La question du centre

Alors que la trêve des confiseurs était à peine achevée, Alexandre, dont j’ai découvert le blog il y a quelques semaines, et dont j’apprécie à la fois la culture politique, l’ouverture d’esprit et la pondération, et le fait qu’il ait rarement tort, a profité de mon absence – Noël! – pour s’interroger publiquement sur ce qu’est le centre (pas la région, le mouvement politique!) pour lui, et pire, pour lancer une chaîne sur la question, à laquelle ont répondu par exemple l’Hérétique ou Xerbias, deux blogueurs que j’apprécie également beaucoup. C’est la saison des compliments on dirait…

La question de départ, "qu’est-ce que le centre?", me paraît insatisfaisante et me laisse largement sur ma faim. Xerbias a parfaitement répondu en résumant en trente lignes l’histoire politique de la France, et en démontrant implacablement que le mode de scrutin de la Ve République, qui a obligé l’électeur à voter utile, à se prononcer clairement, et a ainsi polarisé le vote à gauche et à droite, a tué la possibilité d’un centre indépendant politiquement, un centre qui existerait par lui-même et transcenderait les frontières gauche/droite.

Bayrou a bien essayé de tenter l’expérience en 2007, mais celle-ci s’est écrasée sur cette dure réalité. On a parlé ici à maintes reprises de cette entreprise : favorable au départ à cette belle idée, et plutôt enthousiaste pour Bayrou – en faveur de qui j’ai voté au premier tour en 2002 puis 2007 – j’ai été horriblement déçu par l’homme, par ses méthodes, par son "ni-gauche ni-droite mais plutôt gauche" totalement démagogique et opportuniste.

Romain Blachier illustre aussi dans sa réponse le caractère vain de cette interrogation : il ne se dit pas du centre mais du centre gauche. De même, il n’est pas question pour le Nouveau centre d’Hervé Morin de se dire du centre, mais bien du centre-droit. Chaque centre a sa stratégie d’alliance, qui lui ferme la porte à son voisin, pourtant parfois plus proche de lui que ses alliés politiques traditionnels.

Le centre n’existe donc pas en tant que mouvement politique : il n’est plus aujourd’hui qu’un mille-feuille dans lequel une myriade de partis peuvent se reconnaître, des radicaux de gauche aux radicaux de droite en passant par le MoDem, Cap 21, le Nouveau Centre, sans compter des courants ou mouvements alliés ou internes à l’UMP ou au PS tels que les sociaux-démocrates, le Parti chrétien démocrate, Gauche moderne, ou encore des individualités de ces deux mastodontes telles que Marc-Philippe Daubresse à l’UMP. On a bien parlé de l’éventualité d’un regroupement du centre-droit après les élections régionales puis après le dernier remaniement en vue de la présidentielle, mais il s’agissait davantage d’un pétard mouillé que d’un réel mouvement de fond.

Du coup, n’importe qui peut aujourd’hui se revendiquer du centre, surtout dans un pays où la droite se durcit sous la pression d’un Front national qui s’adoucit quelque peu. Même Villepin, qui n’est pourtant pas le moins du monde "centriste" à proprement parler, en vient à draguer sur les terres du centre, alors qu’il se rapproche plus de l’aile RPR/chiraquienne de l’UMP, issue du gaullisme. Mais comme le positionnement de chacun dépend de celui des autres, on peut être "recentré" malgré soi…

Se pose donc la question qui pourra sembler égo-centr-ique (c’est le cas de le dire) mais qui me paraît la plus intéressante pour moi, parce que je me la pose depuis des semaines, voire des mois : suis-je du centre? l’Hérétique m’y inclut en tant que représentant de la "démocratie chrétienne traditionnelle". Ce n’est pas faux, puisque j’ai dit et répété que la Doctrine sociale de l’Eglise, socle de ce mouvement politique, représentait à mes yeux la base de travail politique la plus tentante, la plus équilibrée, en ce qu’elle cherche à dépasser le libéralisme et le socialisme, deux idéologies qui conduisent me semble-t-il toutes les deux l’Homme à sa perte. Ce n’est pas faux non plus, puisque l’UMP (et avant lui le RPR) et le PS ont démontré leur incapacité flagrante à gouverner le pays et à conduire les réformes nécessaires pour la modernisation de notre pays, c’est-à-dire, qui aient pour but le bien commun et non de torpiller l’adversaire ou poursuivre des utopies (les 35 heures par exemple, au hasard).

On n’est peut-être du centre, au fond, quand on n’est nulle part : pas à gauche, où l’on n’a toujours pas réussi à rompre avec une vision angélique des questions de sécurité et d’immigration, où l’on n’a toujours pas compris que l’apparent progrès de la liberté de l’individu avec un petit "l" (je pense aux questions liées à l’éducation, à la famille) ne pouvait qu’avoir des conséquences néfastes pour la société, et donc au final sur l’individu; pas à droite, où l’on ne parvient pas à concilier ordre et justice, sans vouloir paraphraser la Dame du Poitou, et où on exerce le pouvoir avec la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, et l’élégance d’un conducteur de diligence.

Bref, une bonne réponse mystérieuse de Normand comme je les aime.

Et puisqu’il me faut nommer à mon tour quelques blogueurs dont j’aimerais lire quelque chose sur le sujet, je citerais Koz, Authueil, Vlad, Malakine, Verel, et tiens, Nystagmus, pour essayer de la tenter un peu sur un sujet sur lequel elle n’a pas l’habitude de s’exprimer.

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13 Commentaires

Classé dans Politique

13 réponses à “La question du centre

  1. René de Sévérac

    Vous êtes touchant.
    Comme de nombreux chrétiens de ma génération, je me suis engagé pour "changer la vie" dans le début des années 70 (ça donne mon age) et "dés-engagé" au début des années 90.
    Vous cherchez au centre une voie "moyenne" et on a même (maintenant comme avant) le droit de se fourvoyer.
    Ne regardez pas les partis, mais leur discours; comment ils se déterminent par rapport à la mondialisation, à l’invasion de l’Europe (là, j’ai commis la phrase de trop!), …
    En ce moment, ils sont tous de Sarko à Ségolène au Maroc, c’est l’info qui m’a sauté à la face en ouvrant Yahoo.

    Bonne décennie 2071-2019.

  2. Merci d’avoir répondu à cette question ! A chaque réponse transparaît une nouvelle définition de ce qu’est le Centre. Une constante, peut-être, se dégage, encore dans ta réponse : le Centre est le camp de l’équilibre. Il serait le vrai opposé des Extrêmes. Aux solutions radicales et excessives, le Centre, et les nuances qui s’en réclament, prônent la nuance, le juste milieu, la voie la plus pragmatique et juste.

    Contrairement à ce que certains affirment, le Centre est nécessaire, en politique. C’est l’aile centriste de l’UMP qui peut l’éloigner des dérives sécuritaires (bien qu’on exagère énormément ces prétendues dérives, afin de nuire à l’UMP…). C’est l’aile centriste du PS qui peut l’éloigner des dangereuses utopies dépensières de son aile gauche, à l’image du projet sur l’égalité réelle.

  3. do

    oui, on est de nulle part, parce que les deux grands partis se sont pervertis: l’un avec les puissants et le fric, l’autre avec le sexe et le mépris de la vie, et on est tous orphelins, pas parce qu’on ne "se sent pas" d’un parti ou l’autre, mais vraiment parce qu’on ne PEUT PLUS, décemment, voter ni pour l’un ni pour l’autre.
    Alors certains ont essayé les verts, qui sont en train d’inventer une religion autour de notre mère Gaïa la terre divinisée, qui s’enfonce dangereusement dans les méandres du néopaganisme qu’ Hitler a utilisé pour son truc de race parfaite, donc ça, si on est un peu averti, on peut pas non plus.
    Il reste quoi? à le fonder ce parti, qui ne sera pas perverti comme les autres, voire qui en prendra les bons côtés. Bayrou a essayé, mais on l’a convaincu (à mon avis) d’abandonner ses principes pour l’efficacité, et il a chopé des premières perversions qui ont rendu stérile pour le moment son action. (il a dit lui même que sur la question de l’avortement, contre lequel il était, Marielle de Sarnez l’avait convaincu de lâcher du lest: le reste suivra forcément).

    Donc il ne reste plus qu’au PCD de lâcher courageusement l’UMP, ou aux gens qui se sentent hors partis de dresser une ligne politique intelligente qui au moins excluerait ce qui fait fuir les uns et les autres (euthanasie, recherche stérile sur l’embryon, eugénisme, racisme, sécuritarisme, …) avec une ligne économique tenable (libérale, forcément, mais sociale aussi, toutefois avec des exigences de formation ou autres pour les chômeurs)

  4. C’est curieux, parce que votre recherche d’une voie autre ressemble tout de même à s’y méprendre aux objectifs de nombreux militants du MoDem, à commencer par ceux qui se réclament du personnalisme.
    Sur l’avortement, Bayrou est tout de même réservé, comme tous ceux, d’ailleurs, qui s’inscrivent dans la tradition démocrate-chrétienne. Vous voyez, je ne suis pas croyant, mais je considère l’avortement comme un cauchemar, surtout après avoir lu les thèses de Maria Montessori sur l’enfant et l’embryon spirituel.
    S’il n’est pas question de l’interdire, à mes yeux, tout doit être fait pour l’éviter chaque fois que possible.
    Je me suis posé de nombreuses questions sur la nature de l’embyron, sur mon blogue, et mes doutes dans ce domaine me donnent des sueurs froides…

  5. Claribelle

    Que veulent dire droite et gauche aujourd’hui surtout quand on observe l’UMP et le PS ? A peu de choses près, leurs programmes sont identiques (juste l’habillage communicationnel diffère): leur position sur l’Europe et la mondialisation est la même (+ d’UE, + d’euro, + de "concurrence libre et non faussée" -ah ah, laissez-moi rire !), leur position sur l’immigration revient au même (l’UMP gesticule mais ouvre largement les vannes de l’immigration / le PS le revendique), leur vision sociétale se rejoignent (le Pacs, l’avortement, la discrimination positive, la famille (dé)(re)composée, la Halde et autres officines… le PS en rêvait, l’UMP les a faits), le cynisme les rapproche (mépris des électeurs qui ne comprennent rien -non au TCE, sondages approuvant les référendums suisses-, "fromages" de toutes sortes -cumul des mandats ou des retraites, jetons de présence dans des commissions de "travail", auto-amnistie- etc.), etc. etc.
    Quant aux Verts (maintenant EELV), leur ancrage à gauche revendiqué et leur vision sociétale outrancière (les "droits à": le mariage homosexuel, l’adoption par n’importe qui, l’immigration sans contraintes, l’abolition des frontières, assortis des interdictions diverses: la voiture, le nucléaire, le tabac, la pêche, la chasse etc.) ne séduisent que les "bobos", les "pipoles" et les jeunes (je caricature à peine).
    Le centre incarné par Bayrou ou Morin ne diffère pas vraiment de l’UMP ou du PS : leur européisme mâtiné de TINA (there is no alternative) les empêche de proposer autre chose… qui risquerait d’être incompatible avec l’UE.

    Les seules alternatives viendront d’ailleurs: du FN qui séduit parce qu’il pose de vraies questions qu’occultent les précédents, du Parti de Gauche de Mélenchon qui récupère les déçus du PS et du PC qui ne supportent pas de voter autre chose qu’à gauche, ou du parti de Dupont-Aignan (Debout La République) qu’on n’entend pas assez mais mais qui porte un discours gaulliste et un vrai programme (souveraineté, dénonciation des traités de Lisbonne et Maastricht, défense des services publics, etc.), habituellement classé à droite mais sur beaucoup de points proche du MRC de Chevènement.

  6. Angélique sur la sécurité la gauche en 2010? stoppons les clichés

    par ailleurs mon postionnement est non pas au centre mais à gauche, certes pas "très à gauche" mais à gauche. Pas au centre où je l’ai dit il n’y a rien que des gens de droite et des gens de gauche qui se mentent à eux même.

  7. @romain

    Certaines personnes sont à gauche de la droite et d’autres à droite de la gauche, non? :-)

    Et oui j’estime que si la gauche a fait des progrès sur la sécurité, elle continue de déresponsabiliser – selon moi – les gens en liant délinquance et pauvreté, ce qui contribue à la fameuse "culture de l’excuse". Mais en effet, c’est mieux qu’avant.

    @René

    "Vous cherchez au centre une voie « moyenne » et on a même (maintenant comme avant) le droit de se fourvoyer."

    Je ne cherche aucune voie moyenne, je parle de mes convictions, pas de celles des dirigeants des partis du centre!

    @Alexandre

    le Centre, et les nuances qui s’en réclament, prônent la nuance, le juste milieu, la voie la plus pragmatique et juste.

    C’est clairement ce qui fait tout son succès! Le problème, pour lui, c’est d’être majoritaire. Sans cela, il doit se contenter de chercher à monnayer son soutien en pesant à la marge sur des détails et en cherchant à apaiser son allié de droite ou de gauche pour le "recentrer".

    Je suis d’accord pour dire que le centre est utile, mais je m’interroge sur la réelle contribution des "centres" de droite à ce gouvernement. Quand je vois qu’Hervé Morin s’abstient sur la Loppsi, ça n’a vraiment aucun sens. On vote oui ou non. Ou on cherche à monnayer son oui contre une inflexion du texte. Je trouve que souvent, les dirigeants centristes sont de faux rebelles qui n’ont pas le courage de leurs convictions.

    @Do

    Sur le respect de la vie, malheureusement, la nuance est désormais très faible entre gauche et droite. Mais même sans cette question, je ne me reconnaîtrais probablement ni dans l’un, ni dans l’autre "camp".

    @L’hérétique

    Bayrou a trop cherché à mon sens à rester dans un entre-deux. Et a surtout dragué la gauche, par pur opportunisme. Je n’aime pas trop les responsables politiques qui ne visent que le pouvoir et manient le cynisme comme tactique.

    Et puis Bayrou m’exaspère également par sa vision étriquée de la laïcité, par exemple. Mais sinon, je dois admettre avoir beaucoup de points commun avec lui.

  8. Tu ne réponds pas sur le centre-gauche. Oui je suis à la droite de la gauche (je l’assume on est pas si nombreux à le faire) mais certainement pas au centre (-;

    Pour la sécurité, je suis en désaccord: la gauche, contrairement à la droite, prône la sécurité et la fermeté contre les criminels, pratique la dissuasion active comme la vidéo-surveillance comme la droite mais en plus lutte contre l’insécurité routière, que la droite a abandonné après pourtant un bon travail de Chirac et lutte davantage contre les causes du crime.

  9. le chafouin > Merci pour le compliment sympa !

    romain blachier > "la gauche (…) pratique la dissuasion active comme la vidéo-surveillance comme la droite"

    Cela n’est pas exact, puisque dans les propositions du PS sur la sécurité de novembre dernier, il est écrit "Nous ne croyons pas à la solution miracle de la vidéosurveillance."

    On peut également y lire "La violence de notre société est la première cause de l’insécurité. C’est d’abord en construisant une société plus solidaire
    et moins brutale que nous renforcerons la sécurité des personnes." Pour ma part, je crois que c’est avec ce genre de raisonnements que l’on déresponsabilise les gens. C’est trop facile de rejeter ses propres fautes sur la société, alors qu’on avait tout à fait la possibilité de se conduire bien. De ce côté-là, il y a encore des progrès à faire au PS.

  10. Notez que sur les "questions de société", on ne peut pas vraiment dire que suivre la doctrine de l’Eglise relève du centrisme.

    Ou alors, c’est au centre comme sur un podium: un peu au-dessus de la mêlée :)

  11. @Marikiri

    C’est pour cela que je parle d’un "ailleurs", même si j’aime bien votre histoire de podium… Mais vous sentez bien l’absurdité de ces étiquettes : elles dépendent des hommes, des époques, des évolutions des mentalités.

    @Romain

    Ce que je voulais dire c’est que tu es peut-être parfois plus proche d’un centriste de droite qu’un type de ton propre parti. ça veut dire quoi "être à gauche"? On a parfois le sentiment que c’est un peu un talisman. Un endroit clos où les portes sont bien fermées à clef, histoire d’être sûr de ne pas se compromettre avec d’autres personnes, d’autres idées. On l’a vu pendant des années avec Mitterrand, qui avait contre lui tous ceux qui voulaient faire alliance au centre, puis aujourd’hui avec Royal, qui a eu contre elle tous ceux qui justement voulaient de tout sauf d’une alliance avec le centre…

    Bref au bout d’un moment tout ceci devient franchement ridicule.

    Quant à la sécurité, je ne peux qu’abonder dans le sens de Xerbias : Aubry refuse depuis des années, par pure conviction, l’installation de caméras de vidéosurveillance généralisée à Lille. Je ne dis pas que c’est mal : je suis d’accord avec elle. Mais il n’empêche que c’est ainsi.

  12. Gwynfrid

    Si on parle d’idées, il est bien difficile de répondre à la question autrement que par "le centre, ça n’existe pas". Je propose donc une définition du centre sous un autre angle, celui des électeurs:

    Le centre est l’ensemble des gens qui sont susceptibles de voter aussi bien à droite qu’à gauche, en fonction des programmes, des candidats et des circonstances.

    Ça fait, en principe, beaucoup de monde. Mais pas forcément plus de monde que la droite (ensemble des gens qui voteront à droite quoi qu’il arrive) ni que la gauche (ensemble des gens qui voteront à gauche quoi qu’il arrive). Mais, surtout, ça ne peut pas faire un ensemble cohérent, car ces électeurs se déterminent en fonction de raisons très variables (contrairement à ceux qui s’identifient fortement à un camp).

    Essayer de construire une offre politique sur cette base est donc un projet dont les chances de succès sont très restreintes. On peut estimer que François Bayrou, en 2007, n’est pas passé très loin. Il n’a échoué qu’à cause du réflexe de survie de la gauche, qui a voté utile malgré une candidature PS très faible (pas seulement à cause de la personne de Mme Royal). Cependant, cela montre que le succès du centre en tant que tel est entièrement dépendant de l’insuffisance des autres offres politiques : on ne peut pas construire grand-chose sur cette base.

    Cette situation pourrait changer si on revenait entièrement ou en partie au scrutin proportionnel. Le modèle allemand, par exemple, permet l’existence d’un parti centriste durable. Mais pour ma part je ne crois pas que ce soit une bonne idée pour la France.

  13. Ping : Le centre n’est-il qu’une droite comme les autres ? « Thomas More

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