Archives mensuelles : septembre 2008

Non à l’abrutissement Royal des esprits!

Je me joins à mes deux collègues de Kiwis, Toreador et Monsieur Pingouin, qui d’une même voix, et d’une voix qui porte par son talent, taillent de véritables croupières à Ségolène Royal après son show ridicule du Zénith, où l’on a atteint le degré zéro de la politique.

Monsieur Pingouin, qui n’allait pas se priver d’une si belle occasion de jaboter, sonne la charge en comparant la présidente de la région Poitou-Charentes à Jean-Marie Bigard :

"Entre nous mon cher lectorat, cela me met particulièrement en forme lorsque j’entends Henri Emmanuelli ou Xavier Bertrand accuser Ségolène Royal de manquer de fond. Pourquoi ? D’une parce que lorsque l’on y est, on est très bien placé pour le racler, s’entêter à le creuser et pire : y trouver éventuellement du pétrole, et de deux parce que la levée des fonds qui alimentent ses désirs d’avenirs a été plutôt honorable pendant la campagne présidentielle. Alors non, je ne crois pas que les fonds aient fait défaut à la reine de la soirée."
Toreador voit dans la forme prise par ce stand-up le signe du degré ultime de la pipolisation de la politique, et enfonce le clou :

"C’est que la France, qui voit avec inquiétude s’écrouler tout un pan du système international, a moins besoin d’un gonze ou d’une gonzesse « sympa » (que) d’un chef qui la respecte. Respecter les gens, ce n’est pas leur vendre un label bas de gamme en pensant qu’ils n’y verront que du feu. C’est faire appel à leur cœur plutôt qu’à leur intelligence, et donc quelque part ne pas prendre pour acquis qu’ils ne savent pas penser."

Sans aller jusqu’à parler comme Henri Emmanuelli d’une "cérémonie qui est entre le show business et le rassemblement de secte", cette évolution est d’autant plus grave que Ségolène Royal, malgré ses manières agaçantes et ses méthodes politiques douteuses, n’est pas la dernière des imbéciles et a donc des choses beaucoup plus intéressantes à dire ou à faire. Et pourtant, elle persiste et signe, osant même affirmer que les citoyens "s’habitueront aussi à ce que la politique soit ce lien profond de générosité et de fraternité populaire". On croit rêver!

Et son entourage de revendiquer le "charisme" de la madone. Du fond, par pitié, plutôt que des Hervé Vilard sur le retour…

Alors clamons-le haut et fort : non à l’abrutissement des esprits, et oui au vrai débat d’idées!

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La haine comme moteur de l’action politique

Il faut que je vous parle d’un type, que vous connaissez peut-être déjà. Il a une belle plume, une grande culture politique, un cynisme sans borne et un charisme certain. Avec en prime, un sens de l’humour désopilant, et un amour inconditionnel pour les briques. Et à vrai dire, un penchant pour toute les formes de sévices physiques à infliger aux méchants capitalistes, aux infâmes curés et aux salauds de publicitaires.

Cet énergumène, c’est l’auteur du blog "CSP", alias le Comité de Salut Public, du nom de cet effroyable tribunal révolutionnaire qui, à l’époque radieuse de la Terreur, envoyait les ennemis de la liberté à l’échafaud sans autre forme de procès. Tout un programme, avant même d’avoir jeté un œil sur sa prose. Un autre blog s’appelle bien "Vive le goulag", alors pourquoi pas? (On imagine la durée de vie d’un blog intitulé "Vive Auschwitz", mais c’est sûrement un signe de mauvaise foi de notre part)

En le découvrant, CSP m’a d’abord révulsé. Et puis dans un second temps, j’ai lu plus attentivement, les sujets m’ont amusé puis intéressé. Comme l’auteur le dit lui-même, "c’est un exercice de l’esprit qui est intéressant : s’aventurer en territoire hostile est toujours très instructif". Les rengaines crypto-trotskystes m’ont à vrai dire un peu déridé, puis bousculé. Je croyais à une forme de second degré dans ces écrits. Et puis, leur montée en puissance correspondait vaguement à celle du mentor de l’ultra-gauche, le sémillant facteur neuilléen Olivier Besancenot. Vous savez, cette gueule d’ange rouge maquée avec une éditrice parisenne pleine aux as. Une opération de découverte, à visée sociologique, s’imposait donc. Et j’ai passé des mois en immersion…


Ceux-ci ont passé, et malgré ma bonne volonté petit à petit, le malaise a grandi. Au fil des lectures, la plume m’a parue plus amère. Plus je lisais, et moins je regardais les bons mots, l’enrobage, pour me focaliser uniquement sur le démontage en règle des blogueurs libéraux par trop caricaturaux ou encore adolescents, les sempiternelles fusillades d’Ivan Rioufol, les coups de bambou infligés aux sociaux-traîtres du PS. Ils ont fini par me lasser. Le disque m’a vite semblé rayé, mon intérêt a décliné. CSP avait beau me classer parmi ses blogs de droite favoris (appartenance politique que je refuse toujours), je cherchais vainement une espérance derrière ce tombereau d’injures et cet amas de violence.


P
ouvait-il y en avoir une? Quel est le but de tout cela, je veux dire, à part vomir sur les méchants riches et de célébrer la montée du Nouveau Parti Anticapitaliste? Pouvait-il seulement exister un minuscule projet ou une envie dans ce torrent de râleries et de mécontentement? Un semblant de positif dans ce fatras de critiques acerbes et de "fureur enthousiaste"?

Je crains que non. Ici, tout n’est définitivement que haine, haine, et encore haine. Une fois tombé le masque du cynisme et du style fort joli, ne reste qu’elle. La haine. Un crachat, une morsure.

Si seulement, après tout, un humanisme se cachait derrière tout cela, mais même pas. A l’écouter, on n’a même pas le droit d’être catholique et de l’exprimer publiquement. Défiler vêtu de string en cuir sur des chars ridicules, oui, mais marcher au nom de valeurs jugées "réactionnaires", non. Bloquer toutes les semaines les rues de nos villes avec des manifestations conservatrices réunissant toujours les mêmes cégétistes, oui, mais une fois par an, rappeler qu’il existe des prolife, non. Cette opinion n’a pas le droit d’être exprimée.


On en revient au final au titre même du blog. Comité de Salut Public. Pas de liberté pour les ennemis de la liberté
. Pas de quartier pour ceux qui pensent différemment. Pas de rémission. Pas de trêve. Pas de négociation, seulement le combat, et si possible, le combat à mort. On ne se bat pas avec les mêmes armes, un peu comme le Mordor dans le Seigneur des Anneaux : il veut juste tuer, détruire. Il n’est pas question de fraternité ou d’amour de l’humanité.

Or la haine peut-elle être un moteur de l’action politique? J’en doute.

Il est d’ailleur assez préoccupant, pour élargir un peu le sujet, de voir qu’à chaque crise, on en revient aux mêmes recettes. Les mêmes qui excitaient le peuple en 1789, 1830, 1848, 1871, 1917 (avec les résultats que l’on sait), avec leurs promesses de lendemains qui chantent, reviennent aujourd’hui en promettant la lune à tous les exploités du système. Olivier Besancenot a ainsi été désigné par un sondage Opinion Way, pour la deuxième fois, comme le meilleur opposant à Sarkozy. On croit rêver!


Car lui, sa haine, il la cache mieux que CSP. Il fait le malin chez Drucker ou Denisot, joue le gendre idéal, mais surtout évite de s’étendre sur son programme rétrograde qui nous plongerait à coup sûr dans la guerre civile s’il était appliqué. La volonté de légalisation de drogues dures en est un bon exemple.

Comme disait Nicolas Sarkozy dans son discours de Toulon, "l’anticapitalisme n’offre aucune solution à la crise actuelle. Renouer avec le collectivisme qui a provoqué dans le passé tant de désastres serait une erreur historique".

Erreur historique, oui. Dans laquelle peuvent pourtant tomber facilement les populations les plus fragiles, qui ne voient que les caciques de la LCR se déplacer vers eux. Sans compter qu’une forme de radicalisation d’une certaine jeunesse coexiste avec l’action politique des "antis". Que celle-ci est prise très au sérieux et inquiète au plus haut point dans les sphères policières, et que cette menace est étudiée au même titre que celle qui résulte de l’intégrisme islamiste.

Disons-le tout net : c’est très triste. Ces gens sont tristes. Ils me font sincèrement de la peine, car ils gâchent leur santé et leur belle jeunesse à voir le monde en noir, à chercher des méchants et des complots partout, dans une parano qui va croissant…

Et vous, pensez-vous que la haine, la fureur, puissent être le ferment de quoi que ce soit de productif, de constructif pour la France et le monde?

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Economie : que dit la doctrine sociale de l’Eglise?

Je ne comprends pas grand-chose en économie, science complexe qui nous gouverne tous alors même qu’il n’est pas facile de l’appréhender. Et pourtant, quand on réfléchit à l’instinct, et qu’on essaie d’analyser la situation actuelle d’un point de vue social, on ne peut être qu’atterré par les conséquences sur l’économie américaine, et partant, mondiale, du désastre de la crise des subprimes, dont la chute de Lehman Brothers n’est que le dernier avatar.

Verel a l’extrême amabilité de nous résumer en termes choisis et vulgarisateurs ce qui semble être la résultante directe d’une forme de gourmandise et d’âpreté au gain. On a aussi tendance à penser que si les traders se comportaient un peu moins comme des geeks ou des fanas de jeux vidéo, on n’en serait pas là.

On pourrait aussi gloser sur les 700 milliards que le Trésor américain (donc les contribuables, et au final, vous et moi en paierons également le prix) va débourser pour calmer le jeu et éviter l’effet boule-de-neige causé par la chute d’une banque d’affaires aussi importante. On pourrait pleurer de rage en regardant l’Etat, tant vilipendé par les requins de la finance, servir constamment de pompier pour circonscrire les incendies allumés par ceux qui contribuent si peu au bien commun. Et qui se font un beurre dingue en refusant d’assumer les conséquences de leur inconséquence. On aurait parfois envie de balancer des briques avec les crypto-gauchistes.

Mais on préfère se calmer, boire un grand verre d’eau, respirer un bon coup et essayer de réfléchir sereinement. On se souvient d’ailleurs qu’Ivan Rioufol terminait ainsi sa note sur la visite de Benoît XVI en France : "La crise financière internationale, qui secoue les États-Unis et qui n’épargnera pas l’Europe, oblige à s’interroger sur un système économique dévoyé. Là aussi, la doctrine sociale de l’Église a une place à prendre dans les réflexions à venir."

Mais c’est quoi au fait, la doctrine sociale de l’Eglise? On en parle beaucoup mais que dit elle sur tous ces sujets? Grâce au ciel, nous ne sommes pas manchots, et une courte recherche internet nous mène au septième chapitre de la fameuse doctrine, qui semble résumer le discours évangélique en matière économique.

Bien sûr, il est inutile de chercher à y trouver un quelconque programme politique, l’Eglise ne se mêlant pas concrètement du temporel. Il s’agirait plutôt d’une énumération de grands principes, de grandes lignes que l’Eglise propose comme des pistes de réflexion pour tenter d’atteindre le double idéal de charité (que d’aucuns appellent solidarité) et de justice.

La base de tout, c’est que l’économie « n’est qu’un aspect et une dimension dans la complexité de l’activité humaine" (§365), et que  "l’activité économique et le progrès matériel doivent être mis au service de l’homme et de la société" (§326). D’où le principe de la destination universelle des biens, les richesses ne remplissant "leur fonction de service à l’homme" que "quand elles sont destinées à produire des bénéfices pour les autres et pour la société" (§328). Cela peut paraître évident, mais à y regarder de plus près, nos lois économiques sont-elles toujours destinées à satisfaire l’intérêt général, et le bien-être de l’homme, ou plutôt à s’assurer le soutien électoral de telle ou telle catégorie de la population? On pourrait y trouver matière à contester la primauté de principe accordée de nos jours à la démocratie moderne, mais on dépasserait un tantinet le cadre du sujet.

La DSE est bien sûr favorable à la propriété privée, à la liberté d’entreprendre, et même à l’économie de marché (§334) sous réserve que son développement ne soit pas uniquement quantitatif : "L’objet de l’économie est la formation de la richesse et son accroissement progressif, en termes non seulement quantitatifs, mais qualitatifs : tout ceci est moralement correct si l’objectif est le développement global et solidaire de l’homme et de la société au sein de laquelle il vit et travaille".

Et sur le sujet qui nous préoccupe, à savoir le marché et la finance, les choses sont dites clairement : rien ne peut fonctionner si, encore une fois, le but n’est pas le bien de l’Homme mais l’intérêt de quelques-uns ou la passion immodérée pour l’argent ou la richesse. Qui n’est pas condamnée en soi, bien entendu…

Le principe de base est qu’ "il existe de bonnes raisons d’estimer qu’en de nombreuses circonstances le marché libre soit l’instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins", et qu’un "vrai marché concurrentiel est un instrument efficace pour atteindre d’importants objectifs de justice : modérer les excès de profit des entreprises; répondre aux exigences des consommateurs; réaliser une meilleure utilisation et une économie des ressources; récompenser les efforts des entreprises et l’habileté d’innovation et faire circuler l’information de façon qu’il soit vraiment possible de confronter et d’acquérir les produits dans un contexte de saine concurrence. " (§ 347) Le §349 ose même parler du marché comme d’un "instrument irremplaçable de régulation du système économique".

Voilà qui, du coup, nous éloigne un tout petit peu des crypto-gauchistes dont nous parlions précédemment, et qui de toutes façons ne rêvent que de casser du catholique, les fourbes. Ils ont de la chance qu’en face, le discours soit teinté d’amour!

Ceci étant posé, les limites établies sont strictes et n’accordent aucun blancs seing à quelque main invisible que ce soit : "Le marché ne peut pas trouver en lui-même le principe de sa propre légitimation (…) Le profit individuel de l’agent économique, bien que légitime, ne doit jamais devenir l’unique objectif. À côté de celui-ci, il en existe un autre, tout aussi fondamental et supérieur, celui de l’utilité sociale, qui doit être réalisé non pas en opposition, mais en cohérence avec la logique du marché. Quand il remplit les importantes fonctions rappelées ci-dessus, le marché libre sert le bien commun et le développement intégral de l’homme, tandis que l’inversion du rapport entre les moyens et les fins peut le faire dégénérer en une institution inhumaine et aliénante, avec des répercussions incontrôlables." (§ 348)

Les répercussion incontrôlables, ça ne vous rappelle rien? Non, vraiment rien?

La finance n’est pourtant elle non plus pas condamnée en soi puisque le §368 reconnaît que "l’expérience historique atteste qu’en l’absence de systèmes financiers adéquats, aucune croissance économique n’aurait eu lieu" et reconnaît les "fonctions positives de l’épargne pour le développement complexe du système économique et social".

Mais on en revient toujours à l’abus et à l’excès : "Le développement de la finance, dont les transactions ont largement surpassé en volume les transactions réelles, risque de suivre une logique toujours plus autopréférentielle, sans lien avec la base réelle de l’économie."

Et au bout du bout, dans un système globalisé comme le nôtre, il y a risque de double injustice puisque "les pays exclus de ces processus, bien que ne jouissant pas des bénéfices produits par ceux-ci, ne sont pas à l’abri d’éventuelles conséquences négatives de l’instabilité financière sur leurs systèmes économiques réels, surtout s’ils sont fragiles ou si leur développement est en retard" (§369).

Et les solutions quelles sont-elles? Tout l’inverse de la dérégulation! Car selon la DSE, il est "on ne peut plus urgent de trouver des solutions institutionnelles capables de favoriser réellement la stabilité du système, sans en réduire les potentialités ni l’efficacité. Il est indispensable d’introduire un cadre normatif permettant de protéger cette stabilité dans la complexité de tous ses éléments, d’encourager la concurrence entre les intermédiaires et d’assurer la plus grande transparence au profit des investisseurs."

Mieux, il est du devoir de la communauté internationale de trouver ces solutions (§371).

Mais alors, qu’attend cette dernière pour acheter le compendium de la doctrine sociale de l’Eglise?

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Régime carcéral français : des raisons d’être sceptique

A chaque fois, c’est la même chose. Les visites de prison me plongent toujours pendant plusieurs jours dans une forme de scepticisme envers le régime carcéral. Non pas en raison de l’horreur de la situation, qui semble assez largement exagérée par les associations humanitaires, mais en raison de l’organisation du système en lui-même, de l’ambiance qui règne dans ces établissements.

Attention, je ne parle pas ici statistique mais d’une impression qui se revendique comme personnelle et donc forcément subjective. Voilà, disons le tout net : je n’ai jamais vu, dans une prison, la situation sanitaire catastrophique décrite par les médias et associations, mais en revanche, je reste persuadé de l’inanité du système. Quand on a vu ça, et malgré le travail formidable de quantités d’associations et personnels de réinsertion, on se dit qu’un tel système ne peut que tourner sur lui-même. Et à vrai dire on se demande comment certains s’en sortent.

Hier, j’accompagnais donc une délégation d’élus et d’avocats dans deux prisons du Nord Pas-de-Calais. L’une vétuste à souhait, l’autre d’une modernité à faire peur. Dans ces deux maisons d’arrêt, on sent bien que l’administration veut faire bouger les choses, et des efforts sont faits pour enfin faire en sorte d’appliquer les fameuses règles pénitentiaires européennes, qui ne l’oublions pas, sont à l’origine du projet de loi pénitentiaire examiné fin juillet devant le conseil des ministres, et dont on attend toujours l’arrivée au Sénat, qui ne devrait pas intervenir avant janvier.

Par exemple, on rénove le "mitard", le quartier disciplinaire : plus question de faire dormir les "rebelles" dans des cellules à peine éclairées, dotées de toilettes à la turque. Les fenêtres sont donc en train d’être agrandies, le détenu pourra lui-même allumer la lumière, des toilettes classiques sont installées. Très bien.

Ailleurs, un quartier "sortant" est en cours d’édification : on veut préparer les détenus au plus tôt à rejoindre le monde réel. Le tout dans une atmosphère bon enfant où l’on parle de "contractualisation" avec le détenu, où on insiste sur le fait qu’on "respecte sa volonté". Oui car voilà : en prison, on ne force jamais personne.

On est libre de travailler ou pas, par exemple, c’est-à-dire d’un côté, d’avoir des horaires qui vous aident à structurer votre journée, gagner de l’argent, s’activer, de l’autre, rester à regarder la télé dans 9m2. Au passage, il paraît assez choquant que des entreprises privées gèrent les "ateliers de production", d’où sortent des produits certifiés ISO-9001 qui sont en concurrence directe avec le marché… D’un côté on peut se dire que cela prépare le détenu à la sortie, en le contraignant à faire du travail de qualité, mais vu du côté de l’entreprise, il s’agit surtout de faire du profit sur le dos des personnes incarcérées et ça, c’est vrai que ça a du mal à passer. Passons.

On fait également beaucoup pour les détenus : de nombreuses activités sont proposées, des tas de gens se bougent pour trouver des idées, il y a des exposition, des concerts, bref, on n’abandonne pas les prisonniers.

Au final, quand on voit tout ça, on réalise les progrès qui ont été effectués non seulement dans les mentalités mais aussi dans les faits. Et la loi pénitentiaire de Rachida Dati essaie de  poursuivre l’effort, en multipliant les mesures alternatives de détention, comme le bracelet électronique, qui sera généralisé pour toutes les peines inférieures ou égales à six mois. les aménagements de peine seront également étendus. "Le but est de stopper la course à l’inflation de la population carcérale, m’explique un élu UMP de la délégation, qui soutient le texte tout en souhaitant des améliorations. C’est un texte très urgent car il faut enfin avoir un texte-cadre sur les prisons, ce qui n’a pas été le cas depuis 22 ans. Le plan Perben de construction des prisons prévoyait de disposer de 64 000 places d’ici à 2011 : il y a déjà plus de 64 000 détenus en France, et l’an passé, la population carcérale a augmenté de 8%!"

On oriente donc tous les efforts sur la population carcérale, en se disant qu’une fois que les effectifs seront revenus à un niveau plus acceptable, tous les problèmes seront règlés. Mais il en existe bien d’autres, des problèmes!

Car dans le même temps, les courtes peines, celles qui sont les plus difficiles à traiter (difficile d’effectuer un travail avec le détenu, à peine entré, déjà sorti…), se multiplient. Dans la prison ultra-moderne que j’ai visitée hier, l’administration double toutes les cellules, prévues au départ pour être individuelles conformément aux recommandations européennes. Quel est le sens de tout cela, au moment où on souhaite diminuer les effectifs?

On joue donc sur les deux tableaux, dans une attitude proprement schyzophrène : à l’opinion publique qui réclame plus de sécurité, on offre des lois répressives, la rétention de sûreté, les peines-plancher pour les récidivistes, on parle de tolérance zéro (et encore, la justice laisse libres quantité de gens qui pourraient encore grossir les effectifs des prisonniers…), et donc on fait tout pour que les personnes dangereuses soient mises hors d’état de nuire, et de l’autre, on élabore de beaux discours sur la dignité du prisonnier et une belle loi pour faire en sorte qu’il y en ait le moins possible.

Moi, le bracelet électronique, je n’ai rien contre, même si on manque de recul pour analyser son application. Il y a encore trop peu de détenus qui le portent pour avoir un retour digne de ce nom. Mais pendant ce temps, l’essence même de la prison française rend vain tous ces efforts, à mon sens. On ne prend pas le problème à la base.

Car pendant que se multiplient tous ces beaux discours, les détenus, eux, vivent dans une atmosphère à l’hygiène douteuse. Dans une ambiance détestable. Dans une sphère fermée où les comportements du dehors se reconstituent. "Ce sont des petites cités en miniature", souligne un surveillant. Les clans se reforment, les rivalités aussi. Et parfois, au milieu de tout cela, de cette ambiance empreinte de violence, où les produits stupéfiants tournent avec une facilité déconcertante, il y a parfois un type qui arrive parce qu’il a bu au volant. Qui se retrouve plongé dans un enfer incroyable, dans un monde qu’il ne connaît pas, d’où il pourra difficilement sortir meilleur qu’il n’est entré.

Il y a aussi l’apprentissage de la violence et des combines, puisqu’on mêle toutes sortes de profils, sans tenir compte des âges (des quartiers jeunes majeurs avaient par exemple été élaborés pour épargner les 18-20 ans : suppirmés à la demande de l’administration centrale!), ni des types de condamnation.

Et puis, bien sûr, il y a les cas qui relèvent de la psychiatrie. "15 à 30%" des détenus, selon le directeur d’une des deux prisons, souffrent de troubles psychologiques ou psychiatriques. Ce qui semble logique. Quand on se balade dans les allées, on croise certains détenus au regard hagard, shootés au médicaments. Tout se passe comme si on maintenait les détenus tranquilles, avec leur dope et leur télé. Jusqu’au jour où ça explose. "Quand on ouvre certaines cellules on ne sait pas ce qu’on va trouver, certains sont complètement défoncés", glisse un autre surveillant. Les agressions se multiplient. On pourrait parler des deux détenus tués à Rouen. Un jour viendra où un gardien sera touché.

Croyez-vous que la loi pénitentiaire se penche sur le problème? Croyez-vous qu’on ait tenté d’ajouter au débat le problème de la psychiatrie française? Pour beaucoup de gens, les fous n’ont rien à faire en prison, non seulement pour eux (sont-ils responsables de leurs actes? un élu confiait hier qu’il faudrait enfin, un jour, supprimer la différence entre abolition et altération du discernement) mais aussi pour tous les autres.

Mais non. En France, on aime bien règler les problèmes les uns après les autres, au gré des faits divers et de l’actualité. On manque de cette vision globale qui permet de faire avancer les sujets de concert. C’était pourtant ce qui semblait induit dans l’idée de "politique de civilisation", non?

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Laïcité positive?

Nicolas Sarkozy vient de réitérer, de concert avec le pape Benoît XVI actuellement en voyage pastoral en France, son souhait de voir émerger une laïcité positive.

"Dans son discours au pape, Nicolas Sarkozy a réaffirmé lui aussi le concept de "laïcité positive", qu’il avait abordé lors de son discours du Latran. Pour le président français, il est "légitime pour la démocratie et respectueux de la laïcité de dialoguer avec les religions (…). Ce serait une folie de nous en priver, tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée".

Nicolas Sarkozy a défini la "laïcité positive" comme offrant "à nos consciences la possibilité d’échanger, par delà les croyances et les rites, sur le sens que nous voulons donner à nos existences". En particulier en matière de moralisation du capitalisme financier, de bioéthique et face aux progrès de la science. "La quête de spiritualité n’est pas un danger pour la démocratie, pas un danger pour la laïcité", a-t-il martelé."

On a le sentiment, en observant ces deux conceptions que le concept de laïcité positive suppose, plus qu’un changement de législation, une révolution des esprits. Pour qu’on cesse de considérer les religions avec méfiance, alors que comme Benoît XVI l’a rappelé dans l’avion qui l’emmenait en France, "la foi n’est pas politique et la politique n’est pas une religion" : Ce sont "deux sphères qui doivent être ouvertes l’une pour l’autre (…). Il est évident que la laïcité n’est pas en contradiction avec la foi."

C’est une attitude, un état d’esprit, une façon ouverte et détendue de voir la vie. Respecter les croyances et accepter le rôle social des religions, c’est aussi valider le principe de la liberté de penser de chaque homme/femme. Une application de cette tolérance chère à notre beau pays. Les religions n’apportent-elles rien? Et le catholicisme n’a-t-il pas apporté beaucoup dans l’histoire de la France et du monde?

La laïcité positive, au fond, c’est tout le contraire de cet anticléricalisme protestant ou typiquement de gauche. Sans parler de Jean-Luc Mélenchon et de son traditionnel coup de gueule à contre-courant. Ni de la mauvais foi délirante de Henri Tincq, dans Le Monde. Hashtable fait un bon résumé de l’attitude des médias dans cette affaire.

Dans le texte de cette pétition, par exemple, on prône un refus de la laïcité positive, une vigilance de tous les instants, et on définit ainsi la laïcité espérée : "une laïcité qui distingue bien la sphère de la puissance publique de la société civile et de la sphère privée. Cette séparation tient sagement à distance le politique du religieux, dans l’intérêt des deux."

Une définition proche de celle qui a été proposée par le pape… Sauf que le texte précise tout de même sa pensée profonde vis à vis du Vatican : "Un Etat théocrate et patriarcal", qui "use essentiellement de son siège d’observateur permanent à l’ONU pour faire reculer tout programme en faveur de la planification familiale, des droits des femmes, de la lutte contre le sida, ou des minorités sexuelles. Souvent aux côtés des pires dictatures de l’Organisation de la Conférence islamique."

Et puis : "Benoît XVI est un pape ultraconservateur et liberticide. Sa vision du catholicisme, promue à travers des mouvements comme l’Opus Dei ou la Légion du Christ, est dogmatique, étroite, antiféministe, inégalitaire, hostile à un véritable œcuménisme et à l’esprit moderniste de Vatican II"

On veut séparer les sphères, mais tout en désignant l’une d’entre elles comme étant intégriste. Curieuse manière d’envisager le dialogue. Au fond, avec tous ces contre-exemples, on comprend mieux ce que ne doit pas être la laïcité dans notre pays, non?

Lire aussi le point de vue de Sebastien de CaRéagit!

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11-septembre : on doit toujours être libre, y compris de dire des sornettes

Ceux qui affirment haut et fort que l’idiot du village, Jean-Marie Bigard, a été malmené pour les propos de comptoir qu’il a tenus sur les attentats du 11-Septembre doivent un peu réfléchir : non, messieurs-dames. Ce cher M. Bigard a parlé librement, il s’est planté, et il a reçu un juste châtiment, c’est-à-dire une volée de bois vert médiatique.

Il n’a pas fait l’objet d’une plainte, n’a pas été convoqué en justice (j’en connais d’autres qui sont déférés à la moindre incartade), n’a pas été arrêté, il n’y a pas eu d’émeutes devant sa maison. Il n’a pas été inscrit dans le fichier Edvige, n’a pas été placé sur écoute, n’est pas filé par la CIA.

Soyons donc clairs : on doit toujours être libre de tenir ce genre de propos, ce qui est valable pour ce cuistre de Bigard, mais ensuite, il faut assumer. Une Marion Cotillard doit pouvoir s’épancher sur ses thèses conspirationnistes et ridicules, sans que cela porte atteinte à sa carrière et sans être démolie outre-Atlantique. Mais il ne faut pas qu’elle s’étonne si ensuite, on la prend pour une cruche.

D’ailleurs, l’est-elle seulement? Est-on si coupable de se délecter devant ces films, sur Dailymotion ou You Tube, visionnés plusieurs centaines de milliers de fois, et qui nous font un bien fou, car ils contentent notre instinct parano qui nous incite à nous méfier du pouvoir et à systématiquement penser qu’il nous ment?

C’est un des dommages collatéraux du relativisme : il y a tellement de sources d’informations qu’on ne sait plus qui ou quoi croire. On voit tellement d’images que tout se brouille dans notre tête, qu’on peut croire les thèses les plus folles parce qu’elles se présentent sous les atours du documentaire scientifique et contradictoire. Surtotu quand on est au pays de l’anti-américanisme primaire

Or quand on regarde ces films, que voit-on? Des interviews de soi-disant victimes (on en saura jamais s’ils ont déjà mis les pieds à New York) ayant entendu des explosions dans les tours. Des interrogations sur la chute de la tour 7 (la troisième), sur le mode "un building de cette taille ne s’est jamais écroulée suite à un incendie, na" (et avant d’être opéré de l’appendicite, je ne l’avais jamais eue), alors même qu’une enquête vient de montrer que le feu était bien la cause de son effondrement. Des inepties sur le Pentagone : "ils ne montrent pas les images vidéos, c’est louche", ou pire, "on voit bien que c’est une trace de missile, pas d’avion", ce qui laisse songeur car la plupart de ceux qui s’expriment ainsi n’ont aucun diplôme en ballistique… Le pompon, si j’ose dire, est remporté par ceux qui assurent que certains terroristes censés être morts dans les attaques sont en fait bien vivants! Mais oui, je les ai croisés dimanche à la boulangerie, pas vous? 

Ce qui est étonnant, au fond, ce n’est même pas que ces thèses fleurissent, car c’est quasi-incontournable. Non, ce qui est surprenant, c’est la force de conviction de ceux qui la professent. Ils sont per-su-a-dés. C’est bien ça, le problème…

Quant à moi, en ce jour anniversaire de ces sinistres attentats, je continue de croire, faute d’avoir été convaincu du contraire, à la thèse officielle : ce sont bel et bien des satanés extrémistes musulmans qui ont balancé des Boeing dans ces Tours. Et toc.

Et tous les petits malins à la science infuse, qui s’étonnent ou qui tirent argument de la non-réaction des Etats-Unis, ou de leur inertie ce jour-là, se rappeleront peut-être qu’avant cette date, personne n’aurait jamais imaginé qu’une chose pareille puisse arriver…

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Paris-Match devait-il interviewer les Talibans?

J’aimerais revenir, une fois le débat apaisé, sur la publication par Paris-Match d’une interview des guerriers talibans ayant pris en embuscade une patrouille française en Afghanistan, et tué dix de nos soldats. Et de photos controversées montrant le groupe exhiber les trophées de son succès militaire : les uniformes, les armes, en un mot le matériel de certains défunts.

Cette publication a considérablement ému, jusqu’au sommet de l’Etat. L’argument est double : en ouvrant une fenêtre aux Talibans, Paris-Match joue le jeu de sa propagande. Et surtout, l’hebdomadaire ne respecterait pas la douleur des familles, comme le Premier ministre en personne l’a suggéré. Oui, car depuis la mort de nos soldats, on les évoque comme des "victimes", comme s’il s’agissait de civils touchés dans un attentat. Rappelons que le boulot d’un militaire est de faire la guerre, concept englobant la notion de mort. On voit bien que le premier argument ne tient pas : la sécurité nationale peut imposer une limitation de la liberté d’informer. De mettre en perspective. De donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais. Mais la douleur, elle, n’est qu’un intérêt particulier, si l’on peut s’exprimer ainsi, et malgré le respect qu’on doit naturellement à la souffrance des familles de nos soldats.

Sur le second point, il y aurait d’avantage à dire. Car comme Véronique de Viguerie – la photographe indépendante ayant rencontré les Talibans pour le compte de Paris-Match – le reconnaît elle-même, les guerriers islamistes ont une stratégie de communication bien huilée et ne s’en cachent pas : un des leurs est porte-parole, et organise les reportages avec les journalistes qui entrent en contact avec lui. On se doute que les Talibans ne suivent pas un but altruiste (la liberté de l’information, ils s’en moquent), qu’ils filtrent à coup sûr les reportages en fonction de l’intérêt qu’ils peuvent en tirer. Et au cours du reportage, ils imposent même le lieu, le moment et les conditions de prise des photos. Le but est clairement de faire passer un message : "on a battu les Français, on a leurs uniformes, et on recommence quand on veut parce que nous sommes les maîtres de l’Afghanistan".

On sait très bien et depuis longtemps, qu’une des conditions d’efficacité du terrorisme, comme de tout combat actuel, est la médiatisation de son action, qui en l’occurrence a pour but de répandre la peur pour faire douter l’opinion publique.

Le sachant, le journaliste devrait-il refuser toute interview, pour ne pas être le jouet d’une stratégie de com’? Mais l’essentiel, n’est-ce pas que le journaliste ne soit pas dupe? Car inutile de penser que les institutions françaises fonctionnent différemment : elles aussi font en sorte de faciliter les investigations des journalistes dans les domaines où elle a un bénéfice à tirer. Pour le reste, tu peux courir : les portes se ferment très facilement.

Et puis, cette interview nous permet aussi de constater que le gouvernement a menti sur plusieurs points au sujet des circonstances de l’attaque. D’où l’intérêt de respecter le principe du contradictoire, qui permet d’accéder à une information plus complète, plus neutre. Et donc plus vraie.

Eric de Lavarène, qui accompagnait Véronique de Viguerie pour Radio France, remet d’ailleurs les pendules à l’heure : "Quand on part en reportage avec les forces de l’OTAN, on nous fait signer des documents nous demandant de ne pas divulguer certains détails. On nous montre ce qu’on veut bien nous montrer. Les journalistes sont instrumentalisés, et les militaires sont très forts pour ça. En allant chez les talibans, nous savions que nous allions être instrumentalisés aussi, bien sûr. Sinon, ils ne nous auraient pas reçus. Mais nous avons jugé que les photos, et le reportage, avaient une valeur informative très forte. C’est la première fois qu’on voit un groupe de talibans avec des pièces d’équipement français. Cela montre qu’ils sont bien mieux organisés que ce qu’on veut nous dire, et que nous sommes bien en guerre, contrairement à ce que prétend Hervé Morin [ndlr: ministre français de la Défense]."

Une valeur informative très forte. N’est-ce pas justement ce qui justifie la reprise éventuelle de la propagande "ennemie", si l’on peut s’exprimer ainsi?

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La mondialisation du relativisme

Je ne sais pas si la mondialisation est en soi une bonne chose, mais en matière de moeurs, cela donne tout et n’importe quoi. Tout fonctionne comme si, finalement, la libre circulation des personnes entraînait une permissivité sans nom et un relativisme moral absolu, chaque législation représentant en théorie la volonté générale de la majorité.

Tu veux quelque chose, ton pays te le refuse? Qu’à cela ne tienne, tu peux te précipiter chez le voisin, qui lui, l’autorise. Ainsi, il est possible d’aller se faire assister au suicide en Suisse. De se marier en Belgique, pour les personnes homosexuelles. Ou même d’y concevoir un enfant. On peut avorter jusqu’au huitième mois de grossesse en Espagne. Toutes ces choses étant légales dans ces pays, comment empêcher des étrangers d’en bénéficier?

On peut aussi, si on a 59 ans et qu’on veut à tout prix un bébé, aller au Vietnam pour y bénéficier d’un don d’ovocytes. En France, la loi de bioéthique de 2004 prévoit pourtant des conditions strictes : "La receveuse doit souffrir d’une infertilité pathologique, ou il doit exister un risque de transmission d’une maladie grave à l’enfant. Le couple doit être en âge de procréer, et la majorité des centres français autorisés fixent la limite d’âge de la receveuse à 42 ans, voire 40 ans, du fait du trop faible nombre de donneuses. La donneuse doit avoir déjà eu au moins un enfant et être âgée en principe de moins de 37 ans."

Pourquoi empêcher une femme d’avoir un enfant à 59 ans? Voire trois? Quand ces triplés auront 20 ans, elle en aura près de 80. Peut-être la nature, finalement, fait-elle bien les choses?

Malheureusement, on laisse les individus adopter ce type de comportement absolument contre-nature. On laisse passer leur volonté, et donc leur  éventuel égoïsme, avant l’intérêt de la société et de l’Homme, avec un grand h.

Tout cela, pourquoi? Parce que les normes morales n’existent pas, tout simplement. Le bien et le mal, de nos jours, sont des valeurs relatives, puisque les lois, au lieu de dépendre du bien commun, sont dictées par les intérêts particuliers. S’il on conjugue cela à l’échelle mondiale, on se retrouve tout naturellement avec des visions très différentes de ce qui doit être ou non permis.

Ce qui, intellectuellement, n’est pas du tout séduisant. Ni rassurant. Car cela nous rappelle que la norme n’est pas infaillible. Et cela relativise beaucoup la prétendue supériorité morale et civilisationnelle du modèle occidental démocrate.

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