Archives mensuelles : mars 2007

Traîtres, faux-jetons ou opportunistes?

Ils représentent ce qu’il y a de plus moche dans notre système. Leur seule existence est une des causes du désamour des Français pour la politique. Ils donnent la nausée. Et pourtant, ils continuent de jouer un rôle dans notre pays, d’être élus, conseillers, car ils tablent sur l’amnésie collective avec l’aide, le coup de pouce, voire la complicité des médias. Ce sont les traîtres, les opportunistes, les arrivistes, les faux-jetons… Ceux qui retournent leur veste sans l’user, on ne sait plus comment les nommer sans devenir impoli.

 Le plus beau, le plus grand, le meilleur, et le premier de tous les traîtres, c’est bien sûr l’inénarrable Philippe Douste-Blazy. Douste-blabla. La gaffe ambulante. La risée du tout-Paris. Celui qui a poignardé Bayrou dans le dos pour rejoindre l’UMP au mépris de ses convictions continue de séduire la droite. Après le ministère de la santé, il a rejoint celui des ministères étrangères. La risée du monde entier, désormais. On imagine la tête de Villepin quand Chirac le lui a imposé. « Non, Jacques, tu peux pas me faire ça ». Il faut toujours le recaser ce fourbe. Pourquoi? Il a de précieux soutiens. Et même s’il fait plus rire que pleurer, il est rageant de voir le traître n°1 être nommé à chaque fois à des postes clefs. Douste aurait dû rester maire de Lourdes.

Juste derrière, on pourrait parler de Borloo. Sacré Jean-Louis. S’il a abandonné les affaires pour la politique, c’est qu’il avait un sacré talent à revendre. Et notamment celui de l’esbrouffe. Contrairement à son collègue Douste, Borloo a des qualités autres que la lèche et la caméléonite. C’est pourquoi on peut hésiter à la ranger dans cette catégorie des arrivistes. Mais à voir les dépêches AFP de ce soir, il n’y a pas le choix. Comment? Borloo rejoint Sarko? En quel honneur, si ce n’est celui de rester au pouvoir coûte que coûte? Lui, l’ex-UDF, passé comme tous les faibles d’esprit à l’UMP, là où le vent soufflait, lui qui a une réelle popularité, lui qui incarne une droite sociale, rejoint Sarko et pas Bayrou? Il mise ainsi sur la grosse cote, plutôt que de servir des convictions. A moins que Jean-Louis ne souhaite se ranger derrière celui qu’il croit le mieux placé pour pouvoir influer sur lui. Mais tout cela, cela sent quand même l’appel de Matignon à plein nez.

Fabius. Ce cher Laurent. Quel fourbe. Cet homme a été premier ministre réformiste sous Mitterrand. Chargé de revenir à une politique « censée » après le « à gauche toute » de Mauroy au début des années 80. D’éviter la claque que Mitterrand se prendra quand même en 86. Cet homme a été de toutes les sauteries de DSK dans les médias du type Nouvel économiste. Ce gars-là a incarné pendant des années l’aile droite du PS, social-libérale. L’alter-ego de Blair et Schröder. Le hérault du modèle Danois. Et en 2005, parce qu’il peut espérer ainsi mettre la main sur le PS (il faut avouer qu’il a fait alors le bon calcul, contesté par le despotisme des leaders de ce parti qui risque d’imploser d’ici quelques mois), le même revêt les habits de l’anti-libéralisme lors du référendum sur la constitution européenne! Et ça marche… Et les médias l’ont oublié… Et on y va, Laurent le nouveau rouge n’a pas de problème de conscience.

Fillon, ce brave François Fillon. Cet homme qui, vexé de ne pas être reconduit comme ministre dans le gouvernement Villepin après la chute de Raffarin, se jette dans les bras de Sarkozy. Ce Séguiniste de toujours, converti au Chiraquisme, qui avait pourtant eu le courage de réformer les retraites dès 2002, n’a pas ressenti de scrupule à épouser du jour au lendemain les idées de Sarko. A passer au « camp d’en face ». Comme beaucoup de ses pairs. Comme Sarko lui-même en 1994, qui a « lâché » Chirac pour Balladur.

Le cas Besson. On peut le trouver courageux. J’ai longtemps hésité là-dessus. On peut se dire qu’il a eu au moins l’honnêteté de critiquer Royal. De l’abandonner en cours de route parce qu’il ne croyait plus en elle. Mais est-ce vraiment ce qui s’est passé? Des clash ont eu lieu entre sa démission de son poste de « Mr économie » de Royal et sa sortie houleuse du PS. Et entre celle-ci et la publication de son bouquin « Qui connaît madame Royal? », qu’il faudrait lire en détails pour se faire une idée précise de l’agitation qui doit règner dans la tête du bonhomme. Après mûre réflexion, il semble qu’Eric Besson savait ce qu’il faisait en s’engageant aux côtés de Ségolène Royal. On ne peut pas être éternellement adolescent. Laisser la place à ses émotions, à ses pulsions. On sait qui est Eric Besson, ce n’est pas un débutant (cf un article du mois de février). Ses états d’âme, on n’y croit pas. Cet homme a-t-il cru servir Jospin? A-t-il voulu se venger d’éventuelles attaques personnelles dont on nous a parlé pendant des semaines? Mystère. Mais tout semble revanchard chez lui, comme le titre de son bouquin « qui connaît madame royal? », en référence à la phrase pour une fois très intelligente qu’avait émise Ségolène Royal lorsque les journalistes la questionnaient sur son départ de son staff : en déplacement dans une entreprise, elle avait répondu : « qui connaît, ici, M. Besson? » Le Eric s’est vengé. Et ses propos dans le Figaro de lundi confirment son rôle de traître : Besson y clame que « sarkozy est plus préparé et plus qualifié pour gouverner la France  » que Royal. Incroyable. Tout est dit. Celui qui il y a deux mois, publiait un document pour le compte du PS pour expliquer pourquoi Nicolas Sarkozy était un fasciste, retourne sa veste sans aucun problème, et sans d’ailleurs que le journaliste du Figaro y trouve à redire.

LISTE NON EXHAUSTIVE. MERCI DE ME FAIRE PART DE VOS SUGGESTIONS POUR ALLONGER LA LISTE DES « WANTED »;)

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Ségolène Royal, pas la première femme à prétendre au pouvoir en France

S’il y a bien une chose qui m’exaspère depuis que Ségolène Royal est entrée par effraction dans le groupe des favoris à l’élection présidentielle, c’est la propension à en faire la potentielle première femme à exercer le pouvoir dans notre pays.

Quoi? Il y aurait donc amnésie? Certes, aucune femme, si ce n’est Edith Cresson qui n’a guère brillé, n’a atteint la magistrature suprême depuis l’avènement de la République, qui aura mis 150 ans à reconnaître le droit de vote au sexe dit faible. Et il est clair que Royal a dû batailler pour s’imposer, même si elle a bénéficié du soutien aveugle des médias (qui ne voyaient en elle que la femme, avant d’analyser ce qu’elle proposait) pour ce faire.

Mais avant? Car l’histoire, n’en déplaise à nos chères élites, ne débute pas en 1789. Avant, de nombreuses femmes exerçaient réellement le pouvoir (à une époque décrite comme liberticide pour les femmes). Sans primaires. En France moins que dans d’autres pays d’Europe comme l’Espagne ou l’Angleterre, d’ailleurs. Chez nous, nous avons quand même eu de nombreux membres du sexe dit faible à la tête de l’Etat ou presque. Catherine de Médicis a eu le pouvoir réel pendant le règne de François II, Charles IX et une partie de celui de Henri III. Anne d’Autriche a exercé la régence avec Mazarin à l’aube du règne de Louis XIV. Isabeau de Bavière a eu aussi le pouvoir, profitant de l’état de son mari Charles VI, avec les résultats d’ailleurs catastrophiques que l’on sait, en pleine guerre de Cent ans.

Et puis Blanche de Castille, régente pendant la minorité de son fils Louis IX, qui a su résister aux féodaux (légèrement plus agressifs et avides de pouvoir que les éléphants du PS) et réformer la France. Sans compter le rôle d’Anne de Bretagne aux confins des XVe et XVe siècles. Celui de l’épouse de Clovis, Sainte-Clotilde. Bref, l’histoire de France (encore faut-il la connaître avant de parler) est truffée de femmes ayant fortement influencé leur époque, que ce soit dans le domaine politique, mais aussi des arts et de la culture. Et sans avoir réellement le pouvoir, les reines avaient un rôle autrement plus fort que celui de nos « premières dames » actuelles.

Nos « commentateurs », si prompts à dispenser des leçons de morale, devraient prendre plus de recul avant d’asséner leurs certitudes exaspérantes… Non mais!

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Chirac, dernière déception ou dernier coup de bluff?

On espérait beaucoup de Chirac, et on a encore été déçu. Mais doit-on chercher une logique dans les déclarations de Jacques Chirac, cet homme qui comme son vassal Sarkozy, qu’il a semblé avoir définitivement adoubé hier, est une contradiction ambulante? Cet homme qui a changé d’avis comme de chemise pendant toute sa « carrière » politique? Cet homme, faut-il le rappeler, qui a toujours fait exactement le contraire de ce qu’il avait promis? Cet homme, qui a toujours agi contre le fond de ses pensées, si l’on en croit ce qu’il raconte dans le récent bouquin de Pierre Péan? Qui a proclamé son « amour de la France » mais n’a jamais rien fait de sérieux pour la relever?

Jacques Chirac a donc choisi Sarkozy. « Je voterai pour lui et le soutiendrai ». A priori, et officiellement, ce coup de pouce vaut de l’or pour le candidat estampillé UMP, qui depuis un bon mois fait du surplace. Il s’est d’ailleurs déclaré « très touché » par ce qu’il juge « important politiquement ». Sauf que :

- Il est intéressant de noter que Chirac souhaite soutenir Sarkozy parce que l’UMP, qu’il a lui-même créé, en a décidé ainsi. Ce sont ses propres mots. A aucun moment, il ne dit que c’est un bon candidat, qui a une bonne vision pour la France, qui a un bon projet. Nuance de taille. Certes, Claude Guéant (son directeur de campagne) a justifié ce bémol en assurant quil ne pouvait en être autrement vu que Chirac s’exprimait en tant que président. Pourtant, Jacques le Grand n’avait pas ses habituels drapeaux tricolores et européen dans son dos. Et son ton n’était franchement pas solennel, comme s’il voulait lui-même minimiser ce soutien. Comme s’il avait des kalachnikovs derrière le dos. Comme s’il était forcé de le faire. Sarkozy n’est-il pas son meilleur espoir de tranquillité judiciaire? N’est-il pas le meilleur cheval à soutenir pour le moment, du moins officiellement?

- On ne comprend toujours pas pourquoi Sarkozy a besoin du soutien d’un fossile qu’il déteste depuis des années et qui n’a plus guère de poids dans la vie politique, lâché un par un par tous les courtisans qui ne s’attachent qu’au pouvoir et non à sa personnification. Le bonus politique de ce « ralliement » bien plus tiède que ceux de Villepin, Barouin ou MAM (Debré, lui, sera peut-être le dernier à se taire à ce sujet!). Et le fait que Nico se raccroche à ce soutien comme une moule à son plat de moules est un peu décevant de sa part. Une nouvelle contradiction chez celui qui ressemble de plus en plus à son ex-mentor devenu ennemi mortel avant d’étrangement se muer en grand-père bienveillant bénissant son successeur.

Chirac est-il sincère, s’il l’a jamais été? Joue-t-il encore un double-jeu? Nous évoquions ici même, il y a quelques jours, plusieurs hypothèses : soit chirac soutenait timidement sarko et se taisait ensuite. Soit il le soutenait timidement mais aidait en coulisses un des deux autres (pour Le Pen, ça semble compliqué!). Soit il ne le soutenait pas et se réservait pour la suite. ça y est, il l’a soutenu, sobrement. Et maintenant? Va-t-il attendre des sondages plus précis? Va-t-il refaire le coup qu’il avait réservé à son grand ami Giscard en 1981?

Voir Chirac soutenir Sarkozy en vrai, ce serait une désolation de plus, une déception de plus, une misère de plus dans une carrière politique certes brillante mais terne du point de vue comptable. ça rappelerait la dissolution. Les retraites de couard face à toutes les manifestations d’ampleur qu’il a eu à affronter, en 1986, en 1995, en 2006. Allez, pas cap’! Un p’tit soutien en douce, à la Chirac, on veut y croire. Ne serait-ce que pour avoir une excellente chute pour la prochaine biographie qui ne manquera pas de sortir sur le dinosaure de l’Elysée, à côté duquel les éléphants du PS sont de tout petits mammifères.

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La dernière botte de Chirac?

Jacques Chirac partira-t-il avec un dernier pied de nez à son actif? Le président a fait hier soir ses adieux à cette France qu’il « aime ». A la politique, à laquelle il a consacré toute sa vie. Le « Vieux » a fait hier soir un beau discours pour rentrer dans l’histoire. Mais puisque les couteaux sont tirés pour le remplacer à l’Elysée, toute la question, maintenant, est de savoir s’il soutiendra un candidat, donnera sa bénédiction à un éventuel successeur, et si oui, lequel?

Car si Nicolas Sarkozy attend aujourd’hui apparemment de façon désespérée le soutien de celui qu’il dit honnir depuis maintenant cinq ans (le Nico n’est pas à une contradiction près!), la bête de politique Chirac n’aimerait-elle pas accomplir un dernier « coup »? Après avoir enterré de nombreuses personnalités censées être de son camp (Chaban, Giscard, Barre, Balladur, Seguin, entre autres), il pourrait être tenté de porter un enième coup fatal, cette fois ci au susnommé Sarkozy.

Chirac n’a-t-il pas clairement affirmé, dans le récent livre-entretien écrit par Pierre Péan, que pour lui, le libéralisme était un mal aussi important que le communisme? Et il n’a jamais cessé, durant son dernier mandat, de chercher à affaiblir son « fils-rival » en espérant pouvoir se représenter au cas où celui-ci chuterait dans les sondages.

Et maintenant que le moment attendu est arrivé, qu’il a échoué dans cette tentative, il apporterait son soutien à Nicolas, à celui qui lui a pris son parti, à celui qui l’a déjugé à Washington (avant de se reprendre récemment par calcul), à celui qui veut depuis cinq ans rompre avec le chiraquisme, qui a ferraillé pendant des années avec le favori Villepin? S’il le faisait, cela serait un nouveau revirement de la part de Chirac. Nonobstant l’invraisemblance théorique de ce soutien, les commentateurs politiques, ceux qui côtoient tous les jours le gratin parisien des Etats-majors de campagne, persistent à le croire crédible : cela reste donc une option, malgré tout.

Le « coup de chapeau » de Bayrou, un appel du pied?

Il y a en revanche deux autres possibilités. Qui d’un point de vue romantique et comico-tragique auraient plus de classe et pourraient tenter l’animal politique qu’est Chirac. Si Jacques le Grand veut une nouvelle fois abattre son camp (de nombreux témoignages laissent à penser qu’il a contribué à la défaite de Giscard en 1981 face à Mitterrand), qui n’est en réalité pas le sien, il peut se taire, et soutenir discrètement l’un des deux challengers de Sarkozy : Royal ou Bayrou.

D’ailleurs, alors que l’UMP a « pris acte » hier soir de la décision présidentielle et que Sarkozy n’a pas daigné commenter le discours de Chirac, Ségolène a pris le soin de saluer la « dignité » de son allocution. Et François Bayrou, lui, n’a pas hésité à oublier le coup mortel que lui avait porté le président en 2002, lorsque celui-ci avait créé l’UMP et tenté d’abattre l’UDF : le Béarnais a carrément porté un « coup de chapeau » à Jacques Chirac. Un appel du pied?

Arrières-pensées? On peut penser que l’un et l’autre pourraient tirer profit de l’aide d’un homme dont les réseaux sont encore puissants et dont la qualité d’arbitre peut se révéler décisive. Car une fois libéré de l’action politique par ce discours, il y a fort à parier que les Français deviendront tout d’un coup amnésiques du passé, du passif et de l’inaction du président pendant ses douze années à la tête de l’Etat (à part sur l’Irak ou le Liban, la défense de la laïcité ou de la République, sans doute)

C’est d’ailleurs hautement paradoxal et presque inespéré pour lui : cet homme raillé dans toute la sphère politique, au bilan décrié jusque dans son camp, pourrait jouer un dernier rôle avant de s’effacer, un dernier acte avant que le rideau ne tombe. Et qui des trois principaux candidats – si l’on excepte Le Pen, cela va sans dire - ne rêve pas d’obtenir l’onction divine du « Vieux », au moins pour le symbole?

Il sera donc très intéressant de suivre de près ce que va dire Chirac dans les semaines qui viennent. Il serait assez amusant de voir la bête blessée et au bord de la retraite frapper une dernière fois. Par orgueil. Cela n’aura sans doute aucune incidence sur le résutat final, mais pour la beauté du geste, M. Chirac, nous referez-vous une dernière botte dont vous avez le secret?

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Le repos dominical plus que jamais menacé

L’information est passée quasi inaperçue, les médias s’intéressant visiblement plus au nombre des sous-marins nucléaires de la Marine française.

Et pourtant. Consulté par Renaud Dutreil, le ministre du commerce, le Conseil économique et social (CES) a approuvé hier par 143 voix sur 184 un rapport préconisant le maintien du repos dominical dans les commerces.

Sur ce sujet, plusieurs arguments peuvent être retenus : en premier lieu, se reposer le dimanche est un acquis social qu’il convient de conserver. Trop facile de dire qu’il est pratique d’aller faire ses courses le dimanche : pendant que vous faites votre shopping, les employés des commerces bossent. Deuxièmement, il paraît important de conserver un jour dans la semaine  où l’on effectue une « pause commerciale ». SI on peut s’abstenir d’acheter de temps en temps, ce n’est pas plus mal. Troisièmement, le dimanche est traditionnellement le jour où l’on peut se retrouver en famille, et ce n’est pas négligeable. C’est ce que le CES appelle « l’équilibre sociétal ».

Mais si l’on regarde de plus près cet avis du CES, que constate-t-on? Que la CGT et FO se sont abstenues, et que la patronat (CGPME, MEDEF, UPA) a voté pour en compagnie de la CFDT, de la CFTC et de la CGC. Premier indice troublant. Et ce rapport, que dit-il? S’il réaffirme le principe d’interdiction d’ouverture le dimanche pour les commerces (il existe déjà 180 dérogations, dont les fleuristes, les restaurateurs et hôteliers,les commerces de tourisme et les commerces alimentaires jusqu’à 12h30), il étend en réalité le nombre des exceptions.

Tous les commerces pourraient disposer de cinq dimanches d’ouverture exceptionnelle par an. Alors que pour le moment, seuls les maires peuvent autoriser une branche d’activité (les grands magasins, les magasins d’habillement, les magasins de tongs…) à ouvrir cinq dimanches par an. Deuxième proposition, dans les zones dites touristiques, tous les commerces auraient le droit d’ouvrir. Enfin, les commerces alimentaires auraient une demi-heure de plus (jusqu’à 13h).

Des propositions qui expliquent l’abstention de la CGT et de FO, qui estiment que ce rapport aura pour conséquence d’augmenter le nombre de salariés bossant le dimanche. D’ailleurs, Renaud Dutreil s’est empressé d’annoncer qu’il prendrait au plus vite, et peut-être même avant la présidentielle, un décret qui confirmerait ces propositions.

En guise d’avertissement, récemment, deux zones commerciales (dans les Bouches du Rhône et les Yvelines) ont obtenu – contrairement à des décisions de justice qui leur déniaient ce droit – une autorisation préfectorale permanente d’ouverture le dimanche… Le sens de l’histoire semble décidément de revenir, une par une, sur toutes les réformes positives adoptées au XIXe siècle pour règlementer le travail…

Si Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour une libéralisation complète sur ce sujet, les autres candidats ne se sont pas encore prononcés. Ils préfèrent se tromper sur le nombre de sous-marins nucléaires?

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