Cannabis : hypocrisie, vraiment?

Les partisans de la prohibition du cannabis ne seraient rien que des hypocrites, répètent en boucle les soutiens de sa légalisation. Avec ce produit, dont des esprits imprudents voudraient accélérer la dépénalisation, on est en plein dedans : oui, la pénalisation favorise les trafics, par définition, oui, peut-être, elle incite certains esprits faibles, que l’interdit excite, à la consommation. Oui, l’alcool et les tabacs font des ravages. Oui, d’un point de vue sanitaire, l’interdiction empêche de contrôler la qualité des produits. Et oui, économiquement, la prohibition empêche l’État de profiter des gains des trafics. Et c’est tant mieux!

Il y a le réalisme, et il y a les grands principes. Il y a le pragmatisme, et puis il y a l’idéalisme. Les premiers mènent la vie dure aux seconds, car ils tentent de faire croire qu’ils représentent toujours l’unique solution honnête, fiable, sérieuse et crédible. Ils tentent de faire croire que l’échec de l’application des grands principes doit enfin nous conduire au réalisme, que la chimère représentée par l’idéalisme doit être combattue par le pragmatisme. Ils rêvent de faire tomber les « tabous », à l’instar de Malakine, sans se rendre compte qu’ils enfoncent des portes ouvertes.

Misère. Dans le cas du cannabis, l’offensive a repris ces dernières semaines, après la publication d’un ouvrage cosigné par le maire Vert (ex-PCF) de Sevran, Stéphane Gatignon, et un policier à la retraite, Serge Supersac, La fin des dealers. Les auteur, qui rejoignent là la position de l’ancien ministre de l’Intérieur socialiste, Daniel Vaillant, partent du principe que la prohibition, qui n’a pas fait reculer la consommation ou les trafics, coûte trop cher (fonctionnement de la police et de la justice, absence de taxation du produit) au budget de l’État pour que cela vaille encore le coup de continuer sur cette voie. Et la légalisation, outre la manne financière qu’elle pourrait représenter, permettrait d’en finir avec l’économie parallèle qui gangrène certains quartiers ou certaines villes.

Les arguments pleuvent sur nous, ces derniers jours. La légalisation permettrait une production locale, et des débouchés sur l’agriculture. Il y a cette éternelle comparaison avec l’alcool, qui fait « bien plus de dégâts » que le cannabis. Il y a aussi ces chiffres montrant que la consommation a chuté  aux Pays-bas ou au Portugal. C’est oublier, rapporte Laurent Pinsolle, que d’après d’autres chiffres, par exemple, la consommation est plus importante en Tchéquie, où la législation a été assouplie, qu’en Slovaquie, où elle est restée inchangée. C’est aussi oublier qu’aux Pays-Bas, il semble bien que les autorités fassent machine arrière ou tout au moins, renforcent le contrôle des coffee-shops. Il y avait des dérives : certains coffee qui investissent dans d’autres types de trafics, et les villes frontières qui deviennent des appeaux à toxicomanes français ou belges.

Face à tous ces arguments, on sent qu’il n’y a pas que « l’hypocrisie » qui est en jeu. Comme Manuel Valls, qui se distingue encore de son parti, au sien duquel une commission de réflexion a été montée sur le sujet, présidée par Daniel Vaillant, on peut estimer que « toute substance qui contribue à l’aliénation des hommes est une hérésie« , et qu’il faut veiller à surtout éviter de faciliter l’accès à un produit dangereux. N’oublions pas que depuis la possession du cannabis est dépénalisée au Portugal ou que celle de la consommation l’est aux Pays-Bas, un fait a changé : l’opinion de la communauté scientifique sur la dangerosité du produit. Dans ces conditions, des partis de gouvernement peuvent-ils légaliser sa consommation? Les positions de principe, parfois, ont du bon…

D’autant que nous vivons dans un monde dans lequel on ne cesse de parler de principe de précaution, nous vivons dans une société où on refuse de plus en plus le risque. On ne cesse de nous inciter à la prudence sur notre alimentation, sur les produits ménagers, sur les ondes téléphoniques… Et on voudrait mettre un produit dangereux en vente légale, pour « contrôler sa qualité »? On marche sur la tête.

On réplique que l’alcool est déjà autorisé. Et parce que le choléra fait des progrès, il faut légaliser la peste? Laurent Pinsolle a bien raison d’ironiser sur le sujet en écrivant que « ce n’est pas parce que l’Etat autorise déjà la commercialisation de substances dangereuses qu’il faudrait autoriser celle du cannabis ». Il est plus difficile de revenir en arrière, et d’interdire une drogue autorisée, que de maintenir une interdiction existante. On ne cesse de se plaindre des ravages du « binge-drinking », qu’on ne peut cette fois expliquer par la fascination qu’exercerait un produit interdit. Alors, veut-on la même chose avec le shit? Veut-on, par souci d’égalité, que les dégâts produits par l’alcool soient également possibles grâce au cannabis?

On ajoute que la prohibition ne fonctionne pas. So what? Parce que la lutte contre les infractions routières coûte cher et qu’il y a encore des morts, il faudrait relâcher la pression? Le pragmatisme, décidément,ressemble à un manque pur et simple de courage politique. Quant à cette utopie selon laquelle la prévention vis-à-vis des consommateurs ne serait possible qu’en cas de légalisation, préférons en rire : ça n’a tout bonnement aucun sens. J’aimerais que Malakine nous explique comment il peut écrire que « la légalisation permettrait en effet de mener des campagnes de sensibilisation pour expliquer les risques des usages inadaptés, comme la consommation en journée (ou pire entre les cours !), en solitaire, au volant ou associé à l’alcool et d’inciter les jeunes à privilégier un usage exclusivement festif et ponctuel ». En quoi, s’il vous plaît, la prohibition interdirait ces campagnes? Non seulement elle les permet, mais en plus, elles existent déjà. Aujourd’hui, par exemple, des policiers vont chaque semaine dans des écoles pour parler des drogues et de leurs dangers aux élèves.

Autre mirage : Malakine assure que la légalisation « autoriserait également la contraventionnalisation de certaines pratiques comme l’état d’ivresse cannabique au volant ». Mais c’est déjà le cas, cher ami… Non seulement la conduite sous l’emprise du cannabis est interdite« Actuellement les sanctions encourues pour conduite sous l’emprise de cannabis peuvent aller jusqu’à une peine de 2 ans de prison et 4 500 € d’amendes » – mais en plus elle est réprimée : tout accident corporel entraîne un dépistage automatique.

Enfin, on nous bassine avec la fin des trafics que pourrait laisser espérer la légalisation. Mais quelle naïveté, de la part d’un maire et d’un ancien flic! Croit-on sincèrement, sans rire, sans croiser les doigts sous la table, que les petits voyous qui font leur beurre avec le cannabis vont demain, grâce à Stéphane Gatignon, aller pointer à Pôle emploi, entamer une formation de chaudronnier et la main sur le cœur, revenir dans les rangs de la France qui se lève tôt? Au final, on se demande qui est l’idéaliste, dans l’histoire. Toute cette main d’œuvre va s’adapter et se recentrer sur d’autres trafics, voilà tout.

Pour finir,citons la navrante conclusion de Malakine, qui au terme de son billet, explique que « pour que celui-ci [le débat] soit fructueux un jour et produise autre chose que des postures, il faudrait que adversaires de la chose acceptent d’abandonner toute considération morale et idéologique, pour ne l’appréhender qu’en termes d’efficacité des politiques publiques. En attendant, les dealers et les mafieux qui continuent à se remplir les poches d’argent noir, leur disent merci ! »

Autrement dit : cessez de nous emmerder avec vos questions de moralité ou de principes. La morale, c’est l’idéologie, et l’idéologie, c’est un obstacle à « l’efficacité des politiques publiques », qui seule doit prévaloir en démocratie. Et au fait, c’est un peu de votre faute si les dealers s’enrichissent. Et peut-être aussi que les overdoses, c’est à cause de vous. Coquins d’hypocrites.

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61 Commentaires

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61 réponses à “Cannabis : hypocrisie, vraiment?

  1. Juste un détail: l’effet pervers de la pénalisation c’est que les personnes prenant de la drogue ont tendance à ne pas le dire et donc à ne pas se faire suivre;
    Mais ce n’est pas un argument: déjà on peut essayer de concilier et prohibition et soin en expliquant dans ces campagnes que le suivi est nécéssaire en cas de problème.
    De plus on peut se demander si les personnes consommant de la drogue, qui présentent fréquemment des co-morbidités psychatriques, iraient voir un médecin…
    De plus, on oublie de dire que les campagnes de dissuasion et les interdictions ont contribués à changer le profil des drogues en orientant les gens vers des substances moins dangereuses.
    Enfin, pour avoir entendu un spécialiste de la question lors du séminaire sur les addictions dans le cadre des études de médecine, je peux affirmer que si la dépenalisation de la CONSOMMATION pourrait apporter un bénéfice, il faut que la distribution et la vente de drogue restent prohibés…

  2. do

     » il faudrait que adversaires de la chose
    acceptent d’abandonner toute considération morale et idéologique » :
    tiens, je vais aller revendre cette phrase à Kadhafi!

    tant qu’il y est, il devrait carrément demander que les adversaires de ses idées abandonnent toute considération de leur liberté de penser et de s’exprimer, ça irait plus vite.

    c’est comme l’inventeur génial du mot  » postures  »
    ou l’inventeur de son usage pour pétrifier d’emblée
    « les gens qui ne pense pas comme moi »
    en insinuant en un seul mot
    une absence totale de raisonnement chez son adversaire.
    chapeau.

  3. nap

    Bonjour,

    « Veut-on, par souci d’égalité, que les dégâts produits par l’alcool soient également possibles grâce au cannabis? »

    mais c’est se cacher les yeux : le fait que le cannabis soit interdit réduit-il les dégâts qu’il cause ??? Le cannabis est quasiment en vente libre en France… sauf que la vente est contrôlée par la mafia. Serait-ce vraiment si bête que de règlementer la vente puisque depuis 80 ans on n’arrive pas à empêcher le trafic ? et que certains gamins fument des bous de pneus ou autres trucs immondes ?
    Certains aussi pensent qu’il faudrait interdire le tabac et l’alcool… cela n’a pas été une réussite là ou ça a été essayé… m’enfin,
    @+

  4. @nap

    Ce que j’ai écrit, c’est que la légalisation de l’alcool ou du tabac permet une seule chose : que l’Etat s’en mette plein les poches. croyons-nous que ça garantisse la qualité des produits? Il n’y a que du poison dans le tabac, et l’alcool ruine la santé! Je ne suis pas pour autant pour leur interdiction, mais il faut être logique : si c’est pour autoriser un nouveau produit dangereux, je ne vois pas l’intérêt. Quant aux bouts de pneus… Eh bien un consommateur prudent n’achète pas à n’importe qui, voilà tout.

  5. Ce qui me gène avec les partisans de la dépénalisation c’est qu’ils occultent pour la plupart la dangerosité potentielle du cannabis sur certaines personnes ayant un « terrain » favorable à l’émergence de pathologies psychiatriques.

  6. Cannabis ? Hypocrisie, vraiment.
    Je ne peux pas être d’accord avec vous, Chafouin. Pas « je ne veux pas », mais « je ne peux pas ».
    Pourquoi ? Pour des tas de raisons.

    Je balaie d’un revers de main le « principe de précaution » Parce que le principe de précaution, c’est du n’importe quoi. Si l’humanité avait appliqué le principe de précaution depuis ses origines, nous serions encore avant l’âge de la pierre. « Back to the Trees » disait l’Oncle
    Vania… Et l’homme meurt plus d’accidents domestiques que d’agressions quelconques.

    Le cannabis est dangereux ? Oui. Moins que l’alcool (désolée). Prétendre le contraire est stupide. C’est une drogue, comme l’alcool, comme le café, comme le tabac, comme les benzo. Et comme c’est une drogue, il a des effets « secondaires ». Qui peuvent être, soit de camoufler une maladie préexistente, soit de la révéler. Qui peut avoir comme effet de rendre un conducteur (ou un ouvrier) dangereux, et un élève inattentif. (Non, je ne suis pas de celles qui prétendent que ce n’est pas grave de conduire sous joint, ou d’assister aux cours physiquement en voyant des « éléphants roses »). Qui peut, quand elle est fumée, induire des maladies respiratoires.

    Bon. C’est une drogue. Et ? La « drogue », c’est mal ? Parce que les grands principes, ça se limite à ça. Et que si on les suit, il faut être logique jusqu’au bout, et interdire le ballon de rouge et le Temesta de Mémé. Et, si on va un peu plus loin encore, n’importe quel produit ou activité qui pourrait avoir des conséquences néfastes (les sports extrêmes, la consommation excessive de viande rouge…) et tous les divertissements. Honnêtement, quand on se limite aux « grands principes », autoriser l’alcool et interdire le cannabis n’a aucun sens. Parce qu’autoriser l’alcool, c’est du pragmatisme pur et simple : la prohibition ne marche pas, et des milliers de personnes vivent de sa production et de sa distribution.

    Bon je dois avoir encore beaucoup de choses à dire sur le sujet, mais… Ah oui ! J’ai fait une cure de désintox il y a deux ans. Je l’ai déjà dit ici Je n’en suis pas fière, mais bon… Eh bien, en six mois et demi, parmi pus de cent personnes ayant « commencé » une désintox (et très peu l’ayant terminée), il devait y avoir 2/3 d’alcooliques, 1/4 d’héroïnomanes et le reste de cocaïnomanes. En tout cas, je n’ai rencontré là bas qu’un seul garçon dépendant au cannabis.

  7. samuel

    Le cannabis est une drogue « douce » qui s’accroche dur. Et je suis d’accord avec Vlad sur le caractère anxiogène et son accentuation ou déclenchement de pathologies psychiatriques. Je pense que c’est un tue-désir, mortifère pour les jeunes au moment où ils doivent construire leur avenir. Même si la prise du produit excite l’intellect dans un premier temps; ensuite, c’est une sorte de brain-storming qui noie la pensée constructrice dans une multitude de pensées imaginaires qui conduisent à la confusion et à l’apathie.
    La légalisation facilitera l’obtention du produit et rendra plus difficile le sevrage. Elle multipliera les consommateurs. Dans le cas de la légalisation du cannabis, on doit choisir entre 2 maux. L’interdiction: un non-contrôle sur la source avec les conséquences de la délinquance et du traffic illégal, mais une consommation moins importante en raison de l’effort que cela demande d’aller voir le dealer. La légalisation: un contrôle sur la source et la disparition de la délinquance pour ce produit, mais une généralisation du produit avec une augmentation des consommateurs qui vivent dans la dépendance et ses conséquences psychologiques d’apathie et de repliement et une croissance des victimes psychiatriques.

  8. J’approuve totalement ce billet.

    L’argument sur l’interdiction du cannabis et la l’autorisation du tabac et de l’alcool est bien bidon : ce n’est pas parce que ces deux produits n’ont jamais pu être interdits (car introduits depuis bien trop longtemps) qu’il faut accepter qu’un troisième arrive au même niveau de consommation de masse.

  9. @Vlad

    « c’est qu’ils occultent pour la plupart la dangerosité potentielle du cannabis sur certaines personnes ayant un « terrain » favorable à l’émergence de pathologies psychiatriques. »

    En effet! C’est en pensant aux plus fragiles qu’on doit maintenir le principe de l’interdiction. Ce qui n’empêche pas, comme cela se fait en pratique, de considérer le toxicomane comme une victime et non comme un coupable d’un délit.

    @Lambertine

    « Je balaie d’un revers de main le « principe de précaution » Parce que le principe de précaution, c’est du n’importe quoi. »

    En parlant du principe de précaution, bien sûr, j’ironise. Je trouve très drôle que les Verts puissent demander son application dans des tas de domaine mais sauf quand ça ne les arrange plus.

    « Le cannabis est dangereux ? Oui. Moins que l’alcool (désolée). Prétendre le contraire est stupide. »

    Je n’ai nullement prétendu le contraire. Je dis qu’il est étrange de faire des concours du produit le plus dangereux. L’alcool est culturellement implanté dans notre société, pas le cannabis. C’est là toute la différence. Faut-il vraiment un égalitarisme en la matière?

    « En tout cas, je n’ai rencontré là bas qu’un seul garçon dépendant au cannabis. »

    Peut-être aussi parce que la question de la dépendance au cannabis est moins présente dans notre société?

    @Samuel

    « Dans le cas de la légalisation du cannabis, on doit choisir entre 2 maux.  »

    Entièrement d’accord. Et la qualité des produits n’est sûrement pas le mal le plus urgent à combattre…

    @Xerbias

    100% d’accord!

  10. Monoi

    Les couts de la prohibition sont bien plus larges que vous ne le pensez. Tout simplement gigantesques a l’echelle mondiale.

    Mais non, vous, qui ne fumant pas de cannabis se croit donc vertueux, et par consequent, capable de decider pour autrui ce qu’il aurait le droit de faire bien que cela ne concerne qu’autrui. Mais vraiment, d’ou vient donc ce droit que vous vous arrogez, et a travers vous, l’etat?

    Vous parlez d’hypocrite, mais vous, et les prohibitionistes en general, vous vous posez un peu.

  11. @Monoi

    « Mais vraiment, d’où vient donc ce droit que vous vous arrogez, et a travers vous, l’Etat? »

    L’homme est un loup pour l’homme, et l’Etat doit donc intervenir. Votre vision de la liberté, s’agissant d’une drogue, est tout de même cocasse!

    Par ailleurs, je ne me crois nullement vertueux. Je prends juste position dans un débat.

  12. La dépendance au cannabis est rare, parce que le cannabis est un produit qui rend rarement dépendant, en tout cas beaucoup moins que l’alcool, que l’héroïne, que le crack, ou que les benzodiazépines. Le sevrage au cannabis est aussi plus facile que le sevrage à ces poisons. Le gros problème du cannabis, c’est, comme pour toutes les drogues (mis à part le crack et l’héro qui constituent un problème en elles-mêmes tant elles sont dangereuses et addictives), quand les consommateurs les prennent quand ils vont mal. Il est plus le symptôme d’un malaise qu’une cause de malaise. Et je ne suis pas certaine que son interdiction aide qui que ce soit (si le fumeur de joints dépressif ne trouve pas sa beuh pour apaiser son mal-être, il se saoûlera, et le résultat ne sera pas moins négatif… au contraire).

    Je crois qu’il n’y a qu’un seul moyen de lutter efficacement contre les drogues, c’est de lutter contre le malaise de la jeunesse. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire. Quand un gamin qui va mal se drogue (alcool compris), le vrai problème, ce n’est pas la drogue (je mets l’héroïne à part), c’est qu’il va mal. Et c’est là qu’il faut agir avant tout. Personne ne devient dépendant à un produit par hasard.

  13. @Lambertine

    Le cannabis détruit aussi le cerveau et entraîne des risques de schizophrénie. Chez les adolescents, cela n’aide pas particulièrement à la concentration, comme tout produit qui entraîne un changement du comportement. L’interdiction permet de créer une barrière qui empêche une personne de s’en procurer. Vous allez me répondre que c’est tout de même simplissime d’en trouver. Mais cela dépend des gens, et de manière générale, ce n’est pas si aisé d’en acheter. Cette barrière n’est donc peut-être pas inutile et empêche l’achat d’impulsion qui serait naturellement favorisé par la présence d’un coffee-shop à laplace de votre boulangerie.

    Enfin sur le fait que les consommateurs soient des gens qui vont mal – cette drogue ne concerne pas seulement la jeunesse -, je ne suis pas d’accord avec vous. Si on considère que 4 millions de Français fument régulièrement du cannabis, je ne crois pas qu’on puisse dire qu’il s’agit de 4 millions de dépressifs. Et j’ajouterais que la consommation régulière peut aussi vous rendre dépressif. Ou dans un état pire que celui dans lequel vous étiez au départ.

  14. Pardonnez-moi de vous contredire chez vous, Chafouin, mais :

    Non, tous les consommateurs de cannabis ne sont pas dépressifs (pourquoi dépressifs, d’ailleurs ? Aller mal, ce n’est pas nécessairement être dépressif, mais bon…). Tous les consommateurs de cannabis n’ont pas non plus une consommation problématique. Le type qui fume un joint en soirée avec ses potes, ou celui qui boit une bière après le travail ne causent d’ennuis à personne, ne se font pas de mal et ne sont pas dépendants. Par contre, quand une personne qui ne va pas bien (parce qu’elle vent de perdre son job, qu’elle a des problèmes avec ses profs ou ses parents, qu’elle vient de se faire larguer par son amoureux…), là le produit (quel qu’il soit) peut devenir dangereux, et même très dangereux. Ne serait-ce que parce qu’il « camoufle » le mal, et qu’il empêche de le traîter à temps (le mal pouvant être une schizophrénie, d’ailleurs).

    Avoir une consommation régulière et/ou importante d’un produit quelconque, non, ce n’est pas bon pour le cerveau. Oui, ça « détruit des neurones ». Oui, ça peut causer des problèmes sociaux. Et autant je suis favorable à une légalisation et à un contrôle du cannabis, autant je suis intraitable quant il s’agit de consommation de drogues – alcool compris – au travail, à l’école ou au volant. Une personne qui ne peut se passer d’une drogue quelconque avant de travailler ou d’aller au cours n’a rien à faire au travail ou au cours. Point. Par contre, elle à à faire chez un psy et un addictologue.

    Quant à la difficulté de trouver du cannabis… euh… je crois que les toilettes de n’importe quel collège, lycée ou faculté sont des endroits accessibles à n’importe quel jeune venu (et, non, je n’y suis pas du tout favorable, et je trouve que les directions devraient sévir. Sévèrement. Avec la police s’il le faut. Et le devrait même en cas de légalisation du produit). Pour les adultes, c’est peut-être un peu plus compliqué… et encore.

  15. @ Lambertine

    Votre propos me semble contradictoire. On sait qu’il existe des consommateurs dits raisonnables, mais la prohibition ne les gêne pas.
    Moi c ‘est aux plus fragiles que je m’intéresse, tous ceux qui ne savent pas dire non car ce sont eux qui seraient victimes de la dépénalisation…

  16. Obi-Wan Kenobi

    @ Chafouin :
    Comment sais-tu que les consommateurs « raisonnables » ne sont pas gênés par la prohibition ? Tu lis dans leurs pensées ? Tu t’appuies sur des sondages ?

    « Moi c ‘est aux plus fragiles que je m’intéresse, tous ceux qui ne savent pas dire non car ce sont eux qui seraient victimes de la dépénalisation… »
    C’est vrai que tout le monde n’a pas la chance d’être fort comme toi, de savoir résister à la tentation. Les « plus fragiles  » ont bon dos ces temps-ci, ils légitiment toutes les décisions politiques. On dirait du sarkozysme. Et si on arrêtait de considérer les autres comme des idiots dépourvus de libre arbitre ? Et si on redonnait du sens au mot « liberté » ?

  17. Barbara

    Il y a suffisamment de scientifiques qui pointent les dangers du cannabis, alors je pense qu’il ne doit pas être dépénalisé. Pour certains jeunes, ce changement signifierait : ce produit n’est pas dangereux. Et ils se mettraient à en consommer. Il y a déjà bien trop d’usagers de substances psychoactives, avec les résultats que l’on sait.

  18. @ObiWan

    Ce que je veux dire par là, c’est que la prohibition n’empêche pas « vraiment » de se procurer du cannabis si on ressent le besoin urgent d’en consommer.

    « C’est vrai que tout le monde n’a pas la chance d’être fort comme toi, de savoir résister à la tentation. Les « plus fragiles » ont bon dos ces temps-ci, ils légitiment toutes les décisions politiques. On dirait du sarkozysme. Et si on arrêtait de considérer les autres comme des idiots dépourvus de libre arbitre ? Et si on redonnait du sens au mot « liberté » ? »

    Ce paragraphe est vraiment, excuse-moi, je le dis comme je le pense, vraiment un concentré d’âneries! Tout d’abord encore une fois je ne me crois pas plus fort que qui que ce soit… Je dis juste qu’il y a des gens plus fragiles que d’autres, c’est un fait, nullement méprisant. S’agissant des drogues, ce sont bien sûr les plus faibles qui morflent le plus. Quand on voit comment les services spécialisés galèrent pour récupérer ceux qui sont archi-dépendants, est-il vraiment urgent d’ouvrir les vannes pour que d’autres le deviennent? C’est tout ce que mon propos signifiait. Je ne vois pas où est le sarkozysme là-dedans. Il faudrait argumenter, plutôt que de lancer des noms d’oiseaux à tort et à travers!

    Enfin, je le répète car je l’ai dit plus haut, parler de liberté s’agissant des drogues est vraiment hilarant. La liberté, elle est ce qu’on en fait, mais prendre des décisions qui la restreignent n’est pas interdit. On t’interdit de rouler au-dessus de 130 sur l’autoroute, est-ce que tu viens râler avec ton « nous ne sommes pas des idiots dépourvus de libre arbitre »? La société a le devoir de prendre les mesures qui s’imposent pour assurer la sécurité de tous. C’est tout! En ce qui concerne le cannabis, c’est cela qui a prévalu chez nous depuis toujours. Si on change de loi, ok, mais ce n’est pas la liberté qui est en cause! D’ailleurs, quasiment personne ne place la discussion sur ce terrain là…

  19. Obi-Wan Kenobi

    @ Chafouin :
    pardonne-moi d’insister, mais on restreint tellement de libertés ces temps-ci au nom des « plus fragiles » et des « victimes » que j’ai le poil qui se hérisse quand on les utilise pour justifier des mesures répressives.
    Plusieurs commentateurs t’ont fait remarquer que si tu estimes qu’il faut interdire le cannabis car il est dangereux pour les plus faibles, alors il faut interdire l’alcool, le tabac et bien des médicaments. Il faut être cohérent.
    « Ouvrir les vannes » ? C’est toi qui le dis. Quand je vois la proportion de jeunes qui ont déjà essayer le cannabis, j’ai comme l’impression que la légalisation ne changera pas grand-chose, si ce n’est qu’elle enlèvera l’attrait de l’interdit.
    Ton argumentaire a vraiment le cul entre deux chaises : soit on applique le dogme « la drogue, c’est mal », alors il faut toutes les interdire (y compris le vin de messe) et punir aussi bien consommateurs et vendeurs, soit on souhaite de manière pragmatique en limiter l’usage et alors il faut bien se poser la question de la légalisation des drogues. Force est de constater que la prohibition donne des résultats qui laissent à désirer.

    Je suis heureux de porter au débat la question de la liberté (en plus, si ça te rend hilare, tu vas pouvoir te passer de drogue aujourd’hui, c’est cool). On m’a appris que ma liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres, donc que j’avais le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.
    Si je roule trop vite sur autoroute (ou plutôt dans un village d’ailleurs), je fais courir un risque démesuré à autrui de mourir ou de finir dans un fauteuil en faisant sa rencontre inopportune. Les limitations de vitesse sont donc une atteinte à ma liberté individuelle que j’admets sans problème. Si je roule après avoir bu ou fumé un joint, c’est pareil. Par contre, si je fume une ou plusieurs cigarettes qui font rire au cours d’une soirée et que je reste dormir sur place, en quoi j’embête autrui (si ce n’est que je choque sa morale) ?

    C’est hilarant que tu puisses penser que ce débat n’a rien à voir avec la liberté. Elle est au coeur de tout le débat politique, comme l’égalité d’ailleurs. Eh, mais j’y pense… Ce serait pas aussi inscrit au fronton des mairies ?

    @ Barbara :
    et si on légalisait le cannabis en interdisant d’en vendre aux moins de 18 ans, disons comme… l’alcool ou le tabac ?

  20. Barbara

    Obiwan, la réponse est simple, un majeur ira acheter pour les moins de 18 ans.

  21. Obi-Wan Kenobi

    Comme pour l’alcool et le tabac. Voulez-vous interdire la vente de l’alcool et du tabac aux majeurs afin qu’ils ne fournissent pas ensuite des mineurs ?

  22. Barbara

    Alcool et tabac sont présents depuis si longtemps qu’il est impossible de les faire disparaître. A l’origine, on ignorait les conséquences. Pour le cannabis, on sait.
    Je distinguerais d’ailleurs le cas des boissons alcoolisées. La consommation de boissons alcoolisées n’est pas pour tous les consommateurs une recherche d’effets psychoactifs. Il y a le désir d’une boisson plaisir, pour rompre la monotonie de l’eau. Je reconnais qu’à notre époque moderne, il y a maintenant une grande variété de boissons sans alcool pour tenir ce rôle.
    Tabac et cannabis sont consommés uniquement pour les effets psychoactifs.

  23. @ObiWan

    « J’ai le poil qui se hérisse quand on les utilise pour justifier des mesures répressives »

    Tu appelles la législation sur le cannabis une politique répressive? Tu en as de bonnes. Je rappelle qu’il en s’agit pas ici de justifier une politique répressive mais de dire qu’il serait mauvais d’assouplir la législation.

    alors il faut interdire l’alcool, le tabac et bien des médicaments. Il faut être cohérent.

    Je répète que pour moi cet argument est totalement bidon. Je n’en démordrai pas : ce n’est pas parce que le choléra est culturellement admis dans notre société qu’il faut faire de la place à la fièvre jaune. Qu’est-ce que c’est que ce nivellement par le bas? Aujourd’hui, il est impossible de faire disparaître tabac et alcool d notre société sans risquer une guerre civile : ça s’appelle du réalisme. En revanche, le cannabis, lui, n’est pas complètement entré dans les moeurs. Raison de plus pour le tenir à distance!

    « On m’a appris que ma liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres, donc que j’avais le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

    Je ne vois pas le rapport. Consommer des drogues a des conséquences pour la société. Ce n’est pas un geste individuel qu’on pose dans son salon. On a déjà l’alcool au volant, et l’alcool impliqué dans une écrasante majorité des affaires de violence. Le cannabis commence lui aussi à poindre le bout de son nez dans ce domaine. La société a donc le devoir de décider ce qui est le mieux pour elle, quitte à opprimer ta liberté de t’en rouler un :-) Ce qui, au passage, ne t’en empêche même pas!

    Donc ta liberté est sauvegardée : aujourd’hui, si tu veux te fumer un joint, c’est assez facile et sans danger.

  24. Obi-Wan Kenobi

    @ Barbara :
    je connais des consommateurs de tabac qui aiment goûter différents tabacs, essayer différents cigares, différentes pipes. Il en est de même pour le cannabis, il y a de vrais connaisseurs. J’avoue mon ignorance : je n’y ai jamais goûté. Je suis plutôt buveur de café. J’en apprécie le goût… et ses effets psychoactifs. Comme toutes les meilleures choses en ce bas-monde, il faut en consommer avec modération si l’on tient à mourir en bonne santé.
    Bref, votre défense de l’alcool est vaine. Si on le tolère, il faut se montrer tolérant avec d’autres substances, même si elles ne sont pas « culturellement » ancrées dans notre civilisation (les chiffres de consommation des jeunes tendent à montrer le contraire, mais bon…).

    @ Chafouin :
    un an de prison et 3750 euros d’amende pour usage de stupéfiant, si ce n’est pas une politique répressive, ça, je ne sais pas ce qu’il te faut. Eh non, ma liberté n’est pas sauvegardée. Eh oui, je suis quelqu’un qui tente de respecter la loi de son pays, c’est dingue hein !

    Cela ne me chagrine pas que l’on m’interdise de conduire sous l’empire de stupéfiants (alcool, cannabis ou autres), car je pourrais être dangereux pour autrui. Je ne comprends pas pourquoi on me l’interdit chez moi ou en soirée où, au pire, je risque de lancer des blagues vaseuses (ce qui nuit modérément à autrui). ça, tu n’es pas en mesure de me l’expliquer.

  25. Barbara

    Celui qui boit UN verre de vin dans sa journée peut encore conduire sans danger pour autrui et dans le cadre de son travail, il n’aura pas un comportement dangereux du fait de son alcoolémie. Celui qui prend un joint est dangereux au volant et au travail (eh oui, tout le monde ne travaille pas dans un bureau). En plus, la baisse du taux de substance active dans son organisme va induire un état dépressif qui va le pousser à consommer rapidement un nouveau joint.
    Mon mari me parlait souvent de son entreprise, du nombre de salariés qui allaient prétendument aux toilettes pour revenir, le regard halluciné, reprendre place derrière leur machine ou leur transpalette. J’ajoute qu’après quelques années, ils étaient de plus en plus souvent absents, avec ou sans certificat médical. Et quand par hasard ils venaient, on ne peut pas dire que leur travail était bien fait, ni d’un rendement suffisant.

  26. S1ned

    @Obi-Wan

    Enfin quelqu’un qui ne raisonne pas sur le plan bêtement financier! Néanmoins, votre raisonnement faute quelque peu.
    Bref, votre défense de l’alcool est vaine. Si on le tolère, il faut se montrer tolérant avec d’autres substances

    J’ai l’impression que vous n’avez pas lu ce qu’a écrit Le Chaf’!
    Personne n’essaye de défendre l’alcool. Personne ne dit que c’est super de conduire avec de l’alcool dans le sang, de venir au travail un peu pompette. Mais il y a un fait, c’est que depuis plus de 2000 ans le vin est présent chez les hommes. Allez donc interdire ça. Les Américains ont essayé, ils s’en sont mordu les doigts.
    La différence avec le cannabis, c’est qu’il n’est pas encore profondément ancré dans notre société. Dans aucun pays, même au Portugal et aux Pays-Bas, on se prend un petit joint avant de se faire un bon dîner entre copains. Par contre, on se prend un petit godet. Vous allez répliquer que ce sont des traditions, et que ce n’est pas un argument. Sauf qu’on ne peut pas lutter contre les traditions, à part en le faisant pas à pas. C’est ce que l’état fait en ce moment avec l’alcool et le tabac. Fin des ventes après 22h, restrictions pour les bars, messages sur les publicités, et pour le tabac, augmentation des taxes, fin de la vente aux mineurs, etc…
    Avec tous ces efforts pour réduire l’impact de ces 2 drogues, il serait vraiment idiot d’en introduire une nouvelle, au risque de devoir passer 50 ans à réduire son impact. Alors tant que le cannabis n’est pas ancré pleinement dans notre société, mieux vaut l’interdire carrément.

    Pour finir, pour ceux qui disent que le cannabis ne provoque pas une forte dépendance, j’aurai tendance à répondre que c’est faux. Dans ma classe, (prépa HEC, donc l’âge de mes bien-aimés camarades est autour de 20 ans), les 3/4 fument régulièrement, et je peux vous assurer qu’ils sont dépendants, eux-mêmes le disent. Et je crois que vous n’imaginez même pas l’argent qu’ils dépensent dedans.

    Bref, pour moi, le cannabis joue le rôle du ‘ tout nouveau tout beau’, et la France serait bien bête de rajouter encore un problème à son actif, on en a déjà assez comme ca.

  27. Obi-Wan Kenobi

    @ S1ned :
    « Néanmoins, votre raisonnement faute quelque peu.
    « Bref, votre défense de l’alcool est vaine. Si on le tolère, il faut se montrer tolérant avec d’autres substances. » J’ai l’impression que vous n’avez pas lu ce qu’a écrit Le Chaf’! »
    Je crois avoir bien lu ce qu’avait dit le Chafouin, d’ailleurs, la citation que vous avez extraite de mon commentaire s’adressait à… Barbara.

    Il corrigera si je me trompe, mais il me semble que le Chafouin nous explique que le cannabis, c’est mal, qu’il est donc bien de l’interdire. Et que le tabac et l’alcool, c’est mal aussi, mais comme c’est admis culturellement depuis des années, on ne peut pas l’interdire. Je pense que ce raisonnement, que vous semblez partager, a une grande faiblesse : il manque de cohérence. Si on pense qu’il faut interdire quelque chose parce qu’elle est « mauvaise » au sens moral ou « mauvaise pour la santé », il faut réclamer l’interdiction de tout ce qui est « mauvais ».

    Pour ma part, je n’attends pas de l’Etat qu’il me dicte ce qui est « bon » ou « mauvais » pour moi. Je ne suis plus un enfant, je ne suis pas encore sénile, je suis informé des risques des produits stupéfiants sur ma santé, je veux être libre de choisir d’en consommer ou pas. En l’état actuel de la législation, ce choix m’est refusé. Je ne vois pas en quoi mon raisonnement faute quelque part.

    Ensuite, le Chafouin a tout à fait le droit de dire qu’il veut le bien de l’humanité et qu’il veut protéger les faibles de leurs turpitudes. Donc limiter l’usage des stupéfiants chez les autres. C’est noble. Moi-même, j’ai des amis dont je préférerais qu’ils s’abstiennent de fumer des pétards. Je constate que la législation actuelle, répressive, ne produit pas l’effet voulu. Les collègues du mari de Barbara consomment du cannabis, vos camarades de promo consomment du cannabis.

    Vous affirmez, boule de cristal à l’appui, qu’en légalisant, ce serait pire. J’en doute. L’attrait de l’interdit est une réalité depuis la nuit des temps. Souvenez-vous d’Adam et Eve et de cette pomme qu’il ne fallait pas croquer à belles dents…

  28. @ObiWan

    « un an de prison et 3750 euros d’amende pour usage de stupéfiant, si ce n’est pas une politique répressive, ça, je ne sais pas ce qu’il te faut.  »

    Seuls les trafiquants sont poursuivis, sauf rares exceptions. Tu le sais très bien.

    Je ne comprends pas pourquoi on me l’interdit chez moi ou en soirée

    Idem si je conduis bourré sur une route fermée à la circulation! mais il faut raisonner en termes collectifs, parfois. C’est un enjeu collectif, ça dépasse la question de ta liberté de te défoncer chez toi. Liberté à laquelle, d’ailleurs, on ne porte pas vraiment atteinte aujourd’hui. Cf ce que je disais plus haut sur la facilité à se procurer des stupéfiants. C’est d’ailleurs, ironie du sort, pour ça que les deux auteurs de ce livre veulent légaliser son usage!

    « Si on pense qu’il faut interdire quelque chose parce qu’elle est « mauvaise » au sens moral ou « mauvaise pour la santé », il faut réclamer l’interdiction de tout ce qui est « mauvais ». »

    Et le réalisme? L’égalitarisme, ça va bien deux minutes. Ce n’est pas parce qu’on fait des erreurs débouchant sur des ravages qu’il faut les reproduire, si?

    « Vous affirmez, boule de cristal à l’appui, qu’en légalisant, ce serait pire. J’en doute. »

    Et toi, ta boule de cristal? :-)

    @S1ned

    « La différence avec le cannabis, c’est qu’il n’est pas encore profondément ancré dans notre société.  »

    C’est ce que j’essaie vainement de dire depuis deux ou trois posts…

  29. Obi-Wan Kenobi

    @ Chafouin :
    comment tu avais intitulé ton post, au fait ? Ah oui… « Hypocrisie, vraiment? » Je constate que tu défends cette hypocrisie (« Seuls les trafiquants sont poursuivis, sauf rares exceptions. Tu le sais très bien. » « Et le réalisme? L’égalitarisme, ça va bien deux minutes. »)

    Ma boule de cristal ? Je l’ai dit plus haut : tout est dans l’Ancien testament ! La pomme, le fruit défendu ! Plus sérieusement, je vais suivre avec intérêt l’expérience portugaise – même si je pense que, scientifiquement parlant, il est difficile d’isoler le facteur « légalisation » d’autres facteurs susceptibles d’agir sur la consommation de stups (crise financière, campagnes de prévention, etc.).

  30. Hypocrisie à fond, ouais !

    Il est inutile de se creuser jusqu’à des profondeurs abyssales remplies de reptiles pour tenter de se prouver que la politique de persécution menée à l’encontre des consommateurs de cannabis sert à quoi que ce soit, et surtout au jour d’aujourd’hui !

    L’interdiction est là, mais les trafics souterrains sont toujours là, la délinquance prolifère de plus belle, la mafia est plus présente que jamais. Alors quoi ? On durcit les règles, on envoie les flics et l’armée s’occuper de dézinguer sans vergogne les trafiquants, puis les consommateurs tant qu’à faire du chiffre ? On met des quartiers à feu et à sang pour éradiquer le « fléau » de la drogue ?
    Je suis désolé, mais je crois que pas mal de personnes ont raison d’affirmer que « on » est un con ! Je ne suis absolument pas d’accord avec le fait de continuer dans cette voie de la guerre contre la drogue, qui provoquera à terme bien plus de dégâts physiques, sociaux et financiers que la drogue elle-même ne peut en causer, et qui ne mène pour ainsi dire nulle part !

    Je suis tout aussi désœuvré de voir que des personnes qui possèdent bien plus que l’intelligence nécessaire pour écrire des articles cent fois dignes de ce nom en arrivent à manquer de jugeote au point de rallier à leur cause, de manière directe ou non, les partisans d’un immobilisme déplorable, ou encore de baser leur argumentation sur des points de comparaison aussi discutables que la qualité d’une bouteille de lait périmée depuis plusieurs années ! Ou peut-être se sont-ils égarés sur la route en voulant aller trop loin dans leur réflexion ? Eux seuls sont à même de le savoir…

    Ce qui me désappointe encore plus, c’est cette politique de persécution, à l’extrême limite du respect des droits de l’homme, que mène notre gouvernement à l’encontre des consommateurs et des cultivateurs de cannabis.
    Que voulez-vous… Dans un contexte de « guerre », tous les coups sont permis.

  31. @SImon Perrin

    Comment accorder une once de crédit à quelqu’un qui parle du droit de fumer du cannabis comme d’un droit de l’homme?

  32. Barbara

    Et pis encore, du droit de trafiquer du cannabis comme un droit de l’homme !

    Soyons sérieux, le cannabis est un problème de sécurité et de santé publique. Grave dans ses deux aspects. Il est donc normal que le gouvernement s’en préoccupe.

    Simon Perrin, les consommateurs de cannabis détruisent plus leurs poumons que les simples fumeurs de tabac. Le cannabis au volant est aussi dangereux que l’alcool au volant. Pire peut-être car une cuite, au bout de 48h, on n’en parle plus. Les effets du cannabis peuvent se manifester jusque 15 jours après la prise. Et comme en plus, il n’y a pas de gueule de bois, le risque de réitérer rapidement est plus grand. Les fumeurs de cannabis sont rapidement démotivés dans leur travail : la dégringolade peut durer plusieurs années mais au final, ils vivent d’aides sociales. Comme celles-ci sont insuffisantes à payer leur consommation, ils deviennent dealers ou voleurs.
    Quant à faire de la prévention pour une substance qui serait légale, laisser moi rire. Si c’est légal, ça ne peut pas être mauvais. C’est déjà ce que l’on entend des jeunes quand on veut les mettre en garde contre l’alcool : si c’était vraiment mauvais, l’Etat l’interdirait, non ?

  33. Obi-Wan Kenobi

    @ chafouin et barbara :
    La Liberté est un droit de l’homme. ça, on peut être d’accord là-dessus.
    Notre désaccord porte sur le fait d’accorder aux adultes éclairés que nous sommes la liberté de consommer (ou non) des produits stupéfiants. Je pense mes concitoyens suffisamment aptes à choisir par eux-mêmes, vous non. Inutile de caricaturer la position de Simon Perrin.

    @ barbara :
    il existe aussi nombre de fumeurs de cannabis parfaitement insérés. C’est vrai qu’ils ont la mémoire d’un poisson rouge, mais ne les ayant pas connus enfants, je ne pourrais pas jurer que ce n’est pas une tare de naissance. En tout cas, si la situation que vous décrivez était vraie, étant donné le pourcentage de Français s’étant déjà mis hors la loi en tirant sur un joint, nous serions, nous autres les quelques réfractaires à la défonce, cernés de hordes de voleurs et de dealers. Admettez que ce n’est pas tout à fait le cas.

    La prévention pour une substance légale ne marcherait pas chez les jeunes ? Eh bien la répression n’est guère convaincante elle non plus, si l’on en juge par les enquêtes de santé menées auprès des ados. Et là encore, si j’en juge par mes propres souvenirs de jeunesse, je crois me souvenir que désobéir provoquait une décharge d’adrénaline sans commune mesure, donc plus c’est interdit, plus c’est tentant. Quant aux séances de prévention, quel que soit le sujet, elles prenaient toujours une tournure de désopilante leçon de morale (aussi drôle que la scène de « bien, pas bien » dans le film Le Pari).
    Enfin, s’il fallait interdire tout ce qui est mauvais pour la santé, il nous faudrait renoncer aux baraques à frites et aux kebabs. Les Nordistes ne sont pas prêts à ce sacrifice (en d’autres termes, laissez-nous nous bousiller la santé comme on l’entend).

  34. @OWK

    « Je pense mes concitoyens suffisamment aptes à choisir par eux-mêmes, vous non.  »

    En effet. Parce que le terme « choisir », en parlant d’une drogue, c’est comique. Surtout quand ce choix a des conséquences pour la société tout entière.

  35. Obi-Wan Kenobi

    @ chafouin :

    eh oui, Dieu nous a doté d’un libre arbitre dès l’instant où il a mis un pommier dans le jardin d’Eden. Et soudain la vie a pris tout son sens…

  36. Barbara

    Obi-Wan, vous soulevez un point intéressant concernant la santé publique. La liberté de bousiller sa santé, je suis d’accord avec vous, devrait être entière, à condition, premièrement, de ne pas peser sur la santé des autres. D’accord pour celui qui veut fumer, à condition que ce soit dans un fumoir dont l’air sort filtré pour ne pas incommoder les autres : mon père, non fumeur, est décédé des suites de tabagisme passif (à l’époque, il n’était pas interdit de fumer dans les bureaux). Que celui qui veut se cirrhoser le foie le fasse tranquillement également, pourvu qu’il ne prenne pas le volant, qu’il n’opère pas de malade, qu’il ne conduise pas de grue sur un chantier…

    Mais, car il y a un mais, pourquoi aurions nous le devoir de les assister, et ce faisant, de renoncer à des soins pour nous-mêmes. Nous pourrions réclamer le droit de ne mutualiser les risques qu’avec des gens qui, dans la mesure du possible, font tout pour préserver leur capital santé.

    Pour ce qui est des fumeurs de cannabis, connaissez-vous vraiment la jeune génération de fumeurs, ceux qui commencent à 13 ans, voire avant avec un cannabis dont le taux de cannabinol n’a rien avoir avec celui d’il y a 30 ans ? C’est un peu la différence entre un ado qui ingurgite un demi de bière et un autre qui ingurgite un demi de vodka (additionné de red bull pour être dans l’air du temps). D’ailleurs le top du top, c’est d’additionner le joint et la vodka- red bull, avant de prendre le volant sur les chapeaux de roue. Après avoir brisé la bouteille de vodka sur le trottoir (ben oui, sinon c’est trop facile pour les riverains de la ramasser).

    Quand à ce que vous dites sur la transgression, c’est parfaitement exact. L’ado a besoin de transgresser la règle pour se construire. Mais votre conclusion est fausse. Si vous reculez l’obstacle, l’ado est obligé d’aller beaucoup plus loin. Donc, il devra prendre de l’héroïne, de la cocaïne ou du crack pour être transgressif. Autrefois, il suffisait de tirer une taf d’une cigarette de pur tabac pour avoir ce statut. C’était moins lourd de conséquence.

  37. @obw

    Tu ne serais pas en train de tout confondre, la? Dieu et l’Etat? Si le premier nous a accordé le libre arbitre, il y a eu ensuite ce qu’on appelle le contrat social. En gros, pour que les hommes vivent ensemble, on admet des limites à l’exercice de cette liberté.

    Les Hollandais y reviennent, d’ailleurs. Les Français ont bien profité des coffees, mais ce ne sont pas eux qui en ont subi les conséquences.

  38. Obi-Wan Kenobi

    @ chafouin :
    m’accuser de confondre Dieu et l’Etat, moi qui suis partisan de la loi de 1905, tu cherches à me fâcher !
    Je ne faisais que répondre, rapidement, à ta phrase : « Parce que le terme « choisir », en parlant d’une drogue, c’est comique. »
    Pour développer, disons que Dieu ou les nombreux hasards qui ont permis à un bipède doué d’une capacité de raisonnement de vivre sur un caillou au milieu de l’univers ont doté cet être d’un libre arbitre. C’est ce libre arbitre qui lui permet de choisir de saisir ou non le joint qui lui est tendu lors d’une sympathique soirée. C’est encore ce libre arbitre qui lui permet de choisir s’il va violer ou non la très jolie fille qu’il vient de croiser dans la rue.
    L’Etat n’est pas Dieu ou ces hasards qui ressemblent à Dieu. L’Etat, c’est une création humaine. Il fixe des règles qui sont forcément discutables (sinon tu pourrais fermer ton blog car nous serions tous d’accord sur tout). Ces règles ont un cadre communément admis par la majorité des citoyens, la Constitution. Celle-ci, dans une démocratie, est garante de deux grands principes : la liberté et l’égalité. Aucune loi ne doit être contraire à ces grands principes.
    Liberté ne veut pas dire qu’il est interdit d’interdire (même si ce slogan est d’une grande poésie) : l’exercice de ma liberté individuelle ne doit pas nuire à autrui. C’est pour cette raison qu’il est interdit de tuer. Ce n’est pas parce que Dieu l’a dit à Moïse, c’est parce que l’Etat considère que s’il me laissait libre de tuer, cela pourrait porter une grave atteinte à la liberté d’autrui. Il en va de même pour le viol décrit plus haut.
    Pour moi, CONSOMMER une drogue ne nuit qu’à moi-même, pas à autrui. Il faut donc dépénaliser. VENDRE une drogue ne nuit pas à autrui, cela ne nuit qu’au gogo qui l’achète. Il faut donc légaliser et encadrer ce commerce comme on le fait pour les médicaments, l’alcool et le tabac. CONDUIRE en ayant consommé de la drogue peut nuire à autrui qui n’a pas voulu que j’ai zéro réflexe sur la route et que je vienne le percuter. Il faut donc conserver cette interdiction. Enfin, CONTRAINDRE autrui à supporter les effets néfastes de ma cigarette ou de mon joint dans un lieu public fermé nuit aussi à autrui sauf à ce que celui-ci ait réellement envie de partager ma fumée. Il faut donc maintenir l’interdiction dans tous les lieux sus-cités, sauf dans les bars dûment signalés « smoker-friendly ».
    Pour terminer sur ce point, un mineur n’ayant pas la capacité de libre arbitre d’un majeur, il est entendu que l’usage et l’achat de drogue restent prohibés en-dessous de 18 ans.

    J’espère avoir été clair.

    @ Barbara :
    je suis entièrement d’accord et la mort de votre père me scandalise.
    « Mais, car il y a un mais, pourquoi aurions nous le devoir de les assister, et ce faisant, de renoncer à des soins pour nous-mêmes. » Vous posez une vraie question, car, pour poursuivre l’exposé que je viens de faire, le fait d’être libre, d’avoir un libre arbitre nous oblige à assumer les conséquences de nos actes. Mais d’une certaine manière, les fumeurs de tabac cotisent déjà à une complémentaire santé à laquelle échappent en partie les fumeurs de cannabis : les taxes complémentaires sur le tabac. Il faudrait désormais savoir si le montant total de ces taxes dépassent le coût des traitements des maladies liées à l’usage du tabac.
    Pour moi, ces taxes sont une excellente contrepartie à la légalisation. Elles permettent de répondre au principe d’égalité (ne cotisent que ceux qui prennent un risque) et de fraternité (grâce à elles, on ne laisse pas complètement tomber ceux qui tombent malades).

    « Pour ce qui est des fumeurs de cannabis, connaissez-vous vraiment la jeune génération de fumeurs, ceux qui commencent à 13 ans, voire avant avec un cannabis dont le taux de cannabinol n’a rien avoir avec celui d’il y a 30 ans ?  » Je connais surtout la génération d’il y a 10-15 ans, mais peu importe. 1) J’ai dit plus haut que je restais favorable à l’interdiction pour les mineurs. 2) Légalisation signifierait commerce encadré, le législateur pourrait fixer le taux de cannabinol maximum admis.

    « Si vous reculez l’obstacle, l’ado est obligé d’aller beaucoup plus loin. Donc, il devra prendre de l’héroïne, de la cocaïne ou du crack pour être transgressif. » Qui vous a dit que j’étais contre la légalisation des drogues « dures » ?
    Par ailleurs, je n’ai pas de solution à la crise d’adolescence. C’est une question complexe. Je pense simplement que partisans de l’interdiction ou de la légalisation devraient s’abstenir de prédire l’avenir. Et je constate qu’à l’heure actuelle, alors que le cannabis est toujours interdit, son usage est très répandu chez les jeunes.

  39. Barbara

    Obi Wan, je déduis de votre formulation sibylline que vous êtes pour la dépénalisation de toutes les drogues. Si on en arrive là, la seule transgression qui restera possible pour les jeunes, car à peu près tout le monde s’accorde pour maintenir l’interdiction, ce sera de rouler à 110 dans les rues de sa ville.

    Je vous dis : le jeune a besoin de transgresser la règle. Vous me répondez : je n’ai pas de solution à la crise d’adolescence. Mais, vous prétendez en avoir une. Ou du moins, vous agissez comme si vous aviez cette solution en tête. Cette solution est : le jeune se rebelle face à l’autorité, supprimons l’autorité. S’il n’y a pas de règle, il n’y a pas transgression donc tout va bien. Ce faisant vous obligez (et c »est de votre responsabilité et de celle de tous ceux qui prônent ce comportement) les jeunes à avoir un comportement de plus en plus hors limite pour essayer de se construire. Et c’est lourd de conséquence. On arrive très bien à se construire après avoir maraudé les poires du père François, action hautement condamnable il y a quelques décennies. Comment se construit-on après avoir tué au volant une gamine de 2 ans parce qu’on roulait comme un fou, dites-moi ?

  40. @OWK

    Le problème avec les libéraux, c’est qu’ils pensent un peu comme s’ils étaient dans du formol. Dans l’abstraction. Cannabis = je ne me mets que moi même en danger = c’est mon droit = il faut que ça soit autorisé.

    Evidemment, toute personne qui introduit un élément nouveau dans cette équation est immédiatement qualifié de liberticide.

    C’est dingue, hein, qu’on puisse prétendre que ce qui t’apparaît comme une liberté n’en est pas une, hein? C’st pourtant mon avis. Et ça tombe bien : le cannabis est une drogue, que tu le veuilles ou non. C’est-à-dire un produit qui aliène ta liberté. Utiliser ce mot, j’insiste, est donc farfelu dans ce débat.

    A la limite, qu’on me parle de pragmatisme, qu’on me prouve que le nombre de consommateurs chuterait avec la dépénalisation, je veux bien. Mais mettre la discussion sur le terrain de la liberté, c’est un peu ridicule, à mon avis.

    Tu dis qu’aucune loi ne doit être contraire aux principes de liberté et d’égalité. D’abord, tu oublies plein d’autres principes (la propriété, par exemple, ou la fraternité, bref, tout ce qui est dans le préambule de la constitution et dans la déclaration des droits). Ensuite, tu te trompes : justement, la loi a l’autorisation d’édicter des réserves à la liberté. Pour que la liberté de tous puisse s’exercer. Le gouvernement a peut-être intérêt que certains quartiers se noient sous le cannabis (comme ça, les habitants y sont plus dociles, un peu comme dans le Meilleur des mondes avec le soma), mais l’Etat, lui, a tout intérêt à avoir le moins de consommateurs de drogues possible.

    De même qu’ayant intérêt à avoir le moins de morts possible sur les routes, et avoir le moins de déficit sur le budget de la Sécurité sociale, il a intérêt à ce que les conducteurs mettent leur ceinture. C’est une atteinte à ta liberté, tu devrais avoir le droit de te tuer au moindre choc. Mais c’est ainsi, l’Etat et son arbitraire ont le droit de t’imposer ça.

    « Pour moi, CONSOMMER une drogue ne nuit qu’à moi-même, pas à autrui. Il faut donc dépénaliser. VENDRE une drogue ne nuit pas à autrui, cela ne nuit qu’au gogo qui l’achète. »

    On est dans le délire le plus total… Le gogo qui l’achète, c’est pas autrui, par hasard? Acheter de la drogue ne nuit peut-être qu’à moi, mais ça a des conséquences sociales. Va faire un tour au tribunal, tu verras le nombre de délits jugés en comparution immédiate, qui ont pour origine une consommation d’alcool, de cannabis, de drogues dures, voire les trois à la fois. L’Etat a donc tout intérêt à limiter la prise de ces produits.

    Le prix peut être un facteur, en effet, via les taxes.

    Mais en l’occurrence, l’alcool ne peut être comparé au cannabis. Le cannabis modifie le comportement, pas un verre de vin. Le cannabis ne peut pas être fumé avec modération. Ses conséquences sont immédiates.

    Enfin, j’ajoute que permettre un produit c’est donner un bien mauvais exemple. Comme l’a dit Barbara, en plus, cela risque d’entraîner un effet
    d’attrait pour les drogues plus violentes.

  41. Obi-Wan Kenobi

    @ Barbara :
    marauder les poires du père François reste un délit, encore aujourd’hui.
    Je n’ai prétendu nulle part que la légalisation des drogues soient une solution aux problèmes des adolescents. J’ai même écrit plusieurs fois que j’étais favorable au maintien de l’interdiction pour les mineurs (mais vous faites mine de ne pas l’entendre). Par ailleurs, un adolescent qui conduirait, même à 30 km/h, en ville, transgressait déjà une règle : celle qui oblige à avoir le permis pour conduire. Vos exemples deviennent délirants.

    Je pense, par ailleurs, que les adolescents transgressent avant tout les règles fixées par leurs parents plutôt que les règles fixées par le législateur (qu’ils méconnaissent largement). Je crois sincèrement que ce sont aux parents, bien plus qu’à l’Etat, de se pencher sur la question.

    @ Chafouin :
    « le cannabis est une drogue, que tu le veuilles ou non. » Ai-je dit le contraire ?
    « justement, la loi a l’autorisation d’édicter des réserves à la liberté. Pour que la liberté de tous puisse s’exercer. » Ai-je dit le contraire ?

    « il a intérêt à ce que les conducteurs mettent leur ceinture. C’est une atteinte à ta liberté, tu devrais avoir le droit de te tuer au moindre choc. Mais c’est ainsi, l’Etat et son arbitraire ont le droit de t’imposer ça. » Absolument, c’est une atteinte à ma liberté et ça me gêne. Je préférerais mettre ma ceinture librement (@ Barbara : je suis néanmoins pour l’obligation du port de la ceinture pour les mineurs).

    « Va faire un tour au tribunal, tu verras le nombre de délits jugés en comparution immédiate, qui ont pour origine une consommation d’alcool, de cannabis, de drogues dures, voire les trois à la fois. L’Etat a donc tout intérêt à limiter la prise de ces produits. » Les gens condamnés au tribunal sont jugés pour les délits qu’ils ont commis. L’empire alcoolique ou cannabique est une circonstance aggravante. Cela me convient parfaitement.La politique répressive en matière de stupéfiants est-elle efficace pour en limiter la prise ? J’ai quelques doutes là-dessus. Quand on voit ce qu’on voit au tribunal, manifestement, ça marche moyen…

    « Le cannabis ne peut pas être fumé avec modération. Ses conséquences sont immédiates. » Hélas, je n’en sais rien, je n’ai jamais testé ce produit, je suis bien trop respectueux de la loi. Je peux pas comparer.

    Bref… Tu me reproches un discours abstrait, je déplore ton manque de capacité d’abstraction. On est mal barrés.

  42. Barbara

    Obi Wan, je crois que je vais cesser de discuter avec vous car j’ai la nette impression que vous faites exprès de ne pas comprendre ce que j’essaie de dire.
    Vous dites que marauder les poires est toujours un délit. C’est vrai sur le plan pénal. Mais ce délit est-il encore poursuivi ? Plus que la loi pénale, il y a la loi sociale. Autrefois, tout le monde s’accordait à blâmer unanimement le chenapan. Il échappait peut-être au père François plus assez ingambe pour lui courir après, au garde champêtre justement occupé à l’autre bout du hameau. Mais quand il rentrait chez lui, c’était pour entendre son père vitupérer : le père François s’est encore fait voler des poires. C’est malheureux qu’il n’ait pas réussi à attraper son voleur et à lui donner la râclée qu’il mérite. Attention à vous les mômes, si je devais apprendre que vous vous conduisez de la sorte, vous ne vous assiérez pas de huit jours ! Maintenant tout le monde ou presque dit : pas grave, c’est juste quelques poires, sûrement qu’il en avait très envie, pauvre enfant, ses parents n’ont pas les moyens de lui acheter des fruits, le père François devrait bien mettre une clôture plus haute s’il veut garder ses fruits pour lui… Bref, la transgression n’est plus reconnue comme telle.
    Et qui vous parle d’un ado sans permis ? Je vous parle moi d’un ado de plus de 18 ans, qui a obtenu son permis et donc qui « sait » conduire (nous, nous pensions seulement avoir acquis le droit de perfectionner notre apprentissage sans le moniteur à nos côtés). Car l’adolescence se prolonge maintenant jusque 25 ans, tant on infantilise les jeunes. Quand j’étais enfant, on avait l’âge de raison à 8 ans. On nous parlait quasi comme à des adultes. On nous confiait des responsabilités qu’on ne confierait plus à un moins de 16 ans à l’heure actuelle.

  43. @OWK

    J’agrée à ce que dit Barbara. Il y a un moment où l’abstraction devient absurde. Dans les faits, dans le monde réel, la consommation de cannabis n’est pas plus pénalisée que le vol de pommes et tu le sais très bien. Et dans les faits, si on l’autorisait, dans le monde réel, on peut craindre un appel d’air. Une banalisation du produit. « Si c’est autorisé… » comment lutter contre? comment faire comprendre à son enfant que c’est une mauvaise idée? J’en ai assez de cet Etat qui renonce, pour soi-disant respecter les libertés individuelles.

    Tu préférerais mettre ta ceinture librement, sauf qu’il y a un moment où tes voisins râleraient. A partir du moment où la sécurité sociale est mutualisée, les actions des uns ont des conséquences sur les autres. Ce n’est donc pas étonnant qu’on se dirige vers une société « hygiéniste », même si j’ai des réserves à ce sujet.

    « Les gens condamnés au tribunal sont jugés pour les délits qu’ils ont commis. L’empire alcoolique ou cannabique est une circonstance aggravante. Cela me convient parfaitement. »

    C’est une circonstance aggravante mais c’est surtout, bien souvent, la cause du délit!

    « La politique répressive en matière de stupéfiants est-elle efficace pour en limiter la prise ? J’ai quelques doutes là-dessus.  »

    Peut-être parce qu’il faut renforcer la répression? peut-être parce que c’est une politique globale qui doit être menée en lien avec les pays producteurs, une politique globale qui ne peut pas marcher si d’un côté on pourchasse les dealers, et de l’autre on ne cesse de dire que le cannabis est un produit « comme les autres ».

    Que je sache, on ne légalise pas les cambriolages sous prétexte qu’on a du mal à lutter contre ce phénomène.

    « Hélas, je n’en sais rien, je n’ai jamais testé ce produit, je suis bien trop respectueux de la loi. Je peux pas comparer. »

    C’est un fait scientifique. Nul besoin d’ironiser ! :-)

    Au final, c’est quand même fou que les Pays-Bas fassent marche arrière, et qu’on veuille leur emboîter le pas.

    @Barbara

    Tout à fait d’accord avec vous sur ce contexte déresponsabilisant.

  44. Obi-Wan Kenobi

    @ Barbara :
    effectivement, nous ne parlons pas le même langage. Le sujet de notre conversation est la « dépénalisation », donc il me semblait que nous parlions de loi (notez la présence du mot « pénal » dans dépénalisation). Or vous m’expliquez que « Plus que la loi pénale, il y a la loi sociale. » De la même manière, vous m’expliquez que l’adolescence se prolonge bien au-delà de 18 ans (en vous basant sur votre propre observation des gens qui vous entoure).

    Quoi qu’en pense le Chafouin, si l’on veut parler de loi, il faut bien en passer par une abstraction théorique avant de discuter des conséquences sur la société. Vous refusez, vous et le Chafouin, d’avoir cette discussion théorique sur la notion de liberté et préférez vous perdre en conjonctures sur notre société qui fout le camp. Nous sommes donc dans une impasse.

    @ Chafouin :
    « Que je sache, on ne légalise pas les cambriolages sous prétexte qu’on a du mal à lutter contre ce phénomène. » Cet argument est vain. Car je n’ai jamais défendu la légalisation du cannabis en affirmant que cela en ferait reculer l’usage. Contrairement à toi, je ne dispose pas de boule de cristal et je lis très mal le marc de café. Je n’aurais donc jamais l’idée de défendre la légalisation du cambriolage, car il me semble évident que c’est une atteinte à autrui.
    Ton argument devrait justement faire réfléchir les tenants du tout-répressif : il démontre qu’il ne suffit pas d’interdire pour qu’un fait ne se reproduise plus.

  45. Barbara

    Obi Wan, vous refusez de voir la réalité en face. Vous refusez de comprendre que, lorsqu’un comportement est légal, nombre de gens comprennent : c’est bien, ce n’est pas dangereux. Parce que c’est quand même (ou du moins ce devrait être) une évidence : si la Loi interdit, ce n’est pas pour brimer la liberté, c’est pour protéger. Au moins, quand la Loi dit : non, il y en a quand même encore qui réfléchissent et qui s’abstiennent, et vous voulez enlever ce garde-fou ?
    Et ce que je vous dis de la transgression, vous ne le mettez pas en lien avec la dépénalisation ? Z’êtes dur de la comrenette, vous ! Je reformule. Si un acte est autorisé, il n’y a pas transgression quand on effectue cet acte (dans le cas présent, si on dépénalise le cannabis, il n’y aura plus transgression à fumer un joint). Or l’adolescent a BESOIN de transgresser la règle pour se construire. Il a BESOIN de s’opposer à l’adulte. De trouver en face de lui un adulte qui dit non. Depuis quelques décennies, il est obligé pour cela d’aller de plus en plus loin. Le policier ne sermonne plus le gamin qui brûle les stops en vélo (aux automobilistes de faire attention – jusqu’au jour où le gamin se fait tuer ou se retrouve paraplégique – mais on aura respecté sa liberté). Le gamin qui fume des joints, ça risque déjà d’avoir des conséquences catastrophiques, et vous voulez dépénaliser pour que, afin de transgresser la règle, il soit obligé d’aller jusque l’héroïne ? Ah, non c’est vrai, il m’a semblé comprendre que vous seriez pour la dépénalisation de toutes les drogues.

    Et vous pouvez me dire quel bénéfice sociétal vous attendez de la légalisation du cannabis ? Ca me semble juste du domaine de l’idéologie. Alors puisqu’on entre dans ce domaine, vous devez savoir que tout le monde ne partage pas votre avis sur le cambriolage. Parce que « la propriété c’est le vol » et que celui qui vous vole votre voiture, votre télé ou votre Ipad ne porte pas atteinte à votre intégrité physique et exerce juste sa liberté de jouir des mêmes biens que vous. Une simple histoire de redistribution égalitaire des richesses quoi. (Je précise que telle n’est pas mon opinion, mais avec vous, Obi Wan, il faut vraiment mettre les points sur les i).

  46. @Chafouin

    Je ne m’attendais pas à une réponse si brève de ta part… C’est dommage ^^

    @Barbara

    Les consommateurs de cannabis ne sont pas essentiellement des fumeurs, ton affirmation prouve que tu ne t’y connais pas tant que ça sur le sujet(1).

    De plus, j’ai remarqué que je n’ai pas décrit ma situation, alors la voici :
    Je fume du cannabis depuis mes 15 ans révolus. Ayant bientôt 27 ans, cela fait maintenant 12 ans que j’en consomme plus ou moins régulièrement suivant mes moyens financiers.
    Cela ne m’a pas empêché d’avoir mon BAC, de continuer les études 5 ans après, de décrocher un diplôme de niveau 1, d’avoir un travail en tant que cadre, de devenir propriétaire de mon logement et de me marier.
    Donc je te prierai à l’avenir de bien vouloir te renseigner un minimum à propos des sujets que tu abordes.

    De plus, dire que l’alcool n’est pas mauvais, c’est un peu l’hopital qui se fout de la charité. L’alcool est au même niveau que le cannabis, et je suis loin d’être le seul à le dire(2). Je suis quelqu’un qui sort beaucoup et qui voit pas mal de monde, ainsi j’ai pu voir des personnes dont le corps et l’esprit ont été détruits par l’alcool, comme j’ai vu des personnes fumer tellement de cannabis que leur sens des responsabilités est devenu comparable à celui d’une mouette, comme j’ai vu des personnes prendre tellement de cocaine qu’ils en grinçaient des dents à la manière de la porte d’une armoire à glace vieille de plusieurs siècles, comme j’ai vu des personnes prendre tellement d’héroïne que leur mémoire à court terme est devenue inutilisable.
    J’ai pu aussi voir des personnes dont l’état de santé était très préoccupant à cause de leur consommation excessive de… Café !

    Le cannabis n’est pas réellement dangereux en soi, c’est l’usage que l’on en fait qui peut être néfaste, et c’est pour ça que je parle de prévention !
    Le tabou est le véritable fléau. On refuse d’en parler, donc on ne sait pas comment ça fonctionne vraiment, quels sont les véritables risques, comment prendre la substance et dans quelles conditions.
    Le produit est dangereux car c’est ce même tabou et l’illégalité qui le rendent dangereux : l’attrait de l’interdit, les marchandises de basse qualité, la criminalité, et j’en passe. Toutes ces choses ne sont que le résultat de la lutte anti-drogue.

    Personnellement, j’aimerais pouvoir fumer mon pétard du soir sans être inquiété. Faire pousser mon herbe et la consommer tranquillement toute l’année, sans avoir à vivre avec la peur que les flics débarquent chez moi. Même cela, l’état ne me laissera pas le faire, et pourtant je ne veux faire de mal à personne.

    C’est bien pour cela, et pour pas mal d’autres choses auxquelles je ne ferai point mention ici, que ma femme et moi avons l’intention de quitter la France d’ici quelques années le temps pour nous d’économiser suffisamment.

    Je vous laisse réfléchir sur cette question : J’ai été cambriolé une fois, et ma femme et moi avons essuyé une tentative de cambriolage avortée par nos chiens. Personne n’a été mouillé, aucun des malfrats n’a jamais été retrouvé, ces derniers continuent à vivre tranquille.
    Je suis un honnête citoyen, je travaille et je paie mes impôts, je cotise pour la retraite de mes parents. Trouvez-vous normal le fait que la loi permette(3) de me jeter en prison parce que je fume du cannabis ? Trouvez-vous juste le fait que des centaines, voire des milliers de personnes comme moi soient pénalisés de la sorte à cause de ces lois créées pour d’autres personnes qui ne savent pas gérer leur consommation faute de prévention efficace ?

    Y’a du monde pour dire que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Mais quand il s’agit de définir clairement les limites… Et bien y’a plus personne, même le gouvernement s’emmêle les pinceaux. Tout le monde se fout sur la gueule pour des histoires de santé publique, de sécurité sociale, de loques humaines ou de la sacro-sainte « protection de l’enfance »… Alors que le débat de fond touche des points bien plus graves encore.
    Mais comment accorder un minimum de crédibilité à un gouvernement qui coupe court à tout type de débat en interdisant la présentation du cannabis sous un jour favorable ?

    (1) Le cannabis peut aussi être ingéré en infusion ou via plusieurs recettes de cuisine assez délirantes =)

    (2) Le rapport Roques daté de 1998 stipule clairement que la dangerosité des produits cannabinoïdes est nettement inférieure à celle de l’alcool.

    (3) J’emploie le verbe « permettre » car, comme le dit si bien le chafouin, les personnes prises en flagrant délit de consommation de cannabis sont rarement autant inquiétées que ce que permet la loi.

  47. Barbara

    Simon Perrin, je ne vous ai pas autorisé à me tutoyer ce me semble. Cela dit, sûr que je ne connais pas votre cas particulier. Je connais ce que je vois, ce que je cotoie. Je connais personnellement un jeune un peu plus âgé que vous de quelques années. Après plusieurs années de consommation « sans problèmes », le cannabis a déclenché chez lui une schizophrénie. Heureusement, il existe maintenant un traitement adapté. Il a pu sortir de l’hôpital psy après quelques mois. Heureusement aussi, il peut compter sur ses parents. Effectivement, il travaille. Mais je ne pense pas qu’un jour il soit capable de vivre de façon autonome. Les autre consommateurs de ma commune ( à part quelques hurluberlus qui fument le narghilé, sans doute pour se faire remarquer) se roulent des joints. Le trafic se fait d’ailleurs au grand jour, et même en face de la mairie. Pour les lieux de consommation, plus discrets que les lieux de vente, il suffit de suivre son odorat. J’ai effectivement entendu parler des space cakes. Je pense que ça restera une pratique marginale : trop de travail entre l’achat et la consommation.
    Pour moi, vous pouvez prendre tout le cannabis que vous voulez du moment que vous ne prenez jamais le volant, ni un guidon et que vous ne troublez pas l’ordre public. Le jour où vous le ferez, la prise de cannabis sera une circonstance aggravante, sans circonstance atténuante possible, puisque vous reconnaissez être parfaitement au courant des effets secondaires.
    Autre chose : l’expérience m’a montré que les fumeurs réguliers de shit dépassaient rarement 55 ans. Je vous parle des bien insérés, qui ont un métier. Pas des loubards des cités. Eux, je les vois quands ils sortent de leur cité. Quand je ne les vois plus, je ne peux tire aucune conclusion, sauf les rares fois où j’apprends qu’ils sont derrière les barreaux. Ce n’est jamais pour avoir consommé du cannabis (trafic, vol à l’arraché ou par ruse, menaces, conduite sans permis, proxénétisme).

  48. Désolé pour le tutoiement, c’est une des séquelles de mon voyage au Québec.

    Vous savez quoi ? Et bien vous avez raison. Non pas par vos dires, mais sur le fait que les miens ne changeront rien à la situation.
    Je n’ai jamais réussi à convaincre qui que ce soit malgré une argumentation affûtée, et c’est encore moins avec vous que j’y arriverai. C’est peine perdue…

    J’ai bien envie de laisser les anti avec leur délires, leurs préjugés, ainsi que leurs analogies défiant toute logique, mais parfois… Quand je vois jusqu’où certains peuvent aller, cela devient difficile de rester muet.

  49. Obi-Wan Kenobi

    @ Barbara :
    « Pour moi, vous pouvez prendre tout le cannabis que vous voulez du moment que vous ne prenez jamais le volant, ni un guidon et que vous ne troublez pas l’ordre public. »
    Eh bien vous voyez que nous sommes d’accord !

  50. PAS D ACCORD MAIS QUI S EN SOUCIE ON EST EN DEMOCRASSIE
    NON CEST VRAI ON NE VEND PAS
    DE L ALCOOL
    DU TABAC TREMPE DANS DES BAINS DE NICOTINE DE PLUS EN PLUS FORT SELON LA SAVEUR BLOND OU BRUN
    DES ANTIDEPRESSEURS (60 POUR CENT DE FRANCAIS SOUS ANTIDEPRESSEURS, LES LABORATOIRES QUI FONT DU PROZAC, LEXOMIL ETC ETC EUX ONT LE DROIT DE VENDRE AVEC DES ORDONNANCES DE LA DROGUE QUI NE FAIT PAS TJRS DU BIEN; MA TANTE A PRIS 40 ANS UN DEPRESSEUR, ELLE A UNE DEMENCE ET LE LOBE FRONTAL TOUCHE, MAIS NON C EST PAS DANGEREUX, MAIS LE CANNABIS OUI;;; BIEN SUR)
    DU CAFE QUI EST UNE DROGUE QUE PRENNENT DES MILLIONS DE GENS ET QUAND ILS S ARRETENT ILS PETENT LES PLOMBS

    DES BOISSONS TRES FORTES QUI RENDENT MALADES JE NE VEUX PAS FAIRE DE PUB DONC PAS DE MARQUE MAIS CA COMMENCE PAR RED ET CA FINIT PAR TAUREAU EN ANGLAIS
    CONTINUEZ A REFUSER AU PEUPLE DE L HERBE POUR SUPPORTER :
    LE RACISME
    L ISLAMISME
    TOUTES LES MISERES DU MONDE
    LES GUERRES
    LES MALADIES
    L AVENIR QUI EST TOTALEMENT BOUCHE
    LE MANQUE DE TRAVAIL
    LE MANQUE DE CONSIDERATION
    LE MANQUE D AMOUR
    LE MANQUE DE TOUT DE TOUT ETC ETC ETC ETC
    MAIS ILS SAVENT MIEUX QUE NOUS LA HAUT A PARIS
    CE QUE L ON VIT N EST CE PAS????????
    MAIS NON ON A JUSTE LE DROIT DE FAIRE SEMBLANT DETRE EN DEMOCRACIE ET DE FERMER NOS GUEULES
    JUSQUA QUAND JESSAYE DE FAIRE UN PROJET HUMANISTE MAIS TOUT LE MONDE SE FOUT DE TOUT ET ON PEUT MEME PAS SE FAIRE UN BON JOINT A UN PRIX RAISONNABLE ET MON DEALER A DE BEAUX JOURS DEVANT LUI
    JVAIS ME COUCHER MESSIEURS LES MORALISATEURS, A QUOI VOUS CARBUREZ VOUS????? L OPIUM DU PEUPLE AH NON VOUS NE PRENEZ RIEN ET BIEN CEST BIEN ON PEUT TROUVER PLUS FACILEMENT DE LA COKE ET DE L HERO PEUT ETRE QUI FAUT PASSER AUX DROGUES DURES???????????
    JE SUIS FATIGUEE DE TANT D HYPOCRISIE
    ET JE SUIS PAS LA SEULE
    LIRE LES COMMENTAIRES
    ET PENDANT CE TEMPS LA DEUX PERSONNES QUI ME VENDAIENT ON EN 4 ANS ACHETES UNE MAISON EN TUNISIE OU ALGERIE OU MAROC
    TOUT VA BIEN MADAME LA MARQUISE
    SURTOUT ENNUYEZ LES PAUVRES FUMEURS D HERBE
    ET LAISSEZ LES AUTRES PRENDRE DE LA COKE COMME D AUTRES BOIVENT DE L EAU
    DES PYRAMIDES DE COCAINE MAIS PAS UN PETARD AH CA NON……………..
    L INJUSTICE PARTOUT PARTOUT
    CA VA PAS CHANGER APPAREMMENT
    MOI JE PARS DE TOUTE FACON DANS DEUX MOIS ET DEMI
    CIAO LA COMPAGNIE RAS LE BOL DE TOUTES SES CONNERIES

  51. Marcel

    Avant 1999, je consommais du cannabis récréativement et j’avais une grande activité sur le plan social. Depuis que je suis harcelé par les invisible men in black, je ne sors plus de chez moi car j’ai compris que la vie privée c’est fini, donc le seul plaisir qui me reste est de fumer encore plus qu’avant cloitré devant la télévision. Donnez du cannabis à un type et ensuite par derrière vous le harcelez pendant des années. Quand c’est devenu vraiment un pauvre type, quelqu’un d’autre peut le mettre à l’index avec l’argument merveilleux: voyez les ravages de la drogue ! Bien sûr personne n’aura pensé que le pauvre type vit dans une misère relationnelle sociale parce que la bonne société bien pensante l’aura écarté du réseau des travailleurs nantis. En gros, vous prenez un pistolet, vous tirez sur le gaillard puis vous lui mettez le pistolet dans la main. Ensuite vous criez bien fort: Oh, vous avez vu ? Il ‘s’est suicidé. Le pauvre ! Ou bien: C’était vraiment une merde. Alors entre la politique et le marché noir, à la fin: Do it yourself & Fuck them all ! Si je te trouve, je te bouffe.

  52. Lampion

    HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA ! C’est le serpent Ouroboros ! Bienvenue dans le cercle vicieux de l’enfer j’écrase ta gueule parce que ça m’amuse ! HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA ! Ton bien est mon mal, ton mal est mon bien et ton bien est mon bien et ton mal est mon mal aussi. HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA !

  53. Une preuve et un témoignage navrant du caractère néfaste de la prohibition nous a été délivré par l’histoire avec l’alcool. L’alcool était frelaté avec une hausse accrue non seulement des violences dans la société mais de l’alcoolisme chez les gens car, ce qui est interdit augmente généralement l’attractivité du produit. La répression n’entraîne que misère et, oui, les gouvernements sont bien hypocrites en la matière. Un simple tour d’horizon sur le cannabis nous apprend que cette plante a bien de multiples usages à la fois thérapeutiques et industrielles. Les gouvernements qui prônent la prohibition ne pratiqueraient pas avec autant d’acharnements la répression et la persécution des consommateurs s’ils n’avaient strictement rien à nous cacher et à se reprocher. Etrange morale que celle de celui qui, au nom de la protection de l’individu, l’enferme au contraire dans une société qui se veut « clean » avec comme seuls expédients corrects le tabac, l’alcool et les tranquillisants qui sont aussi des drogues, mais pour lesquelles une alternative existe: le cannabis. Pourquoi l’humanité souffre-t-elle d’une telle amnésie? Nous vivons dans un monde où la misère et la souffrance sont le lot quotidien du plus grand nombre. La prohibition ne marchera jamais car elle est en contradiction avec les droits de l’homme en contredisant également l’histoire des hommes. Les vrais raisons de la prohibition, il vaut mieux les chercher dans le massacre écologique qui perdurent depuis près d’un siècle, depuis la prohibition aux états-unis et cette dictature des sociétés pétrochimiques et des lobbys pharmaceutiques qui menacent peut-être encore plus cette planète et nos libertés que les centrales nucléaires. Eh oui, le mal est profond, d’autant mieux que la prohibition nous dit qu’il ne peut pas y avoir de bon usage du cannabis, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il n’y en aura jamais. Mensonge éhonté qui laisse encore croupir de part le monde des milliers d’innocents en prison en maintenant le plus grand nombre dans la misère. Rappelons-nous enfin que le cannabis, ou chanvre (c’est exactement la même plante) fût une ressource stratégique indispensable au temps de la colonisation américaine au même titre que le charbon et le pétrole. Alors, en matière de moralité, je ne vois pas très bien comment des gouvernements qui nous font tant de cachotteries au nom de la cupidité et de l’indifférence propre à leur rang pourraient un jour ou l’autre nous faire sérieusement la leçon.
    Autre chose encore, nous vivons de plus en plus dans un monde pollué mettant à rude épreuve notre système immunitaire. Des témoignages abondent aujourd’hui sur les valeurs thérapeutiques du cannabis, mais depuis les années 30 la médecine n’a eu de cesse de nous maintenir dans l’ignorance en laissant tout simplement crever les gens ou en les renvoyant à leur propre souffrance. On faisait même de la publicité autrefois pour les cigarettes et les médecins recommandaient telle ou telle marque à leurs patients. La chimiothérapie tue plus de gens qu’elles n’en sauvent et les traitements synthétiques sont lourds de conséquences alors que le cannabis améliore non seulement la santé mais le moral des patients. Alors, oui, la prohibition est bien une sale petite puante hypocrisie! En vous rappelant qu’Amsterdam est une ville des plus riches d’Europe et qu’il n’y a pas de violence ni de mendicité dans les rues contrairement à une ville comme Marseille dont c’est le lot quotidien.

  54. Personne n’a le droit de décider à ma place ce qui est bon ou mauvais pour moi! C’est clair! Surtout pas une bande de zombies déshumanisés comme on en trouve tant chez les gens de pouvoir. Contre-argument pour la réforme des lois sur la marihuana: si c’est si dangereux que ça, alors il faut de toute urgence la légaliser! Mais ce n’est pas si dangereux que ça bien sûr, sauf pour tous ces lèche-culs des lobbys pharmaceutiques et des sociétés pétrochimiques, tous ces larbins qui n’ont décidément rien dans la culotte!

  55. « Quant à cette utopie selon laquelle la prévention vis-à-vis des consommateurs ne serait possible qu’en cas de légalisation, préférons en rire : ça n’a tout bonnement aucun sens. J’aimerais que Malakine nous explique comment il peut écrire que « la légalisation permettrait en effet de mener des campagnes de sensibilisation pour expliquer les risques des usages inadaptés, comme la consommation en journée (ou pire entre les cours !), en solitaire, au volant ou associé à l’alcool et d’inciter les jeunes à privilégier un usage exclusivement festif et ponctuel ». »
    Malakine a parfaitement raison. La prohibition entraîne une diabolisation du produit augmentant par là même son attractivité chez les plus jeunes.
    Elle entraîne également une exclusion sociale du consommateur qui devient dés lors un hors-la-loi. Agréable frisson quand on est jeune, n’est-ce pas? On ne peut à la fois infantiliser et avoir la prétention de prévenir. C’est contre toute bonne logique.
    La prohibition est un processus d’infantilisation dans la mesure où elle fait obstruction à tout débat sur la question (cfr: Manuel Valls: « on peut parler de tout sauf de l’interdit »). En matière de morale au sens politique, rappelons-nous l’affaire Schapelle Corby, innocente mais accusée à tort simplement parce qu’il s’agissait d’une affaire de drogues.

  56. Les gens qui sont pour la prohibition du cannabis n’ont décidément aucune compassion pour la souffrance des autres. Mais ce n’est peut-être pas vraiment ce qu’on leur demande, me direz-vous? Le président uruguayen est quant à lui un homme simple et désintéressé, un « être humain » tout simplement.

  57. manajerk

    Alors, où sont les vrais criminels? Où est le crime?

  58. manajerk

    Une trop longue hypocrisie… Vraiment!

  59. manajerk

    Au fait, qui a dit que le cannabis était un produit dangereux? Vous avez des preuves?

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