Archives mensuelles : octobre 2008

Jour des Morts : la provocation de l’ADMD

La dernière lubie de l’ADMD, l’association pour le droit à mourir dans la dignité – qu’on pourrait rebaptiser l’association pour le droit au laisser mourir ou au suicide assisté? Faire du 2 novembre, jour où traditionnellement, on célèbre nos morts,  une journée mondiale pour la légalisation de l’euthanasie. Stupéfiant!

Comme l’alliance pour les droits de la vie (ADV) le fait remarquer, on peut parler de cette démarche non seulement comme une provocation – l’association en est habituée, elle qui ne fonctionne que par la stratégie du coup médiatique – mais de façon plus forte, comme d’une quasi-profanation. Quand on en est arrivé à ce niveau, c’est peut-être qu’on n’a plus d’arguments : s’il faut être dans le trash pour faire parler de soi et véhiculer son message, c’est très triste.

Le 2 novembre, dans la tradition catholique, et donc fatalement, nationale, c’est une date où on se recueille, où on essaie tant bien que mal d’honorer ses morts, et Dieu sait si pour beaucoup de gens, il s’agit d’une journée difficile à vivre. Comme dit l’ADV, ce n’est sûrement pas le bon moment pour introduire la "revendication" et le "ressentiment". Voire la polémique. Surtout sur un sujet aussi délicat, sur lequel on a du mal à discuter sereinement, et qui nécessite une réflexion qui sorte un peu du manichéisme auquel nous a habitués l’association présidée par Jean-Luc Romero.

A l’instar de Jean Leonetti, dont la mission approche de son terme (ce qui peut expliquer la colère de l’ADMD), je pense que "le "prendre soin" est la véritable attitude de modernité". Et que l’urgence, aujourd’hui, est de développer les soins palliatifs. Il s’agit d’une solution d’espoir, contrairement à l’euthanasie, qui est un aveu d’échec consistant à dire ou penser que la mort est la seule solution face à la souffrance. A-t-on, franchement, tout tenté à ce niveau? J’en doute.

Jean Leonetti effectue d’ailleurs une séparation nette (contrairement à l’ADMD qui introduit volontairement la confusion entre les deux notions) entre les malades en fin de vie, qui n’ont plus d’espoir et dont les jours sont comptés, et les malades incurables dont la mort n’est pas d’actualité. Dans la première hypothèse, dit-il, la fameuse loi du 22 avril 2005 "répond à quasiment toutes les situations". Dans la seconde, "la personne peut se suicider, c’est un « droit liberté », mais pas un « droit créance » vis-à-vis de la société. En d’autres termes, la société n’a pas à assumer ce geste pour elle".

Dominique Quinio, éditorialiste à La Croix, résume très bien au final l’alternative qui s’offre à nous, et qu’il ne faut pas perdre de vue dans ce débat : "Veut-on une société individualiste où chacun disposerait d’un droit à tout maîtriser de la vie, de la naissance à la mort et où le devoir de la collectivité serait de leur permettre d’exercer cette succession de droits ? Ou bien veut-on une société solidaire où la communauté humaine se donne pour mission d’accompagner, de soutenir, de soigner les plus faibles, avec le souci de leur dignité et de leur bien-être, sans croire, ou surtout sans leur laisser croire, que la seule solution serait la mort ?"

Lire aussi Koz.

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Derrière la pédagogie, se cache la propagande

La communication politique atteint un niveau tellement élevé qu’on se demande, parfois, où est la limite entre la pédagogie et la propagande. Veut-on expliquer ou manipuler?

Ainsi, Thierry Saussez, le M. Com’ de Nicolas Sarkozy, qui n’en a pas assez avec tous les sites internets gouvernementaux qu’il crée chaque semaine, a annoncé lundi soir sur Public Sénat qu’il réfléchissait à la création d’une émission de télévision, si possible sur le service public, où l’exécutif pourrait expliquer sa politique et répondre aux questions des Français.

On se demande comment on peut oser affirmer une telle énormité, sans même sourciller!

Sur la forme, Thierry Saussez explique que "tout est ouvert", et sur le fond, qu’il veut qu’à côté de la "bouilloire médiatique", existe quelque chose qui permette "d’ancrer les messages, les réformes, les mesures dans la durée". Ben voyons!

Evidemment, la société des journalistes de France Télévisions et le syndicat SNJ dénoncent ce projet, qui n’a d’autre but que de contourner et de placer sur la touche ceux qui sont justement là pour expliquer l’action gouvernementale, en la replaçant dans un contexte et en respectant le principe du contradictoire, autrement dit les journalistes.

Il est vrai que si dans les journaux, à la télé, on remplaçait les articles ou les émissions par des communiqués de tel ou tel groupe social, parti politique, organisation, syndicat ou association, on supprimerait tout filtre et on pourrait atteindre directement la cible du message. Celle-ci serait alors laissée à elle-même et donc manipulable à souhait. Comme à la belle époque de la Pravda! Efficacité totale : sans contradiction, le message est effectivement plus limpide…

Cela rappelle l’idée qui avait été lancée, à droite, d’imposer à l’AFP la diffusion des communiqués des partis politiques. L’Agence France-Presse avait vigoureusement répondu que les journalistes sont là pour sélectionner l’information, et pas pour la diffuser de manière exhaustive. Il y a d’autres créneaux pour les communiqués, comme les sites internets des dits partis.

Sans compter que de manière générale, il y a une emprise déjà beaucoup trop forte de la communication sur l’information. Les frontières sont devenues floues, de nombreux étudiants en communication deviennent journalistes et inversement, les journalistes se recyclent de plus en plus dans des services de communication.

On assiste également à une explosion des budgets "com" des institutions, et à une centralisation irrésistible de l’information dans les services en question : les focntionnaires, et parfois les élus eux-mêmes ont souvent consigne de se taire. On veut éviter que des bêtises soient racontées aux journalistes, et on veut unifier la "ligne politique" pour tout contrôler. Résultat : vous n’avez bien souvent comme seul interlocuteur un gentil monsieur ou une gentille dame sans aucune légitimité, qui a pour consigne de vous endormir et de faire en sorte que votre "papier" soit favorable. Ou de décaler la réponse à un moment jugé plus opportun par l’institution. Bien sûr, si vous vous orientez dans un sens défavorable, on peut aller jusqu’à black out : on ne répond pas à votre question. Circulez, y’a rien à voir…

Tout cela ne serait pas gênant si le but était de mieux expliquer l’action. Bien souvent, il s’agit surtout de créer l’illusion de l’action, ou de focaliser l’attention sur telle action, plutôt que sur telle autre. Ce phénomène est loin d’être l’apanage de la droite. Mais dans le cas de la proposition de Thierrry Saussez, on est dans la propagande quasiment avouée…

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Obama le gentil, McCain le méchant

"Pour ma part, je serais américain, je voterais McCain ! Rien que pour faire chier !"

Le propos est d’Autheuil. Je trouve la phrase excellente, provocatrice à souhait, et je pense que j’agirais de même si j’avais ma carte d’électeur américain. Il y en a un peu assez de cet unanimisme béat et de cette béatification permanente de Barack Obama, qui a entendre certains, est quasiment déjà thaumaturge.

Il y a un certain manichéisme à voir en Mc Cain le mal absolu, alors qu’il n’est pas la copie conforme de Bush, qui laisse un bilan catastrophique. Et surtout, il est très désagréable de voir de quelle façon les médias couvrent cette campagne, comme je l’avais déjà dit en janvier : on confond désir et réalité. Et on érige un des candidats en "gentil", et l’autre en "méchant". C’est très Français! Et excessivement pratique : le méchant, c’est Bush. Bush est républicain, donc le gentil, c’est le démocrate. Comme ça, on évite de réfléchir.

Hier soir, dans l’émission Mots Croisés, Roger Cohen, éditorialiste au New York Times, appelait, pour plaisanter, les journalistes européens et en particulier les Français, à venir s’installer deux mois à Kansas City plutôt que de couvrir les élections de New York ou Washington. Histoire de tâter le pouls de la société américaine et de nous faire comprendre les véritables enjeux de cette élection. Ceux-ci sont plus importants que la nullité supposée de Palin, le "les fondamentaux de l’économie américaine sont bons" de Mc Cain, ou le fait qu’Obama soit métis. Au passage, l’émission de Calvi a tranché sur cet unanimisme : on a entendu Hubert Védrine dire que selon lui, "les deux candidats sont bons"

Le plus important dans tout cela, c’est qu’on sent un certain bonheur, en France, au vu de l’évolution des sondages et de l’approche du résultat. Enfin, on tient le bon bout, on a soutenu le "camp des gentils" et celui-ci est en passe de l’emporter! On n’arrive plus à se retenir. Comme pour John Kerry en 2004, qui devait balayer Bush. Comme pour Jospin en 2002, qui devait l’emporter haut la main. Comme pour Balladur en 1995, qui devait enterrer Chirac. Comme pour Raymond Barre… bon, arrêtons-nous là, ça devient indécent!

Les nouvelles pythies ont un gros handicap, c’est qu’elles doivent "vendre" leur sujet (un noir à la Maison-blanche, c’est plus fun qu’un vétéran du Viet-nam) tout en respectant un principe de base dans leur prédiction : a priori, tout ce qui est à droite est suspect.

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Et maintenant, comment Rachida Dati peut-elle se maintenir?

Quel fiasco pour celle qui il y a moins de deux ans, était considérée comme l’enfant-prodige de la Sarkozie triomphante! Rachida Dati, dont la promotion fut aussi fulgurante que l’éclair, a épuisé en très peu de temps son capital politique, et n’a jamais été dans une situation aussi délicate après une journée de mobilisation où les magistrats et les personnels du monde de la justice et de la pénitentiaire ont fait la preuve de leur rejet total de la politique menée par le garde des Sceaux.

Malaise, vous avez dit malaise? Le mot est faible, et même inadapté, à lire les témoignages récoltés par Maître Eolas, qui a eu une intuition de génie avec son opération "23 octobre", que Narvic a tôt fait d’ériger en preuve définitive de l’incapacité des médias "traditionnels" à saisir et retransmettre les raisons profondes de cette défiance des juges. C’est aller un peu vite en besogne, mais lisez-les, lisez- celui-là, vous verrez le signe d’une révolte, d’une colère, qui n’ont rien de corporatiste, mais qui trahissent plutôt un rejet total de la politique menée par Rachida Dati. Et de sa personnalité, ne l’oublions pas…

Un ras-le-bol des méthodes de l’exécutif, de son empiètement sur le pouvoir judiciaire. Une réponse implacable suscitée par un pouvoir qui navigue à vue, avec des mesures tantôt spectaculaires, pour répondre précipitamment à un fait divers, tantôt d’apparence libérales, avec des idées confinant parfois au ridicule ou à l’absurde. On fait en sorte qu’un maximum de gens soient condamnés, et ensuite, on se débrouille pour qu’ils n’effectuent pas leur peine. Schyzophrène!

Le contexte de pression carcérale inédite et la grogne des services pénitentiaires, qui se sentent oubliés du projet de loi pénitentiaire, n’arrangent pas les choses pour la ministre. On ne peut pas à la fois vouloir sécuriser la France et diviser par deux le nombre de policiers, de juges, de surveillants de prison… Ce texte fondateur, qui doit être discuté à partir de janvier à l’Assemblée, est généreux avec les prisonniers et multiplie les alternatives à l’incarcération, mais fait l’impasse totale sur un sujet pourtant essentiel : la psychiatrie.

Dès lors, quel autre avenir que la démission pour Rachida Dati? La pression est énorme sur les épaules d’une femme qui ne semble décidément pas taillée pour un poste qui demande rondeur, expérience et mesure. Des qualités dont manque à l’évidence la garde des Sceaux. Nicolas Sarkozy laissera-t-il tout un pan de la politique sécuritaire du pays (prisons et tribunaux), que Malakine voit globalement dans l’impasse, aller à la dérive? Laissera-t-il en poste une ministre aussi affaiblie et illégitime?

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La liberté, pour quoi faire?

Une vidéo chipée chez Maxime Pisano, d’une conférence de Pascal Salin, un libéral-libertarien qui se dit "fier d’être extrémiste" (c’est un gag) et qui pense qu’on peut "résoudre tous les problèmes" en laissant la liberté… libre de toute contrainte. N’hésitez pas à écouter la conférence en entier (la vidéo ci-dessus n’est qu’un extrait), qui en dit long sur l’idéologie la philosophie libérale.

Alors que l’actualité récente nous montre bien que la liberté des hommes doit être sous contrôle si on veut éviter au système de ne profiter qu’aux plus fort, il est assez comique d’entendre un tel discours, qui incite à l’irresponsabilité.

L’impôt "consiste à transférer de façon forcée la propriété de quelqu’un à quelqu’un d’autre", selon lui, est un système "immoral par nature parce qu’il repose sur la contrainte", un système qui n’est "pas juste", ce qui est assez drôle de la part de quelqu’un qui un peu plus tôt, explique qu’il ne "peut y avoir de justice sociale", puisque la définition de la justice dépend de l’opinion de chacun . Les morales personnelles de chacun "entrent nécessairement en conflit", donc la "justice sociale ne peut pas être définie" et donc, est "un concept dénué de sens".

Si l’on suit son raisonnement jusqu’au bout, la morale de chacun étant personnelle, on se demande au nom de quoi on devrait tenir compte des idées libérales, qui ne sont après tout également que l’expression d’une morale personnelle…

Pascal Salin, bien sûr, a la réplique toute trouvée : si j’ai bien compris, dans son schéma, le droit de propriété doit être le curseur, la ligne rouge qui nous dit ce qui est bien ou mal :  comme il s’agit du "fruit de l’effort humain", son respect absolu doit être érigé en "morale universelle", qui nous permet de déterminer ce qui est juste ou non. Pour moi, il y a une limite toute trouvée au droit de propriété : la destination universelle des biens.

Voilà qui me paraît en tout cas à la fois incohérent et dangereux. Ce relativisme absolu ne conduit-il pas tout droit à "l’état de nature", c’est-à-dire la loi de la jungle? Le problème, dans un système où on érige la propriété en valeur absolue et inviolable (Lomig disait bien, l’autre jour, qu’un principe connaissant des exceptions n’en était pas un), où on insiste sur la liberté de chacun, c’est que très rapidement, ce sont toujours les plus faibles qui se retrouvent pénalisés. C’est la dissolution du contrat social!

On peut là encore employer le mot "naïveté"  : à trop croire, à l’instar de Jean-Jacques Rousseau, que "l’homme naît naturellement bon", on peut aboutir aux pires dérives. Non, l’homme naît avec ses faiblesses, ses passions, il est un "loup pour lui-même", pour paraphraser Hobbes (tiens! un libéral…). Il faut donc le tenir à carreau.

Le caractère absolu de la liberté, tout comme celui de l’égalité, ne peut conduire qu’à la pagaille : sans contrainte, il n’y aurait certes pas d’impôt, mais il n’y aurait peut-être plus de charité. Chacun sera d’accord pour dire qu’une solidarité volontaire a plus de valeur qu’une solidarité collective. Peut-être même que cette dernière est une des causes de l’égoïsme, puisque si on donne déjà aux impôts, ma bonne dame, on n’a pas à sourire au sdf qui mendie en bas de chez soi. Il n’empêche : on a de quoi se méfier de la générosité personnelle, dans une société où on ne prône que la réussite personnelle et matérielle.

Mais ça, est-ce vraiment le souci de M. Salin?

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La transparence exige-t-elle de bloguer à visage découvert?

Narvic et Aliocha, deux journalistes qui à l’instar de votre serviteur, mais avec plus de talent, tiennent un blog politico-médiatique sans dévoiler leur identité, se sont lancés dans de vibrants plaidoyers défendant l’anonymat. Je me permets à mon tour de revenir sur le sujet, le reproche m’ayant été fait à plusieurs reprises de me "cacher" derrière un pseudo.

En guise de fugaces prolégomènes, sachez que si vous ne vous abreuvez pas encore aux deux sources précitées, il s’agit d’une erreur : le premier analyse sans se lasser les médias et le web en tant que phénomène sociaux, décortique les rapports entre médias traditionnels et médias en ligne, avec une idée fixe en tête, celle que les premiers courent à leur perte, l’avenir étant sur la toile. La seconde apporte une touche plus personnelle, et donne des clefs pour comprendre l’envers du décor du métier de journaliste.

Sur ce sujet, je partage l’essentiel du propos d’Aliocha, qui hérige l’anonymat en nécessité, en "liberté des humbles" qui ne peuvent se permettre, tel un Jean Quatremer, d’apparaître sous leur véritable identité. Non pas par lâcheté, même si en tant que pigiste (c’est-à-dire sans contrat stable), Aliocha admet qu’elle pourrait pâtir de ses écrits. Aliocha parle surtout du risque de l’autocensure et de l’interférence avec son activité professionnelle, défend l’intérêt de l’écrit en soi, dont la valeur ne dépend pas que de la signature. Sachant que comme dit souvent Toreador, la signature peut aussi nous faire interpréter un écrit d’après une grille de lecture prédéfinie!

En ce qui me concerne, lorsque ce blog a été ouvert, je ne pensais même pas me présenter en tant que journaliste. La questionne se posait pas : il s’agissait d’un blog d’opinion, de celle d’un citoyen comme un autre, et dès lors, je ne percevais pas l’intérêt de donner ma véritable identité ni de mentionner ma qualité. D’une part, je constatais que beaucoup de blogs étaient anonymes, je supposais qu’il s’agissait d’une forme d’usage. D’autre part, je ne voyais pas en quoi le fait d’être journaliste apportait un plus à ce blog, qui pourrait très bien être celui d’un informaticien ou d’un ingénieur : qu’importe?

Ce qui compte, ce sont les idées qui ont échangées, pas l’identité de leurs auteurs. Ce ne serait pas vrai si j’étais un journaliste important mais rassurez-vous : ce n’est pas le cas, je ne suis qu’un petit scribouillard de province.

Peu à peu, j’ai toutefois ressenti le besoin de parler du fonctionnement des médias, et dès lors, je ne pouvais faire autrement que de mentionner mon appartenance à cette noble caste. C’était une façon de dire que je n’étais pas moins légitime que d’autres pour évoquer ces thèmes.

Dès lors, fallait-il tout dévoiler? Non, car depuis ce moment, l’anonymat de ce blog est d’avantage devenu celui du média qui m’emploie que le mien. Je le répète : mon identité a peu d’importance, et mes collègues et amis, tous savent que j’écris ici et je n’en ai aucune honte. J’ai eu ce raisonnement : si je jouais carte sur table, ne serais-je pas tenté de trop en dire sur des faits que je couvre en tant que journaliste, et pas en tant que blogueur? Ne serais-je pas tenté de dire ici ce que je ne peux pas dire ailleurs? Ne serais-je pas tenté, de ce fait, de manquer au respect, à la loyauté que je dois à mon employeur?

L’anonymat, dans ce cadre, peut être le garde-fou qui évite de faire fausse route, de rentrer en conflit d’intérêt entre deux activités qui doivent rester distinctes. Ici, je suis moi. Dans mon boulot, je ne suis pas que moi, d’autres intérêts entrent en jeu. Les deux ne doivent pas interférer : je ne suis pas PPDA, bien sûr, mais une fois l’anonymat levé, ne serais-je pas soupçonné d’agir de telle ou telle façon, dans le média qui m’emploie, parce que je pense comme ceci ou comme cela sur mon blog?

Au final, la prudence et la loyauté ne doivent pas être interprétées comme des formes de lâcheté. D’autant que comme le rappelle fort justement Aliocha, l’anonymat ne dispense pas de respecter le "droit de la presse", à savoir ne pas diffamer, ne pas insulter, et assumer un éventuel droit de réponse. Les avocats, eux, pourraient assez facilement joindre un chafouin, un eolas, une aliocha, un nicolas J., un authueil, un narvic, un assistant parlementaire ou un koz… Et je ne crois pas que tous ces blogueurs anonymes soient plus irresponsables ou lâches dans leurs écrits que ceux qui bloguent à visage découvert.

Lire aussi l’article d’Edgar de la Lettre Volée, qui rappelle fort justement qu’un pseudonyme est une autre forme d’identité, qui n’exclue pas la responsabilité, bien au contraire…

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Quand le Crif menace le Vatican

On croit rêver : le CRIF, vous avez bien entendu, le CRIF, c’est-à-dire le conseil représentatif des institutions juives de France, ose menacer le Vatican d’un refroidissement des relations entre le monde juif et l’Eglise catholique, pour le cas où il viendrait à canoniser le pape Pie XII.

Le pape avait en effet annoncé il y a quelques jours qu’il était favorable à la béatification de son précédesseur, mort il y a tout juste 50 ans. La procédure en est toujours à ses prémices, dans l’attente de la signature par le pape d’un décret établi en mai dernier et reconnaissant les "vertus héroïques" de Pie XII.

"Alors que le Vatican refuse d’ouvrir aux historiens ses archives sur la période de la Seconde guerre mondiale, et que la majorité des historiens indépendants n’appuie pas la thèse d’une activité inlassable du pape (Pie XII) en faveur des Juifs, une telle béatification serait ressentie négativement par l’ensemble des institutions juives de par le monde", note le Crif dans un communiqué. "Le pape Pie XII, soucieux de ne pas rompre les ponts avec l’Allemagne, n’a jamais prononcé un discours clair dénonçant la monstruosité particulière de l’extermination de millions de Juifs", souligne encore le Crif.

On croit rêver, parce que ces dernières années, on a surtout vu l’Eglise catholique faire des pas en direction des juifs. Jean-Paul II comme Benoît XVI ont accompli des gestes très forts en direction de cette religion, qu’aucun autre pape avant eux n’avaient osé.

On croit rêver, parce que cette vision d’un Pie XII silencieux face à la Shoah, voire complice objectif des Nazis en raison d’une prudence excessive,  est datée et quasiment périmée. D’ailleurs, comme l’a rappelé Benoît XVI, "souvent c’est dans le secret et le silence qu’il a agi parce que justement, à la lumière des situations concrètes de la complexité de ce moment historique, il avait eu l’intuition que c’est seulement de cette manière que l’on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs". Pardi!

Je ne vais pas reprendre la magnifique démonstration qu’avait entreprise Koz il y a quelques jours. Allez lire son article, pour ceux qui doutent : s’il ne vous convainc pas, il vous éclairera. On y voit des preuves objectives d’une activité inlassable du pape, pendant la guerre, pour sauver le maximum de juifs qu’il pouvait. Croit-on qu’un pape dénonçant publiquement et de façon véhémente la shoah aurait eu un poids quelconque sur les Nazis, qui campaient aux portes du Vatican?

De plus, comme le rappelle Toreador, qui sait que le Grand Rabbin de Rome s’est converti au catholicisme -impressionné par l’action du pape en faveur des Juifs – à la sortie de la guerre, en prenant comme prénom de baptème Eugenio, qui est également celui de Pie XII?

Et au fait, quel autre grand chef d’Etat ou de religion peuvent se targuer d’avoir fait autant pour les Juifs?

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Sifflets, assimilation et échec du multiculturalisme

Ce n’est pas la première fois, mais les sifflets entendus hier au stade de France en provenance des supporters français de l’équipe tunisienne de football, à la fois contre la Marseillaise, les Bleus et le pauvre Hatem Ben Arfa me font mal, très mal. Ils ne savent pas ce qu’ils font, mais faut-il leur pardonner?

La fois dernière, il s’agissait de France-Maroc, il y a quasiment un an, en novembre 2007. Et je cherchais vainement des explications sociales à cette véritable honte. Une honte, parce que ces Français issus de l’immigration tunisienne sont peut-être des déracinés, et l’Etat n’a peut-être pas tout fait pour leur faciliter la tâche, mais la France reste leur patrie d’adoption à laquelle ils doivent un minimum de respect. Soutenir la Tunisie est leur droit le plus strict, mais s’ils crachent sur le drapeau bleu-blanc-rouge et la Marseillaise, je leur suggère cette alternative : soit demander l’asile politique en Tunisie, pays que manifestement ils préfèrent, soit rester en France en demandant la nationalité Tunisienne.

Sur ce sujet, les bornes sont franchies et on ne peut plus se contenter de parler de simple problème d’éducation, de politesse, ou peut-être tout simplement de mimétisme (les sifflets pouvant devenir un jeu), même si ces trois aspects sont présents dans cette crise.

Hatem Ben Arfa, né Tunisien mais qui a choisi le maillot bleu, a été lui aussi copieusement sifflé et qu’en dit-il? "On l’avait vu contre le Maroc et l’Algérie, on va dire que c’est devenu une habitude même si je ne sais pas s’ils le pensent vraiment. Mais je ne leur en veux pas vraiment. C’est un peu dommage mais ce n’est pas grave. Il y avait plus de Tunisiens que de Français, il faut les comprendre. C’est sûr que c’est bête mais du moment qu’il y avait du spectacle et que tout le monde s’est fait plaisir, ce n’est pas le plus important? C’était un match important pour la communauté tunisienne et française pour qu’elles se rassemblent, a ajouté le joueur de Marseille. Pour moi, c’était une fierté."

On peut applaudir à sa compréhension et sa nuance, mais ce genre d’opinion n’est-il pas totalement à côté de la plaque, angélique, voire aveugle? Est-ce "vraiment le plus important", que la France ait gagné et qu’il y ait eu du spectacle? Les communautés se sont-elles vraiment "rassemblées"? Peut-on parle de "fierté", ou plutôt de honte?

Cette fois, comme Criticus, je ne peux que me résoudre à l’évidence : il y a un gros problème avec la notion de nationalité dans notre pays, qui n’est plus du tout intégrateur mais qui accole les communautés les unes à côtés des autres sans chercher à leur trouver un but commun. Ce n’est pas un problème social, puisque jusqu’à preuve du contraire, on n’a jamais vu des RMIstes dits "de souche" (terme vraiment peu adéquat, mais je n’en ai pas d’autres) siffler la Marseillaise.

La faute, pour moi, est toute trouvée : on a voulu flatter les origines des immigrés, dans les années 80, et créer des "Beurs", des "Maghrébins de France", ce qui est une hérésie totale : soit ils sont maghrébins, soit ils sont Français. Pas les deux. Qu’es-ce que ça veut dire, "Beur"? Parle-t-on de Pollack ou de Rital? Parle-t-on de "Breton du Nord"?

C’est cette schyzophrénie, orchestrée par des mouvements comme SOS-Racisme avec la complicité objective du PS et de la gauche, trop heureux de s’assurer le vote d’une minorité importante et ainsi créer de toutes pièces le Front national, épine qui restera longtemps dans le pied de la droite. qui est à l’origine de cette situation.

Résultat : la communauté nationale est aujourd’hui fracturée (les communautés asiatiques ne sont pas moins renfermées sur elles-mêmes, d’ailleurs), et les identitaires extrémistes reprennent du poil de la bête en se faisant passer pour de gentils défenseurs de la culture locale.

On court au conflit, et au conflit armé, c’est une évidence : déjà, les politiques marchent sur des oeufs dès qu’ils pénètrent dans les cités, dont on achète le silence à coups de subventions. Les insultes du type "sale Français" se multiplient, et je ne vois pas comment on va passer à côté d’une nouvelle crise majeure.

Dès lors, que faire? Si je partage son diagnostic, je n’agrée pas à la conclusion de Criticus, qui propose de créer une forme de "nationalité au mérite", qui récompenserait de la carte d’identité ceux qui s’en sont montrés dignes, qu’ils soient de souche ou  pas. Si l’idée est séduisante, elle me semble impraticable dans les faits. Quels seraient les critères, la méthodologie utilisée? Et surtout, la nationalité n’est-elle pas un fait, plus qu’une récompense à gagner? Je suis Français, parce que je suis comme ci ou comme ça, pas parce que je suis né quelque part ou que j’ai été gentil à l’école.

Comme Rubin Sfadj, je crois donc plutôt à une relance du modèle assimilationniste, qui seul peut permettre de créer une communauté soudée. Les tests de langue pour acquérir la nationalité vont dès lors dans le bon sens, même si ce n’est pas suffisant. Contrairement à ce que nous ont fait croire les chimères gauchisantes, une société homogène n’est pas forcément synonyme de renfermement sur soi. Car ne pas accorder la nationalité, ce n’est pas rejetter l’autre, c’est le considérer tout bonnement comme ce qu’il est : un autre. Et une société éclatée ou multiculturelle n’est pas ce paradis qu’on nous a fait miroiter, où le steak-frites se mélange au nem et au couscous pour le plus grand plaisir des papilles et le plus grand bonheur de tous.

EDIT : La décision annoncée par le gouvernement, de pure communication, d’interrompre les matches en cas de sifflets de l’hymne national est doublement contestable : d’une part parce qu’elle n’est pas applicable (au niveau sécurité, et puis parce que ce serait injuste), d’autre part, parce que cette annonce permet surtout d’éluder le fond du problème. J’entendais hier soir Roselyne Bachelot sur France 2 : je ne l’ai pas entendu parler de politique d’intégration ou de politique familiale.

Lire aussi, à ce sujet, la réflexion de Malakine.

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Et le dimanche, l’Etat gardera vos enfants…

J’insiste, j’enfonce la plaie dans le couteau, je rentre dans le lard. Le gouvernement va plus vite, plus loin, plus fort, peut-on lire dans le JDD sous la plume de du servile Claude Askolovitch, dont on peut s’interroger sur l’indépendance dans cette affaire (*). Alors qu’hier, la CGPME a exprimé ses inquiétudes au sujet de la libéralisation du travail dominical, et qu’aujourd’hui, Nicolas Sarkozy doit s’exprimer à son tour sur cette question, Xavier Bertrand propose d’ouvrir des crèches sept jours sur sept.

Et pourquoi pas, en effet?

"Les nouvelles crèches notamment, il faudra aussi qu’elles puissent être ouvertes sept jours sur sept quand il le faut. Parce que quand vous êtes commerçants, pourquoi vous n’auriez pas le droit d’avoir vos enfants à la crèche ?", a expliqué le bonhomme.

Et le livreur de lait de la nounou, lui aussi, pourra ouvrir le dimanche, au cas où. Le cordonnier du livreur, on ne sait jamais. Et puis l’assureur du cordonnier. Et le banquier de l’assureur. Et le magasin de vêtements du banquier?

"Il faut qu’on puisse se caler au rythme de vie et aussi au rythme de consommation des Français", nous explique Xavier Bertrand, l’homme dont les dents raient le parquet au point d’être ralenti dans sa course en avant et doublé par Jean-François Copé et Xavier Darcos, c’est dire… Voilà bien la preuve qu’il ne s’agit pas seulement, comme l’a prétendu Luc Chatel, de simplement toiletter la législation pour rationnaliser un système très compliqué (ce qui était est effectivement le cas). Je n’aime pas l’idée selon laquelle on envoie les gens au turbin pendant que l’Etat garde leurs enfants.

En réalité, on ne cherche pas tant à contenter les Français qu’à adapter de force leur mode de vie aux desiderata de quelques-uns, et notamment de lobbies de la grande distribution et des grandes enseignes du textile. Pour le secteur de l’ameublement, c’est déjà fait… Et tant pis pour les conséquences sociales/sociétales de la mesure! On se doute qu’une fois la brèche entamée, et une fois passé le moment de l’émotion du travailler plus pour gagner plus, le doublement du salaire n’existerait plus que dans les rêves les plus fous des employés. 

Et quand on regarde de plus près sur le sondage malhonnête publié par le JDD (merci à un commentateur de Koz de l’avoir signalé, j’étais passé à côté…) on se rend compte que ce ne sont pas "67% des Français qui sont prêts à travailler le dimanche", comme on l’a entendu partout… Mais 17% des Français qui répondent "oui, toujours" à la question "Travailler le dimanche est payé davantage qu’en semaine. Si votre employeur vous proposait de travailler le dimanche, accepteriez-vous?", contre 33% qui répondent "non jamais" et "50% "oui, de temps en temps", ce à quoi ils auraient aussi pu répondre "non, pas toujours"!

P.S : la photo illustre bien sûr ma promenade en forêt de dimanche dernier.  C’est un appel à la méditation, plus qu’à la consommation!

P.P.S : après avoir désigné Askolovitch de l’adjectif "servile", et en confrontant mon opinion avec celle de plusieurs commentateurs, je retire ce mot excessif issu d’un premier jet un brin énervé. Mea culpa. On peut néanmoins s’interroger et s’inquiéter au sujet de l’indépendance du JDD dans cette affaire. Un sondage manipulé et déformé, qui sort le jour même d’une interview accordée à un ministre qui le même jour, est en déplacement de promotion sur ce thème dans un centre commercial, ça fait beaucoup. Et ça fait surtout beaucoup les affaires du gouvernement, il me semble.

P.P.P.S. : lire aussi le point de vue gauchiste de Koz.

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Libéraliser le travail dominical, c’est fragiliser l’individu et la famille

"Le dimanche n’est pas un jour comme les autres, c’est vrai. Mais il faut aussi voir comment les choses évoluent. Nous ne pouvons pas refuser à des personnes qui souhaitent travailler le dimanche de le faire", a expliqué hier le ministre du Travail,  Xavier Bertrand, en déplacement avec le secrétaire d’Etat à la consommation, Luc Chatel, pour rappeler la mobilisation du gouvernement sur ce sujet.

On y est : le vote de la proposition de loi Maillé, repoussé plusieurs fois, et qui multiplie les dérogations, pourrait intervenir avant la fin de l’année.

Toujours le même raisonnement : le principe reste que le dimanche est un jour de repos, et qu’on ne va pas revenir dessus! Mais on va assouplir, avec le chantage à la création d’emplois et au retour de la croissance, pour protéger la liberté de ces gentils travailleurs qui veulent bosser plus pour gagner plus, et d’ailleurs, un sondage très opportun nous apprend que 67% des Français (je me demande qui?je n’en connais pas) sont prêts non pas à aller faire des courses le dernier jour de la semaine, mais bien à travailler ce jour-là! Il va falloir m’expliquer…

C’est la grande technique : assurer qu’on va respecter un principe, et dans le même temps, lui tordre le cou en appelant à briser les tabous et à sortir des carcans.

On a déjà examiné en détail la proposition de loi Richard Maillé, qui ne va pas très loin, il est vrai, mais écorne déjà sérieusement le principe du repos dominical. Ne soyons pas dupes : une fois que la brèche sera ouverte, les nouvelles exceptions passeront comme une lettre à la Poste. On a ici même beaucoup débattu des conséquences que pourraient avoir une libéralisation du travail du dimanche. Et beaucoup dénoncé l’hypocrisie de ceux qui ouvrent déjà chaque dimanche au mépris de la législation. Pas de radar pour eux.

Je ne vais pas aborder à nouveau les contours économiques de cette loi, même si je reste persuadé, d’une, que le portefeuille des Français n’étant pas extensible, l’ouverture des commerces le dimanche n’augmentera pas leur pouvoir d’achat, et de deux, que les grands perdants seront une nouvelle fois les commerces de ville, si l’on en reste là. Je reste aussi convaincu qu’une "pause commerciale" ne fait pas de mal pour l’Homme. Marre de voir des gens se promener en famille dans les centres commerciaux! Ils seraient aussi bien en forêt à cueillir des champignons.

Pour le reste, les syndicats me paraissent totalement hors-sujet en se focalisant uniquement sur la question du libre choix et du salaire. C’est bien sûr une revendication importante, mais il faut dépasser cet aspect : même payé double et choisi librement (mais ne rêvons pas), le travail dominical ne serait pas satisfaisant.

C’est en effet une véritable révolution de société qu’on risque de subir avec la généralisation du travail dominical. Je suis bien placé pour le dire : dans mon entreprise, on va bientôt devoir tous travailler par roulement le dimanche. Le journalisme ne s’arrête certes pas un jour par semaine. Mais je note que nous n’avons pas eu le choix, et qu’il n’y aura pas d’augmentation de salaire ce jour-là.

Politique de civilisation? Mon oeil! Si on voulait tuer la famille, si on voulait isoler encore plus l’individu, on n’agirait pas autrement. Car que va-t-il se passer? Pour ceux qui travailleront le dimanche, un décalage total par rapport à la société. Des périodes de travail de dix jours sans interruption, avec le jeu des repos hebdomadaires. Et si tout le monde prend ses repos de façon librement choisie, et donc différente, n’est-ce pas la mort de la convivialité?

L’avantage d’un repos identique pour tous saute aux yeux : cela permet à tous de se retrouver, amis, familles… Mariages, communions, bar mitzvah, repas familiaux, pendaisons de crémaillère…

Au lieu de cela, et si l’on s’oriente dans cette voie, certains prendront leurs repos le lundi, d’autres le mardi, etc. Avec parfois, au sein d’une même famille, un mari qui ne prend pas ses jours le même jour que son épouse! Et les enfants, dans tout ça?

On parle beaucoup en ce moment, évidemment, des origines de la crise financière actuelle, de la cupidité, de l’égoïsme des marchés, de leur absence de moralisation. Mais à quoi sert-il de se répandre en banalités et en grands mots, si ce n’est pour en retenir aucune leçon?

Car que fait-on, là, à part raisonner uniquement en termes économiques, et en oubliant tout le reste? En oubliant, tout simplement, l’homme?

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