Les accusations de cathophobie illustrent la défiance générale à l’égard des médias

Les journalistes et éditorialistes ne doivent pas s’étonner de ce que des catholiques s’interrogent publiquement sur l’attitude des médias à leur égard, à l’égard de leur Eglise, à l’égard de leur pape. Divine surprise, l’appel à la vérité lancé à ce sujet la semaine passée a non seulement convaincu des pointures intellectuelles, mais a trouvé un certain écho dans l’opinion puisqu’en cinq jours, et malgré la survenue de problèmes techniques, il a reçu près de 15 000 signatures. Un ras-le-bol qui illustre la défiance qui règne aujourd’hui à l’égard des médias. Quand leurs dirigeants en prendront-ils conscience ?

Il faudrait juste ouvrir les yeux. Tenter de mettre son militantisme à l’entrée de son journal, de sa radio, de sa télévision. Essayer d’examiner les faits avec un tantinet d’impartialité. Et de faire son métier honnêtement, sans chercher à nuire mais plutôt à… informer.

Cela fait des années, depuis que j’ai l’âge de réfléchir, raisonner et lire un journal, que je m’indigne du traitement consacré par les "médias" au fait religieux en général et à l’actualité de l’Eglise catholique en particulier. Inutile de me reprocher une quelconque généralisation : bien sûr, tout les journalistes ne sont pas à mettre dans le même sac. Bien sûr, certains résistent. Bien sûr, certains sont honnêtes.

Mais le vent, globalement, souffle dans cette direction. Plus le nombre de catholiques recule en occident, plus la pensée dominante cherche à toute force à faire clouer le bec à une pensée qui est une des seules à s’opposer aux grands dogmes de notre époque. Comme l’écrit Patrice de Plunkett, le catholicisme est visé "parce qu’il incarne la seule résistance à la vision matérialiste mercantile, idéologie du système occidental. La machine médiatique est le centre nerveux de ce système économique et financier. Elle fonctionne donc spontanément contre le catholicisme. Elle utilise contre lui tous les carburants disponibles, y compris les fautes catholiques".

En l’occurrence, la faute – les viols en série commis par des prêtres contre des enfants – est énorme, ignoble. Et il est légitime qu’elle suscite l’indignation et la colère. Le scandale est d’autant plus grave qu’il provient de notables qui représentent une autorité morale. Mais ce qui est moins compréhensible, moins logique, c’est cette chasse à l’homme. Cette manie qu’ont les médias d’adopter une attitude moutonnière qui en l’occurrence, n’a qu’un seul but : se "faire" Benoît XVI, et se "farcir" l’Eglise. On l’avait déjà vu l’an passé, avec la triple polémique qui avait secoué l’Eglise au printemps :  les arguments dissidents avaient toute la peine du monde à se faire entendre.

Cette fois encore, l’hystérie aura été totale. Cela a commencé par la mise en cause du célibat, comme supposé catalyseur de la pédophilie au sein de l’Eglise, en dépit du bon sens : si l’écrasante majorité des actes pédophiles sont commis dans le cercle familial, faut-il pour autant abolir la famille? A ce sujet, conseillons la lecture d’un billet éclairant d’Armagilus, sur sacristains.fr, répondant aux clichés habituels sur le célibat des prêtres.

Petit à petit, les articles se sont orientés dans un but précis, qu’on sentait venir au fil des semaines : la mise en cause du pape lui-même. On imaginait les journalistes frétiller à l’avance à l’idée de leur bon coup. On voyait des titres démentis par le corps de l’article. A quoi bon nuancer quand on peut caricaturer? Et puis il y a eu ce summum, cette fausse affaire Murphy, où on a osé présenter l’absence d’acharnement de Benoît XVI, alors cardinal, contre un prêtre pédophile américain aux portes de la mort, vingt ans après ses crimes, comme la "couverture" d’un cas de pédophilie. Un non-sens, quand on voit le travail fait par la papauté, depuis quelques années, pour inciter la parole à se libérer sur ces sujets, et pour éviter que les abus soient couverts par la hiérarchie!

"C’est tout ce qu’ils ont?", a-t-on envie de se dire, à chaque fois. Oui, c’est tout ce qu’ils ont. Mais ça suffit à semer le trouble, à justifier les "unes" ravageuses, et à faire entrer dans la tête des gens que décidément, l’Eglise, c’est rien que des pourris. Le charlatanisme à la Dan Brown, passe encore, mais des journalistes, on attend mieux.

Le web permet un échappatoire, l’expression de voies divergentes, mais quel poids ces petites voix ont-elles face à une seule dépêche AFP reprise en boucle par tous les médias? Face à la simplification débilisante du 20h de TF1?

Dans l’opinion publique catholique, si tant est que celle-ci existe, ces approximations, cette malhonnêteté, cette sensation selon laquelle on ne cherche pas l’information mais on vise, à travers la recherche d’informations, à confirmer un a priori de départ, ne passe plus. Et Koz résume bien ce sentiment dans un nouveau billet consacré à ces affaires :

La souffrance, la douleur, l’agacement, font place à la colère. Et l’on redresse la tête. Marre de prendre des coups de gourdin. Marre de voir stigmatisés des hommes, les prêtres, qui ont mis leur vie au service des autres. Marre de voir conspuée une Eglise dont la réalité indiffère les médias. Marre de voir ignorer l’action réelle du Pape.

Ce ras-le-bol explique le nombre très important de signatures – près de 15 000 ce matin – recueillis par l’appel à la vérité qu’on évoquait ici jeudi. Et les catholiques, s’ils sont nombreux à le faire, ne sont pas les seuls à se plaindre de cette partialité de l’information. Même les mécréants s’y mettent, paraît-il :  "En ce qui concerne la dernière accusation en date, elle est d’autant plus ignoble que Benoît XVI est justement celui qui a brisé la loi du silence qui régnait dans l’Eglise à ce sujet pendant de longues années comme dans d’autres institutions", écrit David Desgouilles chez Causeur. Il n’y a qu’à lire sa lettre aux catholiques irlandais. Il n’y a qu’à se baisser pour ramasser l’information où elle se trouve.

Donc non, la presse n’est pas coupable de tout. Non, les journalistes ne doivent pas tous être placés dans le même sac. Et non, les catholiques ne sont pas les seuls à se sentir visés par une forme de désinformation, à être désabusés par ce qu’on a coutume d’appeler le quatrième pouvoir.

Mais au-delà de ce cas précis, ces 14 000 signatures sont un nouveau symptôme, finalement, de la défiance profonde qui règne dans notre pays à l’égard d’un système médiatique à bout de souffle. Dans l’éditorial visé plus haut, on sent bien une réaction de défense, vaguement corporatiste. Non, la presse n’est pas coupable de tout. Mais il faudrait qu’elle arrête de penser qu’elle n’est coupable de rien. Qu’elle n’a à répondre de rien. Elle qui traque au quotidien les dérives de ce monde, elle devrait être la seule à échapper à toute critique?

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49 Commentaires

Classé dans Médias/journalistes, Religion

49 réponses à “Les accusations de cathophobie illustrent la défiance générale à l’égard des médias

  1. Hum hum… Es-tu vraiment impartial lorsque tu considères qu’il y a "cathophobie" ?

    L’impartialité c’est dans les rêves, chimère inatteignable. Je lui préfère la pluralité des informations et des profils des sources.

  2. @Seb

    L’objectivité est chimère mais l’impartialité, non… La pluralité des infos et des sources, c’est la définition de l’impartialité à mon sens…

    Cela signifie aussi "contradictoire", un principe de base du journalisme. Mais sérieusement écorné en l’occurrence.

    Et j’ai bien vu ta petite pique ;) mais en tant que blogueur, je n’ai pas à être impartial. Je cherche à l’être, autant que faire ce peut, mais je n’ai pas à l’être. En revanche, quand tu signes dans un média, tu t’engages à l’être… et les lecteurs s’attendent à ce que tu le sois…

  3. panouf

    Sur le ras le bol vis-à-vis des médias, je l’avais senti depuis longtemps…
    J’ai remarqué que sur la même affaire (la reprise en boucle d’une interview tronquée du pape qui aboutit à une condamnation générale), deux sites, partant du même principe (on se regroupe pour mieux se faire entendre), n’ayant aucun lien entre eux (riposte catholique est fait uniquement par les traditionalistes et sacristains par des auteurs qui ne doivent justement PAS appartenir à cette mouvance de l’Eglise) ont été fait au même moment, pour la même cause, et dans le même but initial: c’est révélateur d’un mouvement de fond…

  4. la victimisation, c’est une certaine forme de déni. On nous attaque parce que nous résistons au mercantilisme…

    D’abord, votre résistance n’est pas bien radicale et au contraire, assez accommodante. Finalement, elle a été très bien intégrée par le système, que vous servez en occupant un place sans être trop virulents.

    Le principal problème de l’église catholique, c’est qu’elle parle d’elle avant de parler du message. Lis un peu les interviews des membres du clergé, les articles "neutres" sur l’église catholique.

    Avoir une institution, c’est s’exposer. Vous avez une armée régulière organisée dans un conflit qui se joue sur la guerilla. La cavalerie française s’est fait plusieurs fois étrillée par les archers anglais pendant la guerre de cent ans ! Si vous êtes si "opposants" et si c’est le message qui compte vraiment, l’organisation doit s’adapter pour coller à son temps et rechercher l’efficacité maximale dans la diffusion du message.

    Ce que ne fait visiblement pas l’église catholique…

  5. René de Sévérac

    Partial vs Impartial , on est à côté du phénomène.
    Il faut parler d’idéologie au sens de Marx , c’est-à-dire du sens commun. Quand un individu lambda entend un propos qui ne le choque pas, il n’a aucune raison de le mettre en doute sauf s’il se méfie de la source (du propos).
    S’il se demande s’il existe une "autre lecture" de l’information, c’est déjà qu’il doute. Et qu’il a un réflexe de méfiance.
    Les journalistes ne sont pas sots (en général) mais il leur est plus facile de se joindre à la meute surtout s’ils ont une méfiance à l’endroit de la cible.

    Si vous n’avez aucune sympathie pour le pape (et l’esprit un peu trivial) vous vous marrez à regarder la caricature de Cabu enculant un gamin. J’ai trouvé ça abject (parce que catholique) mais pas guère plus que certaines caricatures de Mahomet.

  6. @Authueil

    "la victimisation, c’est une certaine forme de déni"

    Quelle victimisation? Les gens en ont simplement ras-le-bol de voir que tout va toujours dans le même sens.

    Tu peux toujours dire le contraire, mais si les catholiques sont plus exposés, c’est justement parce qu’ils dérangent. Les protestants, pour prendre leur exemple, ne dérangent personne : on les laisse donc tranquilles.

    Il n’y a pas que le mercantilisme, mais tu remarqueras que les aspects de l’Eglise qui pourraient paraître positifs aux yeux de la bienpensance, et attirer les sympathies, comme le discours sur la mondialisation, sur la financiarisation de l’économie, sur l’immigration, ne sont absolument pas repris. On ne parle que d’une chose : le discours sur la sexualité ou le respect de la vie en général. Pour présenter systématiquement le message comme ringard.

    Et sinon, sur le fait qu’on ne parle que de l’institution :en l’occurrence, c’est elle qui est attaquée comme étant une "structure" favorisant la pédophilie…

    Mais ceci dit, il y a clairement un problème dans le com’, on ne le répètera jamais assez.

    @panouf

    En effet, ça vient de partout, signe d’un ras le bol qui éclate au grand jour.

  7. pelmer

    "Le principal problème de l’église catholique, c’est qu’elle parle d’elle avant de parler du message".
    Tiens, juste pour savoir, combien d’encycliques sur l’Eglise depuis disons le dernier Concile ?
    Mais il est vrai que l’Eglise fait aussi partie du message qu’elle délivre. Cf. le Credo : "et unam sanctam catholicam".

  8. Gwynfrid

    "Mais au-delà de ce cas précis, ces 14 000 signatures sont un nouveau symptôme, finalement, de la défiance profonde qui règne dans notre pays à l’égard d’un système médiatique à bout de souffle."

    Pas d’accord. J’ai signé l’appel, mais je n’y vois pas un message de défiance. Un appel, ce n’est pas un rejet, c’est une demande. Ici, l’appel demande que la vérité soit faite sans caricature ni dissimulation; il s’adresse autant à l’Église qu’aux médias – et à juste raison.

    Il y a ici un risque que la réaction indignée des catholiques devant de nombreux articles excessifs, voire manipulateurs, fasse oublier leur indignation, pourtant bien plus grande encore, devant les crimes qui sont l’origine et l’essentiel de cette affaire. Si on ne retenait de tout cela que la dispute entre la presse et les cathos "rassemblés pour défendre leur Pape", alors les cathos seraient inévitablement perdants. Oui, nous sommes rassemblés autour de notre Pape. Mais c’est, précisément, parce qu’il a commencé à donner un coup de balai qui était indispensable, qui n’est pas terminé, et qui n’arrive pas une minute trop tôt.

    Il y a lieu de faire des reproches à la presse, mais, relativement, ce sont des reproches mineurs. Ce qui est grave, ce n’est pas ce qu’ont pu écrire Fottorino ou autres sur le célibat. Ce qui est grave, c’est ce que dénonce Benoît XVI dans sa lettre à l’Église d’Irlande.

    En fait, je suis plutôt d’accord avec la conclusion de l’édito de Nord-Éclair. Vaguement corporatiste ? Possible, mais sur ce point aussi, il y a lieu de se demander dans quel oeil se trouve la poutre.

  9. pourquoisecompliquerlavie

    @Le Chafouin : vous avez raison, le message de l’Eglise n’est repris que lorsqu’il permet aux médias de le critiquer, de le ringardiser, de montrer à quel point l’Eglise est intolérante, rétrograde, mysogine et inadaptée au monde-moderne-d’aujourd’hui-qu’est-le-seul-qui vaille.

    Qui à part moi qui l’ai rapportéa entendu parler du prêche de Vendredi Saint qui avait pour sujet principal les violences faites aux femmes par leurs maris, amants, compagnons ?

    Mais la presse s’est largement fait l’écho de la bénédiction urbi et orbi "qui ne parlait pas des pédophiles dans l’Eglise".

    Alors, oui : cathophobie.
    Oui, parce que les catholiques dérangent.

  10. koz

    17.020 signataires, 17.020… ;-)

    Sinon, j’aime lire Autheuil employer des métaphores militaires. Si combat, il y a, avec des chrétiens comme lui, l’armée d’en face serait peinarde.

  11. authueil

    Koz, avec des soldats comme toi, on vois ce que ça donne :)

    Les protestants ne dérangent pas. La Cimade, c’est quoi ? et ça ne dérange pas ?

    Les protestants choisissent d’autres manières d’agir, en allant là où les choses se font, sans tout le temps mettre leur casquette de protestants et ni vouloir tout estampiller.

  12. Yogi

    "Le catholicisme est visé parce qu’il incarne la seule résistance à la vision matérialiste mercantile, idéologie du système occidental" : la seule, la seule, c’est vite dit … NPA, Verts et Eglise Catholique, même combat ?

    Une explication complémentaire pour cet "acharnement" pourrait être un certain retour de bâton face à une organisation qui se prétend depuis toujours supérieure à tous et apte à donner des leçons sur le Bien, le Mal et le Vrai, alors qu’elle est une organisation humaine ne s’appuyant que sur des légendes et tromperies. Attention, "légendes et tromperies" ce n’est pas moi qui le dis, c’est toutes les autres religions qui l’affirment.

  13. jean316

    Oui, c’est clair c’est de la victimisation. Pour qui on se prend, nous chrétiens, vraiment ? Les catholiques, c’est vraiment pas le genre à être victimes de VRAIS persécutions.

    Comme si notre Fondateur avait été assassiné, 11 de ses 12 collaborateurs aussi, comme si les chrétiens avaient été persécutés, massacrés, crucifiés, insultés, lapidés et méprisés dès leur origine et sans discontinuer par les Juifs, l’Empire Romain, les envahisseurs ariens, les envahisseurs musulmans, les armées de Crowell, les princes luthériens allemands, les puritains américains, l’Empire du Japon, l’Empire de Chine, les révolutionnaires français, Naboléon Ier (comme si il avait retenu notre Pape en otage), les bolchéviques russes, tous les régimes communistes, les nazis (saint Maximilien Kolbe = simulateur en plein déni. Ceux qui sont pas d’accord avec moi, ils avaient qu’à la gagner la guerre), comme si 200 millions de chrétiens n’étaient pas libres aujourd’hui de pratiquer leur foi, comme si plus de 80% des persécutions religieuses dans le monde frappaient les chrétiens, comme si les chrétiens étaient persécutées dans tous les pays musulmans (situation variant entre "citoyens de seconde zone" (Jordanie, Turquie) et "crevez, chiens d’infidèles" (Egypte, Pakistan, Iraq, Nigéria,…)), en Israël, en Chine, en Inde, etc, comme si en occident les catholiques étaient le seul groupe que l’on peut insulter avec une violence dont on ne se permettra pas le millième envers les juifs ou les musulmans, comme si les catholiques étaient accusés par tous les grands médias d’être des nazis, pédophiles, antisémites, qui ont inoculés le sida en Afrique, comme si un collègue de bureau m’avait un jour dit "Tu es catholique ? Tu as toutes les tares" (avec la même intonation que si il avait dit "fait beau aujourd’hui") au milieu d’une demi-douzaine de collègues (socialistes anti-racistes) qui n’avaient pas levé un sourcil, etc, etc, etc.

    Non, vraiment faut arrêter de déconner. C’est vraiment tranquille d’être catholique depuis 2000 ans. Il déconnait complètement, le Divin Fondateur, avec Ses "le monde vous haïra, rappelez-vous qu’il m’a haï le premier", "dans le monde vous aurez beaucoup à souffrir", "heureux serez-vous si l’on vous persécute", et tout ça. C’est vraiment tranquille d’être catholique.

    Enfin, si on se soumet intégralement au Nouvel Ordre Mondial Libéral Libertaire et aux ordres du Système Médiatique, si on obéit aux hommes plutôt qu’à Dieu, si on ne se soucie que des choses de la terre, si sa cité ne se trouve pas dans les Cieux et si on est prêt à insulter sa Mère l’Eglise à la demande.

    Un peu comme c’était vraiment tranquille d’être français sous l’Occup’, pourvu qu’on se montre coopératif avec les représentants de la Kommandantur, quoi. Faut vivre avec son temps merde.

  14. @Yogi

    Aurait-on dû préciser : la seule résistance… crédible? ;)

    Mais je suis d’accord avec vous… Comme elle prétend dire le bien et le mal, et prétend aussi à l’universalisme, elle déplaît.

    Mais elle déplaît surtout parce que ce qu’elle professe va souvent à l’exact opposé de nos idéologies dominantes…

    L’État, lui aussi, ne prétend-il pas nous dire ce qui est bien ou mal?

    @Koz

    ça monte, ça monte… on est à 18 000 ;)

    @Gwynfrid

    "Il y a ici un risque que la réaction indignée des catholiques devant de nombreux articles excessifs, voire manipulateurs, fasse oublier leur indignation, pourtant bien plus grande encore, devant les crimes qui sont l’origine et l’essentiel de cette affaire."

    Je ne mesure pas bien ce risque, à vrai dire. Ce qui est grave, c’est qu’on puisse imaginer une seule seconde que nous ne soyons pas indignés par de tels crimes. Pour moi, cela tombe sous le sens. Simplement, je ne vois pas l’intérêt d’en rajouter sur ce chapitre. Que ma voix peut-elle faire pour réconforter une personne victime de tels abus?

    Que des types en profitent pour cracher leur fiel et refourguer leurs idées à la noix, en revanche, ça, ça me dépasse, et me pousse à la réaction. Et demander à un journaliste de faire son métier honnêtement, cela revient à rejeter le travail malhonnête qu’il a produit, non?

    Les deux ne s’opposent donc pas. Je n’en peux plus de ces médias, de ce système, justement parce que Benoît XVI est l’exact inverse de ce qu’on cherche à démontrer. Et ce qui me fait enrager, c’est que beaucoup de gens ne le sauront jamais, à cause de ces mensonges à répétition…

    @Authueil

    Je n’ai pas dit que les protestants étaient inutiles ou ne servaient à rien… Mais qu’ils ne dérangent pas grand-monde. Et ce n’est même pas une critique!

    Mas si tu veux m’emmener sur le terrain de l’humanitaire… Les catholiques ne font pas toujours les choses en Église, et font des tas de choses très bien… Mais même lorsqu’ils le font à titre personnel, ils sont l’Église. "Vous êtes le corps du Christ, chacun de vous est un membre de ce corps…"

    @PSCLV

    L’Eglise est opposée aux violences conjugales? ;)

  15. Yogi

    @jean316 : Ah oui on va pleurer :-) ! Comme si le christianisme n’était pas la religion la plus richissime et la plus puissante que la terre ait jamais porté, partenaire et garante des royautés et des empires les plus puissants de l’Histoire, avec son propre état, ses dorures et ses palais, ses centaines de milliers de "soldats" de par le monde, son bouquin en première diffusion mondiale, ses journaux et ses chaînes de télé ! Ô oui pleurons à la pauvre institution clandestine et maltraitée :-D !

  16. Yogi

    @le chafouin : "L’État, lui aussi, ne prétend-il pas nous dire ce qui est bien ou mal ?" : allons, la démocratie est pour partie un mirage, mais les citoyens sont tout de même supposés avoir un poids sur ce que l’Etat leur dit … Mais si l’on considère que l’Eglise perpétue la vision du monde d’une tribu de bergers moyen-orientaux de l’Antiquité, la comparaison de légitimité paraît difficile.

  17. @Yogi

    L’Eglise est donc une rivale pour l’Etat. En plus d’être une rivale pour l’idéologie dominante.

  18. Yogi

    @le chafouin : Disons plutôt qu’avec le principe de laïcité, l’Eglise est devenue un groupe de pression parmi d’autres, essayant d’influer sur le cours de l’Etat. Et les différents lobbys et groupes de pression sont en guerre entre eux pour exercer cette influence.

  19. @Yogi

    Formulé comme ça, ça me va… Mais justement, l’Eglise doit veiller à ne pas devenir un lobby comme un autre. Je pense qu’il faut éviter de tomber dans le communautarisme catholique, et donc dans la victimisation systématique. Ce que font les juifs ou musulmans quand leurs lieux de culte est attaqué, par exemple, on doit éviter de le faire. ça ne mène à rien, à part à l’hystérie collective.

    En revanche, essayer de rétablir la vérité me semble juste.

  20. Frank P.

    D’accord avec Plunkett, sur la résistance que représente la doctrine catholique a l’égard de la société "je consomme, moi, je…" dans laquelle nous vivons.

    Mais je pense qu’au delà de ça, c’est d’abord pour l’argent que ces médias raffolent de ces "scandales". Vendre du papier !! Voilà ce qui les intéressent.

    Vous ne pouvez pas servir deux maitres…ceux là ont choisi :-)

  21. @Franck P

    C’est la culture de la "polémique", en effet, et qui n’est pas spécifique à l’Eglise, loin de là… Mais quand on sait, qu’on a lu ;), et qu’on voit autant de désinformation, on se dit que dans les domaines où est plus ignorant, ce peut être la même chose.

  22. cilia

    Gwynfrid,

    « Il y a ici un risque que la réaction indignée des catholiques devant de nombreux articles excessifs, voire manipulateurs, fasse oublier leur indignation, pourtant bien plus grande encore, devant les crimes qui sont l’origine et l’essentiel de cette affaire. Si on ne retenait de tout cela que la dispute entre la presse et les cathos « rassemblés pour défendre leur Pape », alors les cathos seraient inévitablement perdants. Oui, nous sommes rassemblés autour de notre Pape. Mais c’est, précisément, parce qu’il a commencé à donner un coup de balai qui était indispensable, qui n’est pas terminé, et qui n’arrive pas une minute trop tôt. »

    et

    « Il y a lieu de faire des reproches à la presse, mais, relativement, ce sont des reproches mineurs. Ce qui est grave, ce n’est pas ce qu’ont pu écrire Fottorino ou autres sur le célibat. Ce qui est grave, c’est ce que dénonce Benoît XVI dans sa lettre à l’Église d’Irlande. »

    +1

  23. cilia

    Chafouin,

    En réponse à Gwynfrid, tu écris :

    « Je ne mesure pas bien ce risque, à vrai dire. Ce qui est grave, c’est qu’on puisse imaginer une seule seconde que nous ne soyons pas indignés par de tels crimes. Pour moi, cela tombe sous le sens. Simplement, je ne vois pas l’intérêt d’en rajouter sur ce chapitre. Que ma voix peut-elle faire pour réconforter une personne victime de tels abus? »

    Voilà. C’est là, je crois bien, que se situe une part importante du problème.

    En répondant aux très justes remarques de Gwy par la seule question de l’indignation, réelle mais tellement évidente que bon, on ne va pas le repréciser à chaque fois, tu illustres ce qu’une foule d’anonymes, a priori plutôt de bonne volonté, pas cathophobes sans être non plus cathophiles peuvent finir par vous reprocher.

    Gwynfrid ne dit pas que les cathos ne sont pas indignés par ces abus. Si c’était le cas, ta réponse serait pertinente.
    Or elle ne l’est pas parce que son propos est de dire : dans la nécessaire, dans la juste hiérarchisation des choses, le plus grave, ce sont ces abus. Et il ne faut pas cesser de garder cela à l’esprit.

    Tu ne réalises peut être pas combien avec ce billet comme un précédent, tu finis par presque parler de tout sauf du véritable sujet : ces abus.
    Et parler de ces abus ne consiste certainement pas à plaindre sans fin les victimes.
    Reconnaître la gravité des actes qui en ont fait des victimes fait partie de la résolution du problème bien sûr. Mais il ne vous est pas demandé de ne faire que vous lamenter sur leurs souffrances.
    Si tu crois cela, cher Chafouin, et je te prie de croire que c’est par amitié et respect pour toi que je me permets de le dire, tu te goures complètement.

    Attention à l’impression de déni que vous pouvez donner.
    Attention à la trop grande proportion de ces arguments de défense qui peuvent donner le sentiment que vous ne vous préoccupez que de renvoyer chaque balle dans un camp adverse (les medias, les autres grandes religions, l’éducation nationale, mai 68 et sa libéralisation sexuelle, la pédophilie chez l’humain en général, le consumérisme ambiant, l’Etat, la cathophobie ordinaire des français etc…).
    Attention à ce que vos réponses n’apparaissent pas comme une subjectivité banale, bornée et vulgaire.
    Attention de ne pas oublier de penser à l’avenir, et que derrière tout cela, et a fortiori si comme vous le réclamez tant, toutes les religions et toutes les institutions sont passées au peigne fin de l’anti pédophilie, une défiance généralisée terriblement angoissante, pour ne pas dire invivable, risque de voir le jour.

    Tu penseras peut-être que je ne manque pas d’air à vouloir prétendre interpréter les paroles du Christ, mais tant pis.
    Le coup du tendre la joue gauche ne me paraît pas signifier une quelconque soumission à la violence, une quelconque exhortation à l’absence de réactions ; mais plutôt le développement de la Raison permettant de ne pas répondre à une agression, par réaction et sur le même mode.

    En ironisant sur le frétillement abject des journalistes à tenter de se farcir le Pape, où penses-tu mettre en avant la Raison au service d’une courageuse, lucide et intemporelle bonté chrétienne ?

    Je te prie de ne pas considérer mes écrits comme des attaques ;)

  24. @Cilia

    Ne prends pas non plus ma réponse comme agressive, j’écris comme ça me vient ;)

    "Tu ne réalises peut être pas combien avec ce billet comme un précédent, tu finis par presque parler de tout sauf du véritable sujet : ces abus."

    Les abus, tous les médias en parlent depuis 1 mois. Je le répète : je n’apporterai aucune information nouvelle, aucune plus-value sur ce plan là. S’il faut juste, pour que mes billets soient acceptables, que je précise que ces abus sont innommables (ce que j’ai fait, relis moi) pour pouvoir être jugé crédible, c’est qu’on est perpétuellement dans le procès d’intention.

    Je te répète ce que j’ai écrit lors de notre dernière conversation sur ce sujet : au départ, je ne voulais pas écrire sur ce thème, j’étais estomaqué de tant d’horreurs, j’étais honteux, je me sentais terriblement mal à l’aise. A quoi bon en rajouter à ce moment là, par rapport à tout ce qui se disait par ailleurs?

    Les abus sont plus graves que le traitement médiatique de ces abus, on est d’accord. Cela m’empêche-t-il de faire un billet sous cet angle de la dérive médiatique qui se déroule sous nos yeux?

    "Attention à ce que vos réponses n’apparaissent pas comme une subjectivité banale, bornée et vulgaire."

    Mais chère Cilia, si les médias faisaient leur boulot, on n’aurait pas besoin de préciser les choses! Je précise, car j’estime que pour avoir une information équilibrée et complète, il est nécessaire 1/ de dire que ces prêtres ont commis des abus intolérables mais que 2/ non, contrairement à ce qui est écrit, il n’y a pas de cause structurelle à cela et pas de méchant complot des méchants du Vatican.

    D’accord pour attaquer l’Église pour ses méfaits s’il y en a, mais pas d’accord pour l’attaquer à tort.

    Si le fait que j’ajoute le 2/ peut faire penser à certains que je minimise le 1/, c’est moche, c’est triste. Cela veut surtout dire dans ce cas que je me suis mal exprimé.

    "si comme vous le réclamez tant, toutes les religions et toutes les institutions sont passées au peigne fin de l’anti pédophilie"

    Je n’ai jamais réclamé cela… L’hystérie à laquelle on assiste, qui consiste à exhumer des cas vieux de trente ans pour en tirer des conclusions sur les acteurs d’aujourd’hui, me paraît terriblement idiot. Je ne trouverais pas ça plus malin si cela concernait l’Éducation nationale ou l’islam. Pour autant, ça m’amuse qu’on fasse la chasse aux sorcières de ce côté, et qu’on absolve Cohn-Bendit ou Polanski de l’autre.

    "Mais plutôt le développement de la Raison permettant de ne pas répondre à une agression, par réaction et sur le même mode."

    Je ne suis pas sur le même mode. Je n’ai pas le sentiment de masquer une partie de la vérité ou d’être malhonnête dans ma réponse. Le frétillement, il est là, que tu le veuilles ou non. Sinon, comment interpréter autrement cet acharnement? Lis cet excellent billet de Philarète, tu verras de quelle mauvaise foi absolue fait preuve le NYT.

    Enfin, Jésus a déclaré qu’il fallait tendre sa joue gauche, mais il a aussi expulsé avec fracas les marchands du temple. Cela veut dire que quand on est attaqué personnellement, il faut savoir ne pas répondre par fierté. Mais que lorsque des valeurs fondamentales sont en jeu, on ne plaisante plus.

    La lettre du pape aux catholiques irlandais est tout sauf complaisante. Elle est la réponse aux victimes, et aux fidèles. Je ne prétends pas, moi, petit catholique et petit journaliste de Province, apporter une réponse globale à toute cette polémique. Devrais-je m’en vouloir de me consacrer à un petit volet de l’affaire, sur lequel je m’estime un tout petit peu concerné, étant moi-même journaliste? Cela ne me paraît pas anormal.

  25. 30 000 cas de prêtres pédophiles en Irlande un détail de l’Histoire ?

  26. 30 000 cas… Pourquoi pas 300 000 pendant qu’on y est? Restons sérieux.

  27. Gwynfrid

    @ Cilia: merci… Je vois vos réactions comme représentant une position de "neutralité bienveillante", à laquelle les cathos devraient essayer de prêter attention. L’alternative, c’est le repli sur soi.

    @ Chafouin: ce que j’essaie de dire, c’est que les expressions défensives du type "la défiance profonde qui règne dans notre pays à l’égard d’un système médiatique à bout de souffle", ou, pire encore, les références aux martyrs des premiers siècles , ouvrent grand la porte aux répliques faciles du type "le sage montre la lune, le fou regarde le doigt". C’est exactement l’argument d’Authueil, et si vous croyez qu’il ne porte pas, je crois que vous vous faites des illusions.

    On est bien d’accord, il y a excès médiatique (le cas du NYT est particulièrement visible). Il y a lieu d’appeler à la vérité, c’est fait. Mais en ramenant tout à cet aspect marginal du problème, comme le font malheureusement une bonne partie des défenseurs du Pape, on imite ou donne le sentiment d’imiter la stratégie victimaire-complotiste d’une Royal ou d’un Sarkozy (voir votre billet du jour avec lequel je suis totalement d’accord, soit dit en passant).

    Tiens, je vais vous citer une homélie récente de l’archevêque de chez moi. Le contexte médiatique y est certes moins anticlérical qu’en France, mais le NYT a été abondamment repris ici et les commentaires ont été aussi rudes que partout ailleurs. Voici la réponse de Mgr Collins, qui a été soulignée comme remarquable par la presse (la traduction est de moi) : "Nous devrions être reconnaissants de l’attention que les médias consacrent aux péchés du clergé catholique, même si une répétition persistante peut donner l’impression, fausse, que le clergé catholique est particulièrement pécheur. Cette attention est un profond hommage rendu au sacerdoce… Les gens attendent instinctivement de la sainteté de la part d’un prêtre catholique, et sont particulièrement choqués lorsqu’il commet le mal".

  28. @Gwynfrid

    La couplet sur la défiance envers les médias ne se limite pas au traitement de l’actualité catholique… Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que les médias français ont un crédit très limité. Ce qui ne les empêche pas d’avoir une influence sur "l’opinion".

    Bénis soient ceux qui parviennent à faire abstraction de ce qui pour vous est un "détail", comme vous dites. Ceux qui parviennent à rester résolument optimistes.Ce sont sans doute des saints : moi, je n’y parviens pas.

    Ce que je cherche à dire ici, c’est que ce phénomène est permanent. Et personnellement, j’en ai plus que marre.

    Il y a deux choses : les abus, et la façon dont on les raconte. Les abus sont graves, mais ils remontent, pour ceux dont on parle, à une trentaine d’années. C’est horrible à dire, mais c’est fait. Là, ce qui est devant nous, c’est un tout autre enjeu, actuel : le procès de démolition systématique de ce que fait ou entreprend l’Eglise.

    Tu soutiens la lutte contre le Sida en Afrique? Tu es un des rares à être en première ligne? Tu dérapes aux yeux des canons officiel, on te traite de génocidaire. Oh, certes, l’essentiel, ce sont bien sûr ces enfants qui meurent en rafale.

    Tu te dépatouilles pour sauver un maximum de juifs pendant la seconde guerre mondiale? On te renvoie à la figure que tu as pactisé avec les Nazis.

    Et là, tu révolutionnes la façon dont sont traités les cas de pédophilie dans l’Eglise, tu fais preuve d’une volonté de transparence, et tu fais tout pour que cela se transforme dans la réalité, et pas juste dans les discours : on te renvoie à la figure que tu es un salaud, que tu as couvert des cas de pédophilie.

    La différence entre le complotisme de Sarkozy, c’est qu’il invente des épouvantails pour faire diversion. L’Eglise, elle, ne cherche pas à cacher sa responsabilité dans ce qui s’est passé : elle demande juste à être traitée avec davantage de justice.

    P.S : en revanche je suis d’accord avec vous et avec Mgr Collins sur l’irrecevabilité de l’argument de défense selon lequel le pourcentage de pédophiles est faible dans les rangs de l’Eglise. Là-dessus, c’est clair : la faute reste d’une exceptionnelle gravité, quand bien même il n’y aurait eu qu’un seul cas.

  29. pelmer

    Entièrement d’accord avec Chafouin. Ce n’est pas parce qu’un coupable est coupable qu’il n’a pas le droit de protester contre un excès de sévérité. Surtout quand cet excès touche au délire et à la mauvaise foi.
    J’ajouterai que le succès rapide de la pétition, et la qualité de ses signataires, sont deux signes qui devraient faire réfléchir. Je veux bien me mettre à la place des non-cathos, essayer de percevoir la manière dont ils perçoivent notre ras-le-bol. Mais à eux aussi de se mettre à la nôtre : ils auront rapidement l’impression que, comme l’a dit le Cal Vingt-Trois lors de sa messe chrismale, les chrétiens ont en France les même droits que les autres – sauf peut-être au plan du traitement de l’information.

  30. Gwynfrid

    @ Chafouin: Je n’ai pas de désaccord de fond avec ce que vous dites dans votre dernier commentaire, et je comprends votre lassitude. Cependant, blâmer le messager, si imparfait soit-il, c’est bien joli, et on peut avoir 100% raison sur le fond… La question est, est-ce efficace ? Cela va-t-il ramener vers l’Église des croyants qui s’en seraient éloignés ? Cela va-t-il renforcer la foi de ceux qui sont toujours là en une "sainte Église, catholique et apostolique" ?

    Je sens chez beaucoup, dans l’Église (mais pas dans l'"appel à la vérité", par contre) un réflexe de repli sur soi, avec une mentalité seulement défensive, que je crois contre-productive. Tenez, encore un article de mon canard local, qui prend l’occasion d’une révélation récente pour faire la liste des réactions défensives de l’Église depuis une semaine.

    C’est purement factuel, on ne peut pas dire qu’il y a démolition systématique, mais ça montre que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.

    (À propos, merci pour le nettoyage des liens dans mon commentaire précédent; j’ai essayé hier d’utiliser moi-même une syntaxe http qui marche ailleurs, mais pas chez vous).

  31. @Gwynfrid

    "La question est, est-ce efficace ? Cela va-t-il ramener vers l’Église des croyants qui s’en seraient éloignés ? Cela va-t-il renforcer la foi de ceux qui sont toujours là en une « sainte Église, catholique et apostolique » ?"

    Je me dis que des gens qui doutent, et qui entendent non seulement que des cas de pédophilie ont été très nombreux à une époque, mais qu’en plus, l’institution les a soutenus, ça peut les faire douter encore plus. D’autant plus si le pape actuel est mis en cause. Quelle confiance accorder, quel crédit accorder à un homme qui aurait laissé faire des pédophiles?

    D’où l’importance, à mon ais, de juger l’Église pour ce qu’elle est, et rien que pour ça. Pas pour des fantasmes, des faussetés. ça peut vous paraître du détail, mais pour moi, c’est très important.

    En fait, je ne saisis pas le lien entre cette attitude et un quelconque repli sur soi… Mais je cherche à comprendre. Dans ma paroisse, les gens sont très dynamiques, et ils ne se replient pas sur eux… ils cherchent sans cesse à inventer des choses nouvelles, à faire vivre leur foi, à essayer de porter leur message…

    P.S : en fait je peux éditer les commentaires, ce serait même bien que chacun le puisse d’ailleurs…

    @Pelmer

    Un succès rapide, et en plus, qui a gagné des publics qui ne sont pas forcément ceux qui sont dans la "droite ligne" du discours de l’Eglise. Cela veut donc bien dire ce que ça veut dire : ces gens ont soif de vérité. Ils veulent toute la vérité, mais rien que la vérité…

  32. Gwynfrid

    "D’où l’importance, à mon avis, de juger l’Église pour ce qu’elle est, et rien que pour ça. Pas pour des fantasmes, des faussetés. ça peut vous paraître du détail, mais pour moi, c’est très important."

    Ah, mais tout à fait ! C’est absolument important, désolé si j’ai donné l’impression de dire le contraire… mais la question est de savoir comment on parvient à dissiper les fantasmes.

    Pour moi, l’attitude du Pape, ainsi que celle de l’évêché de Rouen lors du scandale le plus récent, est la bonne (c’est-à-dire, celle qui marche): pas de déni, pas de minimisation, mais de la transparence et la reconnaissance nette et sans détour des fautes commises (les vraies, pas les fautes fantasmées, bien entendu).

    À l’opposé, l’attitude des certains intervenants sur Radio Vatican, ou de certains cardinaux dans la presse, est maladroite, car elle renforce l’image d’une Église sourde, sûre de son bon droit et désireuse de faire diversion: c’est l’attitude que j’appelle le "repli sur soi" (le terme n’est pas des meilleurs, je l’avoue), qui consiste à se positionner en victimes, à dénoncer la haine envers l’Église, à invoquer le souvenir des martyrs de l’époque romaine, ou à parler de campagne orchestrée pour faire taire le pape sur les questions de morale et ôter le christianisme de la culture occidentale. Cette attitude rassure les inconditionnels et permet de resserrer les rangs de ceux qu’il n’est pas besoin de convaincre. Mais elle éloigne ceux qui doutent, ou qui sont neutres au départ (voir Cilia) en leur faisant croire que, décidément, l’Église a des choses à cacher et "montre le doigt plutôt que la lune" pour cette raison.

    Je pense à ce passage d’Isaïe: "Je n’ai point détourné mon visage de ceux qui me couvraient d’injures et de crachats. Le Seigneur Dieu est mon protecteur ; c’est pourquoi je n’ai point été confondu." Le Christ ne se pose pas en victime, jamais.

  33. @Gwynfrid

    Je comprends mieux ce que vous entendez par "repli sur soir". Ce n’est pas l’impression que j’ai eue en écoutant, en lisant les réflexions des uns et des autres (même si j’avoue que les références aux martyres romains sur Radio Vatican, c’est un peu fort). Mais peut-être fais-je partie des "inconditionnels" dont vous parlez! ;)

    Quand je vois l’attitude qui a été celle du New York Times, je ne m’étonne pas de la réaction de certains cardinaux, qui l’ont attaqué bille en tête. Je pense qu’on a le devoir de se défendre face à la calomnie!

    Ce que je trouve important, c’est qu’il y a dualité : d’un côté, on assume et on cherche la vérité (l’attitude de Benoît XVI, celle de l’évêque de Rouen, moi aussi j’ai apprécié son communiqué et la façon dont il a géré le dossier, l’Église de France de manière générale fonctionne comme ça depuis des années), d’un autre, on n’hésite pas à protéger l’Église des attaques injustes. Il ne me paraît pas déplacé de naviguer entre ces deux attitudes.

    Cela me rassure : l’Église est sainte, ressemble au Christ, mais les hommes qui la composent sont imparfaits.

  34. cilia

    Chafouin,

    A l’impeccable dernier commentaire de Gwynfrid, je voudrais ajouter pour toi, spécifiquement Chafouin : ne mésestime pas l’influence de tes billets sur les questions catholiques.

    Je prends mon cas et quelques exemples pour être concrète.

    Sur l’affaire des préservatifs, les quelques secondes nécessaires à la lecture de l’intégralité de la réponse de BXVI aux journalistes que tu nous as très vite donnée, m’ont suffi pour partager le point de vue du Pape. Et par la suite, tous les billets et commentaires que j’ai pu lire notamment chez toi et chez Koz ont nourri ce point de vue (l’impact des politiques déjà mises en place par certains Etats Africains, l’ABC, le taux de fiabilité des préservatifs etc…).

    Sur l’affaire Williamson, il m’a fallu des explications, l’accès à la chronologie des faits, des informations sur les motifs du schisme, sur le mode de fonctionnement du Vatican etc…
    Et c’est grâce à toute cette matière que j’ai trouvée notamment chez toi que j’ai pu évoluer et sortir de la réaction pure.
    Toi et moi sommes restés en désaccord sur l’importance du fameux mot médiatique « réintégration » ;) , mais ce n’est guère important au regard de ma compréhension et donc de mon adhésion partielle.

    Sur l’affaire de Recife, je suis restée en désaccord avec toi sur le fond. Mais même là, tout ce que j’ai appris du sens de l’excommunication, du délai de réactions du Vatican, des différences importantes qui pouvaient exister au sein même du clergé m’a été extrêmement précieux.

    Ces trois exemples pour illustrer trois types de conséquences chez moi : l’accord total, l’accord mitigé, le désaccord.
    A chaque fois, tu étais remonté contre les medias.
    Mais parce que ton traitement ne se limitait pas à la colère ou à une sorte de victimisation, j’ai évolué, j’ai pu corriger les déformations des médias et cela a fortement influencé et affiné chaque échange que j’ai eu ensuite dans ma vie, avec mes proches, avec mon fils, avec mes relations en général.
    Ce ne sont que des gouttelettes dans un océan, certes. Mais crois-tu pour autant que multipliées par tous tes lecteurs, non convaincus a priori, mais de bonne volonté, multipliées par tous les blogs qui font de même, multipliées par toutes les éclaboussures de ces précédentes gouttelettes, ça n’a pas d’incidence ?

    Cette fois encore tu peux agir utilement, tout au moins auprès des incroyants dans mon genre.
    N’en doute surtout pas !

  35. @Cilia

    Je comprends mieux ton point de vue, merci de l’avoir expliqué ainsi.

    Tu sais, pour moi , je suis juste un petit gars qui habite à Lille et qui fait des billets sur un blog, en plus de son boulot, avant ou après une journée chargée. Ceci explique peut-être cela : je n’ai pas le sentiment que ça doive avoir plus d’importance que ça. Mais au fil du temps j’ai compris qu’il y avait parfois une attente, que je n’avais pas mesurée. Par exemple sur cette histoire de liste chrétienne, puisque l’absence de billet sur ce sujet avait étonné voire déçu certains.

    Souvent, je me dis que ce qui a un intérêt d’être publié, c’est ce qui n’a pas été dit ou écrit ailleurs. Sur les affaires de recife, de williamson, du préservatif, quelques blogs ont pu apporter une plus-value parce qu’ils ont cité l’intégralité du propos du pape, parce qu’ils ont parlé de la méthode ABC, parce qu’ils ont expliqué les nuances nécessaires à la compréhension juste du sujet.

    Ici, j’ai l’impression de me comporter de la même façon, sauf que je n’ai peut-être pas eu – ou pas pris – le temps de bien expliquer en détails ce qu’a pu faire ou dire le pape contre la pédophilie. C’est vrai.

    D’autres l’ont fait, que ce soit Natalia Trouiller (nystagmus), Koz ou encore Armagilus (qui a fait un très beau billet sur le célibat sur sacristains). J’ai tenté de les citer…

    Voilà, on ne peut pas être parfait! Mais il y a des moments où on est tellement agacé qu’on a du mal à ne pas râler.

  36. Gwynfrid

    @ Chafouin: je vous remercie pour ces échanges et l’ouverture dont vous faites preuve. Je crois que nous nous comprenons. En particulier, je tombe d’accord avec vous sur la dualité des réponses et l’équilibre nécessaire entre les deux. L’Appel à la vérité, à mon sens, respecte bien cet équilibre. C’était déjà moins le cas, à mon avis de votre billet ci-dessus, d’où ma réaction.

    Pour une vision beaucoup moins politique et beaucoup, beaucoup plus évangélique de la question, je vous recommande aussi le billet de JB Balleyguier, chez Sacristains.

    Je plussoie vigoureusement Cilia, en ce qui concerne l’influence insoupçonnée que vous pouvez avoir. Moi aussi, je forme ou informe mon avis chez des gens comme Koz et vous-même. Je prends cette occasion de remercier le "petit gars de Lille" pour le temps et l’effort consacré à ce blog…

    L’approche consistant à dire ce qui n’a pas été dit ailleurs est excellente. Sur un sujet comme celui-ci, en tant que professionnel, vous pouvez avoir une vraie valeur ajoutée en citant des sources moins connues, ou en expliquant les mécanismes internes des médias. Pour ce qui est de râler, par contre , il n’est pas difficile de trouver la même chose chez n’importe qui ! (Heu, toutes mes excuses si je parais vous faire la leçon, là… ce n’est pas du tout l’intention).

  37. Pour reparler un peu de fond, signalons cette interview de Philip Jenkins, un universitaire américain spécialiste de l’histoire des religions et dont je fournis un petit extrait :

    Quelle a été la réponse de l’Eglise à ces scandales ? Comment a-t-elle évolué ?

    La définition et la perception de la pédophilie ont considérablement changé dans le monde occidental au cours du XXe siècle, ce qui a certainement entraîné une modification de la prévalence de ce type d’abus dans les statistiques judiciaires. Cette évolution a également conditionné la réponse de l’Eglise aux scandales.

    Depuis quelques années, nous assistons à une véritable révolution culturelle : à l’heure actuelle, la pédophilie est considérée par les autorités médicales et les médias comme un comportement extrêmement destructeur, et donne lieu à un traitement particulièrement sévère. Mais cette attitude est relativement récente. Des années 50 aux années 70, la perception de la pédophilie était fort différente.

    Pourquoi ce revirement ?

    Dans les années 40 et 50, la mise au jour de plusieurs scandales a provoqué un vent de panique qui a suscité la mise au pilori, à tort, d’un grand nombre de comportements, y compris l’homosexualité. A la fin des années 50, l’opinion a pris conscience de ses excès et proposé de nouvelles interprétations bien plus laxistes, qui sont restées en vigueur jusqu’au milieu des années 70.

    Cette attitude relativement "décontractée" a culminé à la fin des années 60, lorsque les criminologistes et psychiatres ont réclamé la dépénalisation d’un certain nombre d’actes, la réduction des peines et un assouplissement des traitements pour les agresseurs. Au même moment fleurissait aux Etats-Unis la pornographie mettant en scène des enfants, librement accessible dans les boutiques pour adultes entre 1972 et 1977.

    Ce relâchement tient en partie au déclassement de l’homosexualité comme maladie mentale en 1973. Si l’on sait aujourd’hui qu’il n’existe pas de lien entre l’homosexualité et la pédophilie, à l’époque cette relation était considérée comme évidente.

    Je pense que ce genre de réponse est importante quand on nous parle, encore ici, de réactions tardives et qu’on porte des jugements à l’emporte-pièce (à en croire la réponse du Vatican) sur des faits remontant à trente ans. Ces faits sont graves, mais il faut se méfier de l’anachronisme. C’est ce que nous montre cette interview de M. Jenkins.

    Car la polémique actuelle ne concerne finalement pas tant les affaires de pédophilie en elles-mêmes (rien n’est révélé à ce sujet) que le silence présumé de l’Eglise et son inaction, qui sont pointés du doigt comme ayant été un des facteurs qui a permis ces abus de prospérer. Or ce jugement, on le porte avec notre regard d’aujourd’hui, selon lequel la pédophilie est un des crimes les plus graves. ça n’a pas toujours été le cas. Quand je lis dans Libération que "Benoît XVI lui-même a été éclaboussé par ces scandales, accusé d’avoir couvert les abus quand il était à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi", je ne peux faire autrement, donc que d’avoir les poils hérissés. Non, il n’a jamais été accusé d’avoir couvert quoi que ce soit…

    On sait que pour ce qui nous importe, c’est-à-dire le moment présent, depuis 2001 (et notamment la publication de De delictis gravioribus (texte en français ici), écrit par celui qui à l’époque était le cardinal Ratzinger), l’Eglise mène une politique de tolérance zéro sur ce sujet : les prêtres qui font l’objet de soupçons sont immédiatement suspendus. Les instructions du Vatican vont d’ailleurs être publiées clairement sur son site.

    Dès lors, à quoi bon dire que "oui, mais il y a trente ans, ils avaient attendu 2 ans pour le faire"?

  38. Gwynfrid

    Il est difficilement évitable que les évêques soient jugés avec les yeux d’aujourd’hui pour leurs hésitations de naguère. Pour ma part je n’y vois pas nécessairement une hostilité généralisée de la part de la presse. En fait, si un journaliste se sent obligé de creuser la question et de déterrer des faits vieux de trente ans, c’est peut-être parce qu’il se reproche, consciemment ou non, de ne pas y avoir prêté assez attention il y a trente ans… C’est ainsi toute la société qui se demande comment il se fait que de telles énormités ont pu se produire avec des réactions bien modérées de la hiérarchie, certes, mais aussi de la presse, de la justice, voire des familles des victimes.

    J’ai trouvé un nouvel exemple de ce décalage dans la presse canadienne, à propos d’un cas local:

    http://www.theglobeandmail.com/news/national/pembroke-diocese-told-of-sex-abuse-in-1963-lawsuit-alleges/article1529842/

    On voit, dans les documents cités (le troisième lien est particulièrement frappant), à quel point tout le monde a marché sur des oeufs afin d’éviter le scandale. Aujourd’hui, l’attitude est inverse: on prend des précautions pour _éviter_ que le silence ne règne. Alors bien sûr, on juge avec horreur l’attitude des responsables précédents.

  39. pourquoisecompliquerlavie

    @gwynfrid

    Non, justement, on ne doit pas juger les personnes d’une époque avec les règles de celle du jour du jugement.

    Je comprends qu’il puisse paraître normal de juger une époque avec les règles du jour, mais pas les personnes. Juger une personne d’hier avec les règles d’aujourd’hui, c’est véritablement prendre un bouc émissaire. Et ce type de comportement est un comportement de sociétés non évoluées.

    Aujourd’hui, on sait que la pédophilie est destructrice pour les victimes mais dans les années 60-70, la même presse et des intellos soutenaient ce type de pratiques présentées comme l’initiation à leur sexualité des jeunes enfants. Cf. une de mes réponses à mon papier sur le même sujet.

    Dans les pays de droit, les nouvelles lois ne s’appliquent que pour l’avenir, pas pour le passé : les gens ne peuvent en effet que respecter les lois qu’ils connaissent, sinon c’est la porte ouverte à l’arbitraire et à l’injustice.

  40. @Gwynfrid

    Oui, on les juge avec horreur, mais est-ce sain? Jenkins décrit bien cet état d’esprit. On marchait sur des oeufs, car d’une part, on n’avait pas la même perception de la pédophilie (mais i on marchait sur des oeufs, c’est bien qu’on savait que c’était très grave) et d’autre part on avait davantage conscience de la gravité de faire "scandale" (au sens ecclésiastique du terme).

    "Pour ma part je n’y vois pas nécessairement une hostilité généralisée de la part de la presse."

    Moi non plus. Les anachronismes sont très courants dans la presse, mais ils ne concernent en effet pas que l’Église.

  41. Gwynfrid

    @ Chafouin et PSCLV: je ne dis pas que c’est une façon saine de juger les gens. C’est simplement un constat de ma part: il est bien difficile de se replacer correctement dans le contexte d’une époque plus ou moins lointaine et de faire abstraction de ce qui s’est passé depuis.

    D’ailleurs, lorsqu’on accuse "la presse et les intellos" ou qu’on fait référence aux écrits, scandaleux mais anciens, de Daniel Cohn-Bendit et autres… le fait-on avec l’esprit d’aujourd’hui, ou avec l’esprit de l’époque ? Et d’ailleurs, quels souvenirs avons-nous de ladite époque (pour ceux qui sont assez vieux pour cela) ? Je me rappelle une discussion intéressante chez Koz sur ce sujet l’an dernier (http://www.koztoujours.fr/?p=4612#comment-95180).

  42. @Gwynfrid

    Que la façon d’aborder les problèmes change avec le temps, c’est très compréhensible, la conversation à laquelle vous faites référence est intéressante en ce qu’elle s’interroge sur ce qui a pu changer, sur ce qui a pu nous faire glisser d’une époque à l’autre… (à vrai dire, étant né en cette fameuse année 1982, je n’ai aucun souvenir des propos de Cohn-Bendit, évidemment ;) )

    Mais ça ne nous dit toujours pas pourquoi on se permet de juger les époques précédentes avec nos yeux habitués à une autre musique. C’est habituel j’ai l’impression : comme si nous étions vraiment persuadé d’être arrivés au top de la perfection avec l’avènement de la démocratie occidentale droitdelhommiste. Résultat : on juge les autres pays, on juge les époques précédentes, et tous ces barbares qui osent ou ont osé avoir d’autres références ou d’autres préoccupations.

    Ceci dit, je note que c’est tout de même un progrès d’avoir réussi à faire sauter les silences autour de la pédophilie.

  43. Gwynfrid

    Ça ne nous dit pas pourquoi, en effet. À mon humble avis, c’est juste ce que nous faisons, tous, par défaut. Ne serait-ce que parce que c’est beaucoup moins fatigant.

    Vous suggérez que l’époque se croit arrivée au sommet de la perfection, c’est assez bien vu. Ce n’est pas seulement une question de démocratie: c’est aussi l’impression qu’on a sur les plans technique, économique, etc. Ce sentiment me paraît largement justifié dans les faits. Là où il y a erreur, c’est quand on en tire une sorte de supériorité morale qui nous permet de regarder de haut les périodes passées. Certes, nous sommes plus riches, plus savants, plus libres, nous vivons plus en paix et en meilleure santé que nos prédécesseurs… mais cela ne nous rend certainement ni plus intelligents, ni plus méritants, et encore moins, meilleurs qu’eux.

  44. Louve

    @ Gwynfrid
    "Le Christ ne se pose pas en victime, jamais."
    Non, vous avez raison. Mais lorsque le garde le gifle alors qu’il comparait devant Anne, il lui dit :
    « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »

    Là où l’Eglise-institution a fait une erreur ou même une faute dans sa gestion des prètres pédophiles, elle doit l’assumer et prendre les mesures nécessaires. Mais quand les reproches ne sont pas fondées et que l’emballement médiatique lui assène des coups bas, elle a le droit de répondre : "montre-moi ce que j’ai dit/fait de mal".

    Demander à la presse de faire son boulot jusqu’au bout, ça ne peut en aucun cas être pris pour de la censure….

  45. Gwynfrid

    @ Louve: certes. Si les responsables de l’Église s’en étaient tenus là, il n’y aurait rien à en redire. Malheureusement, ils ne s’en sont pas tous tenus là.

  46. @Louve

    C’est une très belle phrase de l’Évangile! Elle m’a toujours fait sourire, car on y reconnaît la malice oratoire de Jésus.

  47. C.S. Indhal

    @ Louve : c’est tout à fait ça ! Je n’aurais pas mieux dit… Donc je me tais ! ^^

    Merci le Chafouin pour tes articles et pour tes réponses aux différents commentateurs.

    A tous, je dirais : bien-sûr, la réaction de ras-le-bol de certains catholiques n’est pas forcément très productive pour l’Eglise… Elle n’en est pas moins tout à fait compréhensible, étant donnée la situation, je crois !

  48. ingovwetrust

    portez l’épée au lieu de portez la croix du monde ! christian le goff dit le forgeron chrétien !

  49. Pingback: Bilan pour l’année 2010 | Pensées d'outre-politique

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