Archives de Tag: avortement

Contraception au lycée : le revirement de Luc Chatel

On n’est pas à une volte-face près, dans ce gouvernement. On peut se féliciter du bouclier fiscal avant de louer sa suppression. On peut défendre la suppression de l’ISF avant d’entreprendre de l’aménager. Ou on peut, également, s’opposer fermement à la distribution de pass-contraception dans les lycées de Poitou-Charentes… Avant de soutenir un projet similaire en Ile-de-France. Merci pour la cohérence, M. Chatel! Lire la suite

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La beauté de la "neutralité" de l’Etat

Polémique intéressante que celle soulevée par ce professeur d’un lycée public de Manosque, qui a projeté à ses élèves une vidéo issue d’un site anti-IVG et montrant des images insoutenables de cadavres de foetus avortés. Si on peut douter de la légitimité d’une telle projection, en effet très difficile à avaler, et de son intérêt pour créer un débat sur la question de l’avortement, les arguments soulevés contre cet enseignant sont instructifs : celui-ci aurait porté atteinte à la "neutralité de l’Etat", a justifié Luc Chatel pour suspendre de ses fonctions. Porté atteinte à la neutraquoi?

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L’objection de conscience l’a emporté au Conseil de l’Europe

Il aurait été inquiétant que l’importance donnée à la liberté des uns amène à restreindre celle des autres, surtout dans un domaine où la conviction intime doit être protégée à tout prix. Discutée hier au conseil de l’Europe, la fameux projet de directive du Conseil de l’Europe (1), qui visait à limiter le droit à l’objection de conscience dans des domaines comme l’avortement ou l’euthanasie, a été vidée de son contenu par une série d’amendements qui ont consacré ce droit. Une belle victoire pour la liberté sur ce continent. Lire la suite

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C’est forcément bien, être progressiste?

462 députés ont voté pour la résolution, 7 contre et 2 se sont abstenus.

J’ai été très étonné en lisant cette proposition de résolution émanant du groupe socialiste, finalement votée hier en séance publique : au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes, et de l’harmonisation des législations européennes, a été reconnue la clause dite "de l’Européenne la plus favorisée", qui consiste à chercher à épouser les législations européennes jugées les plus progressistes en matière de droit des femmes, pour les appliquer à toute l’Europe. Une manière bien curieuse d’envisager le respect de la souveraineté des Etats-membres! Lire la suite

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96% des trisomiques dépistés avortés, c’est pas de l’eugénisme?

Le comité consultatif national d’éthique a rendu un avis important la semaine passée, sur lequel les médias se sont faits très discrets. Les "sages", qui s’interrogeaient sur les questions éthiques liées aux diagnostics anténatals (diagnostics prénatal, DPN, et préimplantatoire, DPI), ont estimé qu’il n’y avait aucun obstacle à ce que le dépistage de la trisomie 21, déjà autorisé pour le DPN, soit étendu au DPI. Or quand 96 % des trisomies détectées conduisent à une IMG, pour ce qui est du DPN, ne peut-on pas appeler un chat un chat, et s’inquiéter de l’instauration d’un eugénisme de facto? Lire la suite

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"L’infanticide comme mode de contraception"

J’avoue être troublé depuis le départ par cette sinistre affaire Courjault, en cours de jugement devant la cour d’Assises de Tours (quelle belle ville!). Plutôt étonné que troublé, d’ailleurs. Mercredi, à l’audience, un policier a sorti une phrase terrible, qui fait écho à un malaise qui m’envahit depuis le début de l’affaire, et que je n’arrivais pas à exprimer. Il a expliqué que pour Véronique Courjault, qui doit vivre un enfer moral, "l’infanticide était un mode de contraception", c’est-à-dire une façon de se débarrasser de quelque chose qui n’existe pas. Lire la suite

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La parole est souvent d’argent, mais le silence parfois d’or

Au sujet de cette nouvelle affaire portée au discrédit de l’Eglise, celle de cette enfant brésilienne de 9 ans, violée par son beau-père avant d’avorter de jumeaux, et dont la mère a été excommuniée avec l’équipe médicale ayant pratiqué l’avortement, je suis bien d’accord avec Koz. Une nouvelle fois, j’allais dire. Même si j’y mettrai sans doute moins de fougue.

Mais il dit mieux que moi le sentiment qui habite un catholique qui se demande si l’Eglise est forcément là pour être la gardienne d’un code, d’un catéchisme, ou si parfois, elle n’a pas le devoir et l’intérêt de la mettre en veilleuse. Et d’éviter les anathèmes. Je vais essayer, à mon tour, d’exprimer ce sentiment. Lire la suite

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Le planning familial en plein fantasme d’un droit à l’avortement menacé

Lu sur le site du Plannign Familial, à l’occasion de cette magnifique campagne d’affichage financée par le Conseil régional d’Ile-de-France : "Les lois sur la contraception et l’avortement relèvent aujourd’hui moins du droit que de la tolérance. Elles ne sont pas correctement appliquées et les libertés que l’on croyait hier acquises sont de moins en moins reconnues.C’est pourquoi le Planning Familial et ses partenaires lancent une campagne sur le territoire francilien, dans les gares et le Métro, du 18 au 27 janvier 2008. Une région où les obstacles se multiplient quand il s’agit de faire valoir ses droits en la matière. Une région où l’avortement reste un parcours de la combattante."

Plusieurs remarques :

- Associer ainsi contraception et avortement me semble un jeu à haut risque alors que les avortements sont de plus en plus banalisés. Sur l’affiche, on voit des gens qui rient. Comme si l’avortement était une chose gaie, comme si c’était comparable au fait de prendre la pilule, par exemple! Comme si cela faisait partie de la vie…

- Faire croire que le droit à l’avortement est menacé, que c’est un parcours semé d’embuches est une hypocrisie et un mensonge sans nom. Rappelons qu’il y a chaque année en France plus de 200 000 avortements. Cela près près de 548 par jour. Une liberté menacée? Tu parles. Encore récemment, l’accès à la pilule abortive a été simplifié, et le Planning familial lui-même peut la prescrire!

- Le planning familial, tout à son idéologie, oublie de dire qu’il existe des alternatives à ce drame humain, comme par exemple le soutien aux femmes enceintes en détresse. Il se satisfait d’un "droit", sans se soucier du reste. Comme l’explique l’Alliance pour les droits de la vie, « cette campagne est réductrice et déresponsabilisante en passant sous silence les besoins de solidarité exprimés par de nombreuses femmes enceintes ».

- C’est pourquoi, même si je reste sceptique quant à ce genre d’action, je soutiens la Marche pour la vie qui aura lieu dimanche à Paris (14h30, place de la République).

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L’assemblée élargit le champ de l’IVG en catimini

On le dit un peu partout : il y a trop d’avortements en France. Environ 200 000 par an, en moyenne. Un peu moins d’après les statistiques officielles. Nous en avions débattu récemment sur ce blog : l’IVG n’a-t-elle pas tendance à se banaliser, et à devenir un mode de contraception? Est-il normal, trente ans après la loi Veil, dans un pays où l’immense majorité des femmes utilise des contraceptifs, que ce nombre effarant ne diminue pas, mais ait plutôt tendance à stagner, voire à augmenter?

A cet égard, le gouvernement vient de nous pondre un beau texte en contradiction totale avec l’impératif criant de réduction de ce chiffre. On ne reparlera pas ici du fond du problème : on l’a déjà abordé plusieurs fois ici, notamment en ce qui concerne les incompréhensions qu’on peut avoir vis-à-vis des différences de délais pour avorter entre les différents pays qui autorisent l’IVG.

Par l’article 46 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2008, dont vous trouvez le contenu ici, il suffit ensuite de descendre à l’article souhaité, sachant que les rédacteurs ont eu l’intelligence de les classer par ordre croissant), voté par l’Assemblée lundi 29 octobre, le gouvernement élargit le champ de l’IVG, en autorisant les médecins de centres de plannings familiaux à prescrire des pilules abortives (IVG médicamenteuse). Au départ, ces cachets n’étaient délivrés qu’à l’hôpital. On a autorisé en juillet 2004 les "médecins de ville" à les prescrire. Désormais, cette forme d’IVG représente pas moins de 42% des avortements pratiqués en France, si l’on en croit l’AFP, le site de l’Assemblée ou encore Libération (qui se réjouit bien sûr de la nouvelle)! Autrement dit, ce n’est pas rien.

Une liberté de choix supplémentaire, justifie à l’appui de sa décision le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Les "motifs de cet article" sont exposés dans le texte de loi : "réduire les difficultés rencontrées par les femmes souhaitant interrompre leur grossesse", pour un "accès facilité", dans des structures où les médecins sont "tout particulièrement sensibilisés au sujet de l’IVG et compétents pour pratiquer ces actes qu’ils réalisent bien souvent, de fait, actuellement, en établissement de santé".

Faciliter l’accès à l’IVG. Une expression dont on peut se méfier : si l’on veut réduire le nombre d’avortements en France, n’est-ce pas : 1- que cet acte n’est pas anodin, quoi qu’on en pense, 2- qu’il engendre un traumatisme certain chez la personne qui décide d’y recourir?

Or l’IVG pratiquée à l’hôpital peut paraître plus "trash" que celle qui consiste à ingérer une pilule. Quoi qu’une amie me soufflait il y a quelques instants à l’oreille que le geste pouvait être tout aussi traumatisant. Nonobstant, il semble malgré tout que le but "caché" de cet article est de multiplier les voies d’accès à la pilule abortive, pour éviter que les femmes se retrouvent à l’hôpital. D’autant que de moins en moins de médecins souhaitent pratiquer l’avortement.

L’intention pourrait être louable, mais il semble que la réflexion a une importance capitale et doit être favorisée à tout prix sur ce genre de sujet. Et a priori, elle est plus susceptible d’être approfondie lorsqu’on prend l’initiative d’aller à l’hôpital, ce qui nécessite un acte de volonté fort, et une forme de persévérance dans l’intention, plutôt que lorsqu’on se rend au planning familial le plus proche. Et quoi qu’on dise, le geste d’avaler une pilule n’a pas du tout la même signification, ni les mêmes retombées, que celui de se faire aspirer le contenu de son utérus à l’hôpital.

Alors quoi, on veut déculpabiliser? Sur ce sujet important, en tout cas, on constate que l’éxécutif se garde de donner une publicité importante à ses décisions. Une simple requête sur google news suffira à décevoir votre soif d’information. Le texte a été voté en pleine nuit. Le débat s’est résumé à deux questions à Roselyne Bachelot. En fait, chez nous, on accorde plus d’importance à la libération de trois journalistes. Au salaire du président. Aux régimes spéciaux des cheminots. Quand nos concitoyens s’intéresseront-ils à leur société, à l’homme, à la vie, à leur avenir en tant qu’humain, plutôt qu’à leurs salaires, à leurs primes, à leur auto et aux régimes spéciaux? Quand on y pense, les priorités de nos sociétés "modernes" sont décidément bien étranges. Pas sûr que l’Homme en sorte gagnant…

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Est-il satisfaisant que l’avortement devienne une méthode de contraception?

Comment dire. Comment aborder ce sujet sans heurter, sans déclencher une levée de boucliers. Comment arriver à se faire comprendre sans se faire fasciser d’emblée. Comment réussir à entamer un débat serein, comment se faire écouter de l’autre. Comment, enfin, évoquer le sujet en évitant toute condamnation, toute criminalisation, tout amalgame.

En ce qui concerne la question douloureuse de l’avortement, la dernière palme d’or du festival de Cannes, 4 mois, 3 semaines et 2 jours, réussit ce pari d’aborder le sujet de front, sans concession. De manière crue et hyperréaliste,  Cristian Mungiu raconte l’histoire de ces deux étudiantes roumaines, qui organisent un avortement clandestin en 1987, alors que la dictature de Ceaucescu est toujours présente.
Vous pourrez sortir de ce film indifférent. Ou avec une barre dans l’estomac, et des réflexions à la pelle qui encombreront votre esprit. La vision du foetus de quatre mois, sur lequel la caméra s’attarde, et dont on aperçoit distinctement le visage, les bras, les mains. La volonté absolue de la mère de "l’enterrer", qui peut laisser penser qu’elle ne se fait pas d’illusion sur ce qu’elle vient de faire. Le tout sans jugement, sans prise de position.
Prudent, Cristian Mungiu ne nous montre pas l’avant. Ne nous explique pas d’où vient l’enfant, où est le père, ni les raisons du choix de la trop jeune maman. Quand le film commence, l’action est déjà lancée. L’avortement irrémédiable. L’après, lui, se résume à cette phrase lancée par son amie : "Désormais, nous ne parlerons plus de tout cela. Plus jamais."

Comme si le fait d’en parler pouvait permettre le remords. Comme si y réfléchir reviendrait à se déjuger après coup. Ou tout simplement, comme si l’évoquer était trop difficile, trop douloureux en soi.

En France, trente ans après la dépénalisation de l’IVG, il serait pourtant bon d’en parler. Publiquement. De s’interroger, de se poser des questions. La dernière fois qu’un débat public s’est tenu dans notre pays à ce sujet, c’était en 2001 (loi Aubry) lorsque l’assemblée nationale a décidé de prolonger le délai légal – pendant lequel un avortement est autorisé – de dix à douze semaines.

Profondément ému, tout comme moi, par ce film, Criticus propose un débat, sur le thème : quel bilan peut-on faire de la pratique de l’avortement en France?

A cet égard, les statistiques de l’IVG en France sont relativement inquiétantes. En 2002, selon l’Ined (institut national d’études démographiques), 134 797 avortements ont été pratiqués. Un chiffre vraisemblablement sous-évalué selon l’Ined. Mais même ainsi, cela reviendrait à 370 avortements par jour. Si l’on farfouille dans les stats de l’Ined, on s’aperçoit que sur ces 134 797 IVG,, 70% seulement sont pratiqués chez des femmes qui n’y ont jamais eu recours. 20% pour une deuxième fois, 1% pour une quatrième fois, et 0,01% (22 cas, tout de même…) pour la case "neuvième fois et plus". Comment peut-on avorter neuf fois, ou plus?

Le but de la loi Veil de1975 était, semble-t-il, de limiter les cas. Son ambition, d’en faire une exception. L’expérience montre que l’IVG s’est au contraire banalisée, comme le montrent plusieurs études qui sont téléchargeables sur le site de l’Ined. Comme si on l’utilisait comme une méthode de contraception, en quelque sorte. En 1997 (dernière statistiques connues et fiables), près de 164 000 avortements ont été pratiqués, ce qui représente 22,5 IVG pour 100 naissances viables. 450 avortements par jour, sans compter les IVG pratiquées dans des pays limitrophes, dont la législation est parfois plus souple, est-ce bien raisonnable? Est-ce toujours exceptionnel?

Face à ce constat dramatique (qui pourra prétendre, qu’on soit pour ou contre le droit à avorter, que l’IVG est quelque chose de banal?), difficile d’apporter une réponse globale. Poser la question, comme Criticus, de savoir s’il y a trop d’avortements dans notre pays montre clairement qu’avorter est un problème. Mais pour lui, comme pour d’autres, l’IVG légal est un moindre mal par rapport à l’avortement clandestin.
La question peut difficilement recevoir une réponse globale. Je me contenterai donc de quelques interrogations jetées en guise de pistes de réflexion, pour ouvrir le débat dans les commentaires.

- Pourquoi un embryon est-il un être humain dans certains pays et pas dans d’autres?
– Pourquoi est-il illégitime d’avorter en France à treize semaines, alors que c’est possible dans d’autres pays?
– Ce qui pose la question suivante : pourquoi le seuil d’humanité est-il fixé par le parlement? S’appuient-ils sur une idéologie, ou sur des avis d’experts qui disent quand la "chose" devient un enfant? Dans ce cas, pourquoi les experts ne sont-ils pas d’accord selon les pays? Est-ce intellectuellement satisfaisant?
– Pourquoi envisage-t-on toujours la question sous le seul angle de la souffrance de la mère, sans jamais se poser la question du statut de l’embryon, justement?
– Pourquoi, s’il n’y a pas de culpabilité à avoir, les IVG sont souvent la cause de profondes souffrances?
– Pourquoi peut-on avorter d’un enfant trisomique presque jusqu’au terme de la grossesse?
– Pourquoi accepte-t-on, si cela doit rester une exception, que certains couples décident d’avorter parce qu’ils ne sont pas satisfaits du sexe de l’enfant?

Au final, pourquoi se poser la question des dérives de l’IVG, si de toutes façons celle-ci est-elle légitime? Pourquoi l’avortement de masse serait-il plus contestable que l’exception?
Lire également l’analyse de Criticus.

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