Archives de Catégorie: Livres

Achetez malin, achetez Edmond Prochain

Ceci est un peu une page pub, et en même temps, un peu une page catho aussi. En fait, c’est une page de pub pour cathos, ou plutôt, une recommandation. Mais qui ne s’adresse pas qu’au cathos. Enfin bref. Certains d’entre vous sont peut-être assidus du blog d’Edmond Prochain, et ils auront peut-être remarqués que l’ami blogueur avait sorti, coup sur coup, deux livres assez chouettes. Lire la suite

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Joseph Fadelle, le musulman qui paya chèrement sa conversion

De retour de vacances, je laisse la plume à ma petite soeur, qui commente ici sous le doux nom de Castafiore, et qui m’a proposé d’écrire ce billet sur une rencontre qui l’a profondément marquée. Celle de Joseph Fadelle, l’auteur du poignant ouvrage Le prix à payer, cet Irakien converti de l’islam au christianisme, qui s’est réfugié en France et qui doit se cacher et employer mille précautions pour éviter que la fatwa prononcée contre lui soit exécutée. Cet homme estime avoir trouvé la vérité dans le Christ, mais juge aussi avoir découvert le danger que représente son ancienne foi, l’islam. Je vous laisse découvrir la suite. Lire la suite

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Sarkozy « off »

J’achève la lecture de [Off], ce que Nicolas Sarkozy n’aurait jamais dû nous dire, écrit par deux journalistes de Marianne, et non des moindres, Nicolas Domenach et Maurice Szafran. Je raffole de ces bouquins politiques qui nous révèlent l’envers du décor, même si je suis souvent déçu au bout du compte. Après Le président et moi, écrit par le journaliste du Monde Philippe Ridet, c’est le deuxième livre du genre qui est publié, dévoilant les coulisses d’une relation très personnelle entre un journaliste politique et Nicolas Sarkozy. Lire la suite

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Les cahiers secrets de Michèle Cotta

Un gros pavé. Une bible politique. Voilà ce que sont les cahiers secrets de Michèle Cotta, nous dévoilant les coulisses de la vie politique de la Ve République. Il faut être à la fois obstiné et passionné pour en venir à bout. Mais le jeu en vaut la chandelle, pour peu qu’on ne prenne pas cet ouvrage pour ce qu’il n’est pas : un livre historique. Lire la suite

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Des illusions pas tout à fait perdues

J’ai entrepris de relire Illusions Perdues, le roman de Balzac qui m’avait donné l’envie de devenir un Lucien de Rubempré – le destin tragique en moins, c’est-à-dire un salaud de journaliste. La première lecture remontait à l’adolescence. La seconde est une totale redécouverte : je n’avais pas saisi, la première fois, la violence de la critique du journalisme contenue dans cette oeuvre, qui est pour moi un des plus beaux romans d’Honoré de Balzac. Extrait. Lire la suite

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Le corporatisme de Philippe Ridet

Tiens, on reparle encore de livres. C’est ma période « bouquins politiques », en ce moment, entre deux pavés de la série Millénium. On a tellement parlé, ces derniers temps, du problème posé par la connivence entre journalistes et politiques qu’il me fallait lire absolument le bouquin dont tout le monde parle : Le président et moi, de Philippe Ridet.

A mon grand regret, il fait partie de ces livres sur lesquels on bave, mais dont on sait qu’on va en être déçu au bout de dix pages. Dommage. J’aime beaucoup Philippe Ridet, qui a suivi pour Le Monde toute la campagne de Nicolas Sarkozy. Et qui « couvre » globalement la droite depuis 1995. Il est très intelligent, écrit remarquablement bien, et décrit finement le sarkozysme.

Quel est le propos de cet ouvrage? Le prétexte est de raconter à travers le rapport entre lui et Sarkozy, entre les « embedded » et le candidat devenu président, la campagne électorale vue de l’intérieur, les dessous des premiers pas de « l’homme de la rupture » à l’Elysée. Une satisfaction, celle de comprendre un peu mieux comment fonctionne et se fabrique le grand cirque des mois qui précèdent une telle élection.

Double déception, en revanche. Sur la forme, d’abord. Ridet a choisi un parcours thématique plutôt que chronologique. On s’y perd. Sarkozy est tantôt candidat, tantôt président. On est en 1999, et la page d’après en 2007, c’est un peu troublant.

Sur le fond, ensuite, il semble assez rapidement évident que l’auteur a écrit se livre pour se défendre, pour prouver quelque chose. A qui? A lui-même, à sa profession, aux initiés. Peut-être même à Nicolas Sarkozy. Ce livre sert à défendre la petite corporation des journalistes politiques, accusés du mal suprême : la connivence.

Au fond, Ridet passe son temps à s’excuser d’être allé trop loin dans l’intimité avec le président, à grands renforts d’anecdotes plus ou moins croustillantes. D’avoir tout fait, trop fait pour aller glâner le petit « off », la petite confidence qui selon lui fait la différence par rapport aux concurrents dans un papier, mais qui nous laissent, nous lecteurs, complètement indifférents. Il passe aussi son temps à chercher à nous convaincre que tout cela n’a eu aucune conséquence sur son honnêteté de journaliste… Et là on a un peu de mal à le croire.

Comment peut-on se défendre de toute connivence, tout en se présentant comme un type prêt à tout accepter, y compris supporter un karaoké avec Sarkozy et Barbellivien? Tout ça pour quoi? Comme si un moment aussi ridicule pouvait déboucher sur un quelconque matériau politique exploitable dans un journal comme Le Monde.

Et puis, ce livre semble aussi tenir aussi de la vendetta personnelle contre le chef de l’Etat. Ridet raconte les petites vexations que Sarkozy lui envoie de temps à autre. Voilà, il lui répond dans ce livre, en ne l’épargant guère. En lui rendant coup pour coup, en le présentant comme un homme immature, capricieux, colérique, totalement narcissique, quasi érotomane et très artificiel au final. Il y a du vrai, mais cela paraît trop gros. On sent le journaliste fasciné, obsédé et déçu de ne pas avoir été aimé « vraiment » de sa cible. Jaloux quand le président le rabroue ou lui accorde moins d’attention. Comme ses pairs, il ne devient mordant que lorsque la popularité du chef de l’Etat s’effondre et que celui-ci devient agressif envers les journalistes, comme le montre cette phrase que lâche Ridet à la fin de son ouvrage : « Parce que nous anticipons la vivacité de ses réponses, nous durcissons le ton de nos questions ».

D’ailleurs, est-ce un hasard si ce livre est publié au moment même où Ridet arrête de « couvrir » l’Elysée pour Le Monde? A l’heure du départ, le voilà règlant ses comptes. Avec Cécilia, aussi, avec la « firme », cet entourage comploteur du chef de l’Etat. Mais tout cela, que ne l’a-t-il écrit plus tôt? Pourquoi ne pas nous avoir raconté cette courtisanerie? Pourquoi ne pas avoir dépeint le caractère si frivole de Nicolas Sarkozy au moment où celui-ci se présenter aux suffrages des électeurs?

C’est cela qui est reproché aux journalistes politiques. De garder leurs infos pour le moment où ils écriront un bouquin.

Philippe Ridet, qui défend un système à bout de souffle (lui même semble usé) tout en reconnaissant quelques-uns de ses torts, représente aussi l’archétype de l’anti-web forcené. Qui confond les blogs, les sites internet des médias traditionnels, des médias en ligne. Qui accuse sans cesse internet d’être un outil de propagation des rumeurs les plus folles, en oubliant qu’internet n’est qu’un média, et que les idiots sont ceux qui publient n’importe quoi, pas le support qu’ils utilisent. Et en avouant en même temps la tactique bien connue et rodée des journalistes politiques : quand une info est archi-connue mais non confirmée, il suffit d’attendre que le web la « sorte » pour pouvoir la reprendre en citant la source.

Bravo en tout cas à Ridet d’avoir tenu treize années au chevet de la droite. Treize ans, c’est sans doute déjà beaucoup trop. Il aurait sans doute été beaucoup trop dangereux d’aller plus loin…

Le président et moi, Albin Michel, 17€.

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Des hommes d’Etat

Des hommes d’Etat, c’est la chronique de la comédie du pouvoir et des luttes d’influence qui se sont jouées entre trois hommes, de 2005 à 2007 : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Couchées sur le papier par Bruno Le Maire, conseiler politique puis directeur de cabinet de ce dernier à Matignon, ces notes racontent aussi l’intimité du pouvoir, faite à la fois de bassesses et de grandeur d’âme. De courage et d’hypocrisie. De sacrifices et de compromissions.

Il a tout vu de l’intérieur. Clearstream, le référendum sur la Constitution européenne, la crise du CPE, les émeutes en banlieue. Et parallèlement, pendant tous ces mois, il a assisté de façon privilégiée, en spectateur muet, aux tensions persistantes entre les trois acteurs principaux du pouvoir de l’époque. Pour le meilleur comme pour le pire. Conseiller politique, plume de Dominique de Villepin place Beauvau puis directeur de son cabinet à Matignon, Bruno Le Maire se place bien sûr dans le « camp » de son ancien employeur, mais sans complaisance. Il respecte cet homme, l’admire même, mais ne semble pas manquer de lucidité lorsqu’il conclut ceci à son sujet, à l’heure où commence à être envisagé le retrait du CPE (mars 2006) : « Dominique de Villepin croit dans sa mesure, n’aime pas le compromis, refuse de s’avouer vaincu. Les qualités qui font son génie propre, le sens de l’intérêt général, la passion de l’Etat, une vision de la France, la dureté et une certaine austérité dans la pratique du pouvoir, sont devenus autant de handicaps à la résolution de la crise. Dans la composition de son caractère, il n’a pas ce trait, bon ou mauvais suivant les circonstances, qui tempère, passe des accords à l’amiable, recule de quelques mètres pour plus tard regagner du terrain. Tout en lui veut tenir, quitte à rompre. »

Bruno Le Maire, qui écrit sous la forme d’un journal intime, admet d’emblée n’avoir vu « qu’un versant des choses », et avoir forcément manqué ce « regard en surplomb qui embrasse tant et remet chacun à sa place ». Au fil des pages, on sent pourtant confusément en ce commis de l’Etat « l’honnête homme » tel qu’on l’entendait au XVIIIe siècle. On suppose qu’on n’a pas affaire à un énième livre de propagande politique, l’homme n’ayant pas d’intérêt personnel dans l’histoire. Cet ouvrage n’est pas objectif, mais c’est égal.

Car le serviteur zélé raconte tout, dans la limite du secret d’Etat. Dévoile le quotidien politique à l’aune de son expérience personnelle. Entrecoupe son récit d’anecdotes familiales, de sa frustration de ne pas voir son fils. Confie au jour le jour ses états d’âme. C’est le coeur du livre, c’est son intérêt. Comme dans un documentaire, on découvre la pratique du pouvoir de l’intérieur, la façon dont on gère un Etat.

Il y a son propre rapport au pouvoir, à la politique, qu’il voit comme tour à tour comme quelque chose d’exaltant et d’ingrat. « Dans ce métier, il n’existe rien de stable ni d’assuré, les lendemains assombrissent le présent, on court sans cesse contre le vent, on s’épuise, et les moments de plénitude y sont aussi violents que fugaces ».

Le rapport à la réalité, ensuite, ne lui semble pas évident à gérer. En juin 2005, à peine arrivé à Matignon, il écrit ceci : « Depuis trois semaines que nous sommes à Matignon, je n’ai quitté mon bureau que deux ou trois fois. Je ne vois plus d’amis, je ne sors pas de la capitale, la réalité me vient par la presse, la télévision, les remarques de mes visiteurs ». En août, alors que l’emploi est l’obsession de Villepin et que Le Maire reçoit des chômeurs de tous horizons afin de pouvoir élaborer une politique intelligente, il avoue que « malgré tout, je ne sais pas. Ces situations, je ne les ai pas vécues, moi-même, je les imagine, sans me les représenter vraiment. Tous les responsables politiques se trouvent face à la même difficulté: tirer parti d’une expérience qui n’est pas la leur ».

On s’amuse à lire ses réflexions sur l’hypocrisie entre ministres, sur leur empressement à venir se rapprocher de Villepin au moment où celui-ci est pressenti à Matignon. Ce seront les premiers à rallier Sarkozy le moment venu. Pas fou, Le Maire ne balance tout de même pas leurs noms. A noter aussi ce passage criant de vérité sur l’imposteur Douste-Blazy : « Il aura laissé sur le bord de la route politique beaucoup d’adversaires, qui estimaient sans doute valoir mille fois mieux que lui, mais qui dépourvus de son habileté ou handicapés par trop d’amour-propre, un jour ont trébuché et disparu ».

On dévore la discussion à bâtons rompus entre Chirac et Villepin, en présence de nombreux conseillers, lors de la formation de son premier gouvernement (juin 2005). Les négociations pendant des heures. Les femmes qu’il faut caser, les alliés politiques à contenter, l’environnement à cajoler, et cette conclusion de Chirac : « Les handicapés, ils sont bien mentionnés, j’espère. C’est très important vous savez. Ils sont cinq millions en France. Vraiment, c’est essentiel. »

Au sommet du pouvoir, on découvre un Chirac las d’exercer, en retrait. « Chirac, le gouvernement, tout ça, ça ne l’intéresse plus », confie Villepin à son conseiller politique en décembre 2005. On réalise que les rapports entre le président et son premier ministre n’étaient pas si cordiaux. Villepin gouverne par lui-même et est décrit comme ambitieux mais hésitant sur le chemin à prendre. Sarkozy, lui, semble impatient, maladivement impatient, et passe son temps à se préparer à la bataille qui s’annonce. Dommage que Villepin soit un peu trop présenté comme le gentil, et Chirac/Sarko comme les « deux méchants qui lui voulaient du mal ».

Sous les lignes de Bruno Le Maire, on sent en tout cas le ministe de l’Intérieur bien plus inquiet quant à une éventuelle candidature de Villepin qu’on n’a pu l’imaginer. Alors que peu à peu, cette hypothèse semble s’éloigner, Sarkozy reste fébrile. Après la déroute du CPE, il ne semble même pas se réjouir. « Nicolas Sarkozy regarde droit devant lui, il hoche la tête à deux ou trois reprises, et dit doucement : « C’est terrible, la politique ». Lui qui voit l’un de ses principaux rivaux s’affaiblir de jour en jour (…) ne manifeste aucune joie, aucun signe de satisfaction. Il répète juste : « C’est terrible ». » Une solidarité purement corporatiste avec son ennemi politique, comme s’il compatissait à une souffrance qu’il avait déjà vécue et qu’il craignait de revivre?

Jusqu’au dernier moment, Sarkozy a peur et Villepin réserve sa réponse, comme le témoigne cette conversation entre les deux hommes en décembre 2006.  » Toutes les candidatures sont légitimes, à l’intérieur de l’UMP. Je vous le redis, Dominique. – Je ne suis candidat à rien, Nicolas. – Admettons. – Tout le monde n’a pas forcément d’ambition, Nicolas. – D’ambition déclarée, Dominique. – Non, non, d’ambition tout court. – Disons que c’est une question de lucidité, quand on voit les sondages. – Ah, mais une ambition lucide, ce n’est plus une ambition, Nicolas! ».

Ils se détestent et s’admirent en même temps. Mais sous la plume de Le Maire, les rapports semblent courtois, parfois badins, voire presque amicaux. En dépit de l’affaire Clearstream, qui est survolée dans cet ouvrage. Toujours dans le non-dit et la suggestion, mais bien loin de la guerre de tranchée décrite à l’époque par les médias. Au point qu’à l’heure de la victoire finale, Nicolas Sarkozy aura ce mot : « Il y aura toujours de la place pour vous, Dominique ». Vraiment?

A lire si ça n’est pas déjà fait, et si vous aimez la politique. « Des hommes d’Etat », Grasset, 20,90€.

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