Archives de Catégorie: Histoire

Inquisition, piège à c…

Quelle belle démarche que celle qu’ont entamée nos amis Koz, Natalia, Edmond, Charles Vaugirard et Jean-Baptiste Maillard! Se payer la tête de la série de l’été de France 2, Inquisitio, sans à aucun moment jeter d’anathème ni user d’agressivité : juste en maniant ce qu’il faut d’humour et de dérision. Lire la suite

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Classé dans Histoire, Religion

Pour en savoir plus sur le "génocide" vendéen

Nous avons déjà parlé sur ce blog des guerres de Vendée et de la question de la qualification des massacres ignobles perpétrés par l’armée républicaine à partir de 1793 à l’encontre des populations civiles, et ce sur ordre direct des dirigeants de la Convention.

A défaut de nourrir mon blog de nouveaux billets, je voulais vous signaler cette émission consacrée le 31 octobre dernier sur Europe 1, chez l’excellent Franck Ferrand, à la question du génocide vendéen (vidéo ci-dessus). Avec en invité vedette, bien sûr, l’historien Reynald Secher, infatigable conteur des atrocités subies par la Vendée, et qui vient de publier un nouveau livre sur la question, Vendée, du génocide ou au mémoricide.

A l’écoute des documents cités par M. Secher, qui montrent que la décision d’éradiquer la Vendée et ses habitants, exécutée par Carrier et Turreau, a été prise par les députés et le Comité de Salut Public, on n’a plus guère de doutes : plutôt que de reconnaître le génocide arménien et donner des leçons aux Turc, la République française ferait bien de balayer devant sa porte et reconnaître les crimes qui ont accompagné sa naissance.

Quant à moi, je lirai ce livre dès que possible. Reynald Secher y cite – pour la première fois, dit-il – des documents montrant que Robespierre a pris lui-même la décision de rayer la Vendée de la carte, et qu’il s’agissait d’une décision mûrement réfléchie et conceptualisée noir sur blanc.

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La fin des empires

Un bipède de l’espèce des manchots a osé me taguer, il y a quelques semaines, dans une chaîne destinée à dévoiler l’usage qu’on aimerait faire d’une machine à explorer le temps. Je suis du même avis que Didier Goux et Aymeric Pontier : les machines à remonter le temps, ça ne peut pas exister. Sinon, ça existerait déjà. Forcément. Ceci dit, il n’est pas défendu de rêvasser, le menton sur le poing, en regardant à la fenêtre les feuilles voler et le voisin râler. Vous allez me dire que je suis en retard dans ma réponse à cette chaîne, initiée il y a quasiment deux mois. Mais si vous osiez me le dire vraiment, je vous rétorquerais d’un ton badin mais décidé qu’en matière de chaîne sur les machines à remonter le temps, aucune réponse ne peut vraiment être anachronique. Et là, vous seriez à court d’argument, à mon avis. Lire la suite

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Katyn, enfin!

Eh bien ça y est. Au bout du suspense, et au prix d’une lutte hardie et ardue, je suis finalement parvenu à visionner le film Katyn d’Andrzej Wajda. Par le moyen le plus simple du monde : il est passé sur la chaîne de télé nordiste Wéo hier soir. Je ne pouvais donc pas le louper. Un grand moment de cinéma, peut-être pas, mais un film incontournable pour comprendre une partie des ressorts des totalitarismes nazi et soviétique. Et un spectacle qui nous aide à mieux comprendre l’émotion suscitée par la mort violente, dans la forêt de Smolensk, du président Kaczynski. Lire la suite

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Pie XII : que les ignorants s’informent

J’ai été assez surpris, en lisant samedi une interview de Jacques Duquesne dans le quotidien Nord éclair, de lire ces mots au sujet de Pie XII : "Je ne connais pas bien l’histoire de Pie XII mais ce que je sais, c’est que l’Eglise, collectivement, sauf quelques exceptions, n’a pas tenu son rôle qui était de dire, simplement de dire! (…) Si Pie XII doit être canonisé, ce jour là je ne me sentirai vraiment pas bien".

Comme Jacques Duquesne, beaucoup se permettent de porter des jugements à l’emporte-pièce sur Pie XII, en dépit de leur ignorance crasse sur le sujet. Ils ne savent pas, n’ont pas cherché à savoir, mais ont malgré tout une opinion tranchée. Certains sont de mauvaise foi : pour eux, on ne peut rien. D’autres ne sont au fond que des victimes de l’idéologie dominante : ils se contentent de répéter ce qu’ils entendent partout.

Pour ces derniers, on peut leur conseiller, s’ils sont ouverts à la connaissance de la vérité historique, de consulter le billet-fleuve publié hier par Koz, qui est une excellente synthèse de ce qu’on sait aujourd’hui sur le sujet.

Koz qui au passage, va devenir un spécialiste de Pie XII s’il continue ainsi, inlassablement, à farfouiller pour chercher les preuves de l’innocence du pape de la seconde guerre mondiale. Et mieux : les preuves de son action, discrète mais concrète pour sauver des centaines de milliers de juifs menacés par la barbarie nazie. Je voudrais ici lui tirer mon chapeau pour ce travail de fourmi.

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Laisser une seconde chance aux nazis

On imagine tout de suite les réactions, si un personnage affirmait publiquement une telle sottise : et si on laissait une seconde chance au nazisme d’atteindre ses fins sans verser dans l’horreur qu’on a connue sous le IIIe Reich? Idée absurde, évidemment, puisque cette idéologie est mortifère et nuisible dans son principe même. Pourtant, suivant le même raisonnement, des communistes parviennent aujourd’hui à prétendre, sans trembler, et sans être contredits, à l’occasion du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, que les excès du bloc de l’est n’étaient pas du communisme. Et ma grand-mère, elle fait du vélo, peut-être? Lire la suite

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Bridoire, le château oublié à la recherche du temps perdu

bridoire1Bridoire. Château oublié, château abandonné. Perdu au fin fond de la commune de Ribagnac, au cœur du Périgord pourpre, ce joyau dont les parties les plus anciennes remontent au XIIème a résisté aux assauts de la guerre de Cent Ans, mais pas à l’amnésie, aux affres du XXème siècle. Ignoré de tous les circuits touristiques, comme banni du cercle restreint des « châteaux forts », il semble prendre son mal en patience, le bougre. Il faut pourtant le contempler, avec ses hautes toitures caractéristiques, ses murs épais, ses créneaux solides, son chemin de ronde. L’admirer avec ses douves, son donjon sur lequel ne flotte plus aucun étendard. Et pleurer avec lui sur son funeste destin. Lire la suite

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Classé dans Chafouinage, Histoire

J’aurais aimé aller voir Katyn

katynLes films antisoviétiques ont-ils mauvaise presse en France? J’aurais apprécié d’aller voir Katyn, qui paraît-il a tout du chef d’oeuvre, du film d’épopée et de la fresque historique. Avec un sujet dramatique, et derrière, l’incroyable mensonge des communistes, facilité par l’aveuglement d’une partie de l’élite occidentale au sujet de l’URSS. Mais je ne pourrai pas : seules 12 salles le diffusent en France depuis le 1er avril. Pas une ne le propose à Lille, malgré le lien historique entre le Nord et la Pologne… Lire la suite

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Faut-il reconnaître le génocide vendéen?

Un de mes indics préférés me rapporte l’existence d’un excellent article d’Yvan Rioufol (une fois n’est pas coutume…) sur la mémoire du génocide vendéen. Si ce génocide fait peu de doutes, il n’est pas certain qu’une reconnaissance par la loi soit nécessaire. Mais quand la République française reconnaîtra-t-elle ses crimes, elle qui se targue de donner des leçons au moinde entier?

Balayer devant sa porte : une attitude qui honorerait la France, coupable de nombreuses exactions pendant la Révolution française, et qui se permet de donner des leçons aux Turcs tout en étant totalement amnésique de son propre passé. Parmi elles, les souffrances imposées à la Vendée font partie des plus symboliques. Non pas qu’il faille sous-estimer les autres répressions (A Lyon par exemple, où Fouché commit des horreurs sans nom). Mais en Vendée, un plan systématique d’élimination, de destruction a été envisagé, théorisé, et mis en pratique. Comment peut-on l’occulter, deux cent ans après?

Des preuves historiques existent de cette volonté d’extermination, dans des textes de loi votés par la Convention (1er août et 1er octobre 1793) mais également dans les correspondances entre les généraux de l’armée républicaine et les chefs politiques de cette époque (1793-1794). Comment peut-on l’occulter, deux cent ans après? Rappelons que l’article L211-1 du code pénal définit le génocide comme étant « le fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux, ou d’un groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire, de commettre ou de faire commettre, à l’encontre de membres de ce groupe, l’un des actes suivants : atteinte volontaire à la vie ; atteinte grave à l’intégrité physique ou psychique ; soumission à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction totale ou partielle du groupe ; mesures visant à entraver les naissances ; transfert forcé d’enfants. »

Voici ce qu’en dit Jean Tulard, co-auteur du Livre noir de la Révolution française :

Le génocide vendéen a bien été planifié comme le montre lumineusement Reynald Secher. Première étape : une guerre civile qui débute en mars 1793 et qui s’achève sur la défaite des Vendéens à Savenay en décembre. Guerre atroce mais équilibrée. La victoire des bleus est suivie par la mise en place d’un système d’anéantissement de la Vendée. Pas question de pardon après la défaite. L’alerte a été trop chaude. De là, selon un rapport présenté à la Convention, l’idée qu’il n’y aura « moyen de ramener le calme dans ce pays qu’en en faisant sortir tout ce qui n’est pas coupable, en exterminant le reste, et en le remplaçant le plus tôt possible par des républicains qui défendront leurs foyers ».

Conception reprise par Barère, “l’ondoyant Barère”, qui perd son sang-froid : « Détruisez la Vendée ! » Général en chef de l’armée de l’Ouest, Turreau confirme : « La Vendée doit être un cimetière national. » De là les innombrables scènes d’horreur décrites par Secher : il faut empêcher les Vendéens de se reproduire, donc, tuer également les femmes et y ajouter les enfants en passe de devenir de « futurs brigands ». Carrier, l’homme des noyades de Nantes, s’exclame : « Qu’on ne vienne pas nous parler d’humanité envers ces féroces Vendéens ; ils doivent tous être exterminés. » Il n’est pas jusqu’au nom de Vendée qui ne soit rayé de la carte : il y aura désormais un département Vengé. C’est l’extermination totale, un « populicide », écrit Gracchus Babeuf lui-même : un génocide.

Au moment où ces mesures sont mises en place, la Vendée est déjà exhangue, prête à se soumettre. Son armée a été détruite, anéantie. Les soldats qui demeurent en Vendée, comme ceux de Charette ou Stofflet, sont constituées de vagues bandes qui ne représentent plus de danger, et passent plus de temps à chercher à échapper aux "Bleus" qu’à mener de véritables actions militaires. Et malgré cela, les sinistres Colonnes infernales seront montées, avec comme ambition affichée de ratisser la Vendée, pour tuer hommes, femmes, enfants, bétail, et ainsi détruire ce terrritoire rebelle. Républicains y compris. On exterminera des villages entiers, comme aux Lucs-sur-Boulogne, qui n’a rien à envier à Oradour mais est inconnu de tous. A Nantes, on coulera des bateaux remplis de Vendéens attachés. On brûlera même des paysans dans des fours. On tannera leur peau. On a ici le détail de toutes les horreurs qui ont été commises au nom de la République.

Pourquoi ces colonnes n’atteindront-elles pas leur objectif? Pourquoi seront-elles suspendues? Pas par humanité, mais parce qu’elles étaient contre-productives : le général Lazare Hoche, nommé chef des armées républicaines, comprendra que ces meurtres en font que raviver les blessures vendéennes, et que chaque massacre fournit des troupes nouvelles aux armées dites royalistes. "Dites", parce qu’en réalité, ces paysans étaient plus soucieux de défendre leur indépendance, leur religion, leurs coutumes, qu’un roi dont ils ignoraient tout. Ils préféraient Louis XVI, parce que la royauté les respectait et ne tuait pas leurs curés.

Une proposition de loi avait été déposée en 2007  puis début 2008 pour reconnaître ce génocide, initiée par Lionel Lucca et Hervé de Charette. Lisez-là, elle contient un tas d’informations précieuses sur ce sujet, et le résume admirablement. Elle se conclue ainsi : "La République sera d’autant plus forte qu’elle saura reconnaître ses faiblesses, ses erreurs et ses fautes. Elle ne peut continuer de taire ce qui est une tâche dans son histoire. Elle doit pour cela reconnaître le génocide vendéen de 1793-1794, et témoigner à cette région – qui dépasse l’actuel département de la Vendée – dont la population a été victime de cette extermination, sa compassion et sa reconnaissance pour avoir surmonté sa douleur et sa vengeance en lui donnant des hommes aussi prestigieux que Georges Clemenceau ou Jean de Lattre de Tassigny qui servirent la Patrie et défendirent la République."

Une loi est-elle absolument nécessaire? Pas sûr, surtout au moment où le parlement se prononce contre les lois mémorielles. Mais une simple résolution? Une prise de parole officielle? Ce serait justice, pour réparer ce que Pierre Péan appelle la "Blessure française", dans un livre que je compte me procurer aussi vite que possible.

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