozy, il y en a un autre qui peut profiter de ce vide au centre : François Bayrou, qui pour la troisième présidentielle d’affilée, peut jouer sur le ni-ni. Lire la suite

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Quand Borloo se "prépare pour gagner"

Ainsi, Jean-Louis Borloo franchit un cap – que dis-je, une péninsule – dans son affranchissement vis-à-vis de l’UMP, et un pas vers sa candidature à l’Elysée, en déclarant hier dans la Voix du Nord se "préparer pour gagner" sans pour autant dire s’il sera présent ou non dans les starting-block de la présidentielle de 2012. Une candidature qui à défaut d’être légitime, sera de toute manière inutile, puisque Borloo et sa poignée de soutiens répètent à qui veut l’entendre que le centre qu’ils désirent "républicain, social et écologiste" restera l’allié de la droite de gouvernement. Alors à quoi bon? Lire la suite

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La question du centre

Alors que la trêve des confiseurs était à peine achevée, Alexandre, dont j’ai découvert le blog il y a quelques semaines, et dont j’apprécie à la fois la culture politique, l’ouverture d’esprit et la pondération, et le fait qu’il ait rarement tort, a profité de mon absence – Noël! – pour s’interroger publiquement sur ce qu’est le centre (pas la région, le mouvement politique!) pour lui, et pire, pour lancer une chaîne sur la question, à laquelle ont répondu par exemple l’Hérétique ou Xerbias, deux blogueurs que j’apprécie également beaucoup. C’est la saison des compliments on dirait… Lire la suite

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Et revoilà la danse du centre

Après l’échec de la majorité présidentielle aux régionales, la stratégie d’union dès le premier tour a été décriée à droite. Un boulevard s’ouvre incontestablement au centre-droit, après l’échec du MoDem à incarner une alternative crédible au clivage droite-gauche. Le Nouveau Centre et Villepin se sont empressés, cette semaine, de draguer cet espace en jachères… en vue de 2012. Lire la suite

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Election européenne : toujours l’échec

parisienL’élection européenne qui vient de se dérouler en France n’a pas seulement permis une forme de recomposition du paysage politique français, avec un score très élevé de l’UMP et d’Europe écologie et une déroute pour le PS et le MoDem, mais aussi de montrer que 25 ans après, ce scrutin n’est toujours pas européen. Quel échec! Lire la suite

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Cohn-Bendit VS Bayrou, vous avez dit ignominies?

cohnbenditMerci au jdd. fr de nous avoir reprécisé les phrases sujettes à caution écrites par Daniel Cohn-Bendit dans le Grand Bazar (1975), rappelées de manière un peu étrange et bien peu opportune, hier soir sur France 2 au cours d’un débat houleux. La flèche émanait de François Bayrou, visiblement de fort méchante humeur après la publication de sondages le plaçant en quatrième position pour les élections de dimanche… juste derrière les listes d’Europe écologie. Lire la suite

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Qui aura le courage de débrancher le MoDem?

Tiraillé entre la gauche et la droite, entre le pouvoir et l’opposition bête et méchante façon PS, entre le réalisme et idéalisme, le MoDem de Bayrou donne de plus en plus le sentiment de tâtonner, tout en paraissant privilégier une ligne de centre-gauche. Une stratégie purement politicienne, qui met de côté une bonne partie des électeurs ayant soutenu Bayrou le 22 avril 2007.

Et ils étaient nombreux! 6 820 119 petits papiers "Bayrou", ça fait du monde : 18,57% du corps électoral. Et sur quels slogans tous ces gens ont-ils voté Bayrou? Plus de gauche ni de droite, mais une politique intelligente au service des Français. Une politique pragmatique, une politique de l’Etat impartial. Une présidence sobre, représentée par un Bayrou au profil quasi-protestant. Un libéralisme certain teinté d’un certain humanisme. Avec une volonté d’indépendance marquée vis-à-vis du grand frère RPR devenu hégémonique UMP. En gros, c’était ça. Il y avait de quoi tenter du monde : beaucoup s’y sont laissés prendre. Je me suis moi-même laissé berner, après avoir pourtant critiqué à maintes reprises le Béarnais. Tout en n’étant pas dupe sur l’illusion représentée par sa candidature, j’ai voté Bayrou par défaut. Parce que Sarkozy et Royal m’insupportaient tout autant l’un que l’autre. Et combien sont-ils dans ce cas?

Quoi qu’il en soit, beaucoup doivent aujourd’hui se mordre les doigts d’avoir opté pour cette solution. Personnellement, j’ai voté Bayrou et je l’assume, mais j’exècre le MoDem, cette espèce de parti fourre-tout qui ne ressemble à rien. D’ailleurs, ses soutiens s’enfuient un à un. S’agit-il d’un hasard? Le premier a été Gilles de Robien, suivi par les futurs membres du Nouveau-Centre, qui ont quitté l’ex-UDF pour conserver leur place à l’Assemblée nationale. Ils refusaient, officiellement, le positionnement au centre-gauche adopté par Bayrou. Celui-ci ne s’est-il pas placé de facto à gauche du spectre politique, en assurant qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle? Ce même centre-gauche où se trouvaient déjà le PRG, et où s’est installé Gauche Moderne, le groupuscule de Jean-Marie Bockel? Ensuite, il y a eu les "départs individuels". Les derniers en date sont Christian Saint-Etienne et Jean-Marie Cavada, c’est-à-dire des piliers du MoDem naissant et déjà agonisant.

Car aujourd’hui, c’est quoi le MoDem? Franchement, la question mérite d’être posée. Entre Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias, Marielle de Sarnez, Jean Lassalle, Azouz Begag, Quitterie Delmas, où est le point commun? Entre la ligne politique insufflée par le parti au niveau central (en fait, Bayrou) et le terrain, il y a un gouffre. Et ce gouffre illustre l’embarras dans lequel sont plongés une bonne partie des électeurs centristes du 22 avril.

Que veut Bayrou, si on l’écoute bien? Occuper en France la place dont dispose Prodi en Italie. Celle qu’avaient Blair et Schroeder au Royaume-Uni et en Allemagne. Etre le Jacques Delors du XXI siècle. Bref, fonder une social-démocratie à la française. On voit bien que Bayrou et ses fidèles ont tendance à préferer une ligne de centre-gauche, la droite étant tout entière phagocytée par Sarkozy. Ce qui a changé par rapport à la présidentielle, c’est qu’on ne parle plus de "ni-droite ni-gauche".

De toutes façons, ces belles paroles sont contredites tous les jours localement. Les élections approchant, chacun est obligé de prendre position et de dévoiler son jeu. Et force est de constater que sur le terrain des municipales, aucune ligne claire ne se dégage. Que voit-on? Un MoDem différent dans chaque ville, ou presque. Des listes autonomes, des alliances à gauche, à droite… Un vrai capharnaüm!

A Marseille, la tête de liste est Jean-Luc Benhamias, mais deux membres du MoDem marseillais ont choisi le PS et l’UMP. A Lille, Jacques Richir partira seul, suivant un programme très "écolo" (bobo urbain), mais un dissident du Mouvement démocrate le concurrencera. A Paris, Corrine Lepage devra affronter Jean-Marie Cavada dans le XIIe arrondissement, pendant que Marielle de Sarnez tape bien d’avantage sur Panafieu que sur Delanoë. A Dijon ou Roubaix, le MoDem fait alliance avec la gauche. A Angers ou Bordeaux, on fait copain-copain avec l’UMP. Sans compter les villes où les listes MoDem du premier tour fusionneront au deuxième soit avec l’un, soit avec l’autre!

«Stratégiquement, nous avons un problème. Je ne suis pas sûr que nous présentions un visage très cohérent», euphémise un responsable MoDem issu de l’UDF et cité dans Libération de vendredi. Tu m’étonnes. Vous présentez même un visage carrément chaotique! En fait, le MoDem, c’est un peu comme le protestantisme. Chacun peut s’en prévaloir et faire n’importe quoi, étant donné qu’il n’y a pas de doctrine ni de colonne vertébrale. Son texte fondateur, lui, a été écrit par un M.Saint-Etienne rallié depuis à l’UMP…

Gageons que le MoDem ne survivra pas très longtemps. Il a des militants, mais qui pensent tous de manière différente. Regardez Luc Mandret : je ne suis pas sûr que beaucoup de militants du MoDem saluent comme lui le décès de Pierre Boussel, trotskyste impénitent. Au fond, ce parti ne tient que par Bayrou et par le souvenir de cette magique épopée de la présidentielle… Après l’épopée, la tragédie?

En résumé, je ne sais pas si je suis le seul, mais j’ai le sentiment d’avoir été trahi, et qu’on instrumentalise mon vote, qui fait pourtant partie de ces 6 820 119 petits papiers "Bayrou"… Non, ces 18,57% ne soutiennent pas le MoDem. Il faudrait qu’un jour l’état-major du parti démocrate en prenne conscience.

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Le pari perdu de François Bayrou

François Bayrou garde son objectif en ligne de mire : 2012. Le patron du MoDem savait bien que ses lieutenants n’avaient guère de chances de succès aux législatives. Et voilà qu’il sera peut-être le seul élu de son parti dans la prochaine assemblée!

Certes, le MoDem fait mieux que l’UDF de 2002, mais le compte n’y sera pas en députés… En quelque sorte, le Béarnais a très largement perdu son pari de briser la bipolarisation de notre système politique. On a même atteint une forme de monopole. On ne le répétera jamais assez : la seule façon pour lui de le remporter aurait été une qualification pour le second tour de la présidentielle, synonyme vraisemblable de victoire. Las, les idées bayrouistes ont certes gagné dans le pays, mais le scrutin majoritaire lui ferme durablement les portes du Palais-Bourbon.

Au demeurant, il aurait pu espérer conserver son groupe si les "félons" du Nouveau centre ne l’avaient pas abandonné en rase campagne. Et s’il s’était, pour cela, abstenu de sa déclaration de vote implicite pour Ségolène Royal. Nous assisterons donc d’ici à dimanche au même scénario qu’à l’entre-deux tours de la présidentielle : dans de nombreuses circonscriptions, celles où il dépasse 8 à 10% des voix, les électeurs du MoDem seront arbitres. Et les candidats malheureux refuseront de choisir, comme l’ont déjà fait trois proches du "chef", Marielle de Sarnez et Christian Saint-Etienne à Paris, et Anne-Marie Comparini à Lyon. Qui appellent cependant leurs électeurs à s’interroger sur le pluralisme politique… Et François Bayrou l’a dit lui-même ce matin sur RTL : "Le Mouvement démocrate a choisi une voie difficile qui est la voie de son indépendance : il n’y a pas besoin de négociation avec le PS, avec l’UMP (…) Je ne donnerai pas de consigne de vote. Je ne veux pas entrer dans ce genre de mécanisme et de phénomène (…) Chacun doit prendre ses responsabilités. C’est très simple de prendre ses responsabilités: il suffit pour les électeurs et les responsables politiques et les candidats de regarder l’enjeu de ce deuxième tour de l’élection législative et des décisions qu’on doit y prendre". Son fidèle Jean Lassale est sur la même ligne : "Il ne faut pas aller à la soupe (mais) se battre. (…) Si (les électeurs) nous voyaient faire des accords électoraux, ce serait contre-productif".

A gauche, bien sûr, on ne crachera pas sur ces renforts inespérés, même si l’on hésite sur la marche à suivre. Ségolène Royal a "appelé" Bayrou pour lui dire qu’elle appréciait sa vision du pluralisme et lui proposer un accord de désistement mutuel en faveur du mieux placé dans chaque circonscription. François Hollande, lui, exclut toute alliance officielle mais admet vouloir "parler aux électeurs" au nom du pluralisme. DSK évoque des "débats avec les centristes" pour arriver à des "plateformes communes" au prochaines élections… Officiellement, il s’agit donc pour le PS de respecter une sorte de courtoisie républicaine et ainsi favoriser le pluralisme, alors qu’en réalité, les socialistes souhaitent surtout sauver leur peau. Mais il faut aussi préserver les apparences. Tout le monde sait que le MoDem n’est qu’à de rares exceptions arrivé devant le PS. Et puis à gauche du PS, ce nouveau pas de deux avec l’ex-UDF a le don d’agacer, et notamment Marie-George Buffet, prête à mourir plutôt que de parler avec un monsieur en costume.

Au final, tous ces atermoiements se révéleront avoir été du vent : on aura sans aucun doute le même partage des voix que celui que l’on avait observé au soir du 6 mai. C’est-à-dire, 50-50 avec un léger avantage pour l’UMP. Ce dernier n’est d’aileurs pas en reste dans la quête des voix du MoDem : Jean-Claude Gaudin a expliqué ce matin que l’UMP retirait son candidat qualifié pour le second tour face à Bayrou dans les Pyrénées-Atlantiques ; "C’est un geste. Il n’y a pas de discussion, pas de compromission, il n’y a pas de négociation. C’est un geste que l’UMP souhaite faire à l’égard de François Bayrou" … Après avoir juré l’élimination du Béarnais, c’est fort. Et Raffarin lui aussi a invité à "tendre la main" au MoDem afin de remporter des duels difficiles avec la gauche! Appel du pied entendu : "Nous avons montré depuis plus d’un mois notre volonté de tendre la main à tous ceux qui sont prêts à réformer en profondeur ce pays, quels qu’ils soient et quels que soient leurs horizons. Nous resterons sur cette ligne-là", a souligné hier Luc Chatel, porte-parole de l’UMP.

Pendant que ses rivaux se partagent sans complexe ses voix, pour la deuxième fois en un mois, Bayrou fulmine. Il peut bien jouer à l’optimiste, et au succès militant du MoDem. Mais au fond, il doit être vert de rage de ce résultat, comme son intervention de dimanche soir, pleine de rancoeur, l’a suggéré. Un parti a aussi besoin d’élus, et donc de financement public… Comme les choses vont vite du Capitole à la Roche Tarpéienne

Le Béarnais doit désormais songer aux municipales de 2008, aux moyens de conserver Rouen et les autres villes UDF. Il doit se demander quelle tribune et quelle audience il pourra bien avoir à l’avenir. Doit vilipender intérieurement et par avance le poids des médias "amis du pouvoir". 2012, ça fait loin pour un homme seul…

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MoDem : la roche tarpéienne et si proche du Capitole…

Pauvre François Bayrou. Porté à 18,5% des électeurs grâce à l’appui de médias satisfaits d’avoir un troisième homme plus "fréquentable" que le sieur Le Pen (qui s’accroche à son parti comme une moule à son rocher), l’homme faible du MoDem est aujourd’hui éreinté par la critique, lâché par les siens, oublié des télés. Bref, le Béarnais n’est plus à la mode. La roche Tarpéienne est décidément bien proche du Capitole! Et en dépit d’une adhésion populaire importante, le MoDem risque fort de se retrouver avec moins de députés que Blanche-Neige n’avait de nains. La faute à la bipolarisation et au syndrome "vote utile". Il en faudrait pourtant peu pour que Bayrou représente la seul force véritable d’opposition dans ce pays…

Rien à faire… Le PS a beau être encore plus bas que le fond du gouffre, la mayonnaise modémienne ne prend pas. Bayrou, qui était la coqueluche des médias il y a encore quinze jours, n’intéresse plus. Zou, fini, rien à voir, circulez m’sieur Bayrou. Et pourtant, ce n’est pas faute de tenter, de chercher à taper encore sur ces connivences entre pouvoir et argent, pouvoir et puissances médiatiques, une recette qui avait si bien marché pour la présidentielle. "Nous voulons une presse, des radios et des télévisions libres, non inféodées ! Nous en avons besoin pour nous et nos familles ! Nous ne voulons pas que nos organes d’information soient soumis à ces influences !", a-t-il lancé hier soir au Zénith de Paris, où il lançait la campagne de son parti pour les législatives. Déjà, il avait dénoncé la nomination d’un collaborateur de Sarkozy, Laurent Solly, dans l’équipe dirigeante de TF1.

Ultime coup de boutoir du sanglier blessé? Les grandes postures ne semblent plus fonctionner. Alors le Béarnais a bien tenté de revendiquer la qualité d’opposant n°1 à la vague bleue qui risque de déferler sur l’Assemblée nationale au soir du 17 juin. Mais la défection de ses ex-lieutenants de l’UDF, qui forts de 22 sortants (contre six pour le MoDem) présenteront une centaine de candidats pour le compte du PSLE (parti libéral social européen), brouille son message et l’empêche de peser médiatiquement sur l’élection… Les Morin, Leroy et compagnie ont choisi d’agir de l’intérieur plutôt que de critiquer stérilement de l’extérieur. Mais ont eu l’intelligence de revendiquer le terme "libéral" pour priver Bayrou de son aile droite. Et voilà la MoDem piégé par son "ni-ni" qui risque bien de la conduire… nulle part. D’autant que si les abandons sont nombreux, bien peu sont ceux qui rejoignent la maison orange. Corinne Lepage, Azouz Begag, Djamel Bouras, ça n’est pas du plus sexy…

Tout pourrait être possible, en réalité, si François Bayrou n’était pas coincé une nouvelle fois entre sa droite et sa gauche. Esprit du quinquennat oblige, le débat présidentiel écrase celui des législatives. Epuisés par six mois de lutte, d’images médiatiques à gogo et d’idées balancées à tout-va, les Français ne sont pas prêts à remettre le couvert. Dès lors, l’appel au vote "utile" des deux côtés leur convient très bien. L’UMP se contente d’appeler à confirmer le vote du 6 mai. Et le gouvernement se donne l’image de l’action pour convaincre les indécis.

Quant au PS, malgré ses divisions, son incurie à proposer autre chose qu’un "Tout sauf Sarkozy", il pourrait bien avoir plus de députés qu’en 2002, en profitant du recul des Verts et de feu le PCF. Les sympathisants bayrouistes, qui ont compris qu’il fallait être devant le PS pour pouvoir remporter la mise, ne risquent-ils pas de faire faux bond au MoDem?

Seule la proportionnelle pourrait sauver Bayrou et ses amis d’une longue traversée du désert. Mais le scrutin uninominal majoritaire à deux tours le défavorise assurément. Le comble, c’est qu’on a toutes les chances de voir arriver plus de parlementaires communistes, radicaux ou même écologistes que de Modémiens!

N’est-elle pas belle, notre démocratie? Avec 1,5% des voix, sous réserve d’être maintenu sous perfusion par un puissant allié, vous raflez des sièges gratuitement. Avec 18,5% des voix, vous n’êtes pas sûr d’avoir un groupe parlementaire…

Ultime chance : un accord de désistement avec le PS, en faveur du mieux placé dans chaque circonscription après le premier tour . Mais une telle entente est très incertaine…

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Mouvement démocrate : le panache blanc de François Bayrou

Suivant une stratégie semblant suicidaire, François Bayrou fait à nouveau cavalier seul en créant son Mouvement démocrate en vue des législatives. S’appuyant sur un fort soutien populaire mais abandonné par ses ex-amis de l’UDF, le Béarnais compte une nouvelle fois créer la surprise en misant sur son indépendance pour créer la surprise. Mais sa marge de manoeuvre est étroite…

Lâché par les siens (y compris les fidèles Hervé Morin, Maurice Leroy ou encore Nicolas Perruchot, qui ont senti le vent tourner) mais fort d’un clair soutien populaire(33 000 demandes d’adhésion auraient été reçues), François Bayrou peut-il rééditer sa performance du premier tour de la présidentielle et ainsi parvenir à obtenir un groupe indépendant à l’Assemblée nationale?

Alors que les communistes et les Verts sont assurés d’avoir des députés, grâce au soutien du PS, il est impensable que le nouveau MoDem (quelle abréviation ridicule), bien plus représentatif que ces deux partis morts, ne dispose pas d’un fort contingent à l’Assemblée. Mais c’est le jeu : il faut gagner dans au moins vingt circonscriptions pour avoir un groupe.

Et la gageure sera hardue : les 18,5% à la présidentielle ne se tranformeront pas forcément en victoires locales. D’autant qu’une partie de ces électeurs ont peut-être mal vécu l’appel implicite de Bayrou à ne pas voter Sarkozy. Le patron du nouveau MD compte présenter des candidats partout, mais dans les 577 circonscriptions françaises, ils auront face à eux, à moins d’un accord avec le PS, la gauche, la droite, voire l’ex-UDF… Tout en sachant que dans le contexte de la présidentielle qui vient de se jouer, le réflexe utile jouera : les deux principaux partis appeleront d’un côté à donner une majorité puissante à l’UMP pour permettre à Sarkozy d’appliquer son programme de réformes et de ruptures, d’un autre, de voter contre lui pour éviter cinq ans de droite.

Dès lors, malgré tout le panache qu’il faut reconnaître au Béarnais, qui persiste sur sa ligne d’indépendance, à quoi peut-on s’attendre?

- Soit le MD parvient à dépasser les 12,5% au premier tour, et on se retrouve avec des triangulaires, voire des quadrangulaires là où le FN se maintiendra lui-aussi : là, ce sera la lutte à mort. Mais difficile d’imaginer le MD dépassant l’UMP ou le PS. Tout au plus pourra-t-il faire battre la droite?

- Soit le MD n’y parvient pas, et on se retrouvera alors dans la même configuration qu’au second tour de la présidentielle, avec un report de voix classique 50-50…

Dans cette perspective, obtenir dix sièges serait déjà un bon score. Là encore, si l’on postule l’absence d’accord avec le PS…

Cette situation montre d’ailleurs toute l’incurie du système électoral utilisé à représenter fidèlement l’opinion française à l’Assemblée nationale, avec tout pour le gagnant et zéro pour le perdant : dans ces conditions, l’instauration de la proportionnelle semble plus que jamais urgente. Ne serait-ce pas scandaleux que ce PCF exhangue, porté à bout de bras par le PS, obtienne plus de sièges que le MD?

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